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le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran: "La guerre des prix", thriller bluffant sur le coût du yaourt. Ana Girardot et Olivier Gourmet font mouche

    Passant derrière la caméra, le comédien Anthony Dechaux nous immerge dans la filière laitière bio de l'industrie agro-alimentaire, avec son premier long métrage, La guerre des prix. Conscient des cruciaux enjeux socio-économiques pour le monde agricole et les consommateurs inquiets pour leur pouvoir d'achat, il confronte deux univers. D'un côté, la grande distribution dictant ses règles pour faire baisser les prix. De l’autre les petits producteurs fragilisés, luttant sans relâche mais peinant à vivre de leur travail, en raison de la pression de plus en plus forte sur les marges.

    Fille d’agriculteur, Audrey (Ana Girardot) connaît bien leurs difficultés. A l’image de celles que subit son frère, stressé, surmené, endetté, après avoir repris l’exploitation familiale. Cheffe du rayon yaourts dans un hypermarché régional, elle est convoquée par un directeur commercial qui lui présente une nouvelle stratégie de vente. Comprenant que ce plan va inévitablement léser les paysans du coin, elle s’y oppose farouchement.  

    Comment faire bouger les choses de l’intérieur?

    Au courant de leur altercation, Claire Roussel (Aurélia Petit), responsable de la centrale d'achat, propose à Audrey de rejoindre son équipe à Paris afin d'y défendre la filière yaourts bio et locale en baisse. Pour la coacher le dur, redoutable et impassible négociateur Fournier. Rompu aux menaces, intimidations et coups bas divers, il est incarné par le bougon et taiseux Olivier Gourmet, plus vrai que nature.

    Soumise aux impératifs économiques en passant dans l’autre camp, Audrey se bat pied à pied pour ses convictions dans ce système impitoyable. Ana Girardot excelle elle aussi dans le rôle de cette jeune femme, dont la douceur cache une fermeté et une énergie à toute épreuve. Désireuse d’aider son frère en détresse, elle se démène à son niveau, pour faire bouger les choses de l’intérieur. Un espoir fou ?

    Evitant de trop tirer sur le côté social, Anthony Dechaux propose, c’est assez bluffant, un thriller passionnant sur le prix du yaourt, dont la réussite tient à la fois à ses recherches très documentées sur les pratiques de la grande distribution, son brillant scénario, sa mise en scène sous tension, et bien sûr la remarquable prestation de ses comédiens.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.

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  • Grand écran: "Les rayons et les ombres" met Jean Dujardin dans la peau d'un collabo et révèle une actrice

    Après Marguerite en 2015 et Illusions perdues en 2021, Xavier Giannoli se penche sur la Seconde Guerre mondiale avec Les rayons et les ombres. Dans cette ambitieuse fresque à la fois intime et historique de plus de trois heures, le réalisateur décrit l’engrenage de la collaboration sous Pétain, qui poussa deux amis d’abord pacifistes, à devenir complices des pires atrocités du régime de Vichy

    Les principaux personnages du film qui débute à Paris après la Libération, en 1948, ont réellement existé. En ouverture, on découvre l’agression, pour collaboration, de la vedette de cinéma déchue Corinne Luchaire (Nastya Golubeva, la fille de Leos Carax,) qui vit dans un modeste logement social. Elle se réfugie chez sa voisine, qui lui prête un magnétophone. La jeune femme se lance alors dans le récit de son histoire.

    Flash back pour retrouver son père, Jean Luchaire  (Jean Dujardin) journaliste idéaliste à la tête d’un petit journal et Otto Abetz, (Auguste Diehl) un jeune allemand francophile. Liés depuis longtemps, ils se battent pour l’union franco-allemande suite à la Grande guerre, tandis que Corinne commence une très prometteuse carrière d’actrice.

