Le film suit les coulisses de la préparation de l'opéra Les Noces de Figaro. Une accusation d'agression sexuelle éclate au sein de la troupe, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Du moins l’attend-on. Signée Agnès Jaoui, cette comédie chorale veut explorer les mouvements féministes, le racisme ordinaire, le choc des générations, l’évolution du patriarcat et l'impact du mouvement #MeToo.
L'objet du délit est son premier film en solo après la disparition de son compagnon artistique Jean-Pierre Bacri et cela se sent. Manque de férocité, de piquant, de subtilité, de finesse. En voulant jongler avec tous ces thèmes conzemporains, Agnès Jaoui perd le fil de son récit et nous avec. D’abord, elle ne prend pas franchement parti et, pour esquiver la complexité et la violence réelle des débats actuels, choisit une résolution consensuelle, façon théâtre de boulevard,
Cette absence de point de vue permet de ne pas prendre de risques sur des sujets brûlants. A l’image du sexisme et du racisme mal traités sous l’angle du vaudeville, comme de simples ressorts comiques, avec des répliques qui tombent à plat. La réalisatrice s’insurge mollement, renvoyant dos à dos pour s’en débarrasser le vieux macho sûr de son bon droit et la jeune militante rebelle. Tous deux aussi insupportables l’un que l’autre.
Enfin les comédiens cantonnés dans des personnages caricaturaux (dont notamment Daniel Auteuil ou Eye Haïdara), ne sont du coup pas au mieux de leur forme. A commencer par Agnès Jaoui elle-même dans le rôle d’Hannah, une cantatrice arrogante qui défend plutôt «le droit d’importuner», soit la vision d'une époque révolue. Le reste est à l’avenant avec le vieux metteur en scène dépassé, la jeune activiste radicale, le maestro odieux avec ses intolérables caprices. Sans oublier le béotien qui découvre l’opéra et en tombe amoureux. Du déjà vu en beaucoup mieux dans Le goût des autres.
Bref. L’objet du délit se révèle aussi laborieux qu’artificiel. Logique. Ménager la chèvre et le chou avec une équipe à côté de la plaque ne pouvait pas faire des étincelles.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 mai.