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le blog d'Edmée - Page 55

  • Grand écran: Megalopolis, un méga-délire de Coppola qui méga-divise entre chef d'oeuvre et accident de char romain!

    Après douze ans de silence, Megalopolis était tellement attendu qu’il provoquait son lot de fantasmes avant la projection  en mai dernier sur la Croisette. Il faut dire que Francis Ford Coppola mijotait la chose depuis une quarantaine d’années, au point d’y mettre 120 millions de dollars de sa poche. Une ambition  démesurée qui n’a pas payé. Très divisés, les avis allaient de chef d’œuvre (plutôt rares toutefois) à l’accident de char romain, en passant par la cata Coppola.   

    Dans les deux cas, c‘est exagéré pour cette fable politico-antico-avant-gardiste, qui se double d’un autoportrait narcissique de l’auteur en citoyen engagé, notamment dans l’anti-wokisme. Elle se déroule dans un New York futuriste inspiré de l'Empire romain, rebaptisé New Rome, où s’opposent deux visions diamétralement opposées.  D’un côté celle de Cesar Catilina (Adam Driver). Génial architecte, inventeur par ailleurs du mégalon, matériau de construction révolutionnaire, indestructible, lui permettant également d’arrêter le temps, il souhaite construire une cité qui fasse rêver ses habitants. 

    Mais il se trouve en désaccord total avec Franklyn Cicero (Giancarlo Esposito)), maire mafieux corrompu qui veut, lui, bâtir une ville casino. Une divergence fondamentale d’autant plus renforcée que la fille de Cicero Julia (Nathalie Emmanuel) est amoureuse de César. Bref l’affrontement est inévitable, poussant les New-Yorkais à l’insurrection ... Ce faisant,  Coppola nous en met plein les yeux en mêlant les époques, proposant une fresque délirante, clinquante, inventive, baroque, hypercolorée, kitsch, grandiose, pleine de fulgurances et d’expériences visuelles.

    Un récit décousu et trop long qui nous perd

    Dommage que le reste ne soit pas à la hauteur. A commencer par un récit décousu, trop long, pas terriblement rythmé , qui tend à nous perdre entre courses de chars, jeux antiques et crash d’un avion russe. Mais surtout, c'est un poil gênant, le métrage se présente comme une autoglorification de l’auteur, le magistral César étant à l'évidence Coppola,  dont on regrette le côté et le ton pédants de ses réflexions sur le temps (ce n’est pas la première fois) et le pouvoir. Finissant en quelque sorte par nous expliquer que dans le fond rien  n’a véritablement changé depuis l’aube de la civilisation occidentale. Une vraie découverte...  

    On n’est pas non plus franchement bouleversifié par les acteurs qui frisent parfois le ridicule par la grandiloquence de leur jeu, même Adam Driver ça fait mal de le dire, quand ils ne tombent pas carrément dedans. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 septembre.

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  • Grand écran: "Speak No Evil", rencontre dangereuse sous le soleil de Toscane...

    L’intrigue, à combustion lente, débute par des vacances en Toscane. Ben et Louise (Mackenzie Davis et Scoot McNairy), Américains vivant à Londres avec leur fillette Agnès (Alix West Lefler) rencontrent une famille britannique composée de  Paddy, Ciara (James McAvoy, Aisling Franciosi) et leur jeune fils Ant (Dan Hough) 

    Les premiers traversent une crise conjugale, les second, ’exhibent sans complexes leur relation amoureuse. sans nuage.  Tout ce petit monde se réunit autour de dîners et de balades sous le chaud soleil italien. On promet de se revoir…  

    Paroles en l’air? Pas du tout. Après les vacances, Paddy et Ciara invitent Ben et Louise à passer un week-end dans leur maison isolée, à la campagne. Les Américains ne sont pas très chauds, mais finissent par accepter. C’est là que les choses vont dégénérer. 

    Cela commence par des détails dérangeants, des remarques désagréables de la part de Paddy, qui devient de plus en plus grossier et agressif.  La gêne s’installe, la tension ne cesse de monter, au point que les invités décident de partir. Mais Agnès oublie son doudou dont elle est incapable de se séparer. Les parents retournent le chercher et se laissent convaincre de rester encore une nuit, au cours de laquelle Ben, terrorisé, découvre une pièce mansardée recouverte de photographies de vacances terriblement révélatrices.…  

    On bascule alors dans un cauchemar qui culmine dans un troisième acte sanglant, avec gros plans sur tout ce qui fait mal et où l’affreux Paddy, montrant sa vraie nature, se déchaîne. Il donne libre cours à la férocité de sa nature bestiale dans ce film d’horreur qui symbolise les conventions sociales et la violence que les uns peuvent accepter des autres.   

    Speak No Evil, dont on retiendra notamment l’interprétation convaincante des comédiens adultes et enfants  est un remake américain  d’un film danois du même titre de Christian Tafdrup, sorti en 2022. Le réalisateur James Watkins suit en gros l’intrigue scandinave, mais a décidé de livrer un final différent. A noter que certains critiques jugent l’ensemble de l’opus, pourtant très noir, comme une version bisounours de l’original. A méditer pour les fans du genre.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 septembre. 

