Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le blog d'Edmée - Page 89

  • Grand écran: "Le ravissement" raconte l'histoire d'une jeune femme qui s'enfonce dans le mensonge. Original et captivant

    Premier long métrage de la Française Iris Kaltenbäck, Le ravissement suit  Lydia (Hafsia Herzi), une jeune sage-femme très investie dans son travail et dont le grand professionalisme rassure les parturientes. Un jour, en rentrant chez elle, son compagnon lui annonce qu’il l’a trompée. Malgré ce coup brutal, elle tient à fêter l’anniversaire de Salomé (Nina Meurisse), sa meilleure amie,. qui lui apprend, au cours de la soirée, qu’elle est enceinte. 

    Déboussolée, Lydia erre dans les rues la nuit s’endort dans un bus et a une brève histoire avec le conducteur, Milos (Alexis Manenti). Est-ce la  rupture soudaine?, La grossesse de Salomé? La rencontre avec Milos? Toujours est-il que la vie de Lydia part en vrille, quand elle le revoit à l’hôpital, le bébé de Salomé dans les bras. 

    Le mensonge qui fait tout basculer

    De façon incompréhensible, Lydia suggère à Milos (par ailleurs le narrateur du film) que cet enfant est le sien. Dès lors, tout bascule. Elle s’enfonce dans le mensonge et l’auteure nous emmène vers le drame, inexorablement mais subtilement annoncé.  

    Dans cette œuvre en forme de thriller intime, où elle questionne la maternité et l’amitié, Iris Kaltenbäck. s’est inspirée d’un fait divers brièvement relaté dans un quotidien, pour raconter cette histoire  triste, singulière, originale et captivante. 

    Le ravissement, un titre qui évoque à la fois un roman de Marguerite Duras et l’extase, l’idée de s’oublier, de se perdre, est porté par d’excellents acteurs. A commencer par Hafsia Herzi qu’on sent habitée par son personnage. De tous les plans elle se révèle formidable en sage femme dont la réalisatrice a choisi de documenter la pratique, et surtout dans le rôle ambigu de cette femme à la dérive, complexe, mystérieuse, hors-la-loi,  en mal d’amour et en désir d’enfant. 

    De passage à Genève, Iris Kaltenbäck, fan d’ HItchcock et de Truffaut,  nous explique ce qui l’a poussée à s’emparer de ce fait divers pour construire son film. « J’ai trouvé beau l’idée qu’un mensonge vienne bouleverser une amitié et soit à l’origine d’une histoire d’amour. Ma meilleure amie a eu un bébé, ce qui a provoqué un bouleversement. Beaucoup d’amitiés se sont délitées autour de cet événement.  Quand on écrit de la fiction, on fait appel au lien entre le personnage et soi,  pour passer d’une situation à l’autre. 

    Y a-t-il donc une part autobiographique?

    Je ne suis pas Lydia. J’avais déjà un enfant avant. Mais outre la question de  l’amitié, cela m’a permis d’approfondir le rapport à la maternité, à la paternité, au couple, de m'interroger à propos de l’injonction qui pèse sur les femmes. De les regarder d'une nouvelle manière.   

    Quel est l’élément déclencheur du premier mensonge de Lydia, qui se mue en spirale infernale?

    Je n’essaye pas d’y répondre. Il y a différents points de vue. J’assemble des pièces. Au départ, Lydia n’est pas obsédée par le fait d'avoir un bébé. Elle a juste un besoin fou d’être aimée. C’est une sage-femme qui dérape, passant du soin médical à un soin qui la dépasse, qui grandit. Elle se surprend à s’attacher à ce petit être  et se crée une fausse famille basée sur un mensonge mais des sentiments vrais.

    Une dernière remarque. Vous parlez aussi beaucoup de solitude.  

    Oui, il y en a trois qui se côtoient. Très active, Lydia vit à contre-courant. Issu de l’immigration, Milos est également un peu en marge. Quant à Salomé,, son existence était toute tracée, mais elle va se confronter à la solitude du post partum. 

    "Le ravissement, à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 octobre. 

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran: "Nina et le secret du hérisson", la folle enquête d'une audacieuse gamine pour aider son papa au chômage

    Réalisé par Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, Nina et le secret du hérisson, troisième long métrage d’animation du duo après Une vie de chat et Phantom Boy, raconte l’enquête menée par la téméraire Nina, pour assurer le bien-être de sa famille. 

