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Cannes dans Chassé-Croisette

  • Festival de Cannes: 21 films à l'assaut de la Palme d'Or. Retour de Pedro Almodovar dans une compétition par ailleurs largement renouvelée

    A l’occasion de la traditionnelle conférence de presse, Le délégué général Thierry Frémaux et la présidente Iris Knoblauch ont dévoilé jeudi  les 21 prétendants à la Palme d'or du prochain Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai. La compétition est particulièrement renouvelée, avec 11 cinéastes sélectionnés pour la première fois. Par ailleurs seules cinq réalisatrices, deux de moins que l’an dernier, ont été retenues pour cette édition, qui reflète comme d’habitude l’état du monde. De nombreux films évoquent ainsi de la guerre.

    2541 longs-métrages ont été vus, soit 1000 de plus qu'il y a dix ans. Toutefois, ce cru 2026 se déroulera sans les studios hollywoodiens, Universal et Warner Bros. ayant choisi de présenter leurs films ailleurs.  C’est Pierre Salvadori, avec La Vénus électrique, qui donnera le coup d’envoi à cette 79e grand-messe de la pellicule. Eye Haïdara en sera la maîtresse des cérémonies, Park Chan-wook présidera le jury. Quant à ,Peter Jackson et Barbra Streisand, ils décrocheront une Palme d'or d'honneur…

    Les candidats au palmarès

    Pilier du festival, la compétition voit le retour de l’Espagnol Pedro Almodovar qui sera flanqué de deux autres compatriotes. On retrouve également l’Iranien Asghar Farhadi, le Russe en exil Andrei Zviaguintse, le Japonais Hirokazu Kore-eda et le Roumain Cristian Mungiu, anciens lauréats, le Belge Lukas Dhont, ou encore Ira Sachs, seul réalisateur américain.

    Quatre cinéastes français feront leurs premiers pas; Léa Mysius et son adaptation du roman de Laurent Mauvignier Histoires de la nuit, avec Bastien Bouillon et Monica Bellucci; Charline Bourgeois-Tacquet, La Vie d’une femme, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry  Jeanne Herry pour Garance, avec Adèle Exarchopoulos. Enfin Arthur Harari présentera L'inconnue, adaptation d'une bande dessinée écrite avec son frère. «Il s’agit d’un objet de cinéma extrêmement particulier", a déclaré  Thierry Frémaux.

    Un Certain Regard, Hors compétition et autres sections

    Très couru, le volet Un Certain Regard compte actuellement une quinzaine de métrages, dont trois premiers films. Mais il devra s'étoffer et on aura largement l'occasion d’en parler. Hors compétition, le festival propose une grosse production événementielle, La bataille de Gaulle: L'âge de fer, première partie du diptyque sur le général Charles de Gaulle, écrit et réalisé par l'ancien diplomate Antonin Baudry. Karma de Guillaume Canet et L’objet du délit d’Agnès Jaoui sont aussi au menu.

    Plusieurs histoires vraies vont sans doute marquer les esprits comme L'abandon, de Vincent Garenq, sur les derniers jours du professeur Samuel Paty. Ou L'affaire Marie-Claire, qui revient sur le procès à Bobigny d'une jeune fille violée qui s'était fait avorter illégalement, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de l'avocate Gisèle Halimi. A signaler encore en séances spéciales ou de minuit, John Lennon : The Last interview. de Steven Soderbergh, Vol de nuit pour Los Angeles le premier film de John Travolta en tant que réalisateur. Et Full Phil de Quentin Dupieux, avec Woody Harrelson et Kristen Stewart. Déjanté, évidemment!

    Festival de Cannes, du 12 au 23 mai.

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  • Festival de Cannes: parmi les 22 films pour une Palme d'or, ceux qui font beaucoup papoter sur la Croisette

    Jusqu’au 24 mai, Cannes accueille la 78e édition de son prestigieux festival, avec son habituel défilé de stars, notamment Tom Cruise venu présenter le dernier Mission impossible, Robert De Niro, qui recevra une Palme d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, Scarlett Johansson et Kirsten Stewart pour la première fois derrière la caméra…Vingt-deux films chassent la très convoitée Palme d’or, qui sera décernée cette année par la présidente du jury Juliette Binoche. En attendant ce soir la cérémonie d’ouverture  suivie, choix pour le moins curieux, de Partir un jour, comédie dramatique de la débutante française Amélie Bonnin, tour d’horizon des oeuvres qui font beaucoup papoter sur la Croisette. 

