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le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran: "Silent Friend" sublime notre relation avec les végétaux. Un ovni fascinant, poétique, sensoriel

    Décalés dans le temps, trois épisodes qui s’entremêlent constituent la trame de Silent Friend, signé de la Hongroise Ildikó Enyedi. L'oeuvre surfe sur de nombreux thèmes,  la relation de l’homme avec les végétaux, l'importance de la science qui ne nous éloigne pas forcément de la nature si elle est bien exploitée, ainsi que la lutte pour l’égalité des femmes.

    En 1908, la jeune et intelligente Grete (la Suissesse Luna Wedler), est la première femme admise à l'Université de Marburg. Tout en tentant de trouver sa place dans un milieu patriarcal qui accepte mal sa présence, elle se passionne pour la photographie. Elle s’intéresse plus particulièrement aux plantes et fait des découvertes surprenantes.

    En 1972, l’étudiant Hannes (Enzo Brumm) tombe amoureux d’une camarade qui l’initie au monde des plantes, et mène une expérience palpitante sur un géranium en pot, pour déceler ses émotions. Lorsqu'elle part en voyage, Hannes s'en occupe, le surveille de près et le trouve si captivant qu’il amorce un dialogue avec lui.

    En 2020 enfin, le prestigieux neuroscientifique chinois Tony Wong (Tony Leung Chiu-wai), qui a quitté Hong Kong pour Marburg afin d'y donner une conférence, se retrouve coincé à l’université à cause du Covid, avec un gardien taciturne et grognon. Sur internet, il découvre un projet de recherche de la biologiste Alice Sauvage (Léa Séydoux) qu’il joint par zoom et, avec son aide, va développer un lien avec le majestueux ginkgo centenaire (lSilent Friend ) du jardin botanique de l’établissement. En se demandant s'il éprouve des sentiments.

    Le ginkgo apparaît dans les différents épisodes. Magistralement réalisés, montés et interprété, ils sont visuellement adaptés à leur époque. Celui de 1908, irrésistible, se déroule par exemple en noir et blanc. Il voit notamment l’excellente Luna Wedler tenir farouchement tête à une brochette de vieux pervers, qui la testent sadiquement sur ses connaissances.

    De son côté, l’impressionnant Tony Leung, héros du cinéma hongkongais, séduit par sa performance contemplative, méditative. Il montre une douceur et une exquise finesse dans ce film d’une extraordinaire singularité et d’une rare beauté, Un ovni fascinant, poétique, sensoriel, qui donne envie d’enlacer les arbres et de faire un brin de causette matinale avec son ficus.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 avril.

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  • Festival de Cannes: 21 films à l'assaut de la Palme d'Or. Retour de Pedro Almodovar dans une compétition par ailleurs largement renouvelée

    A l’occasion de la traditionnelle conférence de presse, Le délégué général Thierry Frémaux et la présidente Iris Knoblauch ont dévoilé jeudi  les 21 prétendants à la Palme d'or du prochain Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai. La compétition est particulièrement renouvelée, avec 11 cinéastes sélectionnés pour la première fois. Par ailleurs seules cinq réalisatrices, deux de moins que l’an dernier, ont été retenues pour cette édition, qui reflète comme d’habitude l’état du monde. De nombreux films évoquent ainsi de la guerre.

    2541 longs-métrages ont été vus, soit 1000 de plus qu'il y a dix ans. Toutefois, ce cru 2026 se déroulera sans les studios hollywoodiens, Universal et Warner Bros. ayant choisi de présenter leurs films ailleurs.  C’est Pierre Salvadori, avec La Vénus électrique, qui donnera le coup d’envoi à cette 79e grand-messe de la pellicule. Eye Haïdara en sera la maîtresse des cérémonies, Park Chan-wook présidera le jury. Quant à ,Peter Jackson et Barbra Streisand, ils décrocheront une Palme d'or d'honneur…

    Les candidats au palmarès

    Pilier du festival, la compétition voit le retour de l’Espagnol Pedro Almodovar qui sera flanqué de deux autres compatriotes. On retrouve également l’Iranien Asghar Farhadi, le Russe en exil Andrei Zviaguintse, le Japonais Hirokazu Kore-eda et le Roumain Cristian Mungiu, anciens lauréats, le Belge Lukas Dhont, ou encore Ira Sachs, seul réalisateur américain.

