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  • Grand écran: "La plus précieuse des marchandises", film d'animation pour raconter les horreurs de la Shoah

    Un bûcheron et sa femme se débrouillent comme ils peuvent au cœur d’une forêt polonaise. A la guerre qui les cerne de partout s’ajoutent la faim, le froid, la misère. Un jour, la bûcheronne, qui pleure la mort de son enfant, entend des cris. Ceux d’un bébé jeté, dans l'espoir qu'il survive, d’un des trains qui traversent sans cesse leur bois pendant l’holocauste. Elle le recueille en dépit de la réticence de son mari. Mais il va changer d’avis et cette précieuse petite marchandise bouleversera leur vie, ainsi que celle des autres gens  qui vont croiser son destin.  

    Connu pour l’étendue de son registre, Michel Hazanavicius se lance dans un nouveau genre, l’animation, avec une œuvre qui avait été sélectionnée en compétition en mai dernier à Cannes. Révélant un talent de dessinateur en croquant tous les personnages, il adapte avec sobriété, sensibilité, délicatesse, tendresse et humilité le roman de Jean-Claude Grumberg sur la déportation des juifs vers les camps nazis. Réussissant ainsi à raconter sans l’éluder l’horreur de la Shoah, mais en utilisant le hors champ pour en évoquer les pires atrocités. Sur une musique d’Alexandre Desplat, l’histoire, à la fois belle et sinistre visuellement, est racontée en off par le regretté Jean-Louis Trintignant. Prêtent également leur voix, Dominique Blanc, Grégory Gadebois, ou encore Denis Podalydès. 

    N’oubliant pas la férocité de l’homme, mais préférant en montrer la bonté et la générosité, Michel Hazanavicius livre ainsi un conte sobre, attachant nécessaire, un hymne au courage, à l’espoir, à l’amour. Un film à portée universelle et à vocation pédagogique. Pour ne pas oublier.

    A l‘affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 20 novembre.

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  • Grand écran: "Naître Svetlana Staline", le parcours hors norme de "la princesse du Kremlin"

    Fille unique de Joseph Staline et de Nadejda Allilouïeva, Svetlana, qui a vu le jour en 1926, a eu une existence complexe, hors du commun. A travers des archives rares et des images animées, le réalisateur suisse Gabriel Tejedor brosse le portrait d’une femme libre, qui essaie de prendre le contrôle de sa vie et d’échapper à l’ombre sanglante de son père. S’inscrivant dans le contexte politique, social et idéologique de l’époque, l’auteur met au jour un chapitre méconnu, en racontant le parcours fascinant d’un personnage excessif, exalté, émouvant, déchiré entre sa redoutable filiation, son éducation, sa responsabilité maternelle et ses propres ambitions. 

    Adorée de son père, qui la chouchoutait et s’amusait à obéir à ses ordres de gamine, Svetlana mène une vie insouciante au Kremlin jusqu’à la mort de sa mère, qui se suicide six ans plus tard. Son monde commence à changer. Petit à petit, elle voit ses proches disparaître. Par ailleurs l’impitoyable Staline a l’amour tyrannique. Il a aussi du mal à accepter de la voir grandir. Il exige qu’elle se comporte et s’habille modestement, en cachant ses coudes et ses genoux.

    Des compagnons pour provoquer son père 

    Elle fait mine de céder, mais sort faire la bringue avec son frère et, à 16 ans, tombe amoureuse d’Alexis Kapler, comédien juif, son aîné de 38 ans. Furieux, Staline la gifle, l’oblige à rompre ses fiançailles et Kapler est condamné à dix ans de goulag. Dès lors le fossé s’élargit entre le père et la fille qui choisira ses futurs compagnons pour le provoquer. Et tout bascule lors de la mort du dictateur, responsable de millions de morts,  en 1953.