    La fillette adore écouter les histoires que lui raconte son père avant de dormir, comme celle d’un curieux petit hérisson qui découvre le monde. Un soir, très préoccupé par son travail, papa ne vient pas la voir. Mais les enfants entendent parler et Nina comprend que la fabrique locale a fermé et qu’il est désormais au chômage.

    La gamine découvre alors qu’un trésor, en l’occurrence l’argent volé par le méchant patron avant la fermeture, a été caché dans l’usine. Pour que son père n’ait plus besoin de travailler, elle veut  absolument le récupérer avec l’aide de Mehdi, son meilleur ami, et bien sûr de l’intrépide petit hérisson  

    On s'en doute, ce n’est pas une mince affaire. Nina va devoir échapper à la surveillance de ses parents, à celle de la vieille voisine et de son chat Touffu, affronter un affreux gardien et son féroce molosse aux crocs redoutables.  

    Un suspense haletant

    Cette folle aventure en forme de fable sociale qui suit  une héroïne irrésistible évoluant dans de  magnifiques décors dont une somptueuse forêt, a été conçue comme un polar dont elle a le suspense haletant. Ce qui n’est pas étonnant, les deux auteurs étant fans du genre et Alain Gagnol ayant publié des romans à l’ambiance très noire chez Gallimard, avec des tueurs et des faits divers sanglants.

    A l’occasion d’une rencontre, il nous en dit plus sur leur dernier-né, dont il fait bouger le graphisme inventé par Jean-Loup Felicioli. «Je trouve que le polar convient bien au jeune public, que je tiens à prendre au sérieux. On peut à la fois évoquer des thèmes actuels et proposer un spectacle qui les captive".

    «J’aime quand le cinéma est plus grand que la vie»

    Toutefois même si Nina et le secret du hérisson évoque une crise économique et que les auteurs traitent de l’existence d’enfants bouleversés par les problèmes des adultes, l’idée n’était pas de faire une oeuvre réaliste. «Je trouve un peu déprimant. ,J’aime le cinéma qui s’éloigne de la réalité, quand il est plus grand que la vie. Cela dit, si le spectateur prend du plaisir à  être un peu perdu, il veut y trouver son compte.  Il faut donc que ça déménage. Les films m’ennuient lorsqu’il ne se passe rien ». 

    Pour Alain Gagnol, l’animation est un art difficile. « Nous devons nous montrer très convaincants. Ce qui m’intéresse, c’est la mise en scène, le son, le cadrage. Par ailleurs, au fil des années, l’histoire est devenue plus fluide plus simple. De son côté Jean-Luc a adouci l’image avec des personnages moins graphiques». Le résultat est là. Une vraie réussite. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 11 octobre.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran: "Orlando, ma biographie politique", dialogue avec l'oeuvre prophétique de Virginia Woolf


    La masculinité et la féminité sont des fictions politiques et sociales. La transition n’est pas un parcours entre les deux mais un voyage en terre inconnue. Être trans*, c’est découvrir l’envers du décor de la différence sexuelle et de genre, nous dit en substance Paul B Preciado. 

    L’écrivain, philosophe et militant transgenre espagnol passe derrière la caméra avec Orlando, ma biographie politique. Pour son premier long métrage, notamment primé à Berlin et qui vient de faire l’ouverture du festival genevois Everybody.s Perfect, il s’inspire du roman éponyme de Virginia Woolf. 

    Publiée en 1928, l’œuvre, d’une stupéfiante modernité, queer bien avant l'heure, raconte les aventures d’un noble anglais qui, traversant les siècles en ayant toujours 30 ans, accumule les sensations et déploie les multiples facettes qui nous composent. Né garçon, il se réveille ainsi un beau matin femme au milieu du récit.

    Près de cent ans plus tard, le cinéaste envoie une lettre à la célèbre et prophétique romancière pour lui apprendre qu’Orlando est devenu une réalité, en partant à la rencontre de ceux d’aujourd’hui. Une trentaine de personnes trans* et non-binaires de 8 à 70 ans, collerette aristocratique autour du cou, se succèdent face à l’objectif pour retracer la transformation personnelle de l’auteur à travers une véritable épopée. 

    Mêlant documentaire et fiction, Paul B Preciado livre un opus  étonnant. Poétique, politique, punk, drôle, inventif, intelligent, il montre toutes possibilités d’être au monde dans un univers contemporain en constante mutation.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 octobre.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire 0 commentaire