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Sorties de la Semaine - Page 236

  • Grand écran:" The Danish Girl" raconte la vie du premier transgenre de l'Hstoire

    the-danish-girl1-759[1].pngPlébiscité en 2011 pour Le discours d’un roi qui l’a révélé au grand public, le réalisateur britannique Tom Hooper s’est replongé dans l’époque avec The Danish Girl. Il retrace cette fois la singulière histoire vraie des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, le premier à voir subi, en 1930, une opération chirurgicale pour changer de sexe. A l’origine de cette décision périlleuse, une demande de Gerda qui, pressée de terminer un tableau en l’absence de son modèle, prie son mari d’enfiler ses bas, ses chaussures et sa robe. 
      
    L'épisode marque le début d’une longue transformation. Troublé par cette expérience, Einar découvre qu’il se sent davantage lui-même en Lili et éprouve de plus en plus le besoin d’affirmer cette identité féminine. Il permet par ailleurs à Gerda, jusque-là portraitiste mondaine convenue et peu inspirée, de mieux exprimer sa créativité. Mais le couple, qui poursuit sa relation amoureuse, est  rapidement confronté à l’opprobre et aux interdits d’une société conservatrice.
     
    Tous deux quittent le Danemark pour Paris en 1912, en espérant y vivre plus librement. Gerda se fait un nom  grâce à ses illustrations sensuelles, érotiques, provocatrices, révélant souvent une belle et mystérieuse créature…. En 1930, Lili se rend en Allemagne pour son opération. Mais les dangers de la chirurgie étant alors très élevés, elle meurt un an plus tard après cinq interventions et un rejet de greffe d’utérus.
     
    Eddie Redmayne (photo) se glisse avec talent dans la peau du personnage. On pourrait lui reprocher une gestuelle maniérée et une affectation excessive, si ses minauderies ne cachaient pas avec justesse la gêne et le malaise d’une identité sexuelle ardemment souhaitée mais aussi difficile à investir pleinement qu’à assumer, surtout en public. Nominé, le comédien vise l’Oscar du meilleur acteur, tandis que l’émouvante Suédoise Alicia Vikander, alias Gerda, prétend au second rôle féminin.
     
    En lice pour deux autres statuettes, Tom Hooper s’est inspiré du récit romancé de David Ebershoff et de la réalité pour raconter cette histoire d’amour liée à la quête irrépressible d'un homme  d’être une autre. A voir pour ce fait hors du commun,  même si la joliesse, le chic et le classique de la mise en scène ne soient pas vraiment à la hauteur de la gravité du sujet.  

    A l’instar du traitement, certes sérieux et sans esbroufe mais qui, tendant à gommer la violence d’un parcours qu’on imagine tragique, confine parfois à la mièvrerie en dépit de son côté poignant. Comme si le réalisateur se retenait, de crainte de déplaire ou de choquer. Voilà qui n’a pas empêché le Qatar d’interdire le film, ridiculement qualifié de "dépravé". 

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 janvier.
     

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  • Grand écran: "Et ta soeur", huis-clos vaudevillesque banalement revisité

    maxresdefault[1].jpgLa réalisatrice indépendante américaine Lynn Shelton inspire décidément ses confrères français. Mais pas pour le mieux. Après Humday, où deux amis hétéros jouaient aux gays, laborieusement adapté par Yvan Attal, c’est Marion Vernoux qui s’est lancée dans le remake de la comédie sentimentale Ma meilleure amie, sa sœur et moi (Your Sister’s Sister), sorti en 2013.

    Comme l’original ne décollait pas vraiment en dépit de son côté attachant et de ses bons comédiens, la copie, intitulée Et ta sœur, se révèle sans surprise plutôt insipide. Trois trentenaires immatures et mal dans leur peau se retrouvent dans une maison en Bretagne. Il y a d’abord Pierrick, dévasté après la mort de son frère qui a lâché le concours de bibliothécaire et Marie, homosexuelle tentant de se remettre d’une rupture douloureuse après sept ans.

    Passant une soirée très alcoolisée, ils couchent ensemble. Se sentant un rien gênés aux entournures, ils tentent de dissimuler la chose à Tessa, la demi-soeur de Marie secrètement amoureuse de Pierrick et débarquant inopinément le lendemain matin.

    Du coup, on a droit à un huis-clos banal et paresseux en forme de vaudeville plat, où Grégoire Ludig, découvert dans le "Palmashow" ne cesse de nous gratifier de clowneries bien lourdaudes.

    A ses côtés Virginie Efira, squattant de plus en plus les écrans, ne se montre pas trop convaincante dans le rôle de la lesbienne orpheline de sa copine et qui se fait un mec. Géraldine Nakache complète sans génie ce trio (photo) qui prétend à nous séduire et à nous émouvoir entre mensonges et faux semblants.

    A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 février.

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  • Grand écran: "MacBeth", du bruit, du pompeux, de la grandiloquence. Et beaucoup d'ennui

    KP_261194_crop_1200x720[1].jpgNe relit pas bien Shakespeare qui veut. On en a la triste démonstration avec cette nouvelle adaptation de MacBeth signée de Justin Kurzel. Suite à Orson Wells, Roman Polanski ou Akira Kurisawa, qui a transpoée l’histoire dans le Japon du 16e siècle, le cinéaste australien s’est donc à son tour attaqué à ce gros morceau. Et s’embourbe dans la plus célèbre tragédie du grand William, en forme de réflexion sur le pouvoir, le libre arbitre, la mort, le crime et le châtiment.

    Nous sommes donc au 11e siècle, en Ecosse. MacBeth, chef des armées, sort en vainqueur de la guerre qui ravage le pays. Sur sa route, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. La prophétie pousse le tyrannique  MacBeth à concocter, avec sa femme bien-aimée encore plus ambitieuse que lui, un plan machiavélique pour monter sur le trône. Une plongée dans la folie destructrice et meurtrière.

    Certes le texte est respecté au mot près, mais c’est loin de suffire dans ce drame languissant, tonitruant, bavard, à la mise en scène ampoulée, grandiloquente, prétentieuse, maniérée, aux effets ridicules, que n’arrangent pas une musique pompeuse et un flot de ralentis, de brumes et d’images rouge sang.

    Côté acteurs, Marion Cotillard et Michael Fassbender tentent vaillamment d’assumer cette descente aux enfers. Sans toutefois y parvenir, à force de démesure dans leur jeu. En somme, on s’ennuie beaucoup chez ce poseur de Justin Kurzel, qui nous inflige beaucoup de bruit et de fureur pour pas grand-chose. Sinon rien.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

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