Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran:"The Social Reckoning", un procès essentiel mais une mise en scène qui plombe la tension

    Seize ans après The Social Network de David Fincher dont il était le scénariste, Aaron Sorkin poursuit l’intrigue en réalisant The Social Reckoning. Un thriller journalistique centré sur les dérives éthiques du géant du web de 2019 à 2021  Le scénario retrace l'histoire vraie de la lanceuse d'alerte Frances Haugen et les fuites de documents qui ont mené à la célèbre enquête du Wall Street Journal intitulée The Facebook Files.

    On suit ainsi la jeune femme incarnée avec brio par Mikey Madison, oscarisée l’an dernier pour son rôle dans le palmé cannois Anora. Talentueuse ingénieure, elle a été recrutée par Facebook pour travailler au département de l'intégrité civique. Elle découvre rapidement que l’entreprise, avide de maximiser ses profits, a sciemment modifié ses algorithmes afin de rendre viraux les contenus haineux, clivants, ainsi que la désinformation.

    Atterrée par l'impact sur les adolescents d'Instagram et de Facebook sur le mal-être, la détresse psychologique des jeunes et par l'inaction de la direction face à l'utilisation de la plateforme par des réseaux criminels, elle met à copier secrètement des milliers de pages de documents internes et contacte le journaliste du Wall Street Journal, Jeff Horwitz (Jeremy Allen White)

    Parallèlement, le film montre Mark Zuckerberg (Jeremy Strong), qui prépare son audition devant le Congrès américain avec une simulation d'interrogatoire. En janvier 2021. la publication des documents du Wall Street Journal fait l'effet d'une bombe, tandis que les tensions en ligne culminent de façon spectaculaire lors de l'attaque du Capitole à Washington. Le témoignage public et historique de la lanceuse d'alerte face aux sénateurs, clôt ce film qui souffre de la comparaison avec The Social Network virtuose de David Fincher.

    Un Mark Zuckerberg caricatural

    Si on salue la justesse du scénario, un propos argumenté, une investigation menée avec sérieux, on regrette, dans cette suite spirituelle d’Aaron Sorkin, une mise en scène classique, plate, appliquée, un style scolaire, didactique, moralisateur, qui tue le suspense et nuit à la tension dramatique inhérents à un tel sujet. Par ailleurs, si Mikey Madison rend le personnage de Frances Haugen très convaincant, Jeremy Strong campe un Mark Zuckerberg assez caricatural, un méchant rigide, robotique, colérique, égotique, convaincu d’être seul à détenir la vérité, sourd à toute contradiction. Très loin du jeune universitaire arrogant, fascinant et ambigu interprété à l’époque par Jesse Eisenberg.

    Mais voilà  qui n’empêche pas une bonne partie de la critique de saluer un film dossier essentiel, un thriller journalistique captivant d’utilité publique, qui dénonce vigoureusement et avec raison les dangers des réseaux sociaux.

    «The Social Reckoning», 112 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 octobre.

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran: "La frappe" montre la douloureuse persistance des ravages de l'inceste. Et révèle deux jeunes interprètes

    Premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri, La frappe raconte l’histoire d’Enzo, 19 ans et de sa soeur Carla, 20 ans. Vivant dans le sud de la France, ils sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony (Bastien Bouillon), un homme toxique dont ils ont, enfants, subi l'emprise et les abus sort de prison, Enzo rêve de reconstruire une famille unie. Mais Carla refuse catégoriquement cette idée. Elle veut protéger son frère d'un passé douloureux. Rattrapé par des non-dits, Enzo doit affronter une vérité qu'il a trop longtemps dissimulée.

    Avec ce drame intense, intime, évoquant l'inceste et le poids du silence familial, le réalisateur propose une œuvre choc sur un sujet difficile. Tout en évitant l’écueil du voyeurisme, du manichéisme, de la psychologie, du mélodrame, il montre à travers des scènes bouleversantes, glaçantes, dérangeantes, à quel point les blessures persistent longtemps après les agressions.