    Quatre cinéastes français feront leurs premiers pas; Léa Mysius et son adaptation du roman de Laurent Mauvignier Histoires de la nuit, avec Bastien Bouillon et Monica Bellucci; Charline Bourgeois-Tacquet, La Vie d’une femme, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry  Jeanne Herry pour Garance, avec Adèle Exarchopoulos. Enfin Arthur Harari présentera L'inconnue, adaptation d'une bande dessinée écrite avec son frère. «Il s’agit d’un objet de cinéma extrêmement particulier", a déclaré  Thierry Frémaux.

    Un Certain Regard, Hors compétition et autres sections

    Très couru, le volet Un Certain Regard compte actuellement une quinzaine de métrages, dont trois premiers films. Mais il devra s'étoffer et on aura largement l'occasion d’en parler. Hors compétition, le festival propose une grosse production événementielle, La bataille de Gaulle: L'âge de fer, première partie du diptyque sur le général Charles de Gaulle, écrit et réalisé par l'ancien diplomate Antonin Baudry. Karma de Guillaume Canet et L’objet du délit d’Agnès Jaoui sont aussi au menu.

    Plusieurs histoires vraies vont sans doute marquer les esprits comme L'abandon, de Vincent Garenq, sur les derniers jours du professeur Samuel Paty. Ou L'affaire Marie-Claire, qui revient sur le procès à Bobigny d'une jeune fille violée qui s'était fait avorter illégalement, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de l'avocate Gisèle Halimi. A signaler encore en séances spéciales ou de minuit, John Lennon : The Last interview. de Steven Soderbergh, Vol de nuit pour Los Angeles le premier film de John Travolta en tant que réalisateur. Et Full Phil de Quentin Dupieux, avec Woody Harrelson et Kristen Stewart. Déjanté, évidemment!

    Festival de Cannes, du 12 au 23 mai.

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  • Grand écran: "L'enfant du désert", une histoire vraie qui manque...d'authenticité

    Pour son dernier-né L’enfant du désert, co-écrit avec sa femme Prune, le Français Gilles de Maistre se base sur un récit de la journaliste suédoise Monica Zak. Sun, 14 ans, (Neige de Maistre, la fille du réalisateur), reçoit un prix littéraire pour son roman inspiré d'une légende africaine que son grand-père lui racontait pour l’endormir. Celle incroyable d'Hadara, un enfant nomade perdu par sa famille à l'âge de 2 ans, lors d’une tempête de sable dans le désert du Sahara au début du 20e siècle.

    Tandis qu’il était voué à une mort certaine, Hadara est miraculeusement recueilli par un couple d’autruches. Elles vont lui permettre de survivre pendant 10 ans, avant d’être retrouvé et ramené à sa famille. Invitée au Sahara, l’auteure du livre rencontre une jeune femme prétendant qu’il ne s'agit pas d'un conte mais d'une histoire vraie. Elle souhaite raconter la suite à Sun, afin qu’elle l’écrive et qu’elle se perpétue ainsi au-delà de la tradition orale.

    Gilles de Maistre nous offre de magnifiques images tournées dans de somptueux décors. Et Hadara interprété entre 2 et 12 ans par trois mignons petits Marocains, se montre très attendrissant dans sa lutte pour survivre en milieu hostile, et sa grande proximité avec les autruches.

    En ce qui concerne le reste, le cinéaste n’est pas au mieux de sa forme, tout comme ses acteurs au jeu approximatif. A commencer par un caricatural Kev Adams qui incarne le grand-père, et une Neige de Maistre peu convaincante. Si on ajoute une grosse louche de manichéisme et de bons sentiments, on se dit que ce fait réel manque singulièrement d’authenticité. Mais le film pourrait plaire aux petits.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

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