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Sorties de la Semaine - Page 314

  • Cinéma: "Le Loup de Wall Street", money, sex and drug pour un film déjà culte

    le-loup-de-wall-street-nombreuses-nouvelles-images-une-631x250[1].jpgPour sa cinquième collaboration avec Leonardo DiCaprio, son acteur fétiche, Martin Scorsese opère une immersion délirante dans le monde de la finance et de ses excès.

    Odyssée épique déjà culte et sans doute en route pour quelques Oscars, Le loup de Wall Street est adapté du roman éponyme de Jordan Belfort, sorti en 2005. Courtier en bourse à New York à la fin des années 80, il raconte son ascension spectaculaire et sa chute vertigineuse.

    Flambeur milliardaire, fornicateur invétéré, cocaïnomane, ce fondateur de la firme de courtage Stratton Oakmont arrêté en 1998, a joué les repentis après 22 mois derrière les barreaux pour avoir refusé de collaborer avec les autorités dans une vaste affaire de corruption à Wall Street.

    D’entrée de jeu Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio) nous raconte face caméra à quel point il est riche, accro à la drogue et au sexe. Avant d’expliquer l’origine de sa fortune colossale à vingt ans et des poussières qui lui a valu le surnom de "Loup de Wall Street" et de nous entraîner dans une aventure démente avec sa meute de requins qui en veulent toujours davantage.   

    32531[1].jpgMoney, sex and drug, des thèmes en or pour Martin Scorsese en forme olympique. A l’évidence fasciné par son sujet, il livre un film brillant sous adrénaline, dense, dynamique, nous immergeant frénétiquement dans une orgie de cul et de fric sur fond d'écoeurants lancers de nains et de partouzes entre traders hystériques des années 90.

    Avec sa charge satirique virtuose contre l’argent roi et ses adorateurs serviles, le réalisateur réussit l'exploit de vous scotcher au fauteuil pendant trois heures sans qu'on les sente passer.  

    Au service de cette comédie jubilatoire et sulfureuse où la morale n’a pas sa place, doublée d’une quête incessante et immorale du plaisir entre débauche, défonce et ivresse du pouvoir, on trouve un Leonardo DiCaprio magistral, éblouissant, charismatique, cynique jusqu’à la nausée. Obsédé par les dollars, il n’incarne pas, il est ce personnage à la fois charmeur et indécent au train de vie obscène. 

    Les autres comédiens sont à la hauteur à commencer par Jonah Hill, le valet en chef du maître mâtiné d'un fou furieux cocaïné à mort et Matthew McConaughey, parfait en mentor de DiCaprio, décrivant ce qu'est selon lui "le véritable métier de trader" dans un dîner d‘anthologie. Sans oublier la belle et sculpturale Margot Robbie en top model servant d’épouse au héros qui traite les femmes comme des marchandises. Une mini fausse note dans toute cette excellence en forme de cadeau de Noël, Jean Dujardin, trop folkloriquement français pour convaincre dans son rôle de banquier suisse véreux.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 décembre.

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  • Cinéma: "Mandela:un long chemin vers la liberté", l'épopée d'une icône

    Idris-Elba-as-Nelson-Mand-008[1].jpgDeux semaines à peine après la mort de Nelson Mandela, annoncée le soir même de la première à Londres, sort le film qui lui est consacré. Signé Justin Chadwick, il est adapté de l’autobiographie de l’icône du combat anti-apartheid et rappelle les grandes heures de "Madiba", de sa naissance à la campagne dans la famille royale des Thembu à son incroyable élection à la tête de la République sud-africaine,  le 9 mai 1994.

    Tout a été dit lors du décès du père de la nation arc-en-ciel. On rappellera en quelques lignes qu’il commence par  s’établir à Johannesburg, ouvre le premier cabinet d’avocats noirs et milite au sein de l’ANC (Congrès national  Africain) dont il est l’un des leaders.  D’abord adepte de la non-violence, il passe dans la clandestinité et prône la lutte armée en réaction aux massacres de la population dans les townships.

    Arrêté, il passe 27 ans en prison dont 18 dans l’inhumain pénitencier de Robben Island. De sa minuscule cellule, il poursuit sa révolte, soutenu par sa femme Winnie avant d’être libéré par le président De Klerk, d’accéder à son tour à la tête de l’Etat et d’entamer un processus de réconciliation  entre Blancs et Noirs.

    Révolutionnaire, prisonnier, président, c’est le parcours exceptionnel en forme d’épopée que nous propose Justin Chadwick dans Mandela: un long chemin vers la liberté. Un biopic honnête, respectueux, à vocation pédagogique louable, mais trop conventionnel et principalement dédié à l’édification du symbole. Bien que l’auteur ne fasse, il est vrai, pas un saint de son héros tutélaire. Reste qu’en dépit du portrait intime et émouvant qu’il en brosse, le réalisateur ne porte pas véritablement sur lui un regard  personnel.

    61e37e22a277bef2c49c3974bcc44194[1].jpgIl se contente par ailleurs d'effleurer ses rapports complexes avec Winnie (Naomie Harris photo), animée contrairement à Nelson d’un esprit de revanche, tout comme il survole la question de l’apartheid et escamote les relations honteuses entre l’Afrique du Sud ségrégationniste et nombtre de pays occidentaux.

