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Sorties de la Semaine

  • Grand écran: "L'enfant du désert", une histoire vraie qui manque...d'authenticité

    Pour son dernier-né L’enfant du désert, co-écrit avec sa femme Prune, le Français Gilles de Maistre se base sur un récit de la journaliste suédoise Monica Zak. Sun, 14 ans, (Neige de Maistre, la fille du réalisateur), reçoit un prix littéraire pour son roman inspiré d'une légende africaine que son grand-père lui racontait pour l’endormir. Celle incroyable d'Hadara, un enfant nomade perdu par sa famille à l'âge de 2 ans, lors d’une tempête de sable dans le désert du Sahara au début du 20e siècle.

    Tandis qu’il était voué à une mort certaine, Hadara est miraculeusement recueilli par un couple d’autruches. Elles vont lui permettre de survivre pendant 10 ans, avant d’être retrouvé et ramené à sa famille. Invitée au Sahara, l’auteure du livre rencontre une jeune femme prétendant qu’il ne s'agit pas d'un conte mais d'une histoire vraie. Elle souhaite raconter la suite à Sun, afin qu’elle l’écrive et qu’elle se perpétue ainsi au-delà de la tradition orale.

    Gilles de Maistre nous offre de magnifiques images tournées dans de somptueux décors. Et Hadara interprété entre 2 et 12 ans par trois mignons petits Marocains, se montre très attendrissant dans sa lutte pour survivre en milieu hostile, et sa grande proximité avec les autruches.

    En ce qui concerne le reste, le cinéaste n’est pas au mieux de sa forme, tout comme ses acteurs au jeu approximatif. A commencer par un caricatural Kev Adams qui incarne le grand-père, et une Neige de Maistre peu convaincante. Si on ajoute une grosse louche de manichéisme et de bons sentiments, on se dit que ce fait réel manque singulièrement d’authenticité. Mais le film pourrait plaire aux petits.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

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  • Grand écran: "Romeria" suit une jeune fille en quête d'identité. Un film inspiré du propre vécu de sa réalisatrice

    En français, romeria signifie pèlerinage. Et c’est bien ce qu’entreprend Marina (Llúcia Garcia), en débarquant pour la première fois à Vigo, en Galice, sur la côte Atlantique. Venue chercher un document d'état civil nécessaire à l'obtention d'une bourse d’études, la jeune fille de 18 ans est en réalité surtout en quête d’identité. Adoptée après la mort de ses parents fauchés par le sida, elle veut renouer des liens avec une partie de sa famille biologique paternelle.

    Guidée par le journal intime de sa mère qu’elle garde toujours avec elle, Marina rencontre tout un clan bourgeois d’oncles, de tantes, de cousins, d’aïeuls qu'elle ne connaît pas. Son arrivée fait ressurgir un passé enfoui, dans lequel elle fouille pour comprendre qui étaient ses parents. Tout en découvrant les secrets de ses proches, cultivant les non-dits, le mensonge et la honte, l’adolescente reconstruit le parcours de ses géniteurs. Deux êtres qui ont connu le meilleur et le pire, entre bonheur, folles aventures en mer et rêves brisés par la drogue. .  

    Pour Romeria, la Catalane Carla Simón s’inspire de son propre vécu d’orpheline ayant perdu ses père et mère du sida, s'appuyant par ailleurs sur de nombreux témoignages.  Elle avoue que le cinéma lui a offert la possibilité d’inventer son propre récit et de faire la paix avec son histoire. A travers elle, la cinéaste brosse également indirectement le portrait de la génération espagnole des années 80, marquée par l’héroïne, les overdoses, le sida et leur tragique cortège de morts

    Achevant une trilogie sur la famille et l'absence après Été 93 et Nos soleils, Carla Simón propose, avec Romeria, un film visuellement séduisant. Touchant, poétique, il est porté par l’attachante Llúcia Garcia. Pourtant il peine à vraiment convaincre, notamment en raison de son inutile lenteur. L’auteure nous perd en effet en route en multipliant des détails sans grand intérêt. Elle a en outre tendance à s'éloigner de l’intrigue, brisant le fil conducteur par de trop longues pauses contemplatives, mélancoliques, parfois à la limite de l’ennui.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

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  • Grand écran: Ahmet, le berger qui rêve de devenir DJ. Un récit initiatique évitant la farce et le pathos

    Issu de la minorité turque Yörük, Ahmet (Arif Jakup), 15 ans, vit dans un village isolé de Macédoine du Nord avec son père et son petit frère Naim, devenu muet depuis la mort de leur mère. Après avoir dû quitter l’école, Ahmet est forcé de s’occuper de son cadet et de la bergerie familiale, tandis que son père, miné par le chagrin, se ruine auprès de guérisseurs de tout poil pour espérer faire reparler Naim.

    Bien que son quotidien soit régi par les traditions, Ahmet a un grand rêve, devenir DJ. Cherchant un de ses moutons qui s’est échappé, il tombe sur une rave party clandestine, en pleine nature. Fasciné par la musique électronique et les corps en transe, l'adolescent transforme aussitôt son tracteur en sound system mobile. Il tombe aussi amoureux de la jeune et rebelle Aya, aspirant à la danse et à la liberté. Malheureusement, elle est promise à un mariage arrangé. Ahmet va alors tenter de l’aider à se sauver de ce malheureux destin.

    Prix du jury et du public à Sundance, DJ Ahmet, comédie dramatique visuellement séduisante, est écrit et réalisé par Georgi M. Unkovski. Evitant la farce et le pathos, surfant sur le pouvoir libérateur de la musique, le réalisateur nord-macédonien explore, dans son premier long métrage, le sempiternel conflit entre aînés tenants du patriarcat, à l`image du père d’Ahmet traditionaliste sévère, et une jeunesse avide de changement, d’émancipation, de modernité. Rien de très nouveau sous le soleil, mais l’auteur s’empare du sujet avec humour, sensibilité et tendresse.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

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