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Sorties de la Semaine - Page 312

  • Cinéma: "Yves Saint Laurent", un biopic qui craque aux coutures...

    guillaume-gallienne-yves-saint-laurent[1].jpgLa vie du célèbre couturier, mort en 2008, ne semblait pas inspirer les cinéastes. Et voici que soudain, elle est portée par deux fois à l’écran, provoquant depuis deux ans une  "bataille des Saint Laurent". Avec un premier opus à l’affiche signé par Jalil Lespert, et un autre par Bertrand Bonello, actuellement en cours de montage.

    Dans son biopic, Lespert nous emmène à Paris en 1957. Yves Saint Laurent, 21 ans seulement, succède à Christian Dior récemment décédé. Lors de son premier défilé, un triomphe, il rencontre l'entrepreneur  et patron des arts Pierre Bergé. Devenus amants et partenaires en affaires, les deux hommes créent trois ans plus tard la société YSL.

    Pour incarner ses héros (photo), le réalisateur a choisi le comédien Pierre Niney, hallucinant et troublant de ressemblance avec le grand couturier, tandis que le talentueux Guillaume Galienne, nouvelle figure incontournable de la pellicule française, se coule dans le costume de Pierre Bergé. Bluffante, leur excellente interprétation constitue le grand atout de l’opus, sinon le seul.

    Yves Saint Laurent, un film d’acteurs donc, devant lesquels le réalisateur est contraint de s'effacer par manque d'envergure. Sous couvert d’une intense et poignante histoire d’amour de cinquante ans entre deux personnalités diamétralement opposées, et au delà d’une reconstitution du climat de la France des années 60, Jalil Lespert a concocté une oeuvre sans souffle, sans rythme, dont les coutures craquent. 

    A-still-from-the-new-Yves-Saint-Laurent-movie-2014[1].jpgQui s’intéresse à YSL n’apprend rien, qui ne le connaît pas ne peut mesurer l’importance de cet artiste qui, par son génie novateur, a révolutionné pour toujours le monde de la mode. Par ailleurs, tout en le réduisant à un créateur toxicomane, obsessionnel et dépressif, il peine à illustrer la souffrance et la déchéance d’un homme torturé, en proie à ses démons intérieurs.

    Cette réserve, ce côté lisse en dépit de quelques scènes intimistes entre les amants qu’il veut érotiques et tendues, mais qui frisent parfois le ridicule, n’ont en réalité rien d’étonnant. Lespert a en effet reçu l’aval de Bergé, à qui il a donné le beau rôle. Pour le remercier en somme de lui avoir permis l’accès à l’atelier et le droit d’utiliser modèles de robes et dessins originaux. Un précieux soutien qu’il exploite hélas très mal.

    Pour mieux cerner la douloureuse part d’ombre d’YSL, il faudra peut-être attendre l’adaptation de Bertrand Bonello, s’annonçant en principe plus sulfureuse, voire scandaleuse. Elle n’a pas l’approbation du mécène, très en colère de ne pas avoir été consulté au préalable. Il faut savoir que ce dernier détient le droit moral sur l’œuvre d’YSL, son image et la sienne propre.

    L’auteur de L’Apollonide s’est plus particulièrement penché sur la période 1965-1976, pour montrer un homme professionnellement au sommet de sa gloire et de son art, mais qui, victime de ses tourments existentiels, va tomber sur le plan personnel. Cette version devrait sortir le 14 mai, jour de l’ouverture  du 67e Festival de Cannes. Simple coïncidence ?

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 15 janvier.

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  • Cinéma: "Fruitvale Station" révèle un cinéaste et un acteur

    fruitvale-station-de-ryan-coogler,M111027[1].jpgDe Sundance à Deauville en passant par Cannes dans Un Certain Regard, le premier film de Ryan Coogler, 27 ans, a trusté les récompenses. Un engouement  dont a également profité son acteur principal Michael B. Jordan.

    Au matin du 1er janvier 2009, Oscar Grant, 22 ans, croise des policiers dans la station de métro Fruitvale de San Francisco. L’opus raconte les vingt-quatre heures précédant cette rencontre qui furent aussi les dernières du jeune homme, victime d’une funeste bavure.

    Suite à un séjour en prison, Oscar revient dans sa famille, plus que décidé à marcher droit désormais. Bien qu’au chômage, il renonce à la vente de stupéfiants, bousille même volontairement un éros un paquet de cannabis et tente d’avancer dans la vie.

