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le blog d'Edmée - Page 4

  • Grand écran: "Hope" déménage sec entre science-fiction, horreur, western et métaphore politique. Epuisant!

    L’événement avait électrisé la Croisette en mai dernier. Pour les fans surexcités et bon nombre de critiques, c’était une évidence. Attendu comme le messie, le Sud-Coréen Na Hong-jin, un habitué des lieux où il a présenté ses trois films. The Chaser, The Stranger et The Murderer allait remporter la Palme d’or avec. Hope. Mais la figure culte du cinéma de genre est reparti les mains vides.

    L’intrigue. Alors que le chef de la police Ko Bum-seok et ses hommes enquêtent sur d’affreuses mutilations de bétail et un massacre dans un village près de la zone démilitarisée, ils découvrent un vaisseau spatial écrasé dans la forêt et la présence de prédateurs extraterrestres. Ils s'enfoncent alors dans les bois pour éliminer la menace et comprennent rapidement qu’ils ne poursuivent pas un animal, mais qu’ils ont eux-mêmes chassés par une force invisible.

    Na Hong-jin bluffe son monde avec sa virtuosité dans ce film de monstres hors norme, visuellement ambitieux entre western, horreur, comédie, action et science-fiction, et qui déménage à une vitesse démente. Mais il faut quand même se farcir plus d’une heure épuisante de traque pour découvrir des monceaux de cadavres dans des lieux dévastés, avant de tomber sur une monstrueuse créature, dotée d’un redoutable pouvoir de destruction massive.

    Une fin abrupte pour cause de suite

    Et c’est reparti pour un tour vertigineux de course-poursuite sanglante. Le tout en compagnie en compagnie d’un flic aussi benêt que courageux, flanqué d’une bande de chasseurs armés jusqu’aux dents et d’une adjointe façon pilote de formule Un, tireuse d’élite et d’une grossièreté à toute épreuve. Alors 2h30 à ce régime, c’est quand même longuet.

    Hope, qui brosse en filigrane le portrait d'une Corée du Sud hantée par la peur de l'invasion, se termine de manière particulièrement abrupte. C’est volontaire. Na Hong-jin a en effet déclaré à Cannes que la suite est déjà écrite. Reste à la produire, ce qui ne devrait pas trop tarder.  Les fans salivent déjà!

    «Hope», 150 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 octobre.

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  • Grand écran: "Le Fantôme de l'Opéra", un drame gothique qui vire au teen movie façon Twilight

    Dans sa relecture du roman de Gaston Leroux, paru en 1910, le réalisateur Alexandre Castagnetti transpose Le Fantôme de l’Opéra à notre époque. Et remplace la cantatrice Christine Daaé par la jeune danseuse Anastasia Maresc (Deva Cassel), qui rêve d'intégrer le milieu exclusif et impitoyable du ballet de l’Opéra de Paris, Elle y répète Orpheus, une œuvre maudite attribuée au légendaire fantôme, sous la direction artistique de James (Romain Duris), C’est alors qu’elle rencontre, dans les méandres du prestigieux établissement, un mystérieux pianiste (Julien De Saint Jean) qui la fascine et dont elle tombe amoureuse.

    Mais à l’approche de la première représentation, entre accidents inexpliqués, révélations troublantes et superstitions, Anastasia se trouve plongée dans une idylle impossible, à la frontière du réel et du fantastique. Et c’est là qu’on perd toute l‘essence du mythe, le fantôme n’étant plus un monstre repoussant mais un jeune premier séduisant. Du coup, en supprimant la laideur et la noirceur morale du personnage masqué pour en faire un prétendant romantique conventionnel, Alexandre Castagnetti transforme hélas un drame gothique oppressant pimenté d’horreur, en un teen movie façon Twilight.

    L’esthétique est en revanche soignée. Merci pour la visite du Palais Garnier, un décor à lui tout seul, mis en valeur par la photographie de Nicolas Bolduc avec de superbes clairs-obscurs. Les tableaux dansés sont eux aussi très beaux, à l’image du ballet final, somptueux et plein de grâce.

    Côté comédiens, Deva Cassel, brille davantage par sa beauté, sa présence magnétique et son expression corporelle que par son jeu verbal. Elle se révèle toutefois plus convaincante que Romain Duris, carrément ridicule en maître de ballet tyrannique. A aucun moment, on ne croit à son personnage de chorégraphe exigeant, torturé, hystérique et branchouillard, confondant la folie artistique avec la crise de nerfs.

    «Le Fantôme de l’Opéra», 134 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 octobre.

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  • Grand écran: "Clayface", quête obsessionnelle d'un monstre pour un récit de vengeance sans surprise

    Thriller d'horreur psychologique teinté de  body horror Clayface suit Matt Hagen (Tom Rhys Harries), un jeune acteur très prometteur. L’irrésistible ascension hollywoodienne de cet enfant des rues de Gotham City est toutefois brutalement stoppée, lorsqu'un baron du crime local le laisse affreusement défiguré. Abandonné de tous, Matt se tourne vers un traitement scientifique à base de nanotechnologies qu’expérimente la jeune et belle chercheuse Caitlin Corr (Naomi Ackie).

    Le protocole lui rend miraculeusement son apparence, mais ses effets secondaires sont dévastateurs, altérant profondément sa perception de la réalité. Possédant dès lors la redoutable capacité de métamorphoser son corps en une matière argileuse et malléable, Matt Hagen peut prendre l'apparence de n'importe qui. Consumé par la rage, hanté par la perte de son identité, pris dans une quête obsessionnelle, il sombre dans la vengeance et la monstruosité. 

    Réalisé par James Watkins sur un scénario de Mike Flanagan et Hossein Amini, porté par le convaincant  comédien britannique Tom Rhys Harries, Clayface se distingue des blockbusters de super-héros traditionnels, en se focalisant sur la tragédie intime du personnage. Et en s’appuyant sur des effets spéciaux prothétiques concrets, plutôt que sur le tout-numérique. Il rappelle ainsi les classiques des années 80, comme par exemple La mouche de David Cronenberg  (

    Rappelle seulement. Si dans sa première partie, le film critique avec une certaine férocité un panier de crabes hollywoodien, il se satisfait ensuite d’un récit revanchard sans surprise, loin des œuvres du  génial auteur canadien. On n’est pas non plus très fan du lien amoureux aussi inévitable qu’artificiel entre Matt et sa séduisante doctoresse. En revanche les amateurs de sensations fortes apprécieront des scènes de mutation et de mutilation, à l’image de celle où le héros pratique une auto-chirurgie oculaire dans les toilettes d’un avion. en pleine zone de turbulences!

    «Clayface», 108 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 octobre.

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