Jeune métallo père de famille de 26 ans, Philippe Croizon voit sa vie basculer le 5 mars 1994. Ce jour-là, il reçoit trois décharges de 20.000 volts en tentant de démonter l’antenne de télé accrochée à la cheminée de sa maison. Après deux mois de coma, il se réveille amputé des quatre membres. Son avenir semble brisé. Il parvient pourtant à surmonter son handicap, surtout quand il rencontre sa future compagne Suzana Sabino, dont l’amour et le soutien inconditionnel vont transformer sa vie et lui permettre de réaliser d’inimaginables exploits sportif. Dont une traversée de la Manche à la nage en moins de 24 heures!
Marie-Castille Mention-Schaar, qui privilégie les histoires vraies dans son cinéma, (Le ciel attendra ou Divertimento), ne pouvait laisser échapper celle-ci. Pour le meilleur est directement inspiré du parcours hors-norme de Croizon. Elle choisit d’en faire une comédie dramatique, en se concentrant sur l’histoire d’amour entre Philippe (Pierre Rabine) et Suzana (Lilly-Fleur Pointeaux), une jeune maman séparée d’un mari violent, dont la rencontre va bouleverser son quotidien.
Une volonté d’authenticité
La cinéaste raconte ainsi la (re)construction du couple et le gigantesque défi qu’il s’est lancé: préparer Philippe à… traverser la Manche à la nage! Elle revient sur deux années d’entraînement, où apparaissent aussi Sandrine Bonnaire, Corinne Masiero et Pierre Deladonchamps. Deux années marquées par une somme inouïe de persévérance, de doutes, d’efforts, d’encouragements, qui ont permis à ce héros de réaliser son rêve.
Aimant donner de l’énergie et de l’espoir, la réalisatrice veut éviter le sensationnalisme, le spectaculaire ou le racoleur, en recherchant l'approche humaine, la justesse des situations, la sincérité des dialogues, la réalité des émotions et la vérité des sentiments. En un mot l’authenticité. Elle convainc toutefois plus sur le fond que sur la forme, un peu trop prévisible et classique.
De passage à Genève, elle raconte comment elle a découvert Philippe Croizon. "Un jour, je suis tombée sur une interview où il racontait ses exploits et j’ai trouvé incroyable que personne n’ait songé à faire un film sur lui". Marie-Castille l’a alors contacté. «Il connaissait un peu mon travail et a été d’accord de me rencontrer. Lorsque je suis arrivée chez lui, j’ai vu sa compagne, Suzana. Elle m’a fascinée. Lui était dans la lumière, elle non. J’allais changer ça. Pour moi c’était évident que leur histoire serait le fil conducteur. J’ai certes été motivée par le dépassement de soi, mais encore davantage par l’amour qui lie ces deux êtres, ce que Suzana a fait pour lui. Sans elle, l’impossible n’aurait pas été possible"
Une heureuse coincidence
La réalisatrice ajoute que Philippe Croizon a été super content de la rencontrer. "Je pense qu’il l’attendait, ce film. Mais encore fallait-il trouver le comédien. Cela n’a pas été facile. J’ai fait des recherches sur Internet et j’ai découvert que Pierre Rabine, un sportif quadri amputé faisait de la natation et était même médaillé. Je lui ai téléphoné et nous nous sommes vus à la Roche-sur-Yon, où il a son club. Je l’ai trouvé très beau, il était partant pour des essais. Comme il n’avait jamais joué, ce n’était pas évident d’assumer un rôle principal".
En ce qui concerne Suzana, c’est une heureuse coïncidence qui lui a permis de la trouver. "Lilly-Fleur était dans mon premier long métrage, Ma première fois J’avais envie de retravailler avec elle, mais pas forcément dans Pour le meilleur. Quand j’ai fait des essais avec Pierre Rabine, j’ai eu besoin de quelqu’un pour lui donner la réplique et je l’ai appelée. J’ai été émerveillée par sa ressemblance physique avec le personnage, par le couple tellement naturel qu’elle formait avec Pierre. Je la voulais absolument et je me suis battue pour l’imposer".
Marie-Castille Mention-Schaar évoque un tournage parfois difficile. Lors de la traversée de la Manche, évidemment. "Nous privilégié des conditions réelles pendant les neuf derniers jours. L’eau était froide. Mais nous avions une grosse équipe, un coach de natation pour aider Pierre. En outre son personnage était arrivé sur un rocher et il fallait en trouver un". A noter enfin que le film inclut des scènes tournées avec le matériel adapté de Philippe Croizon pour plus d'authenticité.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril.