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Sorties de la Semaine - Page 301

  • Cinéma: "My Sweet Pepper Land", un drôle de western à la sauce kurde

    thumb[1].jpgNous sommes au carrefour de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie au lendemain de la chute de Saddam Hussein. Ex-combattant de l’indépendance kurde, Baran devenu flic est chargé de faire respecter la loi. Il débarque dans un bled livré aux trafics et aux exactions d’Aziz Aga le caïd local, en même temps que Govend, une jolie et courageuse  institutrice. Chacun à sa manière est déterminé à se battre pour la justice et l’éducation des enfants. 
     
    Second degré assumé pour ce western à la sauce kurde, où se mêlent romance, comédie sociale et farce burlesque. Il donne l’occasion au cinéaste en exil à Hiner Saleem d’évoquer, à travers le portrait et le regard de ses héros, les problèmes de son pays où deux mondes s’opposent.

    Face au traditionnel voulant qu’une femme doit obéir à son mari ou ne peut travailler sans son autorisation sous peine de déshonorer sa famille, Govend cherche à conquérir sa liberté. Celle que lui refusent son père et les autres mâles de son entourage, campés sur des conceptions d’un autre âge. Ses aspirations sont partagées par Baran, qui ne cherche pas à la dominer, bien au contraire.

    Ensemble  ils représentent la modernité, revendiquant le droit de choisir à la fois leur mode de vie, leur conjoint ou leur profession. Ainsi, entre humour burlesque, fausse légèreté et vraie gravité, le réalisateur se plaît à fustiger la difficile condition de la femme, la corruption mafieuse, tout en ridiculisant un archaïque code de l’honneur. Une jolie réussite à laquelle participent largement Golshifteh Farahani (photo) dans le rôle de Govend et Korkmaz Arslan dans celui de Baran.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 avril.

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  • Cinéma: "La crème de la crème" épingle la future élite économique hexagonale

    la-creme-de-la-creme[1].jpgQue ce soit sur grand écran ou sur les plateaux télé, on la voit partout ces jours Alice Isaaz. Qui promène un petit air de ressemblance avec Emmanuelle Béart…bien avant la bouche.

    Elle joue ainsi l’un des trois premiers rôles dans La crème de la crème, le dernier-né de Kim Chapiron. Auteur du plutôt délirant Sheitan et du carcéral Dog Pound, il est labellisé enfant terrible, sinon prodige, du cinéma français.

    Là il se lance dans l’exploration du comportement plus ou moins trash des étudiants dans les prestigieuses HEC, machines à fabriquer la future élite économique et financière hexagonale. Dans cette sorte de sous Loup de Wall Street façon teen, on ne respecte aucune loi sauf celle du marché. Tout se vend et tout s’achète donc, y compris le sexe.

    Forts de ce principe et décidés de passer de l’enseignement théorique à la pratique, trois étudiants, deux garçons et une fille se revendiquant par ailleurs lesbienne, organisent sur le campus un juteux réseau de prostitution. Qui finira par se transformer en une quête affective. 

    Il y a certes une vraie idée dans cette volonté, même maladroite ou faussement féroce d’épingler les leaders de demain, et la mise en scène est assez efficace. Le scénario n’est toutefois pas à la hauteur des ambitions de Kim Chapiron dans ce film sur la génération Y où les protagonistes avides de débauche, de transgressions et d’excès s’éclatent sur du Sardou (!) à deux doigts du coma éthylique.

    La crème de la crème s’aventure également sur le terrain des différences sociales, avec des personnages trop grossièrement catégorisés. En revanche les comédiens se montrent convaincants. Aux côtés de la jo
    lie Alice Isaaz, on retrouve Thomas Blumenthal, découvert dans Les choristes et Jean-Baptiste Lafarge.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 avril.

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  • Cinéma: "Pelo Malo" dénonce l'homophobie et l'intolérance

    1378830015badhair_011-resize-375x210[1].jpgRéalisatrice peu prolifique, Mariana Rondon n’en connaît pas moins un joli succès en Amérique latine. Cinq ans après la sortie de Cartes postales de Leningrad où des enfants s’inventent un monde pour se protéger des horreurs de la guerre, la cinéaste revient avec  Pelo Malo, (Chevelure rebelle) où elle raconte l’histoire d’un garçon de neuf ans. 
     
    Il s’appelle Junior, vit à Caracas avec sa mère et son petit frère de deux ans. Mignon, de constitution délicate, il est obnubilé par ses cheveux qu’il a frisés comme son père (par ailleurs absent), alors qu’il les aimerait tellement lisses comme ceux de Marta, sa jeune maman. Dans l’espoir de dompter cette toison haïe qui lui pourrit l’existence, il s’enferme dans la salle de bains, passant des heures devant la glace à se coiffer et se recoiffer, allant jusqu’à enduire ses boucles épaisses  de mayonnaise ou d’huile pour mieux les aplatir. 
     
    Ce comportement coquet déplaît fortement à Marta, qui y voit le signe d’une potentielle homosexualité. D’autant que Junior n’aime pas le sport, veut être chanteur, danse avec sa grand-mère qui lui apprend des chansons kitsch et joue à la poupée avec  une copine acariâtre et peu gâtée par la nature, rejetée par les autres enfants. Il adore aussi regarder le concours de Miss Vénézuela à la télévision et s’intéresse de trop près à un voisin plus âgé qui se balade en débardeur sous sa fenêtre.
     
    Relations conflicttuelles

    Autant dire que le gamin, ne correspondant pas à la norme, a du mal à se couler dans le moule ardemment souhaité par sa mère. Ce qui provoque entre ses deux êtres des relations particulièrement conflictuelles. Certaine qu’il va souffrir dans un monde dominé par la religion et la masculinité, Marta s’ouvre de ses angoisses à un médecin, usant en outre de divers moyens pour essayer de viriliser son rejeton. Tandis que ce dernier, aspirant à un amour maternel qui lui est refusé, lutte pour assumer une différence qu’il ne fait que pressentir. 
     
    Les obsessions capillaires de Junior et ses petits travers servent naturellement de prétexte à la réalisatrice pour stigmatiser l’homophobie et l’intolérance.au sein de la société vénézuélienne Mais elle s’y prend avec finesse, évoquant  l'orientation sexuelle de son pré-ado par petites touches, sans rien dramatiser, ni vouloir absolument illustrer son propos par l’image. 
     
    Pas question non plus pour Mariana Rondon  de tomber dans les bons sentiments ou la compassion. Certes bienveillante, elle peut aussi manifester une certaine dureté, sinon se montrer cruelle dans le dénouement d’un récit singulier aux personnages attachants et parfaitement interprétés. A commencer par Samuel Lange Zambrano (Junior) et Samantha Castillo (Marta). Ils contribuent largement à la réussite de ce film bien écrit, bien mis en scène, qui a reçu le Coquillage d’Or au dernier Festival de San Sebastian.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 avril.

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