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Sorties de la Semaine - Page 299

  • Cinéma: "Dans la cour" avec Catherine Deneuve au bord de la déprime

    cour[1].jpgUn film avec Catherine Deneuve en tête d’affiche ne laisse jamais indifférent. Après avoir joué la fugueuse sexagénaire dynamique et avide de liberté chez Emmanuelle Bercot dans Elle s’en va, la voici vedette de Dans la cour, une comédie sur la dépression et la solitude signée Pierre Salvadori.

    Elle apparaît en femme fragile qui perd gentiment les pédales. Un rôle auquel elle ne nous avait pas habitués. Mais après cinquante ans de carrière, elle n’a pas peur de casser son image, ainsi qu’elle l’a confié dans une interview au Téléjournal. Pour autant qu’elle l’ait redouté un jour.

    Face à elle, Gustave Kervern, réalisateur débarqué de Groland. C’est un attelage peu commun, voire contre-nature qu’a formé là Pierre Salvadori. Dun côté elle, comédienne hors-norme, phénomène de longévité qui ne se voit pas arrêter de tourner, "icône à 70 ans" a récemment titré le New York Times Magazine comme le rappelle Télérama. De l'autre lui, acteur bourru à la barbe broussailleuse, aux cheveux même rares en bataille, à la tête d’ours et au physique ingrat.

    Là il incarne Antoine, la quarantaine bien tapée, musicien au bout du rouleau qui met brusquement fin à sa carrière. Après quelques jours à errer et à chercher un boulot, il décroche celui de concierge dans un vieil immeuble de l’est parisien. C’est là qu’habite Mathilde, fraîchement retraitée, impliquée dans la vie associative et attentive à ses voisins.

    Mais la fantasque et déraisonnable Mathilde est très stressée par les nouvelles qu’elle lit dans les journaux. Et quand elle découvre une fissure dans le mur de son salon, son inquiétude latente vire à l’angoisse proche de la panique à l’idée que la maison pourrait s’effondrer. Antoine, qui s’était immédiatement senti des affinités avec  cette femme rencontrée en prenant ses fonctions, développe un sentiment d’amitié. Dépressif lui-même, animal blessé accro à la drogue, il craint de la voir sombrer dans la folie.

    Cette fissure qui s’agrandit est évidemment symbolique de l’état de ces deux personnages cabossés, mais pas seulement. La cour de l’immeuble, où s’agite une brochette de fêlés est aussi le reflet d’une société française soignant sa déprime, son anxiété et son mal-être à grands coups d’antidépresseurs.  

    Tout cela donne une comédie à la fois drôle, noire, mélancolique, oscillant entre légèreté et gravité. A l’image de ses deux personnages principaux attachants et touchants, elle donne souvent dans le burlesque, antidote à la réelle détresse ambiante.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 23 avril.

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Cinéma: "Le démantèlement", ou l'amour paternel au centre d'un mélodrame rural

    arton4095[1].jpgVieux berger veuf élevant seul ses moutons dans la Belle Province, Gaby résiste tant bien que mal à la crise économique qui pousse peu à peu les paysans du coin à vendre leurs propriétés aux enchères. Mais en dehors de sa ferme, sa raison de vivre, il aime infiniment ses deux filles, parties vivre à Montréal.

    Du coup, elles ne viennent pas le voir autant qu’il le souhaiterait. La cadette est artiste tandis que l'aînée, mère de famille sur le point de divorcer est empêtrée dans des problèmes financiers.

    Lorsqu’elle est menacée de perdre sa maison, elle demande à son père de l’aider. Sans hésiter Gaby à se décide de se défaire de tous ses biens, de l’habitation au troupeau, et de quitter ses grands espaces pour aller vivre dans un petit appartement en ville.

    Inspiré d’un classique de la littérature française, Le père Goriot de Balzac, ce mélodrame rural tirant vers le western à la John Ford, séduit par la beauté de sa photo, la simplicité de son récit et la volonté de l’auteur Sébastien Pilote de ne pas céder au pathos et au misérabilisme. Au point d'ailleurs d'en être parfois un peu sec.

    Traitant de la générosité, de l’abnégation de l’amour paternel total sur fond de tradition et de transmission, tout en surfant sur le réalisme social en évoquant la fin d’une époque, le film est porté de bout en bout par le comédien Gabriel Arcand (Photo avec Sophie Desmarais).

    Il se montre particulièrement convaincant en patriarche taciturne et introverti, se sacrifiant pour son enfant sans état d’âme. Il est entouré d’acteurs secondaires, dont le volubile Gilles Renaud, qui contribuent par leur naturel à la réussite de ce Démantèlement. On lui reprochera tout de même une certaine lenteur et quelques inutiles longueurs.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 16 avril.

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  • Cinéma: "Babysitting", loin de la démence collective affichée!

    522069[1].jpgC’est le genre de film dans lequel on rentre… ou pas. J’avoue avoir posé un pied hésitant pour ressortir très viite (au figuré, j'ai malgré tout attendu la fin) de cette histoire de potes. En l’occurrence La Bande à Fifi, débarquée du petit écran sur le grand.

    Cette comédie lassante façon sous Very Bad Trip, surfant sur la mode du found-footage (montage d’images récupérées) en y mêlant des scènes tournées en caméra normale est signée de Philippe Lacheau (une première pour celui qui tient aussi le rôle principal) et Nicolas Benamou.

    Sa babysitter lui ayant fait faux-bond à la dernière minute, le riche Marc Schaudel qui avait prévu de partir en week-end avec Madame, confie son fils Rémy à son employé Franck. Mais le petit chéri est du genre sale gosse hyper capricieux. De surcroît il se trouve que Franck a 30 ans ce jour-là et que ses copains ont prévu une mégafête. Du coup ils débarquent dans la villa et sèment un bousier monstre.

    Au petit matin suivant, Marc et sa femme Claire sont réveillés par la police. Franck et Rémy ont disparu. Dans leur maison dévastée, une caméra est retrouvée par maréchaussée et les parents (Gérard Jugnot et Clotilde Coureau, au secours!) découvrent affolés les images tournées pendant cette folle soirée. 

    Babysitting se veut évidemment un film complètement déjanté. Outre une pièce mise à sac, un perroquet trucidé, un détour par une fête foraine et une course en kart sur l’autoroute, on est pourtant loin de la démence collective affichée. Surtout dans la mesure où le fond de l’histoire se résume à un gamin qui n’arrête pas de faire l’andouille parce qu’il aimerait tant que son papa s’occupe de lui et vienne le voir jouer au foot… 

    Alors prétendre, comme les fans de la bande à Fifi , que cette " bombe apporte du sang frais à la comédie franchouillarde bien pépère", me paraît très exagéré. Un bon point quand même au jeune et joli Enzo Tomasini (photo avec Philippe Lacheau), qui n’a pas la langue dans sa poche, même sur les plateaux télé.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 16 avril.      

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