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  • Grand écran: "L'attachement" explore les liens affectifs, le deuil, la filiation. Avec Valeria Bruni Tedeschi et Pio Marmaï au top

    Pour son cinquième film, L'attachement, Carine Tardieu réalisatrice scénariste et écrivaine, a choisi d’adapter le livre d’Alice Ferney L’intimité. Elle y explore les liens affectifs, le deuil, la filiation, la parenté, l’amour, bref les relations humaines..  

    Sandra (magnifique Valeria Bruni Tedeschi) est une libraire quinquagénaire farouchement indépendante, et féministe engagée. Mais un jour, la vie de cette célibataire sans enfants heureuse et fière de l’être, bascule. Soudainement, malgré elle, elle va partager le quotidien d’Alex, son voisin de palier (impeccable Pio Marmaï), qui se retrouve seul avec deux gosses, suite à la mort de sa femme lors de son accouchement. 

    Contre toute attente, Sandra, un peu ronchonne et qui assume sa solitude,, s'attache peu à peu à cette famille, qui ébranle ses certitudes. Plus particulièrement le jeune fils Eliott (César Botti), en manque de tendresse, d’attentions, qui vient souvent sonner à sa porte, s’accroche à elle et va la faire craquer.   

    Carine Tardieu propose ainsi une comédie dramatique intelligente, intense, pleine d’émotions, entre douceur, tristesse,  mélancolie et une pointe d'humour. Elle est portée par des protagonistes à la hauteur du propos, sensibles, justes, sobres, bouleversants. Son auteure nous en dit plus à l’occasion  d’une récente rencontre à Genève. 
     
    Le livre d’Alice Ferney s’intitule "L’intimité". Pourquoi l’avoir changé en "L’attachement"?
     
    C’est une adaptation très libre du roman. Il tourne beaucoup autour de l’accouchement, de la maternité, de la GPA. Il y a un côté philosophique. On perd ainsi Sandra, dont je voulais faire mon fil conducteur., 
     
    Qu’est-ce qui vous a particulièrement touchée chez elle?
     
    Le fait qu’elle ne veuille pas d’attache. Qu’elle revendique sa liberté. Elle est bien avec elle-même. Elle ne va pas vers les autres. Elle ne cherche pas à être aimée. 

    En même temps , elle s’est forgé une carapace. Avant d’être dépassée par les événements
     
    C’est vrai. Pendant tout le film, elle essaye de résister. Sandra est quelqu’un qui s’empêche. Saiuf qu'on ne contrôle pas l’attachement. En même temps, elle ne va pas remplacer sa mère d’Eliott. Elle est un substitut affectif. Mais les liens qu’elle tisse avec ce petit garçon la font accéder à quelque chose de nouveau, tout en gardant son espace de liberté. 
     
    Il ne s’agit pas d’un film féministe, mais vous en analysez ses différentes formes. 

    Oui, parce qu’il n’y en a pas qu’un seul. On peut être féministe dans nos gestes, nos paroles, notre comportement. Ce que je trouve compliqué, c’est quand il  n’y a pas de place pour la demi-mesure. Je trouve cela très contreproductif.
     
     Valeria Bruni Tedeschi se révèle surprenante de modération, de retenue. Avez-vous écrit le rôle pour elle? 

    Je ne fais jamais ça, car je ne veux pas être déçue. Je suis allée la chercher en fin d’écriture. Elle a accepté le rôle tout de suite alors que c’est très nouveau pour elle de se laisser contraindre. Elle est sans filtre, très impulsive. Au début elle ne savait pas être sur la réserve, dans la modestie. Au début elle ne savait pas le faire. J’ai dû la forcer…
     
    Vous dites vouloir faire des films simples. 

    Dans la mise en scène, je veux en effet aller vers  l’épure, me montrer discrète avec ma caméra. Mais cela se travaille. Dans le genre, Sautet reste mon maître. En apparence, tout est simple, en réalité tout est précis, contrôlé. 

    Carine Tardieu, qui a adopté une petite fille à quarante ans,  nous confie encore que devenir mère lui a permis de se réinventer. «En tant que réalisatrice, je me rapproche à chaque film de ce que je suis, de ce que j’aime raconter. Avec L’attachement, c’est comme si je sortais du bois. Je vais de moins en moins vers la comédie. Sans être totalement dramatique… » .

    "L’attachement", à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 février.

