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le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran: "Le testament d'Ann Lee", histoire d'une leader spirituelle vénérée, prêchant le célibat la chasteté et l'égalité

    Drame historique et musical,  Le Testament d'Ann Lee retrace le parcours de la leader spirituelle Ann Lee, de son enfance en Angleterre, jusqu’à sa mort en Nouvelle-Angleterre, à la fin du XVIIIsiècle. Le film raconte comment cette femme marquée par des deuils et des visions à Manchester, devient la cheffe de la secte chrétienne des Shakers.   

    Née le 26 février 1736, elle travaille d’abord dans une fabrique de coton, puis chez un chapelier et comme cuisinière dans une infirmerie. Elle tente de s’opposer au mariage mais y est contrainte par son père. Accouchant de quatre enfants, tous morts avant leur premier anniversaire, elle renonce à la sexualité suite à une illumination mystique, achevant de la convaincre que le célibat est la seule façon de se rapprocher de Dieu.

    Victime de persécutions physiques et religieuses dans son pays, elle s’exile en 1776  avec une demi-douzaine de proches, aux Etats-Unis près d’Albany, où l’église de "Mère Ann" accueille de plus en plus de fidèles, dans cette communauté utopiste, prônant le célibat et la chasteté, tout en s’opposant à la ségrégation sexuelle et raciale. Depuis son expérience spirituelle profonde, ses coreligionnaires sont en outre persuadés qu’elle est la réincarnation de Jésus-Christ. Selon la légende, elle parlait et comprenait une multitude de langues, alors qu’elle était illettrée

    Le Testament d’Ann Lee est réalisé par l’actrice norvégienne Mona Mona Fastvold qui cosigne le scénario avec l’Américain Brady Corbet, auteur de Le Brutaliste. Compagnons dans la vie, ils ont donc échangé les rôles pour ce film, magnifiquement porté par Amanda Seyfried. La comédienne  trouve sans doute dans cette leader humaniste et féministe, vénérée des Shakers, sa plus grande prestation. Puissante, habitée, elle a dernièrement reçu le Globe de la meilleure actrice dans un film musical.

    Côté musique justement, Daniel Blumberg, qui avait déjà signé celle de Le Brutaliste, s’est inspiré de vrais chants des Shakers pour les litanies des personnages en extase. On apprécie par ailleurs les chorégraphies envoûtantes et sensuelles, qui figurent parmi les plus séduisantes scènes du film.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 mars

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  • Grand écran: "Projet Dernière Chance" envoie Ryan Gosling dans l'espace pour sauver la Terre

    Ryland Grace, professeur de sciences excentrique et brillant docteur en biologie moléculaire, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre. Amnésique, Il ne sait pas qui il est ni ce qu’il fait là. En réalité il a été contacté, mais ne s’en souvient pas, par Eva Stratt (Sandra Hüller), responsable d'un projet international et qui avait un besoin urgent de lui.  

    Peu à peu pourtant, sa mémoire revient, et il saisit l’enjeu crucial de la mission pour laquelle il n'a pas été préparé: résoudre l’énigme d’une mystérieuse substance qui cause l’extinction du soleil, provoquant à terme des effets dévastateurs sur l’humanité. Pour tenter de la sauver, Grace va devoir rassembler ses connaissances scientifiques, mêlées à des idées particulièrement originales. 

    Pas de problème, il sait tout faire, y compris une super coupe de cheveux. En plus il a la chance de rencontrer un alien sans visage à la carapace rocheuse se déplaçant comme un crabe, qu'il baptise Rocky. Artiste bricoleur hors pair, ce dernier a été envoyé dans l’espace pour les mêmes raisons que Grace. Les deux vont alors apprendre à se connaître et associer leurs talents pour mener à bien le sauvetage de leur planète respective

    Avec Projet Dernière Chance, Phil Lord et Christopher Miller se basent sur le roman éponyme d'Andy Weir, l'auteur de Seul sur Mars, déjà adapté au cinéma par Ridley Scott en 2015. Surfant sur des thèmes comme l’amitié, le courage, la compassion, ils proposent une épopée spatiale visuellement spectaculaire à la mise en scène efficace. Ne lésinant pas sur les échanges comiques et touchants à la ET, entre un Ryan Gosling sexy, irrésistible, héroïque, mais plein d’autodérision, et son attachant pote extraterrestre.

    A part ça, juste en passant, sortir en plein réchauffement climatique un film sur un soleil poussif, à l’énergie déficiente qui peut provoquer un refroidissement catastrophique de la Terre, c’est gonflé. D’accord, ce n’est pas demain la veille mais quand même…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 mars.

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  • Grand écran: "La guerre des prix", thriller bluffant sur le coût du yaourt. Ana Girardot et Olivier Gourmet font mouche

    Passant derrière la caméra, le comédien Anthony Dechaux nous immerge dans la filière laitière bio de l'industrie agro-alimentaire, avec son premier long métrage, La guerre des prix. Conscient des cruciaux enjeux socio-économiques pour le monde agricole et les consommateurs inquiets pour leur pouvoir d'achat, il confronte deux univers. D'un côté, la grande distribution dictant ses règles pour faire baisser les prix. De l’autre les petits producteurs fragilisés, luttant sans relâche mais peinant à vivre de leur travail, en raison de la pression de plus en plus forte sur les marges.

    Fille d’agriculteur, Audrey (Ana Girardot) connaît bien leurs difficultés. A l’image de celles que subit son frère, stressé, surmené, endetté, après avoir repris l’exploitation familiale. Cheffe du rayon yaourts dans un hypermarché régional, elle est convoquée par un directeur commercial qui lui présente une nouvelle stratégie de vente. Comprenant que ce plan va inévitablement léser les paysans du coin, elle s’y oppose farouchement.  

    Comment faire bouger les choses de l’intérieur?

    Au courant de leur altercation, Claire Roussel (Aurélia Petit), responsable de la centrale d'achat, propose à Audrey de rejoindre son équipe à Paris afin d'y défendre la filière yaourts bio et locale en baisse. Pour la coacher le dur, redoutable et impassible négociateur Fournier. Rompu aux menaces, intimidations et coups bas divers, il est incarné par le bougon et taiseux Olivier Gourmet, plus vrai que nature.

    Soumise aux impératifs économiques en passant dans l’autre camp, Audrey se bat pied à pied pour ses convictions dans ce système impitoyable. Ana Girardot excelle elle aussi dans le rôle de cette jeune femme, dont la douceur cache une fermeté et une énergie à toute épreuve. Désireuse d’aider son frère en détresse, elle se démène à son niveau, pour faire bouger les choses de l’intérieur. Un espoir fou ?

    Evitant de trop tirer sur le côté social, Anthony Dechaux propose, c’est assez bluffant, un thriller passionnant sur le prix du yaourt, dont la réussite tient à la fois à ses recherches très documentées sur les pratiques de la grande distribution, son brillant scénario, sa mise en scène sous tension, et bien sûr la remarquable prestation de ses comédiens.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.

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