    Svetlana est désormais sous haute surveillance.  Elle fréquente les intellectuels et les dissidents. abandonne le nom de Staline pour celui de sa mère, Allilouïeva, se convertit à la religion orthodoxe, et commence à écrire son autobiographie pour se libérer l’esprit. Mariée et divorcée deux fois, alors mère d’un garçon et d’une fille, elle entame en 1963 une liaison avec Brajesh Singh, membre du PC indien qu’on lui interdit d’épouser. Toutefois à sa mort en 1966 , elle est autorisée à rapporter ses cendres en Inde. Elle profite alors de ce séjour pour réclamer l’asile à l’ambassade des Etats-Unis à New Dehli, abandonnant ainsi ses deux enfants. Sa fille Katia ne le lui pardonnera pas. 

    Traquée jusqu’à sa mort

    Mais on est en pleine guerre froide. A Genève ont lieu  es discussions sur la signature d’un traité de désarmement nucléaire entre les États-Unis et l’URSS ont lieu à ce moment-là à Genève ! On craint que le passage de la fille de Staline à l’Ouest ne compromette tout rapprochement entre les deux blocs,, comme le montre le documentaire.  Tandis que les Soviétiques manifestent  leur colère, le président Lyndon Johnson embarrassé préfère d’abord la cacher en Suisse, à Fribourg, chez les religieuses. Elle devient la cible des reporters qui la traqueront sans relâche jusqu’à sa mort, à l'instar des services secrets et ses fans. 

    Après ce séjour en Suisse, ce sont des années d’errance pour Svetlana. Elle se remarie, donne naissance à une petite Olga, divorce, ne cesse de déménager, prend la nationalité américaine, publie ses souvenirs où elle qualifie son père de monstre. Elle retourne en URSS en 1984, mais, déçue, retrouve un pays au bord de la faillite, un parti qui veut l’instrumentaliser et des enfants à qui elle n’a jamais manqué. Elle décide alors de s'installer  à Londres  Au départ crainte et admirée, mais prisonnière politique de son père, «la princesse du Kremlin» finira tristement ses jours dans le Wisconsin, en novembre 2011. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 novembre. 

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  • Grand écran: avec "Diamant brut" Agathe Riedinger révèle une actrice, Malou Khebizi

    Liane, 19 ans, s'ennuie dans le petit logement qu'elle partage avec sa mère et sa petite sœur à Fréjus, dans le sud de la France. Jolie, débordant d'énergie, elle est obsédée par le besoin  d’être devenir quelqu’un, d’être vue et d’être aimée,  elle rêve d’intégrer une émission de téléréalité.  Le destin semble  lui sourire lorsqu’elle passe un casting pour « Miracle Island ».

    En compétition au dernier Festival de Cannes, Diamant brut est le premier long métrage de d’Agathe Riedinger, La réalisatrice française livre une fable très contemporaine, anti conte de fées, sur fond de violence sexiste et de classe, avec le portrait d’une adolescente, symbolique d’’une jeunesse obnubilée par le vedettariat sous l’influence des réseaux sociaux, dont elle révèle l’envers glauque. 

    Le film est porté par Malou Khebizi, une révélation. Battante doublée d’une écorchée vive, elle se donne corps et âme à ce personnage avec la volonté de  transmettre ses espoirs fous et sa détermination farouche dans sa quête de brillante ascension sociale et de gloire pour échapper  à son morne quotidien . Sa prestation lui vaut d’être sélectionnée aux Césars. 

    De son côté Agathe Riedinger a commencé par également nous emballer avec sa façon d'aborder un sujet de société, de raconter notre époque. de montrer sans juger ni moraliser. De critiquer un système mais non ses potentielles victimes, à l’image de son héroïne, qu’elle filme au plus près avec tendresse, 

    Mais le film perd un peu de son intérêt au fil d’un récit sans enjeu, son auteure comblant le vide d’un scénario trop caricatural en misant sur un excès d’esthétisme. Dommage, ça fait un peu toc pour un diamant brut. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 novembre.

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