    Ce récit impressionnant, exigeant, est porté deux jeunes acteurs remarquables de justesse, qui se hissent naturellement à la hauteur de l’impeccable Bastien Bouillon. Dans le rôle de Carla, la Jurassienne Romane Fringeli est une véritable révélation. Habitée, authentique, elle nous laisse ressentir la colère, la douleur de son personnage abîmé. Quant à l’acteur belge Diego Murgia, déjà apparu sur grand et petit écran, il se glisse magistralement dans la peau d’Enzo, mutique, fort et fragile, poignant dans sa façon de faire remonter progressivement, viscéralement, les traumatismes liés à l’inceste.

    Il a d’ailleurs logiquement décroché  le Valois du meilleur acteur au dernier Festival d’Angoulème, tandis que Julien Gaspar-Oliveri recevait, lui, le Prix de la mise en scène.

    «La frappe», 106 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 octobre.

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire
  • Festival: Everybody's Perfect propose un copieux programme cinéma et célèbre l'esprit cabaret

    Devenu incontournable dans le paysage culturel genevois, Everybody’s Perfect conforte sa réputation grandissante, en s’entourant de plusieurs collaborations artistiques, événementielles, institutionnelles et associatives majeures. La directrice Sylvie Cachin se réjouit d’ailleurs d’un contact surprise initié par de jeunes journalistes souhaitant travailler dans le cadre du festival pour en parler. Un bémol toutefois: le soutien moindre de la Ville. «Officiellement elle a coupé partout, mais nous sommes les premiers à y passer.»

    Pour sa 13 édition qui se déroule du 9 au 18 octobre, le menu cinéma est copieux: 34 longs métrages et 39 courts, venant de 25 pays couvrant les cinq continents. Pour les longs, 24 fictions dont 13 premiers films et 10 documentaires. De tous genres et styles, ils s’articulent autour de différents thèmes, «A Way of Life», «Territoires», «Echos», ou encore «Parcours émancipés». Dans ces œuvres majoritairement inédites en Suisse, on trouve «des sourires malicieux, des échappées belles, des mots spirituels, des effeuillages audacieux», énumère Sylvie Cachin, qui ajoute: «On a choisi un parti, celui d’en rire».

    En ouverture, Strange Journey: The Story Of Rocky Horror, documentaire réalisé par Linus O’Brien, retrace l’histoire extraordinaire de la comédie musicale culte de son père, Richard O’Brien. Le film explore les débuts du spectacle dans l’Angleterre du début des années 1970 jusqu’à son immense succès théâtral à Londres, Los Angeles et New York. Une célébration de la transgression, de la culture queer et de la liberté d’être soi-même.

     En clôture, on découvrira  Stop That Train, de l’Américain Adam Shankman. Une grosse bouffonnerie, avec un célèbre casting de drag queens, qui forment l’équipage d’un train à grande vitesse dont les freins ont lâché…Entre les deux, des perles à ne pas manquer, évoquant la quête identitaire, l’amour sous pressions, l’Intersexuation, le féminisme, la drogue et le sexe, ou encore l’éveil lesbien

    Le cabaret au cœur du festival

    Art aux multiples dimensions et vertus, le cabaret fait aujourd’hui partie intégrante d’Everybody’s Perfect. Et plus encore cette année, où il en explore l’essence subversive, la charge politique et la transgression des codes. Le festival présentera notamment Diamanda Callas, chanteuse parisienne travestie gothique et égotique, pour une performance exceptionnelle avec l’orchestre Geneva Camerata lors de la soirée d'ouverture le 10 octobre. à La Gravière. Il y aura aussi un cabaret politique littéraire et musical d'Emilie Pictet autour de Marlene Dietrich, avec Lady Ricart au piano, suivi du show de Mascare, poète sonore, artiste subversive et DJ, avec la chanteuse Bili Bellegarde et des invités surprises, le 16 octobre au Groove. Le programme recèle encore d’autres spectacles, des séances de dédicaces, des dialogues à trois voix et des fêtes inédites. À l’image de cette soirée de danse country, le 15 octobre au Groove, comme dans les westerns, en ligne et à deux, mais surtout, en version queer!

    Everybody’s Perfect, du 9 au 18 octobre, principalement à la Maison des Arts du Grütli. Programme complet et billetterie sur everybodysperfect.ch

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire