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le blog d'Edmée - Page 465

  • Festival de Cannes: de Nicole Kidman à Jane Campion, la Croisette en effervescence

    nicole-kidman-est-grace-de-monaco-99807_w1000[1].jpgLes voitures roulent pare-chocs contre pare-chocs, les piétons envahissent les trottoirs, Lambert Wilson se cherche une cool attitude pour son rôle de maître de cérémonie et le beau Mastroianni, regardant par-dessus ses lunettes noires, trône sur d’immenses affiches de 300m2, ornant les façades du Palais.

    En plus petit, il décore les vitrines de toutes les boutiques et devantures des restaurants, tandis que 17 stars internationales, de Scorsese à Natalie Portman, immortalisées par les photographes de l’agence Getty, s’exhibent sur les murs de la ville.

    Côté cinéma, c’était la bousculade des grands jours. Sans surprise Nicole Kidman avait rameuté une foule immense avide de suivre la conférence de presse qui suivait la projection, sifflée par les journalistes, de Grace de Monaco, présenté hors compétition.

    Impatiemment attendue pendant plus d’une heure par les "happy few" ayant décroché un siège, la star, glamourissime, a fait son entrée. Robe blanche fluide, longs cheveux blonds ondulés, teint de porcelaine pour un visage illuminé au rouge baiser éclatant. Entre Cannes et elle, c’est une histoire d’amour. « Il y a dix ans que je viens ici. Ma carrière est marquée par ce festival. Lorsque j’étais membre du jury, en 2013, j’ai vécu la quinzaine la plus fabuleuse de mon existence ».

    Aujourd’hui, elle défend le long-métrage d’Olivier Dahan auquel elle aurait évidemment donné la Palme d'Or si elle avait œuvré dans cette 67e édition aux côtés de la présidente Jane Camion. Vu la qualité contestable de l'opus, il n'est pourtant pas sûr qu'elle eût réussi à convaincre ses petits camarades Rappelons que l’opus tendant parfois au ridicule en frisant l’outrance, évoque la période particulière où Grace Kelly a dû choisir entre rentrer à Hollywood pour tourner Marnie sous la direction d’Alfred Hitchcock et rester Altesse Sérénissime sur le Rocher. Tandis que le général de Gaulle menace d’annexer Monaco.

    Proche de la star devenue princesse

    Pour Nicole Kidman, ce rôle fut un énorme défi à relever. "Cela m’a donné la chair de poule. Je cherche des films de ce genre et c’était le cas". Elle a eu cinq mois pour se documenter. "J’ai écouté la voix de Grace, consulté beaucoup d’archives. J’ai vu nombre de ses films dont ceux réalisés par Hitchcock. Mon préféré est Fenêtre sur cour. Mais si je me suis glissée dans la peau de cette femme, il était important de ne pas me sentir piégée par elle". 

    "L’amour est une émotion fondamentale"

    La comédienne se sent proche de l’actrice devenue princesse. "Elle a choisi l’amour. Beaucoup de personnes le font. C’était une grande star américaine, mais elle voulait se marier, fonder une famille. Je comprends sa décision. En même temps, quand on a une passion comme la sienne on est poussé vers sa carrière et c’est difficile de s’en éloigner. J’ai des points communs avec elle, dans la mesure où je me pose les mêmes questions. Sauf que je n’ai pas épousé un prince…  (le chanteur Keith Urban)".
     
    Bien qu’elle n’y ait jamais été contrainte, Nicole Kidman pourrait elle aussi envisager de mettre un terme à sa carrière au profit de sa vie privée. "L’amour est l’émotion la plus fondamentale. Lorsque j’ai eu mon Oscar (pour The Hours), j’ai vécu une période d’extrême solitude. J’étais au sommet professionnellement, mais au creux le plus profond sur le plan personnel. Et puis, quand on a des enfants, tout change et on remet tout en place. 