    Alpha, de Julia Ducournau
     
    Palme d'or en 2021 avec Titane, elle est évidemment attendue au tournant .Adepte du gore et des métamorphoses du corps, la  Française Julia Ducournau s'aligne à nouveau avec Alpha. Adolescente agitée de 13 ans vivant seule avec sa mère, Alpha rentre un jour de l’école avec un tatouage sur le bras. Leur monde s'écroule et la tension monte. Son auteure annonce elle-même ce troisième long métrage comme son œuvre la plus personnelle et la plus profonde. On trouve également la cinéaste parmi les seize prétendants à la Queer Palm, qui fête cette année ses dix ans et dont le jury est présidé par le cinéaste, scénariste et dramaturge français Christoph Honoré. 

    Dossier 137, de Dominik Moll
     
    Après le gros succès de La nuit du douze, récompensé par six Césars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, le Français  Dominik Moll reste dans le monde policier. Changeant de registre, ils nous plonge, avec Dossier 137, dans une enquête interne sous haute tension pendant la fameuse crise des Gilets jaunes. Avec Léa Drucker. .
     
    Resurrection, de Bi Gan
     
    Viendra, viendra pas, le suspense était à son comble. Finalement, le prodige chinois Bi Gan, sélectionné dans Un certain regard en 2028 avec Un grand voyage vers la nuit, traque cette fois la Palme d’or avec Resurrection, film policier de science-fiction. Après une intervention chirurgicale, une une femme en quête de vérité, dont la conscience tombe dans le fuseau horaire éternel, fait de nombreux rêves. Excitant, non ?
     
    Nouvelle Vague, de Richard Linklater
     
    Grand cinéphile, amoureux de la Nouvelle Vague pendant ses années de fac au Texas,  l’Américain Richard Linklater a décidé de rendre hommage à Jean-Luc Godard et ses compères avec sa propre Nouvelle Vague. Filmé en noir et blanc dans un Paris des années 1960, son film raconte le tournage d’A bout de souffle. De jeunes inconnus jouent Godard et Belmonde.
     
    Eddington, d’Ari Aster
     
    Pour l’instant, cela reste plutôt secret, mais sa mission est de secouer le concours si jamais il s’endormait. En tout cas, le New Yorkais Ari Aster, maître contemporain de l’horreur, n’a pas lésiné sur le casting (Joaquin Phoenix Emma Stone, Austin Butler, Pedro Pascal) pour Eddington, western horrifique se déroulant en pleine pandémie de Covid 19. On évoquera enfin les Dardenne, qui visent une troisième Palme d'or avec Jeunes mères. Les frères belges suivent cinq adolescentes hébergées dans une maison maternelle, espérant une meilleure vie pour elles et leur enfant. 

    Mais il n’y a pas que la compétition qui fait parler. On citera quelques autres œuvres attendues dans les sections parallèles.:
     
    Première derrière la caméra pour Scarlett Johansson et Kirsten Stewart
     
    À l’affiche de The Phoenician Scheme, de Wes Anderson, présenté en concours, la star américaine fait parallèlement ses débuts de réalisatrice. Sélectionné à Un certain regard, Eleanor the Great met en scène une vieille dame qui quitte Miami pour New York après la mort de sa meilleure amie, une Juive polonaise rescapée des camps. Elle tente alors de reconstruire sa vie. se lie avec une étudiante et questionne la transmission de la Shoah. Premier passage également derrière la caméra de Kirsten Stewart avec The Chronology of Water, proposé dans la même section. Il raconte l'histoire tourmentée de Lidia Yuknavitch, enseignante et écrivaine américaine.
     
    L’Intérêt d’Adam, de Laura Wandel
     
    Premier long métrage de la réalisatrice belge, présenté en ouverture de la Semaine de la critique, L'intérêt d'Adam nous emmène à l’hôpital, où une infirmière en chef (Léa Drucker) prend en charge un enfant de 4 ans victime de malnutrition, tout en désirant aider sa mère en détresse (Anamaria Vartolomei).

    Enzo, de Robert Campillo
     
    Cinquième long métrage de l’auteur, Enzo a été écrit en collaboration avec le cinéaste Laurent Cantet, Décédé en avril 2024, ce dernier avait prévu à l’origine de réaliser lui-même le projet, évoquant Enzo, seize ans, apprenti maçon à la Ciotat. Alors que son père le voyait faire des études supérieures, le jeune homme cherche une alternative au confort bourgeois, au cadre étouffant de la villa familiale. C’est sur les chantiers, au contact de Vlad, un collègue ukrainien, qu’il va entrevoir un autre avenir. Sélectionné à la Quinzaine des cinéastes. Enzo fait aussi partie des candidats à la Queer Palm. 

