C’était dans la poche, gravé dans le marbre pour les experts. Etant donné son immense talent, l’impérial Djokovic n’avait même qu’à jouer une main attachée dans le dos pour gagner Bercy les doigts dans le nez et dominer à nouveau orgueilleusement le tennis mondial. Renvoyant à ses études ce pauvre Rodgeur, qui n’avait pas réussi à s’imposer une sixième fois en finale à Bâle, pour cause de Del Potro super motivé.
Pourtant c’était bien parti pour Nole opposé au relativement modeste Sam Querrey. Un euphémisme, vu que l’Américain se prenait une roue de vélo dans les gencives en vingt minutes au premier set. On l’imaginait dès lors sonné pour le compte, d’autant que le vampire de Belgrade enfonçait le clou, faisant immédiatement et assez logiquement le break contre le 23e, à l’entame de la deuxième manche.
Mais rien ne s’est ensuite déroulé comme prévu. Au grand dam de son clan, qui perdait minute après minute de son habituelle et insupportable superbe, en regardant son poulain lâcher misérablement son tennis au fil des jeux. Finissant par s’incliner face au Yankee survolté.
Une catatrophe pour Bercy qui, déjà maudit avec les forfaits de Federer et Nadal, paumant de surcroît Gasquet, fait encore plus grise mine que les fans de Dracula. A l’inverse, il y en a un qui doit rire sous cape, c’est Notre Guillaume Tell de la raquette, vilipendé pour sa performance moyenne aux Swiss Indoors, à commencer par moi d’ailleurs. En même temps, regrette-t-il peut-être de ne pas avoir tenté un petit galop d’entraînement à Paris, histoire de perdre le moins de points possibles.
Evidemment, il y en aura toujours pour prétendre que Novak était mal fichu. Ou encore, qu’ assuré de terminer la saison sur le trône, il ne voulait pas prendre le moindre risque. Vu son début fulgurant, il est permis d’en douter. Une certitude en revanche: après cette cuisante défaite, le malheureux Serbe a pour l’instant tout d’un futur numéro un d’opérette! Sa Grâce, elle, avait eu l'élégance de remporter une septième fois Wimbledon pour lui piquer sa place...
Sandrine Bonnaire, après un documentaire sur sa sœur autiste et un film court est passée derrière la caméra pour son premier long métrage de fiction. J’enrage de son absence est inspiré d’un vécu personnel, évoquant un homme lié à sa mère, qu’elle a connu dans son enfance avant qu’il disparaisse et qu’elle le recroise par hasard à 20 ans.
Depuis l’âge de neuf ans, Jonathan Caouette se filme ainsi que sa famille, la caméra faisant en quelque sorte office de thérapie. Cela n’a rien de très étonnant pour ce garçon trimballé deça et delà dans son enfance et son adolescence. Notamment élevé par ses grands parents, il était maltraité dans des familles d’accueil, où il était placé en raison des troubles mentaux de sa mère Renee Leblanc, qui a passé une grande partie de son existence dans des hôpitaux psychiatriques.
Pour ses cinquante ans à l’écran, une chose est sûre. Si le dernier James Bond se plantait au box office, ce qui ne sera en principe pas le cas vu qu’il a déjà établi un record en Grande-Bretagne pour son premier week-end d’exploitation, il pourra au moins se targuer d’un tabac chez les critiques. A quelques exceptions près, on a rarement vu un tel engouement pour un film grand public. Au point qu’il passe souvent pour le meilleur de la célèbre saga.