    Interrogée sur la polémique entourant le film et entretenue par Albert, Caroline et Stéphanie qui refusent de le voir, Nicole Kidman affirme être attristée par la controverse tout en comprenant la réaction des enfants de Grace et de Rainier. "Ce sont leur père et de leur mère. C’est normal qu’ils veuillent garder une certaine discrétion. Mais il ne s’agit pas d’une critique envers le prince. Si on a pris des libertés avec la réalité, on a tourné avec beaucoup de respect et d’amour pour la famille Grimaldi".

    images[6].jpgJane Campion entre ses girls and ses boys

    Pas de répit pour les braves. On a enchainé avec la conférence du jury. La présidente Jane Campion s’est montrée en compagnie de ses quatre girls et de ses quatre boys. Mais ne dérogeant pas à l'habitude, ni les filles ni les garçons, n’ont fait preuve d’une folle originalité.

    Tous, boss compris, se sont en gros déclarés heureux, fiers et honorés d’être là. Et ont promis le silence radio jusqu’à la remise des prix le 24 mai. On n’en attendait franchement pas moins…

     

     

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  • Festival de Cannes: c'est parti pour douze jours de célébration du cinéma

    original[1].jpgEn ouverture de cette 67e édition, Grace de Monaco d’Olivier Dahan, le réalisateur de La môme. Le film, qui fait polémique en provoquant l’ire d’Albert, Caroline et Stéphanie, est centré sur une période de la vie de Grace Kelly, au sommet de sa gloire lorsqu’elle épouse le prince Rainier en 1956.

    Six ans plus tard, alors que le couple connaît des difficultés, Alfred Hitchcock propose à l’une de ses égéries de rentrer à Hollywood pour jouer dans Marnie. Le rôle sera finalement dévolu à Tippi Hedren.

    En effet, au même moment, le général de Gaulle menace d’annexer la principauté. Déchirée entre son amour du cinéma et son devoir envers la principauté, Grace repousse l’offre du grand Hitch et reste sur le Rocher. Nicole Kidman incarne l’actrice devenue Altesse Sérénissime, tandis que Tim Roth se glisse dans la peau de Rainier. 

    Si la première se révèle convaincante, on n’en dira pas autant du second. Mais ce n’est pas la seule fausse note dans ce «biopic» frisant parfois le ridicule ou basculant dans l’outrance. On est pas loin de se croire au bord de la Troisième Guerre mondiale avec menace d'entrée de tanks dans les rues de Monaco…

    Stars, glamour et surprises en compétition

    Mais penchons-nous plutôt sur la compétition, colonne vertébrale du festival, avec des stars, du glamour, des surprises, de l'exigence pour les dix-huit films qui visent la récompense suprême. Le  concours, qui voit le retour de Jean-Luc Godard, avec un film tourné en 3D Adieu au langage, est marqué, selon le directeur artistique Thierry Frémeaux,  par une "certaine audace" et où "le classicisme côtoie la modernité".


    Parmi  les auteurs attendus, le prodige québécois Xavier Dolan, un habitué de la Croisette mais prétendant pour la première fois propose Mommy, l’histoire d’une femme qui hérite de la garde d’un enfant difficile ayant déjà fait le tour des institutions. De son côté, le Français Bertrand Bonello, rival de Jalil Lespert dans la guéguerre censée les opposer, présente son Saint-Laurent. Il raconte, entre 1965 et 1976, la décade prodigieuse du célèbre couturier sur le plan artistique et sa chute sur le plan personnel. Avec Gaspard Ulliel et Jérémie Rénier.
     
    Tandis que deux femmes s’alignent en concours, la Japonaise Naomi Kawase (Deux fenêtres) et l’Italienne Alice Rohrwacher (La merveille), le Canadien Atom Egoyan revient avec Captives. Quant aux frères Dardenne, choisis pour Deux jours, une nuit, ils sont en mesure de battre le record de Palmes d’Or. En vedette dans le film social des deux Belges, Marion Cotillard dans un changement radical de registre..
     
