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Sorties de la Semaine - Page 305

  • Cinéma: "Diplomatie", la nuit où Paris a échappé à la destruction

    images[2].jpgEn cette nuit du 24 août1944, le général Dietrich Von Choltitz, gouverneur du Grand Paris, tient le sort de la capitale entre ses mains. Les troupes alliées avancent et, en cas de défaite, les Allemands ont l’intention de la réduire en cendres. Sur l’ordre d’Hitler, Notre-Dame, la Tour Eiffel, Le Louvre, l’Arc de triomphe, les ponts sur la Seine sont minés et prêts à exploser.

    En militaire inflexible, fils et petit-fils de Prussiens, Von Choltitz n’a pas l’habitude de désobéir. Surtout au Führer. C’est ce que redoute le consul suédois Raoul Nordling, en montant l’escalier secret qui le conduit à la suite du général à l’hôtel Meurice. Mu par son amour de la Ville Lumière et surtout concerné par le sort de ses habitants menacés, il ne va pas moins tout tenter pour le faire changer d’avis et empêcher ainsi une monstrueuse tragédie.

    Dans ce drame historique inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Cyril Gély, le réalisateur Volker Schlöndorff s’intéresse à ce moment-clé (une négociation qui a en réalité duré quinze jours) où tout a basculé. Il installe un duel verbal psychologique entre Nordling (André Dussolier) et Von Choltitz (Niels Arestrup). Sachant que l’Histoire les jugera, ils jouent une partie d’échecs où tous les arguments sont recevables, mais à l’issue de laquelle le militaire se rend. C’est le matin du 25 août. Paris restera debout.

    Les deux comédiens (photo) donnent leur meilleur dans ce dialogue à huis-clos en forme de fable humano-diplomatique, où l’auteur maintient le suspense entre stratégie et rhétorique. Bien que l’on connaisse la fin d’une intrigue aux faits ramassés mais historiquement vérifiés.

    Reste que personne ne peut imaginer ce qui se passait dans la tête de Von Choltitz. D’où la grande question: pourquoi a-t-il finalement désobéi à Hitler? Le diplomate s’est-il montré particulièrement habile? Le général a-t-il été frappé par l’absurdité de l’ordre, a-t-il agi pour des raisons tactiques? Personne ne le sait aujourd’hui encore.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 mars.

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  • Cinéma: "Week-ends", une comédie qui doit tout à ses comédiens

    htfile-jpg-53076873b2b80[1].jpgIls s’étaient rencontrés dans les années 80. Christine et Jean. Sylvette et Ulrich, deux couples devenus inséparables qu’on retrouve aujourd’hui propriétaires de deux maisons de vacances qui se font face, au bord de la mer, achetées il y a vingt ans. Jusqu’ici  ls y passaient tous les week-ends, s’invitant à tour de rôle pour l’apéro ou le dîner. 
     
    Et puis un jour c’est le drame. Jean quitte Christine pour une femme plus jeune. Tout se détraque, elle reste en miettes, ravagée. Dans l’impossibilité de recoller les morceaux, ils finissent par se haïr. Le départ de Jean laisse des traces chez Sylvette et Ulrich qui s’interrogent eux aussi sur leur union lentement minée par la routine, les rancoeurs, les non-dits. 

    Avec cette chronique d’un quotidien sur le temps qui passe, banal mais parlant à beaucoup, la réalisatrice Anne Villacèque observe avec une certaine finesse l’inévitable usure des sentiments, du désir, le désespoir provoqué par l’abandon d’un compagnon de longue date, la solitude qui s’ensuit.

    Le tout se déroule dans une atmosphère assez singulière, sinon anxiogène parfois. Comme cette altercation dans un parking entre Christine et une automobiliste furieuse de s’être fait piquer sa place, élément déclencheur du week-end pourri. Certains voient dans l’opus du Mike Leigh louchant du côté de Bergman, d’autres y relèvent une touche de Truffaut. Il faut quand même pas mal d’imagination pour s‘en convaincre.

    A relever en revanche sans modération la prestation des comédiens. Très bons, Karin Viard, Noémie Lvosky (photo), Jacques Gamblin et Ulrich Tutur sont l’atout principal de cette comédie qui se veut grinçante et sarcastique, mais qui a du mal à décoller vraiment. Principalement en raison d’un scénario sans grande ambition, même s’il réserve quelques surprises.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 mars.

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  • Cinéma: "Dans l'ombre de Mary", avec Emma Thompson et Tom Hanks

    saving-mr-banks-movie-review[1].jpgS’emparant d’une histoire vraie et méconnue, le réalisateur John Lee Hancock nous invite à découvrir la genèse de Mary Poppins. Il raconte ainsi le combat acharné mené par Walt Disney pour persuader Pamela Lyndon Travers, la créatrice de la nurse légendaire aux pouvoirs magiques, de le laisser adapter au cinéma son célébrissime roman paru en 1934.

    Il s‘agissait d’une promesse faite à ses filles qu’il a mis vingt ans à tenir. En effet, la dame repousse une première offre dans les années quarante. La vente de ses livres se raréfiant, mettant du coup ses finances à mal, elle accepte avec réticence une deuxième proposition et décide de rencontrer le père de Mickey à Los Angeles en 1961. Pour voir ce qu’il a dans le ventre.
     
    Deux semaines plus tard commence alors le processus de création de l’un des films les plus cultes du septième art. Mais l’affaire est loin d’être dans la poche. La modeste P.L Travers, agacée par les fastes du lieu et pressentant une version édulcorée de son oeuvre, n’a aucune intention de livrer son héroïne adorée à l’infernale machine hollywoodienne, sans mettre son grain de sel.
     
    C’est évidemment la forte personnalité de cette femme intraitable qui fait l’intérêt de Dans l'ombre de Mary (Saving Mr Banks). British jusqu’au bout des ongles, elle a pourtant vu le jour en Australie en1899 dans une famille d’origine irlandaise et ne rejoint Londres qu’en 1924. Par ailleurs Travers, le prénom de son père, est un pseudo. En réalité, elle est née Helen Lyndon Goff. Elle utilisait en outre les initiales P.L. pour semer la confusion sur son identité sexuelle, une pratique courante à l’époque.
     
    Têtue, revêche et irascible

    Et surtout Mrs Travers est une vieille fille têtue, psychorigide, irascible, asociable, qui s’est ingéniée à saper l’enthousiasme et le moral de tout le monde sur le plateau. Non seulement elle déteste les familiarités, refuse qu’on l’appelle par son prénom, mais elle hait les comédies musicales, les dessins animés et ne supporte pas le rouge. Elle n’a de sympathie que pour le chauffeur qui la véhicule de son hôtel au studio.
     
    Inutile de préciser que le grand Walt, craignant de voir le projet lui échapper, a dû donner le meilleur de lui-même, déployer des trésors d’imagination, de séduction, faire preuve de diplomatie, de psychologie, user d'une folle énergie, sinon de manipulation pour venir à bout des aversions de ce dragon femelle. Philosophe, il finit toutefois par subir ses foudres avec bonhomie après avoir percé le secret de son intransigeance. Prétexte à une profusion de flash-back appuyés sur l’ enfance douloureuse de P.L. Travers.
     
    Un peu trop jeune et pimpante pour le rôle de l’Anglaise revêche, Emma Thompson livre cependant une interprétation plutôt convaincante. Lisse, pourvu d’une moustache et lesté de quelques kilos supplémentaires, Tom Hanks se glisse avec moins d’aisance dans la peau de Walt Disney.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 mars.

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