    On salue en revanche la performance du charismatique acteur britannique Idris Elba, qui rentre complètement et avec ferveur dans la peau de son personnage, sans pour autant le singer. Particulièrement dans le Mandela jeune et jusqu’aux trois quarts du film.

    Son interprétation est toutefois un rien gâchée par un maquillage grossier lorsqu’il vieillit, lui faisant une sorte de masque de cire à cheveux blancs auquel  il faut s’habituer. Force est alors de constater que la prestation d'Idris Elba ne vaut pas, dans cette dernière partie, celle de Morgan Freeman dans l’Invictus de Clint Eastwood. 

    On ne  recommandera pas moins ce long-métrage sur le destin d’un homme exceptionnel, devenu l’âme de l’Afrique et la conscience du monde.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 décembre.


     

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  • Cinéma: "Suzanne", le destin extraordinaire d'une héroïne ordinaire

    Suzanne11[1].jpgTrois ans après Un poison violent, premier long-métrage en partie autobiographique sur une adolescente mystique la Bretonne Katell Quillévéré raconte l’histoire d’une famille et d’un amour viscéral à travers le parcours chaotique de Suzanne, que l’on suit de l’enfance à l’âge adulte.

    Issue d’une famille modeste, elle perd sa mère très tôt. Un vide apparemment comblé par l’affection pudique et gauche d’un père routier et la complicité aimante de sa sœur Maria qu’elle adore. A 17 ans, elle se retrouve néanmoins enceinte et décide de garder le bébé. Pour tomber ensuite amoureuse d’un beau garçon destiné... à une belle carrière dans le banditisme.

    Folle de lui, elle n’hésite pas à abandonner son fils et à plaquer son boulot pour vivre une passion destructrice. Jusqu’ici omniprésente, Suzanne sort du tableau pour mieux y rentrer après un cheminement difficile fait d’errance et d’un détour par la case prison. 
     
    Beau portrait de femme

    Avec cette rebelle malgré elle, déterminée à tracer sa propre voie en échappant à l’existence terne et laborieuse qui lui était promise mais en même temps artisane de son propre malheur, Katell Quillévéré brosse avec talent le portrait d’une héroïne ordinaire prise dans un destin extraordinaire. Elle évoque également le déterminisme social sans pour autant se cantonner dans ce genre de cinéma. 

    Le résultat? Un mélo ambitieux s’étalant sur plus de 20 ans, plein de sentiments, de charme et d’émotion qui parle de la puissance du hasard, du mystère des rencontres, de la complexité des trajectoires humaines, de la résilience.

    Pour cette tranche de vie, où elle traverse les époques en les situant grâce à de petits détails significatifs, l’auteure s’est entourée d’excellents comédiens. A commencer par Sara Forestier (photo) à la fois fragile, paumée, passionnée, dans le rôle de Suzanne. Elle donne brillamment la réplique à Adèle Kaenel qui joue sa sœur et François Damiens, son père. 

    1142727_8713162-00quillevere-t114a[1].jpgRécemment de passage à Genève, la réalisatrice de 33 ans (photo)évoque cette deuxième fiction qui avait ouvert La Semaine de la Critique à Cannes en mai dernier et provoqué l’enthousiasme de la critique.

    "Le sujet m’a été inspiré par des lectures d’autobiographies de femmes tombées dans la délinquance en vivant avec des bandits. Leur itinéraire pose la question du destin et du hasard. J’ai donc imaginé le biopic d’une inconnue qui s’attache à un homme au point de tout lâcher pour lui. En même temps, je respecte un quotidien qui peut devenir spectaculaire, en travaillant les liens dans une famille avec une jeune femme en quête d’émancipation, mais qui y est ramenée".

    -Le film couvrant une très longue période, avez-vous rencontré des problèmes de mise en scène?

    -Pas tant de mise en scène  que de construction du récit organisé sur l’ellipse. L’originalité est dans le hors champ. Je fais beaucoup appel à l’intelligence du spectateur, à son vécu. Il s’agissait aussi de plonger le récit romanesque fictif au milieu du réel en montrant les gens dans leur environnement, leur milieu social. Le métier de routier du père me touche beaucoup. C’est la raison de la cabine du camion, quoi fonctionne telle une matrice.

    -Comment avez-vous choisi vos comédiens? 

    J’avais prévu de rencontrer peu d’actrices et j’ai eu un choc quand j’ai vu arriver Sara. Elle était tout simplement Suzanne. Cela s’est imposé comme une évidence, une sorte de coup de foudre. On était de plus sur la même longueur d’ondes, convaincues que le film allait être dur et poignant et qu’il y avait un gros risque de tomber dans le pathos. Il fallait donc que l’énergie et la luminosité de Sara soient canalisées, intériorisées. C’est une immense actrice qui peut tout exprimer, de la violence au deuil en passant par la passion et le bonheur de la maternité. Ce rôle est arrivé au moment de sa maturité.

    -Deux mots sur Adèle Kaenel et François Damiens.

    -Adèle, je l’avais vue dans Naissance des pieuvres et L’Apollonide. Elle dégage quelque chose de particulièrement solide. Physiquement plus grande, elle convenait parfaitement au côté protecteur qu’elle devait avoir envers Suzanne. Quant à François, j’adore son travail de caméra cachée. C’est un tellement grand comique qu’il peut être aussi bon dans le drame. Pour moi, c’est un Stradivariuus.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 décembre. 

     

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