Après Il est plus facile pour un chameau...et Actrices, Valeria Bruni Tedeschi livre le troisième volet avec Un château en Italie, toujours largement imbibé de son histoire familiale. Seule femme prétendante à la Palme d'Or cannoise de mai dernier, elle avait été assez logiquement boudée au palmarès.
Fofolle, loufoque, volontairement choquante, limite hystérique parfois, Valeria alias Louise raconte la maison, le déracinement, sa mère avec qui elle entretient une relation tumultueuse, la perte de son frère adoré décédé du sida en 2006. Une maladie dont il lui a été longtemps pénible de parler.
Le tout se déroule sur fond à la fois fantaisiste, triste et burlesque d’un monde qui se termine et d’un amour qui commence avec Nathan. Un garçon qui a presque vingt ans de moins qu’elle et dont elle veut désespérément un enfant pour donner à la fois une réponse à l'angoisse de la mort et un sens à son existence.
Valeria a écrit le scénario avec ses deux complices de toujours Noémie Lvosky et Agnés de Sacy qui, à son image, s’inspirent de la réalité qui les entoure. Toutes trois mettent leur patte, leurs idées, leur imaginaire, leur vision des choses dans cette autopsie d’une famille en crise où se mélangent le réel et le faux, mais qui se veut un cri de vérité.
Pas de Carla dans le tableau
Disons-le tout de suite, sa célèbre sœur Carla, ex-mannequin et chanteuse, n’apparaît pas dans le tableau. Pas de secrets révélés donc sur l’épouse de Nicolas Sarkozy. Ou l’ancien président. Pour la réalisatrice récemment rencontrée à Genève, "Carla n’est pas présente car je voulais raconter l’histoire d’un frère et d’une sœur. La présence d’une autre sœur aurait brouillé le couple". Il faudra se contenter de cette explication un rien sibylline.
Lorsqu’on lui demande si elle a éventuellement cherché à régler quelques comptes par le biais de cette biographie nombriliste pus ou moins autofictionnelle, aux allures de comédie romantico-dramatique où le drôle alterne avec le tragique, Valeria s’en défend. "Je ne règle pas beaucoup de comptes dans ma vie. Je me confesse, j’avoue des choses. Comme si j’enlevais un voile"
A l'instar de ses deux films précédents, elle s’entoure de ses proches, faisant jouer Louis Garrel son compagnon d’alors (photo) et sa mère, Marisa Borini, à qui elle a réservé des scènes parfois cruelles. "Elle aime beaucoup tourner. C’est une vraie Rolls. Elle se montre très naturelle. Et comme c’est une pianiste accomplie, elle est également très concentrée",
La cinéaste aime l’humour. «C’est très agréable. Le rire vous donne de l’oxygène. Il permet non seulement de parler de choses graves mais de les supporter. Ainsi que notre condition humaine. J’essaye d’en faire bon usage dans mon travail. Ce travail, dont elle dit qu’il la rend libre. "Dans la vie je me sens coincée".
Film à l'affiche dans les salles romande dès mercredi 30 octobre.
C’était l’un des films le plus attendu du dernier Festival de Locarno. En raison de la personnalité de son protagoniste bien sûr, mais également suite aux à la polémique provoquée par les critiques socialistes autour de la subvention fédérale allouée à un documentaire sur un politicien de droite.
Au cours de ce périple rythmé par des discours, des rencontres avec ses partisans, les non familiers de l’homme découvrent la vie de ce fils de pasteur pauvre aux origines allemandes né dans une fratrie de dix, qui va devenir en quelques années et sans état d’âme un industriel milliardaire.
En passant dix-huit mois au contact de l’un des politiciens les plus haïs et admirés du pays, n’a-t-il pas craint de se laisser manipuler? "Non. je ne lui donne pas la parole ». En fait le cinéaste l’en prive en racontant lui-même ce qu’il est et ce qu’il représente. Il rappelle d’ailleurs que le film s’intitule L’expérience Blocher, et non Le système Blocher. "Je raconte mon expérience avec lui. Notre relation n‘a pas évolué".
C’était inévitable au vu du mal qu’il a eu à venir au bout d’adversaires bien peu prestigieux jusqu’en finale. C’est donc logiquement que Federer a plié à Bâle face, comme l’an dernier, à la redoutable asperge Juan Martin Del Potro.