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Sorties de la Semaine - Page 2

  • Grand écran: "Le gâteau du président", touchante fable satirique sur la dictature et la misère, dans l'Irak de Saddam Hussein

    Dénonçant le culte dément de la personnalité voué à Saddam Hussein, l’Irakien Hassan Hadi suit une fillette et son copain dans une quête singulière semée d’embûches.

    Irak, 1990. Alors que les Américains bombardent un pays frappé d’une grave crise alimentaire, Saddam Hussein exige que tous ses sujets fêtent comme d’habitude son anniversaire, véritable fête d’État à coups de défilés militaires, de discours télévisés, d’affiches de propagande et de fastueuses offrandes publiques.

    Sous peine d’être dénoncée, voire sévèrement battue en cas d’échec de sa mission, la petite Lamia, 9 ans, est malheureusement tirée au sort par son odieux instituteur pour confectionner un beau gâteau fourré à la crème et le ramener à ses camarades de classe. Son copain Saeed est lui chargé de rapporter des fruits frais.

    Mais comment se procurer la farine, le sucre ou les œufs, lorsqu’on n’a pas le moindre sou en poche? Commence alors pour les deux gamins, surtout pour Lamia accompagnée de son inséparable coq Hindi, une quête aux ingrédients semée d’embûches, chacun d’eux donnant lieu à une aventure plus ou moins dangereuse. Dont une cruelle arnaque et une tentative de viol de la part d’un vieux pervers.

    Fable satirique réussie sur la dictature et la misère sociale, Le gâteau du président était le premier film irakien sélectionné à La Quinzaine des cinéastes et le premier du réalisateur Hassan Hadi. Simple, efficace, filmé à hauteur d’enfant, il évite non seulement tout misérabilisme, mais pimente d’humour les tribulations des deux excellents petits protagonistes. Énergiques, débrouillards, touchants, ils relèvent vaillamment le défi qui leur est posé, en dépit de leur situation plus que précaire. Cerise sur le gâteau, il a décroché la Caméra d’or et Prix du public au dernier Festival de Cannes.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 février.

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  • Grand écran: "Diamanti" célèbre la sororité, la solidarité et l'émancipation de ses héroïnes

    Disons-le tout de suite, le nouveau film de Ferzan Özpetek, cinéaste italien d’origine turque, a fait un tabac dans son pays, en attirant deux millions de spectateurs. Réunissant ses actrices préférées autour d’un déjeuner, Özpetek se met lui-même en scène en ouverture, en leur proposant un rôle dans sa prochaine production, qui mettra en évidence les parcours de personnages féminins, en l’occurrence des couturières oeuvrant en coulisses.

    Il les projette alors à Rome, dans les années 70, au sein d’un prestigieux atelier de création de costumes pour le cinéma et le théâtre. Il est dirigé par deux sœurs, dont Alberta, qui doit faire face aux exigences d’un cinéaste oscarisé capricieux et aux problèmes de ses ouvrières, le plus souvent causés par des hommes stigmatisés pour leur masculinité toxique. N’oublions pas que nous sommes encore dans une société traditionaliste et patriarcale, où la femme est généralement cantonnée à un rôle domestique.

    Ainsi, en explorant l’univers féminin de la haute couture, l’auteur ne rend pas seulement hommage aux «diamanti», travaillant dans l’ombre à l’éclat du septième art, mais à toutes ces femmes avides de liberté dont il raconte le destin. Entre rivalité, conflits personnels et bienveillance, le récit sonde la force de leurs liens. Ce qui donne lieu à des scènes en groupe comme celles de la lecture du scénario, révélant de quelle manière les actrices s’emparent de leurs rôles, ainsi que celles de l’atelier où on va les retrouver solidaires.    

    Tout en célébrant la sororité et l’émancipation de ses héroïnes dans ce film choral tournant au mélo, l’auteur ne s’oublie pas. Son intrigue parfois inutilement tarabiscotée converge vers la création et la confection d’une robe somptueuse, un chef d’oeuvre conçu par les doigts de fée des «diamanti» qu’on mettra en parallèle avec l’ambition de Ferzan Özpetek, assez convaincu d’en avoir réalisé un…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 janvier

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  • Grand écran: "Qui vit encore": rescapés de l'enfer, neuf réfugiés palestiniens racontent. Bouleversant

    Le documentaire du Suisse Nicolas Wadimoff, lauréat du Prix de Soleure, commence de façon intrigante. Dans un hangar au sol noir, un homme peint une forme à la peinture blanche. Et à l’intérieur, dessine sommairement des figures géométriques. Il s’agit d’une carte symbolique de Gaza avec ses villes, ses camps, ses quartiers. Et on découvre Jawdat Khoudari, Mahmoud Jouda, Adel Altaweel, Haneen Harara, Malak Khadra, Hanaa Eleiwa, Firaz Elshrafi, Eman Shanan et Ghada Alabadl,  neuf Palestiniens réfugiés en Egypte, qui ont échappé à l’enfer. Ils se rendent chacun dans leur carré, pour montrer où était leur maison. Ensuite ils se dirigent vers une table.  Sur celle-ci, l’un après l’autre, ils tracent au feutre blanc les lieux qui représentaient leur existence.

    Et puis ils racontent cette vie d’avant, les dangers encourus, la perte de leurs proches, parfois de toute leur famille, la disparition de leurs rêves. Ils évoquent aussi le profond attachement à leur terre, leur lutte pour revenir à la vie. En partageant leurs récits dans ce qui tient de la thérapie de groupe, ils tentent de se remettre en contact avec eux-mêmes, de revendiquer le droit de cesser d’être des fantômes. Les entretiens sont menés par Wadimoff. Il connaît particulièrement bien son sujet pour se rendre régulièrement en Palestine.

    Qui vit encore devait à l’origine être tourné à Lausanne, mais les visas ayant été refusés aux protagonistes par les autorités suisses, il a été tourné en Afrique du Sud.  Présenté à la dernière Mostra de Venise, le réalisateur a reçu le Prix Art et Cinéma. Avec sa scénographie sobre, respectueuse, son approche très humaine de la survie et de la mémoire, l’auteur rend les témoignages de ces existences détruites encore plus forts et poignants. La dignité, le courage, la résilience de ses héros nous bouleversent. Surtout quand on imagine la difficulté de parler de cette tragédie et de la charge émotionnelle qui en découle. Par leurs voix, Nicolas Wadimoff s’attache à représenter, comme il le dit lui-même, une situation qui n’a plus de mots pour être décrite.

     A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 28 janvier.

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