Deux bébés échangés à leur naissance, le sujet n’est pas nouveau. Mais c’est le traitement intelligent, subtil et sensible du cinéaste Hirokazu Kore-eda, ajouté à une excellente interprétation, qui en fait l’originalité, la force et la séduction.
Et cela sans basculer dans le mélodrame psychologique, ni occulter la souffrance de parents effondrés et de gosses déboussolés en apprenant la nouvelle six ans après,
Dans Un long fleuve tranquille par exemple, Etienne Chatiliez cherchant avant tout l’effet comique, avait choisi deux milieux radicalement opposés pour compliquer au maximum la situation des protagonistes. Avec Tel père, tel fils, le talentueux réalisateur japonais évite lui la caricature, en mettant face à face deux familles d’un niveau social simplement un peu différent.
Dans l’une Ryota, un père très sérieux, avare de sourires, beau gosse, obsédé par la réussite professionnelle, gagne bien sa vie. Il n’a que peu de temps à consacrer à son fils unique à qui il tente surtout d’inculquer sa mentalité de gagneur.
Dans l’autre, on découvre un papa moins gâté par la nature, bohème déjà nanti de deux enfants. Gai, joueur, adroit de ses mains, il fait la joie de sa progéniture en réparant tous les jouets. Tenant une petite boutique, il se contente d’un revenu assez modeste que pourraient éventuellement agrémenter quelques indemnités pour le tort subi.
Au début quand les familles se rencontrent, la tension est palpable entre les deux hommes, se regardant un peu en chiens de fusil. Surtout Ryota, le plus choqué par la révélation soudaine de l'échange et qui va jusqu’à proposer d’élever les deux enfants, mettant en avant des moyens financiers plus importants. Il reviendra aux femmes de jouer l’apaisement.
Mais Hirokazu Kore compte surtout sur l’aptitude au bonheur des enfants pour tenter de trouver une issue heureuse à un problème apparemment insoluble. Il propose ainsi un film formidable et plein d’émotion sur la paternité, la prédominance ou non des liens du sang sur ceux du cœur. Cette perle à ne manquer sous aucun prétexte avait décroché logiquement le Prix du jury au dernier Festival de Cannes.
Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le 25 décembre.
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