Grand écran: avec "Salut Betty", Pierre Monnard se lance sur les traces du mythe culinaire helvétique (28/11/2025)

Notamment auteur du triomphe helvétique Les Enfants du Platzspitz en 2020, trois fois récompensé pour Bisons lors des Prix du cinéma suisse l’an dernier, Pierre Monnard propose un nouveau long métrage, Salut Betty, qui connaît déjà un gros succès chez les Alémaniques. Issu d’une famille 100% Betty Bossi, à commencer par lui-même, comme il l’avoue, le réalisateur fribourgeois s’est intéressé à Emmi Creola-Maag (Sarah Spale), la vraie femme qui se cache derrière le mythe culinaire national.

Nous sommes dans les années 50. Emmi Creola, une Zurichoise mariée et mère de trois enfants, travaille comme rédactrice dans une agence de publicité, où elle est chargée de promouvoir des huiles alimentaires. Aussi créative que combative, lassée d'écrire toujours les mêmes textes, c’est là qu’elle invente le personnage fictif de Betty Bossi, parfaite ménagère et cuisinière hors pair. Une idée de génie, donnant à Pierre Monnard celle de retracer son parcours et celui de sa créatrice. 

Avec Salut Betty, le cinéaste brosse le portrait d’une femme, influenceuse avant l’heure, qui a réussi à s’imposer dans un univers masculin, pour ne pas dire macho. A concilier, malgré la fatigue, ses vies professionnelle, familiale et conjugale. Il nous raconte aussi une histoire d’amour. Aux côtés d’Emmi, on découvre en effet son mari Ernst (Martin Vischer), un homme progressiste, qui n’a cessé d’encourager sa femme, n’hésitant pas à partager les tâches ménagères.  

Entre société s'ouvrant à la consommation et émancipation féminine, Pierre Monnard livre ainsi une sympathique comédie populaire. On en relèvera l’interprétation, l’humour, le soin apporté aux décors et aux costumes. Mais on l’aurait souhaitée plus épicée, en raison de l’étonnante trajectoire de son héroïne. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 26 novembre.     

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