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  • Festival de Cannes:"Anora" de Sean Baker décroche la Palme d'or. On aime

    C’était l’un des grands favoris. Greta Gerwig et ses huit complices ont donc succombé eux aussi à cette l’histoire «pleine d’humanité  qui les a envoûtés et brisé le cœur". Sean Baker raconte la rencontre explosive entre une stripteaseuse de Brooklyn, accessoirement escort et le fils d’un oligarque russe. Le courant passe trop bien entre la volcanique Anora préférant qu’on l’appelle Ani (géniale Mikey Madison) et  Vanya, andouille immature qui ne pense qu’à la fête.
     
    Ani met un tel cœur à l’ouvrage que le gamin lui propose, contre paiement, de passer une semaine à sa disposition exclusive dans la luxueuse villa de son paternel avant de l’épouser lors d’une virée  alcoolisée à Las Vegas. Mais papa n’est pas d’accord du tout et veut faire annuler le mariage. Déjanté, jouissif, ce conte en forme de thriller newyorkais exalte notamment un super personnage féminin. (Voir aussi notre précédent article). 

    Juste avant, une Palme d’or d’honneur a été remise à George Lucas, très très longuement applaudi, par Francis Ford Coppola, l’auteur du complètement ignoré Megalopolis.  
     
    Les autres médailles
     
    Le Grand Prix du jury est allé à All We imagine As Light de l’Indienne Payal Kapadia. C’était la première fois qu’un film indien figurait en compétition depuis trente ans. 
     
    Emilia Perez de Jacques Audiard, même si on imagine sa déception,  a raflé deux prix. Celui du jury, tandis que l’une de ses héroïnes, l’Espagnole  Karla Sofia Gascon devenait la première comédienne transgenre à remporter l’interprétation féminine, récompense en l’occurrence collective qu’elle partage avec l’ensemble des actrices de cette comédie musicale, Adriana Paz, Zoe Saldana et Selena Gomez.

    Côté masculin, c’est Jesse Plemons qui est sacré meilleur acteur pour son rôle dans Kinds Of Kindness de Yorgos Lanthimos

    The Substance de la Française Coralie Fargeat, a étérécompensé du Prix du scénario. On a beaucoup aimé cette œuvre gore portée par Demi Moore. C’est un film qui parle des femmes dans le monde et la violence qui les entoure. Virée à cause de son âge, la  vedette d’une émission télévisée américaine,  ingère une substance qui la rend plus jeune et plus jolie. Une meilleure version d’elle-même en somme. De son côté le Portugais Miguel Gomez remporte le prix de la mise en scène pour Le Grand Tour.

    Vu la folle et interminable ovation  qui lui a été  réservée lors de la présentation de son film au Grand Théâtre Lumière, on pensait qu’il recevrait la Palme d’or.  Mais l'Iranien Mohammad Rasoulof a dû se contenter du Prix spécial du jury pour Les graines du figuier sauvage, une œuvre puissante où il livre une grosse  charge contre le régime dictatorial  de son pays. 

    «J’ai une pensée pour les membres de mon équipe au courage sans borne, retenus en Iran sous la pression des services secrets », a déclaré le cinéaste. «Je suis trop heureux que le film soit reconnu mais aussi très triste par la catastrophe que vit mon peuple au quotidien, sous un régime totalitaire qui l’a pris en otage…»

    Enfin la Caméra d’or récompensant un premier film, est allée à Armand, du réalisateur norvégien Halfdan Ullman Tondel.

    Dans la section parallèle Un certain regard,, le jury présidé par le Québécois Xavier Dolan a décerné son prix à Black Dog du Chinois Guan Hu, évoquant la rencontre insolite entre un motard mutique et un lévrier famélique. Avec  cette oeuvre simple et émouvante non dépourvue d’humour, le réalisateur  nous plonge dans une atmosphère singulière, envoûtante, entre chronique politique critique, étude sociale caustique, dénonciation de cruelles pratiques envers les animaux. Le tout sur fond de road movie dans un paysage lunaire, postapocalyptique, prétexte à de magnifiques images. 

    Des sélections discutables et des déceptions

    Cette 77e édition ne restera pas inoubliable en ce qui concerne la compétition. Comme toujours, certains films, comme L’amour ouf de Giles Lellouche,ou Motel Destino du Brésilien Karim Aïnouz ne méritaient pas d’y figurer et auraient été avantageusement remplacés par des films sélectionnés dans les autres catégories. On a par ailleurs été déçu par des métrages d’auteurs qu’on aime. Par exemple Marcello Mio, un film de potes paresseux signé Christophe Honoré. Ou The Shrouds de David Cronenberg, imaginant un système révolutionnaire, permettant aux vivante se se connecter à leurs chers disparus  dans leurs linceuls.

    Mais bon. Vive le Festival de Cannes quand même et à l’année prochaine!

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