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le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran: "Elisa" met face à face une meurtrière et un criminologue. Avec Barbara Ronchi et Roschdy Zem

    Elisa (Barbara Ronchi), 35 ans, à première vue banale, discrète et timide, cache pourtant un lourd passé. Incarcérée depuis dix ans pour avoir tué sa sœur aînée sans motif apparent et brûlé son cadavre, elle purge sa peine dans un établissement pour criminels souffrant de troubles psychiques. Vivant dans un petit bungalow au milieu des bois où elle peut se déplacer librement, la détenue apprend lentement à se réinsérer dans la société.

    Elisa a toujours prétendu ne pas se rappeler ce qu’elle a fait. Mais lorsqu'elle entend parler d'un projet de recherche du Dr. Alaoui (Roschdy Zem), criminologue et adepte de la justice restaurative, Elisa accepte d'y participer. A travers des entretiens personnels, l’expert tente de mieux comprendre pourquoi des personnes comme elle, censément normales, en arrivent à  commettre des actes aussi extrêmes. Gratuitement de surcroît.

    Ces conversations forcent Elisa à se confronter à son passé, à reconstruire ce qui s’est produit selon la perception qu'elle en a aujourd’hui. Le souvenir des jours qui ont précédé le meurtre refait alors surface. Avec Alaoui qui ne la juge pas, et la laisse parler, la jeune femme revit sa terrible faute, prenant peu à peu douloureusement conscience de sa culpabilité. Elle fait ainsi un premier pas vers une possible réparation.

    Tourné dans le Tyrol du Sud et au Tessin, Elisa de l’Italien Leonardo Di Costanzo est librement inspiré d'un fait divers réel, analysé par ses compatriotes criminologues Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali. Malheureusement ce drame psychologique explorant la vie intérieure d’une meurtrière n’est pas à la hauteur de son fascinant sujet. Il manque à la fois de fluidité, de subtilité dans la mise en scène, d’intensité et de conviction dans les dialogues, se voulant pourtant tendus et implacables, entre Barbara Ronchi et Roschdy Zem.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 mars.

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  • Grand écran: "L'homme de glace" nous immerge dans l'incroyable vie de l'explorateur zurichois Konrad Steffen

    En août 2020, le célèbre explorateur polaire suisse Konrad Steffen disparaît sur la glace du Groenland. On suppose qu'il est tombé dans une crevasse recouverte de neige fraîche alors qu'il se rendait à une station de mesure. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a aucune trace de lui.  

    Dans son documentaire L’homme de glace (Der Eismann), la réalisatrice Corina Gamma nous immerge dans l’incroyable destin  de ce glaciologue zurichois, qui s’était donné pour mission de sensibiliser le monde aux conséquences du réchauffement climatique. Il est devenu lui-même une partie de cet Arctique, immensité balayée par le vent, hostile pour le commun des mortels, mais passionnant et fascinant pour le scientifique helvétique rompu aux températures les plus extrêmes, qui a consacré plusieurs années à analyser la neige et la glace.

    Tout en nous plongeant dans de sublimes paysages, Corinna Gamma fait parler ses proches, ses amis d’enfance, ses collègues. Ils contribuent à brosser le portrait de cet étonnant chercheur, en évoquant  son travail, son environnement, sa vie. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 mars.

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  • Grand écran: Entre fresque historique et chronique intime, "Palestine 36", remonte aux racines du conflit israélo-palestinien

    La grande révolte arabe de 1936,destinée à faire émerger un Etat indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique depuis la chute de l’Empire ottoman. Fuyant l’antisémitisme en Europe, le nombre d’immigrants juifs ne cesse de croître. Tandis que les organisations sionistes réclament la création d’un État juif, les nationalistes arabes s’organisent pour les en empêcher, reprochant aux Anglais de prendre systématiquement le parti de la minorité juive.

    Dans le village d’Al Basma, les familles voient leurs cultures millénaires confisquées. Les paysans se révoltent et une grève générale embrase le pays. Fils de fermier, Yusuf est tiraillé entre son village et Jérusalem, où il travaille auprès d’un riche bourgeois. La jeune Afra, elle, tente de préserver son innocence au sein d’une famille marquée par la résilience, tandis que Khalid, docker à Jaffa, est entraîné dans la révolte...  La haine monte entre les deux peuples, alors que la répression de l’occupant anglais est particulièrement brutale face aux embuscades tendues par les villageois à ses soldats.  

    Ambitieux drame d’époque Palestine 36 représente la plus grande production de la réalisatrice Annemarie Jacir qui après Le sel de la mer,  When I Saw You et Wajib, revient sur un chapitre charnière de son pays. En suivant les destins croisés de personnages clés, des officiers anglais, une journaliste locale symbolisant une émergence féministe, des paysans et des rebelles, l’auteure évoque des trajectoires individuelles qui reflètent la complexité de l’époque.

    Tout en montrant la beauté d’un pays malheureusement fracturé, la rigoureuse cinéaste, racontant les événements d’un point de vue essentiellement palestinien, propose une mise en scène précise. Ainsi qu’une reconstitution minutieuse des costumes, véhicules, armes, champs de coton, de tabac, nourrie par des archives restaurées. Et colorisées, au grand dam de certains critiques…

    Palestine 36 est porté par un beau casting à la fois palestinien (Hiam Abbass) et international (Jeremy Irons, Liam Cunningham). Entre ample fresque historique et chronique intime, l’oeuvre rappelle un épisode méconnu mais d’un énorme importance, qui résonne également singulièrement avec aujourd’hui. Remontant aux racines du conflit elle veut faire comprendre comment on en est arrivé à une si tragique actualité.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 mars.

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