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  • Grand écran: "When The Light Breaks", drame islandais, révèle l'étonnante comédienne Elin Hall

    Assis côte à côte sur les rochers d'une plage islandaise, Diddi et Una, jeune fille rousse d’une beauté singulière (Elin Hall), font face à un sublime soleil couchant. Étudiants en art, ils sont amoureux, font des projets, évoquent de futurs voyages aux îles Féroé. au Japon. Un joli moment de complicité, mais qui reste secret, Diddi entretenant une relation à distance avec sa petite copine Klara. Il promet toutefois à Una de rompre au plus vite. Hélas, alors qu’il s’apprête à aller la voir, il meurt tragiquement au volant de sa voiture lors d’une forte explosion dans un tunnel, qui va devenir une catastrophe nationale, étant donné le nombre croissant de victimes.

    Una, qui a passé une nuit clandestine avec son amant, ignore tout de cet accident jusqu’au moment où elle rencontre un pote de Diddi. L’insupportable attente commence alors. Et puis la nouvelle tombe, terrible. Ravagée par ce drame qui fauche tous ses espoirs, mais ne pouvant pas révéler la nature de sa relation avec Diddi et trouver du réconfort, Una doit faire son deuil en silence. Tandis que Klara, petite amie officielle ignorant leur liaison reçoit toute la compassion, les témoignages de tendresse et d’affection de ses amis qu’elle a rejoints pour les funérailles. Cherchant d’abord à s’éloigner du groupe pour cacher sa douleur, la jeune fille va pourtant trouver, petit à petit, le courage de faire face et se rapprochera en douceur de sa rivale.

    Il y a du chagrin et de la souffrance, mais aussi de la beauté et de la poésie dans When The Light Breaks (Quand la lumière jaillit) signé de l’Islandais Rünar Rünarsso, Le réalisateur nous laisse partager des émotions personnelles à la suite de la perte brutale et tragique d’un être cher. Il y parvient magnifiquement dans cette œuvre d’une grande sensibilité. D’autant qu’il est aidé par sa formidable et bouleversante comédienne Elin Hall, portant le film de bout en bout avec infiniment de grâce, de pudeur et de justesse. Une révélation.

    A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 février

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  • Grand écran: " Sauve qui peut", jeux de rôle pour apprendre l'empathie en milieu hospitalier

    Dans un centre de formation du CHUV à Lausanne de vrais soignants et de faux patients des deux sexes atteints de pathologies graves, simulent des consultations médicales. Le but, apprendre aux premiers l’art de l‘écoute, la bienveillance, l’empathie, la façon de prendre son temps, de se mettre à la place des seconds, de leur annoncer de mauvaises nouvelles. Ces saynètes suivies de debriefings donnent souvent lieu à des scènes passionnantes et d’une rare intensité. 

    Très intéressée par ces mises en situation, la réalisatrice belge Alexe Poukine a posé, outre au CHUV, sa caméra dans d’autres hôpitaux en Belgique et en France, pour son troisième film Sauve qui peut. Il se déroule en deux parties. L’une consacrée à la simulation et donc aux émotions des patients et l’autre à celles des soignants. 

    Une autre réalité

    Car derrière ces jeux de rôle, on découvre une autre réalité, le malaise et les tensions pesant sur des thérapeutes dans un système de plus en plus sous pression. La capacité d’empathie est mise à rude épreuve dans un univers hospitalier exerçant lui-même de la violence sur son personnel en burn out.

    En d’autres termes, comment se montrer bienveillant dans un système malveillant qui vous maltraite?  Quand votre bip sonne sans arrêt, quand on a que cinq minutes pour faire la toilette d’un patient, bref quand on ne vous donne tout simplement pas les moyens de manifester une humanité qu’on pourtant envie de développer.  Comment par ailleurs, préserver les vocations?

    Alexe Poukine a découvert ce monde de simulations grâce à une médecin urgentiste, nous apprend-elle à l’occasion d’une rencontre à Genève. «Cela m’a fascinée de voir la manière dont le faux peut révéler le vrai, transformer la réalité. On se prend incroyablement au jeu. On devrait le faire dans tous les milieux pour que les relations humaines soient plus simples».

    "Depuis, je parle autrement à mes enfants"

    La réalisatrice n’a pas eu de difficultés à entrer en contact avec les organisateurs de ces ateliers. «Et surtout pas en Suisse, très avancée dans ce domaine. C’était merveilleux de pouvoir tourner au CHUV. Les patients simulés sont très bien formés, les briefings sont excellents. J’ai appris tellement de choses. Depuis, par exemple, je parle autrement à mes enfants»

    Vrais soignants et faux patients ont accepté d’être filmés sans problèmes. «On m’a facilement fait confiance. De toute façon, les simulations, les émotions ont  tellement fortes qu’on oublie à la fois le jeu et la caméra».

    Tout en abordant les tensions, l’épuisement des soignants, Alexe Poukine se défend de critiquer véritablement l’hôpital. «Je me livre avant tout à une auscultation, à une échographie de la situation qui met le personnel en souffrance. Mais je ne prétends pas apporter des solutions».

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 12 février.   

     

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