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le blog d'Edmée - Page 5

  • Grand écran: "Ma frère", comédie émouvante et pleine d'humour, qui renouvelle la colonie de vacances

    Deuxième long-métrage de Lise Akoka et Romane Guéret, Ma frère suit deux jeunes femmes, Shaï et Djeneba, 19 ans, issues d’un quartier populaire du 19e arrondissement de Paris, Copines depuis l’enfance, l'une est flanquée d’une famille étouffante, tandis que l'autre souffre de solitude.

    L’espace d'un été, elles animent une colonie de vacances dans la Drôme. Loin  des tours au pied desquelles elles ont grandi, elles sont responsables d'une tribu d'enfants de six à dix ans. Sous le soleil estival, ce film générationnel au parler d’aujourd’hui, explore l'amitié, l’amour, la religion, la sexualité, l'émancipation, le chemin souvent difficile vers l'âge adulte. Il est porté .par Fanta Kebe et Shirel Nataf, déjà héroïnes de la mini-série Tu préfères, créée en 2020 sur Arte par les deux auteures

    Lise Akoka et Romane Gueret ont un vrai talent pour diriger de très jeunes acteurs et pour saisir leur langage, leurs questions et leurs désirs. Elles proposent un feel-good movie solaire choral, qui charme par son casting d'enfants au naturel désarmant, loin des standards habituels, avec notamment une grande différence de corps. 

    On est aussi séduit par la parole parfois crues des enfants, même si les mots sont moins ceux, spontanés, des jeunes des quartiers, que ceux de Lise Akoka et Romane Guéret, dans la mesure où il n’y a pas d’improvisation. Tout est en effet très écrit, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

    On s’attache tout de même beaucoup à ce groupe de gamins d’une indéniable puissance comique et émotionnelle, ainsi qu’aux deux animatrices, avec leur langue bien pendue et  leur côté cash. Une mention spéciale à Amel Bent, très crédible en directrice de la colonie de vacances. En résumé une jolie réussite que cette chronique sociale émouvante, joyeuse, pleine de vitalité, de sensibilité et de tendresse, qui renouvelle le genre.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 14 janvier.

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  • Grand écran: "Father Mother Sister Brother", une comédie douce-amère un rien paresseuse du grand Jim Jarmush

    Avec Father Mother Sister Brother, son quatorzième long métrage, Jim Jarmusch explore la complexité des relations familiales dans un récit en trois épisodes, format plébiscité par son auteur depuis ses débuts en 1980 avec Permanent Vacation  Le réalisateur culte de Stranger than Paradise, Down By Law, Broken Flowers ou Paterson, nous emmène dans trois pays, aux Etats-Unis, en Irlande et en France. Il met en scène, avec un casting de stars,  les situations cocasses ou un rien cruelles vécues par ses personnages.

    On croise tout d’abord Jeff (Adam Driver) et sa sœur Emily (Mayim Bialik) en visite chez leur père (Tom Waits), vieux punk ronchon qui habite une cabane au bord d’un lac gelé, dans le New Jesey. Ce dernier tente de s'en sortir seul depuis la mort de leur mère. Mais il a du mal. Il semble amorphe. Tout est un peu délabré, l'appartement est en désordre, le robinet goutte. Les enfants s’inquiètent en regardant atour d’eux. Mais les apparences sont trompeuses…

    Cap sur Dublin pour la deuxième histoire. Une mère (Charlotte Rampling), attend ses filles Timothea (Cate Blanchett) et Lilith (Vicky Krieps) pour leur thé annuel obligatoire dans sa maison victorienne. Timothea est habillée en chef scoute, Lilith a les cheveux roses. Elle a demandé à sa petite amie de la déposer devant la porte, comme si elle avait pris un Uber. La mère a préparé des gâteaux et des petits fours. Très collet monté, elle se montre plutôt autoritaire. On se fait des politesses. On joue des rôles…  

    A Paris enfin , les jumeaux Skye (Indya Moore) et Billy (Luka Sabbat) se retrouvent pour vider l'appartement de leurs parents, décédés dans un accident d'avion. En regardant de vieilles photos, ils se rendent compte qu’ils ne savaient pas grand-chose sur eux...

    Cette comédie douce-amère, dont les chapitres inégaux sont reliés par des motifs récurrents, comme l’apparition de skateurs lors des trajets en voiture des différents protagonistes, nous semble assez vaine et paresseuse en dépit de son côté poétique. Certes la photographie est belle, on admire la mise en scène et il y a un brin d'humour. Mais cela ne vaut pas le Lion d’or décroché à la dernière Mostra de Venise. A l’évidence, Jim Jarmusch le doit davantage à son illustre nom qu’à la qualité de son travail.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 janvier.

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  • Grand écran: "Les échos du passé", une fresque singulière, exigeante, riche, mais souffrant d'une certaine lourdeur

    Une ferme isolée d’Europe de l’Est, pas très loin de la future frontière avec la RFA. Alma, une fillette, Erika, une pré-adolescente, Angelika, une adolescente et Lenka, une jeune femme, y vivent à quatre époques différentes. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs existences semblent se répondre.

    Avec ce drame intergénérationnel, Mascha Schilinski, 41 ans, offre le regard de ses héroïnes sur les différentes facettes de la condition féminine, du début du 20e à nos jours. Leurs récits en voix off dévoilent leurs rêves ef leurs pensées. La réalisatrice allemande montre surtout, entre abus, inceste ou stérilisation forcée, la violence faite aux femmes sous immuable domination patriarcale et les traumatismes qui en résultent, transmis de mère en fille. De l'éclairage à la bougie pour Alma, au téléphone portable de Lenka les décors et les vêtements changent, mais les comportements machistes n’évoluent guère.  

    Cette ambitieuse fresque historique, à la fois puissante, singulière, exigeante, déroutante, un rien spectrale et horrifique, souffre toutefois d’une certaine lourdeur, proche de l’ennui. On regrettera également, en dépit d’une esthétique riche, une mise en scène labyrinthique, passant trop souvent du flashback au flashforward.. Elle n’en a pas moins permis à Mascha Schilinski de décrocher, avec Sirat d’Olivier Laxe, le Prix du jury, au dernier Festival de Cannes. Les échos du passé a par ailleurs été choisi pour représenter l’Allemagne aux Oscars. Haut du formulaire

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 janvier.

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