    Mais il faudra compter avec d’autres valeurs sûres comme le Canadien David Cronenberg (Maps to the stars), les Britanniques Mike Leigh (Mr Turner) Ken Loach (Jimmy,s Hall), les Français Olivier Assayas (Sils Maria) et Michel Hazanavicius (The Search) dont on rappelle le carton aux Oscars et aux Césars avec The Artist. Sans oublier le prix d’interprétation sur la Croisette pour son héros Jean Dujardin.
     
    A noter également, neuf ans après son premier film Trois enterrements qui lui avait valu un prix d’interprétation, la réapparition de Tommy Lee Jones, derrière et devant la caméra, avec un western dans la plus grande tradition du genre, The Homesman, où Hilary Swank lui sauve la vie. On y rencontre aussi Meryl Streep dans un second rôle.

    Pour juger tous ces réalisateurs un jury présidé par la Néo-Zélandaise Jane Campion. Composé de neuf membres, il compte quatre autres femmes, dont la Française Carole Bouquet et l’Américaine Sofia Coppola.  

     

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  • Cinéma: Le provocant Xavier Dolan envoie "Tom à la ferme". Gare au danger!

    tom2-tt-width-604-height-400[1].jpgAvec son quatrième long-métrage, le talentueux réalisateur québécois de 24 ans, change de registre. Après  J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires et Laurence Anyways, il s’est lancé dans un thriller psychologique à la Hitchcok.

    Xavier Dolan (photo) en profite d'ailleurs pour adresser quelques clins d’œil au maître. Qu’il s’agisse d’une poursuite dans un champ de maïs rappelant celle de La mort aux trousses, ou d’une scène derrière un rideau de douche évoquant Psychose.

    Adapté de la pièce de théâtre éponyme de son compatriote Michel Marc Bouchard, Tom à la ferme raconte l’histoire d'un jeune publicitaire de Montréal, Tom donc, qui décide de se rendre dans une bèatisse paumée au fin fond de la campagne, pour assister à l’enterrement de son amant mort dans un  accident de la route. Mais rien ne se déroulant comme prévu, il ne tarde pas à se rendre compte que personne ne sait qui il est ni la nature de sa relation avec le défunt.

    Celui-ci l’avait en effet cachée au profit d’une liaison fantasmée avec une certaine Sarah, une amie de Tom. Ce dernier n’ose pas dévoiler la vérité, d’autant que Francis, le frère aîné de son compagnon disparu, lui ordonne de se taire pour protéger Agathe, la mère névrosée, ainsi que  l’honneur de la famille.

    Syndrome de Stockholm

    Dès lors s’installe entre les deux personnages une relation malsaine, aussi perverse que toxique. Pris au piège, Tom très fragilisé accepte de rester à la ferme. Jouant le fils de substitution d ‘Agathe à qui il continue à mentir, il se laisse surtout manipuler par Francis, un garçon violent et colérique, limite  psychopathe. Victime d’une sorte de syndrome de Stockholm, il s’attache même à son bourreau, faux symbole de virilité qui veut imposer sa loi.   

    Dans ce film à l’atmosphère sombre, étouffante, la tension monde et le malaise croit. On passe de la fascination aux mensonges, de la crainte à la séduction et à la brutalité, sur fond de deuil raté et d’homosexualité latente chez Francis.

    Selon Xavier Dolan pourtant, si elle est évoquée en filigrane, il n’en est pas question entre les deux protagonistes. Le cinéaste, qui se glisse en outre avec aisance dans la peau de Tom, s'attache  plutôt à la manière dont "ce rat des villes et ce rat des champs, deux animaux blessés, s’apprivoisent".

    En compétition à la dernière Mostra de Venise, Tom à la ferme a particulièrement séduit la critique qui lui a décerné son prix.  En revanche le jury présidé par Bernardo Bertolucci l’a ignoré. Dommage pour le provocant enfant prodige. 

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 avfril.

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