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  • Mort de David Lynch, réalisateur unique qui a profondément marqué le cinéma mondial

    Réalisateur, scénariste, acteur, peintre, musicien,  Palme d’or à Cannes en 1990 pour Sailor et Lula, David Lynch est décédé  jeudi 16 janvier, à l’âge de 78 ans d’un  emphysème pulmonaire diagnostiqué l’an dernier après des années de tabagisme. Il disait en effet adorer fumer, mais que cela avait un prix....

    Il est né dans le Montana le 20 janvier 1946  d'une famille presbytérienne de cinq enfants, d’un père scientifique au Ministère de l'agriculture  et d'une mère professeure d'anglais. Mauvais élève, il se passionne rapidement  a peinture et s’inscrit aux Beaux-Arts de Boston. En parallèle, il s’essaie au septième art. Cinéaste unique, il a considérablement marqué le cinéma mondial, avec son style novateur et surréaliste, son imagerie onirique, ses ambiances inquiétantes et sa conception sonore. 

    il est devenu iconique avec seulement dix longs métrages réalisés entre 1977 (Eraserhead) et 2006 (Inland Empire). Salué d’emblée, c’est son deuxième opus, Elephant Man (1980), inspiré de faits réels, qui l’a rendu célébrissime et lui a valu le César du meilleur film étranger. Intrigué par les effrayantes difformités d’un personnage exhibé dans une baraque de fête foraine, un jeune chirurgien, paie pour l’arracher à son manager et le conduit au London Hospital pour l'examiner en détail. Il découvre alors derrière le monstre un être sensible et intelligent 

    Autre film culte, Mulholland Drive (2001), opus néo-noir américano-français également césarisé,  raconte l'histoire d’une aspirante actrice fraîchement arrivée à  Los Angeles qui se lie d'amitié avec une femme amnésique, rescapée  d'un accident grâce auquel elle a échappé à un meurtre. On citera aussi  Blue Velvet (1986). Après avoir découvert une oreille humaine dans un champ, un étudiant mène l’enquête et pénètre dans l’univers dangereux d’une chanteuse de boîte de nuit ,mystérieusement unie à un gangster sadique autour d’une histoire de kidnapping. Ou encore Lost Highway (1997), déboussolant film noir entre thriller fantastique et film d'horreur, porté aux nues, mais qui  divise.  

    Et on n’oubliera pas Twin Peaks  Fire Walk with Me (1992), évoquant  les sept derniers jours de Laura Palmer, lycéenne fragile victime d'inceste et qui se prostitue dans un bar. D’autant que l’œuvre sert de préquelle à la célèbre série télévisée Twin Peaks (1990-1991). Le précurseur David Lynch a d‘ailleurs révolutionné le petit écran et l'univers des séries dès le lancement du premier épisode où l’agent Dale Cooper, accompagné du shérif Truman enquêtent sur la mort de la jeune fille. 

    Outre la Palme d’or et ses deux  Césars, David Lynch  reçu un Lion d'or d'honneur à la Mostra de Venise en 2006 et un Oscar pour l‘ensemble de son œuvre en 2020. .Après l’échec commercial  de son dernier film Inland Empire en 2006, il se consacre à la  photographie, à la gravure, à la peinture et à la musique. 

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  • Grand écran: Spectateurs!, l'hommage amoureux d'Arnaud Despleschin au cinéma

    Pour Arnaud Despleschin, le cinéma est arrivé pile-poil pour chasser l'ennui.  Mais a fond qu'’est-ce que c’est, aller au cinéma ? Ce que nous faisons  depuis plus de 100 ans ? demande le cinéaste, qui voulait  célébrer la salle obscure, l’endroit le plus démocratique qui soit, avec son atmosphère si particulière, son charme, ses fauteuils de velours.». Ainsi l’auteur raconte-t-il l’histoire du septième art à travers le parcours de son alter ego Paul Dédalus, un de ses personnages fétiches qui avait fait sa première apparition en compétition à Cannes en 1996, dans Comment je me suis disputé. On y retrouve également Mathieu Amalric et Françoise Lebrun

    Mêlant souvenirs, enquête, montages, théories essentielles, fabrication, films qui l’ont impressionné, qu'li a admirés, adorés, le cinéaste se muant en pédagogue met en scène un Paul émerveillé, enchanté, à quatre périodes de son existence. Nous immergeant dans un flot d’images, tout en nous emmenant dans le dédale de la narration avec cet essai initiatique en forme de lettre d’amour au cinéma. 

    Avec Cet objet hybride ni documentaire ni fiction, espace d’enseignement et de transmission, il  veut amener le spectateur à mieux comprendre la magie de l’image animée sur grand écran, nous révélant à nous-mêmes. Les films, qui font partie de nos souvenirs comme les vrais, nourrissent d’interminables discussions après les projections, nous permettent aussi de progresser de nous transformer, d’être qui on veut, aimer une star,  la rendre amoureuse, piloter un avion, faire dérailler un train, attaquer des banques, galoper à folle allure… 

    Du coup, on se met à imaginer regarder les films autrement. C’est d’autant plus réussi qu’Arnaud Dsepleschin ne hiérarchise pas les œuvres, dites bonnes ou mauvaises. C’est ainsi qu’il projette aussi bien des extraits de films d’auteur, populaires, d’aventure ou à grand spectacle, Paul Dédalus se promenant du coup de Fantomas à Shoah, le chef d’œuvre qui l’a particulèirement marqué. L’important pour lui,  c’est la rencontre entre ces différents métrages et  le spectateur, comme il nous le confie à l’occasion d’une récente interview.  

