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Sorties de la Semaine

  • Grand écran: "Diamanti" célèbre la sororité, la solidarité et l'émancipation de ses héroïnes

    Disons-le tout de suite, le nouveau film de Ferzan Özpetek, cinéaste italien d’origine turque, a fait un tabac dans son pays, en attirant deux millions de spectateurs. Réunissant ses actrices préférées autour d’un déjeuner, Özpetek se met lui-même en scène en ouverture, en leur proposant un rôle dans sa prochaine production, qui mettra en évidence les parcours de personnages féminins, en l’occurrence des couturières oeuvrant en coulisses.

    Il les projette alors à Rome, dans les années 70, au sein d’un prestigieux atelier de création de costumes pour le cinéma et le théâtre. Il est dirigé par deux sœurs, dont Alberta, qui doit faire face aux exigences d’un cinéaste oscarisé capricieux et aux problèmes de ses ouvrières, le plus souvent causés par des hommes stigmatisés pour leur masculinité toxique. N’oublions pas que nous sommes encore dans une société traditionaliste et patriarcale, où la femme est généralement cantonnée à un rôle domestique.

    Ainsi, en explorant l’univers féminin de la haute couture, l’auteur ne rend pas seulement hommage aux «diamanti», travaillant dans l’ombre à l’éclat du septième art, mais à toutes ces femmes avides de liberté dont il raconte le destin. Entre rivalité, conflits personnels et bienveillance, le récit sonde la force de leurs liens. Ce qui donne lieu à des scènes en groupe comme celles de la lecture du scénario, révélant de quelle manière les actrices s’emparent de leurs rôles, ainsi que celles de l’atelier où on va les retrouver solidaires.    

    Tout en célébrant la sororité et l’émancipation de ses héroïnes dans ce film choral tournant au mélo, l’auteur ne s’oublie pas. Son intrigue parfois inutilement tarabiscotée converge vers la création et la confection d’une robe somptueuse, un chef d’oeuvre conçu par les doigts de fée des «diamanti» qu’on mettra en parallèle avec l’ambition de Ferzan Özpetek, assez convaincu d’en avoir réalisé un…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 janvier

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  • Grand écran: "Qui vit encore": rescapés de l'enfer, neuf réfugiés palestiniens racontent. Bouleversant

    Le documentaire du Suisse Nicolas Wadimoff, lauréat du Prix de Soleure, commence de façon intrigante. Dans un hangar au sol noir, un homme peint une forme à la peinture blanche. Et à l’intérieur, dessine sommairement des figures géométriques. Il s’agit d’une carte symbolique de Gaza avec ses villes, ses camps, ses quartiers. Et on découvre Jawdat Khoudari, Mahmoud Jouda, Adel Altaweel, Haneen Harara, Malak Khadra, Hanaa Eleiwa, Firaz Elshrafi, Eman Shanan et Ghada Alabadl,  neuf Palestiniens réfugiés en Egypte, qui ont échappé à l’enfer. Ils se rendent chacun dans leur carré, pour montrer où était leur maison. Ensuite ils se dirigent vers une table.  Sur celle-ci, l’un après l’autre, ils tracent au feutre blanc les lieux qui représentaient leur existence.

    Et puis ils racontent cette vie d’avant, les dangers encourus, la perte de leurs proches, parfois de toute leur famille, la disparition de leurs rêves. Ils évoquent aussi le profond attachement à leur terre, leur lutte pour revenir à la vie. En partageant leurs récits dans ce qui tient de la thérapie de groupe, ils tentent de se remettre en contact avec eux-mêmes, de revendiquer le droit de cesser d’être des fantômes. Les entretiens sont menés par Wadimoff. Il connaît particulièrement bien son sujet pour se rendre régulièrement en Palestine.

    Qui vit encore devait à l’origine être tourné à Lausanne, mais les visas ayant été refusés aux protagonistes par les autorités suisses, il a été tourné en Afrique du Sud.  Présenté à la dernière Mostra de Venise, le réalisateur a reçu le Prix Art et Cinéma. Avec sa scénographie sobre, respectueuse, son approche très humaine de la survie et de la mémoire, l’auteur rend les témoignages de ces existences détruites encore plus forts et poignants. La dignité, le courage, la résilience de ses héros nous bouleversent. Surtout quand on imagine la difficulté de parler de cette tragédie et de la charge émotionnelle qui en découle. Par leurs voix, Nicolas Wadimoff s’attache à représenter, comme il le dit lui-même, une situation qui n’a plus de mots pour être décrite.

     A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 28 janvier.

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  • Grand écran: "Le maître du kabuki" nous emmène à la découverte d'un monument de l'art théâtral japonais

    Pour son onzième film, le réalisateur japonais d’origine coréenne Sang-il Lee, qui adapte pour la troisième fois un roman de Shuichi Yoshida, propose une épopée mélodramatique en nous plongeant dans le kabuki, chef d’œuvre de l’art japonais. Né au début du XVIIe siècle, il se transmet de père en fils.
     
    Nagasaki 1964. À la mort de son père, chef d'un gang de yakuzas, Kikuo (Ryô Yoshizawa) 14 ans, est confié à Hanjiro (Ken Watanabe), célèbre acteur de kabuki.  Aux côtés de Shunsuke (Ryusei Yokohama) le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel.  Pour devenir "onnagata" (acteurs qui jouent des rôles féminins ) Kikuo et Shunzuke, futur héritier selon la tradition, suivent le dur enseignement de l’inflexible maître.
     
    Sur un demi-siècle et à grand renfort de rebondissements, le film évoque la relation entre les garçons, ou s’entremêlent attachement, passion, rivalités, jalousie, ambition. Car l'un des deux, à force de sacrifices, deviendra le plus grand maître du kabuki et sera élevé au rang de «trésor national vivant». L’œuvre à grand spectacle, sur fond d’habillage, de maquillage, de costumes et de décors fastueux, nous emmène également dans les coulisses de cet art particulièrement exigeant, dévoilant un monde clos, hiérarchisé, où les hommes font la loi.  
     
    Avec cette impressionnante fresque épique de près de trois heures à la mise en scène très (trop) académique, qui a fait un énorme carton au Japon, Sang-il Lee représentera logiquement son pays aux Oscars.
     
    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 24 décembre.

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