    Le glissement vers l’infamie

    Malheureusement, le second conflit mondial éclate, la France est occupée et les deux militants pour la paix basculent. Otto, dont les désirs de réconciliation ont peu à peu été mis au service de Hitler, est nommé ambassadeur du Reich à Paris. Grâce à lui et ses petits services, l’opportuniste Jean fonde Le Nouveau Temps et devient un important patron de presse, grand promoteur de la collaboration avec l'occupant et ses politiques anti-juives. Il entraîne sa fille, à qui il transmet une tuberculose de plus en plus agressive, dans un milieu de plus en plus pourri. Tout un symbole, bien qu’un peu appuyé.

    Avec Les rayons et les ombres, vu à la fois sous l’angle du journalisme et du cinéma décrit comme une fenêtre de liberté, Xavier Giannoli évite la démonstration de la violence nazie à l’écran. Tout en condamnant les compromissions criminelles de ses protagonistes, au départ pas foncièrement mauvais, il sonde la corruption morale ambiante,  à travers le destin d’un homme de gauche, pacifiste convaincu, qui glisse petit à petit vers l’infamie.

    Minutiueuse reconstitution et excellents comédiens

    Proposant une reconstitution d’époque minutieuse, précise, le cinéaste s’attache principalement à reproduire la décadence et la débauche des élites du Paris collabo, s’anesthésiant, s’avilissant dans des fêtes somptueuses à l’ambassade allemande. A l’image de Jean Dujardin, se glissant magistralement dans la peau d’un lâche en quête de privilèges, de luxure et d’orgies. Au côté d’un August Diehl convaincant il s’égare, en dépit de ses convictions, entre son envie de sauver son journal et son besoin de parader avec les puissants du moment.    

    S’investissant passionnément dans le rôle de Corinne Luchaire, oubliée par l’Histoire, Natsya Golubeva est la révélation du film. Elle incarne un personnage complexe, fragile, insouciant. Une étoile montante des années 40 dont elle a look et le phrasé, mais qui ne connaîtra pas l’avenir radieux qui lui était promis.

    Pour elle et les autres, la Libération sera synonyme de descente aux enfers. La fin du film est marquée par la fuite vers Sigmaringen, puis le procès de Jean Luchaire, fusillé en février 1946. Quelques mois plus tard, Corinne est condamnée à dix ans d’indignité nationale. Emportée par la tuberculose, elle meurt en 1950. Elle avait 28 ans. Quant à Otto Abetz, condamné pour crimes de guerre, il est gracié en 1954 par le président René Coty.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.

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  • Grand écran: "Plus large que le ciel" s'attaque à l'IA, enjeu contemporain majeur

    Est-elle inquiétante, manipulatrice, menteuse, dangereuse? Représente-t-elle une chance unique, un énorme risque, une opportunité inédite, une grande illusion? Le documentaire du réalisateur Valerio Jalongo, Plus large que le ciel s’attaque à un enjeu majeur: l’intelligence artificielle dont il nous invite à explorer les multiples facettes. Nous laissant découvrir des univers singuliers, interrogeant la révolution de l’IA ainsi que ses implications politiques, éthiques, sociétales.

    Au lieu de dépeindre un futur dystopique dépassé par les machines, une entité autonome incontrôlable provoquant la méfiance et la peur, Valerio Jalongo tente d’aller au-delà des algorithmes, des robots et des entreprises qui les développent. Il donne la parole à des scientifiques, des politiques et des artistes, ouvrant une autre perspective sur ce que pourrait être l’avenir de l’IA au sein de nos sociétés, tout en dialoguant autour des interrogations d’un robot humanoïde (image) sur son identité et sa capacité à ressentir des émotions humaines

    Cette vision optimiste mêlant réflexion, science, philosophie, art, poésie et danse contemporaine, est censée amener le spectateur vers l’éventuelle conclusion que  l’IA, bien utilisée et surtout collectivement, permettrait de bâtir une meilleure société, plus juste, ainsi que des rapports différents à la créativité et au savoir. En d’autres termes, de façonner un futur positif pour l’humanité.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romandes depuis mercredi 11 mars.

     

      

     

     

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