Dans ce village suisse alémanique on ne plaisante pas avec les ordures ménagères, qui sont ramassées entre 6h et 7h. Ni avant, ni après. L’inspecteur de la voirie Hansjörg Stähli veille jalousement sur le tri sélectif, tout en donnant des cours de sensibilisation au recyclage, deux missions capitales dont il s’acquitte avec rigueur.
Mais ne voilà-t-il pas qu’un vandale se met à semer des sacs et des sacs de détritus dans la nature. De quoi perturber gravement l’univers de notre homme, obnubilé par sa fonction et les règles strictes qu’elle implique. Jusqu’au jour où il découvre que ce dangereux terroriste n’est autre qu’Emma, la fille de Lily, une serveuse dont il est secrètement amoureux. Mais la situation se complique car Lily est une entasseuse compulsive, vivant parmi des monceaux de déchets qu’elle ne cesse d’amasser et dont Emma cherche à se débarrasser.
Recycling Lily est signé de Pierre Monnard, publiciste lausannois souvent récompensé pour ses courts-métrages et ses clips musicaux, qui a grandi à Châtel-Saint-Denis, étudié le cinéma en Angleterre et vit aujourd’hui à Zurich. L’idée de son premier long-métrage est parti du portrait d’un inspecteur de la voirie à Bâle lu dans la presse et de la découverte de la syllogomanie, ou accumulation pathologique d’objets divers. Une névrose propice à faire régner le chaos au pays du propre en ordre.
Et surtout matière à en rire. En soi, vouloir se moquer d’une Suisse obsédée par la propreté et autres psychoses est séduisant. Mais encore faut-il maîtriser son sujet et ses clichés. Ce que ne réussit guère Pierre Monnard dans cette laborieuse comédie, où on retiendra surtout le côté visuel avec ses couleurs acidulées façon années 70.
Pour le reste, non seulement la plupart des personnages imaginés sont ridicules, mais leurs interprètes sont mauvais. De la tête d’affiche Bruno Cathomas (photo) au malheureux Romand d'occasion Claude Blanc, pathétique dans ses débuts cinématographiques. Seule la petite Luna Dutli (Emma) parvient à tirer un peu son épingle du jeu.
Film à l’affiche dans les salles romandes dès le 7 mai.
Avec Two Men In Town (La voie de l’ennemi) deuxième volet, après Just Like A Woman, de sa trilogie consacrée aux relations entre les Etats-Unis et le monde arabe, le réalisateur maghrébin Rachid Bouchareb propose un remake de Deux hommes dans la ville (1973), vibrant plaidoyer contre la peine de mort de José Giovanni, où Alain Delon et Jean Gabin tenaient les rôles principaux.
Voir Woody Allen jouer chez les autres est peu commun. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il en profite pour mettre son grain de sel. Comme dans Apprenti gigolo où John Turturro, l’acteur fétiche des frères Coen se retrouve aussi devant et derrière la caméra. En l’occurrence, il incarne Fioravante, un fleuriste dans la dèche qui demande à Murray (Allen) son ami libraire tout aussi fauché que lui, de devenir son mac.