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  • Grand écran: dans "Ni chaînes ni maîtres", les esclaves se révoltent au péril de leur vie

    Le premier long métrage du Franco-Béninois Simon Moutaïrou est basé sur des faits historiques. Abordant de front une terrible réalité. Le réalisateur nous ramène ainsi en 1759 à L’ Isle de France (actuelle Île Maurice), pour nous raconter l’histoire de Massamba (Ibrahima Mbaye)et de sa fille Mati. (Anna Diakhere Thiandoum). Esclaves originaires du Sénégal, ils travaillent dur dans l’enfer de la plantation de canne à sucre d’Eugène Larcenet (Benoît Magimel), personnage d’une rare cruauté sous des dehors paternalistes à l’occasion.  

    Responsable de ses malheureux congénères, parlant aussi bien sa langue, le wolof, que celle des Blancs que lui a enseignée le fils d’Eugène maître, un jeune abolitionniste, Massamba rêve d’être affranchi, ainsi que Mati (photo). Cette dernière n’a pourtant qu’une idée en tête, se sauver pour rejoindre d’autres esclaves qui ont réussi à échapper à leur calvaire.   

    Or le marronage (fuite de la propriété du maître) est atrocement puni en cas d’échec. Marquage au fer à la première tentative, oreilles coupées à la deuxième, mort à la troisième pour ces individus  sans âme», ces «bêtes» auxquelles on peut tout faire subir.. Mais Mati a le courage de s’évader malgré le danger. Le propriétaire fait appel à la redoutable et implacable chasseuse d’esclaves Madame La Victoire (Camille Cottin) pour la traquer sans relâche, en compagnie de deux garçons.  Massamba n’a alors pas d’autre choix que de fuir à son tour et de tenter l'impossible .pour éviter le pire à sa fille.   

    Au sein d’une nature hostile, la lutte est impitoyable entre les marrons prêts à tout risquer pour leur liberté et leurs féroces poursuivants sûrs de leur bon droit. Ce film réaliste teinté de mysticisme et de spiritualité, où se mêlent suspense, violence, action, est principalement et puissamment porté par le charismatique Ibrahima Mbaye, grand acteur du théâtre sénégalais, La jeune débutante Anna Diakhere Thiandoum se montre à la hauteur dans le rôle de Mati. De leur côté Camille Cottin et Benoît Magimel se glissent plutôt bravement dans ce rôle peu enviable d’esclavagistes capables de torturer, écraser, tuer sans scrupule des êtres «inférieurs». 

    Rencontré récemment à Genève, Simon Moutaïru, qui a fait ses premières armes en tant que scénariste ( Boîte noire, Goliath notamment), nous en dévoile plus sur Ni chaînes Ni maîtres, qu’il a également écrit. Un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps, à la fois en raison de son origine béninoise et de la découverte lors d’un séjour à Maurice, d’un haut lieu marronage, l’imposante montagne du Morne Brabant. 

     Il s’agit d’une importante page de l’histoire de France, très peu racontée, que celle de ces vaillants marrons qui se sont enfuis au péril de leur vie pour conquérir leur liberté, reprendre en mains leur destin. Mon film est symbolique de la lutte contre toute oppression ».  

    Beaucoup de  longs métrages ont été tournés sur l’esclavage. Ne craigniez-vous pas qu’on parle  du vôtre comme un de plus sur le sujet? 

    Entre films, téléfilms et séries, il  est vrai que les Américains en ont tourné quelque 70. Les Français seulement trois. Cela dit,  ni les uns ni les autres ne rendent compte du Wolof, peuple de l’actuel Sénégal, comme dans le mien. Bien sûr des Django Unchainend ou Twlelve Years A Slave m’intimidaient. Mais j’ai choisi ma propre voie.

    J’imagine que vous vous êtes livré à de nombreuses recherches. 

    Absolument. Je me suis documenté pendant deux ans. J’ai travaillé avec des historiens, des ethnologues. Tout en mêlant des histoires vraies et mon imagination d’auteur, Je voulais rendre compte d’une réalité en étant le plus précis possible. J’ai écrit la fin de l’intrigue à l’Île Maurice.

    Parlez-nous des comédiens

    Ibrahima s’est tout de suite imposé. Il fallait de l‘expérience, de la justesse. C’était dur quand même pour un Black de jouer un esclave. En ce qui concerne Anna, je l’ai choisie dans un casting de 500 filles. Elle a surnagé et a immédiatement fait sien son personnage.

    Et en ce qui concerne Camille Cottin et Benoît Magimel ? Ont-ils tout de suite accepté cette incarnation de barbares commettant des actes monstrueux?

    J’avais suivi Camille en tant que spectateur. Je lui trouvais un regard qui pouvait donner un personnage vénéneux, sombre. Elle a du mystère. J’ai mis un petit temps à la convaincre. Elle est venue à la lecture du scénario et ça s’est bien passé. Elle a senti que j’étais dans la sensibilité. Benoît a aussi eu besoin de comprendre le personnage. Ensuite, il s’est totalement investi en jouant les extrêmes, se montrant plus paternaliste et plus violent selon les circonstances. 

    On retrouvera Simon Moutaïru avec une série sur les pharaons. « J’adore autant lhistoire que le cinéma » 

    Ni chaînes ni maîtres à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 septembre.

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