    Spectateur, vous le restez vous-même. Intensément. Passionnément.

    Cela me permet de faire des films, de comprendre le cinéma. Une idée qui me trotte dans la tête depuis vingt ans. Un cinéaste que j’admire, c’est Tarentino. Il est foncièrement un spectateur. Il a une cuture folle. Il a tout vu. Pour moi, il y a deux sortes de réalisateurs. Ceux qui ne pensent et ne voient que leur travail et ceux qui s’intéressent au travail des autres. C’est mon cas. 

    Mais encore, pourquoi va-t-on au cinéma ?

    Chacun a une réponse différente.  Au cinéma, on peut vivre toutes les potentialités, expérimenter toutes les possibilités, même changer le cours du film. On vous offre un monde en spectacle et on en ressort enrichi. On fait des expériences personnelles avec nous-mêmes. On a tous notre cinéma intérieur. De la même couleur que l’existence qu’on a menée, qu’on mène ou qu’on aurait dû mener. 

    Est-ce pour échapper à la réalité ? Que lui arrive-t-il quand elle est projetée ? L’est-elle toujours ?

    Je pense  que oui. Je crois par exemple que Mr Klein nous dit une vérité profonde sur Delon et la France. Et puis surtout laréalité rpojetée scintille. Cela a l’air compliqué, mais c’est super simple. Cela vous rappelle que la vie est merveilleuse.

    Vous montrez 70 extraits de films. Un sacré boulot.

    Cela m’a surtout pris énormément de temps, des années de très longues négociations pour obtenir les droits. 

    Vous consacrez un instant à la télévision. 

    En effet. Et je n’en dis pas du mal, même si je raconte la concurrence qui se joue. Mais elle peut aussi donner envie d’aller au cinéma et elle m’a permis de revoir énormément de films.

    Spectateurs! à !’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 septembre.  

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  • Grand écran: "Soy Nevenka" décortique brillamment le mécanisme du harcèlement sexuel au travail

    Après Les Repentis  (2021)  qui évoquait l’assassinat du socialiste Juan Maria Jauregui par l’ETA, Iciar Bollain, réalisatrice engagée de plusieurs thrillers socio-politiques, propose avec Soy Nevenka l’histoire d’une femme qui a réussi à faire traduire en justice un homme politique influent et populaire pour harcèlement sexuel. Inspiré de faits réels, le film révèle le premier cas de #MeToo politique en Espagne, où il a fait couler beaucoup d’encre.

    À la fin des années 90, Nevenka Fernández, 25 ans, est approchée par Ismael Alvarez, le charismatique maire de Ponferrada, en Castilla y León , afin de se présenter comme conseillère municipale aux prochaines élections. Ellle se retrouve responsable des Finances, un poste trop élevé pour un premier mandat. C'est le début d'une descente aux enfers pour Nevenka, manipulée et harcelée pendant des mois par son patron. Pour s'en sortir, elle décide de le dénoncer et intente un procès à cet homme qui se croyait intouchable.  

    S’ouvrant sur une scène montrant une femme se terrant dans son appartement, puis s’entretenant avec son avocat, qui lui dit « Je te crois », l’œuvre,  construite ensuite en flash back, nous laisse découvrir, avant son délabrement physique et psychique  une Nevenka (Mireia Oriol ) brillante, belle, jeune, intelligente, prenant ses responsabilités très au sérieux. 

    Tout le contraire d’Ismaël  (Urko Olazabal), son aîné de plus de 20 ans, personnage sympathique et charmeur en apparence, mais en réalité maire magouilleur, parvenu macho et lourdaud, marié à une femme très malade qu’il va bientôt enterrer. Usant de son pouvoir, de son aura, comptant sur la complicité et le silence de ses pairs, il est déterminé d’entrée  à faire de Nevenka sa chose. 

    Nevenka perd complètement pied

    Sous contrainte, intimidation  et chantage perpétuels , elle finit malheureusement par céder aux avances d’Ismaël. Pour s’en vouloir terriblement et  refuser aussitôt après cette relation toxique. Mais elle est tombée dans le piège. Son rejet est insupportable pour le pervers tyrannique, qui n’aura dès lors de cesse de la mépriser, de la rabaisser publiquement, de la détruire. Anéantie, Nevenka perd complètement pied.

    Alors que les deux comédiens Mireia Oriol et Urko Olazabal se  révèlent remarquables, Iciar Bollain décortique avec brio le phénomène de l’emprise,  la mécanique du harcèlement sexuel et ses conséquences, la confusion, la douleur, le lent dépérissement psychologique et physique de la proie. par ailleurs soumise au regard des autres, des proches ne voulant pas la croire, cherchant avant tout à éviter le scandale. Sans oublier la sanction de l’opinion publique, inversant (n’oublions pas l’époque)  les rôles de victime et d’accusé, à l’image de l’indécent procureur général lors du procès. 

    Nevenka finira toutefois par échapper à son odieux prédateur grâce à l’aide de ses amies, de son compagnon qu’elle épousera et avec qui elle aura deux enfants. Et surtout grâce à la parole, démontrant ainsi l’importance de porter plainte au lieu de se réfugier dans un isolement  pouvant parfois conduire au suicide.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 8 janvier.

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