Coup de tonnerre à Roland Garros avec la défaite pitoyable de Wawrinka dès son entrée dans le tournoi, alors que l’outsider de choc jouait les foudres de guerre. Affichant sans complexe ses ambitions dans tous les médias de la planète. Je suis capable de gagner Roland Garros. Je tiens la grande forme, mon jeu est en place. La prétention du monsieur, je ne vous raconte pas.
Et les journalistes de surenchérir en chœur, continuant à couvrir le Vaudois de fleurs comme ils ne cessent de le faire depuis son huitième de finale galactique (mais perdu) contre Djokovic en Australie en 2013. Sans évidemment parler de sa victoire extraordinaire contre Nadal en janvier dernier.
Certes, il avait hérité de l’adversaire le plus difficile comparé à ceux que devaient affronter les trois autres favoris du top. En l’occurrence Guillermo Garcia Lopez. Un garçon solide, mais pas de taille à poser de sérieux problèmes au valeureux Stan The Man, de loin plus puissant, costaud et doué. Au contraire, c’était plutôt une bonne chose pour le mettre immédiatement dans le bain.
L’intéressé lui-même n’hésitait pas à traiter l'Espagnol par-dessus la jambe. Oui, oui, je le connais bien. Je l’ai déjà battu. II a un jeu qui me convient. En d’autres termes, je me réjouis de lui flanquer la pâtée. A croire qu'il affrontait Cyril Hanouna, la calamité du talk show! Résultat, une sacrée humiliation pour notre matamore. Du coup, les commentateurs s’arrachaient les cheveux toutes télés confondues, ne comprenant pas ce qui se passait sur le court où le malheureux Suisse errait misérablement, telle une âme en peine.
Or non seulement les experts du tamis ne doivent pas avoir vu évoluer récemment l’Ibère, qui s’est montré dangereux plus souvent qu’à son tour. Mais après les prestations catastrophiques de Wawrinka à Madrid et à Rome, nos connaisseurs auraient pu imaginer, sinon carrément se douter que les choses n’allaient pas franchement se passer de la meilleure des manières à Paris pour la nouvelle orchidée helvétique.
Mais le plus folklorique, c’était quand même le grand Marc Rosset qui, entre autres sottises du genre «si Stan remporte le second set, ce sera beaucoup plus difficile pour Garcia Lopez...", nous serinait que son idole faisait tout juste. Vraiment à se demander ce qui lui serait arrivé s’il avait fait tout faux!
Gilles Jacob ovationné, le prodige de 25 ans Xavier Dolan en larmes, Jean-Luc Godard primé pour la première fois, Timbuktu tristement ignoré, tout comme Marion Cotillard négligée pour la troisième fois et les frères Dardenne repartis les mains vides, une première pour eux qui visaient une troisième Palme d’Or avec Deux jours, une nuit…
t à Marion Cotillard ou Anne Dorval, à notre avis mieux inspirées. Mais Juliane Moore s’est imposée. Elle avait également la cote en starlette sur le déclin, hystérique et névrosée dans Maps To The Stars du Canadien David Cronenberg.
Marion Cotillard. La Française est bouleversante dans Deux jours, une nuit des frères Dardenne. Métamorphosée en ouvrière dépressive dans une petite usine belge, elle passe un week-end épuisant, avec l’aide de son mari, pour tenter de convaincre ses collègues de ne pas céder au chantage du patron. Prenant son courage à deux mains elle leur demande de renoncer à leur prime de 1000 euros pour lui éviter d’être licenciée.
Antoine-Olivier Pilon. Donnant la réplique à Anne Dorval dans Mommy de Xavier Dolan, il est à 16 ans la grande révélation masculine du festival. Extraordinaire dans le rôle de Steve (voir ci-dessus), il campait l’an dernier l’ado torturé de College Boy, le clip d’Indochine réalisé par le cinéaste québecois.