    Après avoir fêté l’anniversaire de sa mère, Oscar, sa copine et une bande de potes prennent le train pour participer aux célébrations du nouvel an. Une bagarre entre un ancien codétenu provoque alors une intervention musclée des flics.

    C’est d’ailleurs par cette scène que s’ouvre Fruitvale Station, où le réalisateur mêle des images de fiction à celles prises par un témoin avec son téléphone portable. Elles montrent l’interpellation brutale d’un groupe de jeunes Noirs par les forces de l’ordre jusqu’au moment où le drame éclate. Alors qu’Oscar est maintenu face contre terre, un policier l’abat d’une balle dans le dos. Une scène terrible, révoltante, portée au grand jour.

    Et d’autant plus bouleversante que le cinéaste brosse le portrait d’un garçon attachant qui dealait parce qu’il était sans emploi et qui s’efforçait de se racheter une conduite, notamment par amour pour sa petite fille, comme en témoigne la touchante photo ci-dessus. Certes Oscar, tombeur à l’occasion, glandait aussi pas mal. Mais finalement s’était un un type bien, un innocent qui ne méritait pas une telle fin.

    Ryan Coogler propose ainsi, quatre ans après, la reconstitution de ce fait divers tragique en hommage à Oscar Grant. On lui reprochera toutefois de rester dans le domaine du poignant, de l’émotion pure, des bons sentiments et du manichéisme. 

    Par ailleurs, il se contente d’évoquer l'état d'une société américaine toujours aussi inégalitaire et ségrégationniste, au lieu de se livrer à une vraie réflexion politico-sociale sur le sujet. D’où, en dépit d'une bonne interprétation, une certaine perplexité face à l’enthousiasme parfois délirant que l’opus, se voulant engagé mais en fait peu original, a provoqué.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 janvier.

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  • Cinéma: "Le médecin de famille" évoque le sejour de Mengele en Argentine

    ob_ec485a_medecin-de-famille-le-ok[1].jpgPour la deuxième fois, la cinéaste argentine Lucia Puenzo porte à l’écran un de ses romans. Après El Nino Pez, elle évoque, dans Le médecin de famille (Wakolda), le séjour du tristement célèbre criminel de guerre Josef Mengele dans une famille au pied des Andes.

    Nous sommes en automne 1960. Eva, Enzo et leurs deux enfants partent pour la petite ville de Bariloche, au fin fond de la Patagonie  où ils ont l’intention de rouvrir l’hôtel où Eva a grandi. Sur la route, ils rencontrent un mystérieux étranger qui dit s’appeler Helmut Gregor et parle allemand. Tout comme Eva qui a fréquenté une école germanophone à Bariloche.

    Premier client accepté, Helmut s’installe à l‘hôtel et s’intéresse particulièrement à Lilith, une fillette de 12 ans trop petite pour son âge, dont il affirme pouvoir soigner les troubles de croissance avec un traitement aux hormones. Et se passionne encore plus pour l'état d'Eva, sa mère, lorsqu’il apprend qu’elle est enceinte de jumeaux.

    Tout d’abord séduite par le charisme, l'élégance, les manières, l'intelligence de l'inconnu, sans oublier son argent, la famille finit pourtant par se montrer réticente, à commencer par le père, et par comprendre qu’elle vit avec l’un des plus grands criminels de tous les temps.

    Prétexte à la dénonciation d'un pays refuge de nombreux criminels nazis après la seconde guerre mondiale, au récit de la traque dont ils ont été l’objet, à l'évocation de la banalisation du mal, le film ne tient pas toujours ses promesses. Une réserve due au fait que l’opus oscille trop souvent entre la fiction historique, le drame familial psychologique et le conte fantastique sur fond de suspense. Qui trop embrasse…

    Mais il faut reconnaître à la réalisatrice un certain talent à créer le malaise et une vague inquiétude en installant une atmosphère étrange, trouble, dérangeante autour de la figure de Mengele. Il est parfaitement incarné par Alex Brendenmühl (photo), un acteur catalan d’origine allemande, taillé sur mesure pour entrer dans la peau du monstre, obsédé par la génétique et recherché par le Mossad. 

    Découvert dans la section Un Certain Regard à Cannes en mai dernier, Le médecin de famille réprésentera l’Argentine à la prochaine cérémonie des Oscars.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 janvier.

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