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le blog d'Edmée - Page 2

  • Festival de Cannes: "Fjord", une deuxième Palme d'Or un rien décevante pour le Roumain Cristian Mungiu

    Le président Park Chan-wook et ses jurés ont tranché. Au terme d’une compétition très ouverte, la 79e édition du Festival de Cannes, qui ne nous a pas franchement fait grimper aux rideaux, s'est achevée avec la consécration de Cristian Mungiu, pour son film Fjord. Déjà médaillé d’or en 2007 pour Quatre mois, trois semaines, deux jours, le réalisateur roumain rejoint le club fermé des double palmés comme Francis Ford Coppola, Bille August, Emir Kusturica, Shohei Imamura, les frères Dardenne, Michael Haneke, Ken Loach et Ruben Östlund.

    Cette Palme relativement inattendue nous déçoit. On aime bien le film mais pas jusqu’à la récompense suprême qu’on aurait tant voulu voir remportée par Emmanuel Marre pour Mon salut. Le Français doit se contenter du Prix du scénario. Et on ne vous parle pas des inconditionnels de Hope, dont l’auteur Na Hong-jin repart les mains  vides.

    Pour en revenir à Fjord, Cristian Mungiu livre une chronique sociale en s’intéressant aux réactions suscitées par un couple roumano-norvégien, évangélique installé dans un village au bord d’un fjord. Très pieux, il est soupçonné de maltraiter ses enfants, provoquant un emballement administratif aberrant. Tout en refusant de prendre parti, l’auteur installe rapidement une tension entre les parents, les voisins et la protection de l’enfance, fondée sur la peur du jugement, la rigidité des valeurs et l’impossibilité du dialogue.

    Les noms des autres primés sont plus ou moins conformes, dans le désordre ou dans d’autres catégories, aux rumeurs qui couraient sur la Croisette. Ainsi qu’à nos pronostics. Les  voici.  Grand prix du jury : Minotaure d'Andreï Zviaguintsev.  Prix du scénario: Emmanuel Marre pour Notre salut. Prix de la mise en scène: Los Jarvis pour La Bola Negra» et Pawel Pawlikowski pour Fatherland. Prix d'interprétation féminine : Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain de Ryusuke Hamaguchi. Prix d'interprétation masculine : Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour Coward de Lukas Dhont. En revanche on a du mal à comprendre le Prix du jury qui est allé à L'aventure rêvée de Valeska Grisebach. On n’a pas tenu les 167 éprouvantes minutes, évoquant les tribulations d’une archéologue, se retrouvant progressivement au cœur d'une société criminelle. .

    Enfin la Caméra d'Or, qui récompense un premier film, est allée à Ben'imana de Marie-Clémentine Dusabejambo. L’œuvre nous ramène au Rwanda en 2012. Après le génocide des Tutsis, des tribunaux populaires sont mis en place pour apporter justice et réconciliation.

    Et voilà, c’en est fini de Cannes 2026, qui a proposé pas mal de bons films, mais pas de ceux qui vous font courir comme des dératés d’un bout à l’autre de la Croisette de crainte de rater le chef d’oeuvre. Pour résumer pas de gros coups de cœur et la constatation, comme d’habitude, que des longs métrages des sections parallèles auraient avantageusement remplacé, en compétition, des sélectionnés frisant la médiocrité.

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  • Festival de Cannes: en attendant la Palme d'Or du jury, voici la nôtre: "Notre salut" d'Emmanuel Marre. Avec le génial Swann Arlaud

    Avec des personnalités aussi différentes, que l’Américaine Demi Moore, la Belge Laura Wandel, la Chinoise Chloé Zhao, l’Irlando-Ethiopienne Ruth Negga, le Britannique Paul Laverty, l’Ivoirien Isaach de Bankolé, le Suédois Stellan Skarsgård, et le  Chilien Diego Cespedes, difficile de prévoir quelle Palme d’Or va sortir du chapeau de ce jury présidé par le Sud-Coréen Park Chan-wook. Va-t-il user de son influence pour pousser Hope, de son compatriote Na Hong-Jin, comme l’espèrent les inconditionnels du cinéaste? Mystère.

    En attendant le verdict lors de la cérémonie de clôture ce soir, à nouveau animée par la comédienne Eye Haïdara, on vous livre notre Palme d’Or de cette 79e édition.. Il s’agit de Notre salut du Français Emmanuel Marre. Evoquant la banalité du mal, il nous offre un regard inédit sur la collaboration, inspiré de la vie de son arrière-grand-père, fonctionnaire à Vichy pendant la guerre.

    Septembre 1940, Au lendemain de la débâcle, le régime de Pétain se met en place. Fauché, sans contact, loin de sa famille, Henri Marre, qui va fêter ses 50 ans, débarque à Vichy.  Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes pour relever la France.  

    Tout en suivant le quotidien de fonctionnaires participant, persuadés de bien faire, à la mise en place du système qui a conduit à la complicité criminelle avec les nazis, le film montre des êtres médiocres, mais dévorés d’ambition. Voyant dans cette sorte de régime, l'occasion rêvée de combler leur désir de revanche sociale. Et qui, comme Henri Marre, vont tomber du mauvais côté de l'Histoire. Un film vertigineux, parlant d’aujourd’hui, puissamment réalisé, et génialement interprété par Swann Arlaud.

    Mais il n’y a pas que la Palme d’Or.  Voici nos favoris pour le reste du palmarès. Grand Prix du Jury : Soudain du Japonais Ryusuke Hamaguchi. Prix du jury. Paper Tiger, de l’Américain James Gray. Prix du scénario:  Coward du Belge Lukas Dhont. Prix de la mise en scène : Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev, Prix d’interprétation masculine : Swann Arlaud pour Notre salut. Prix d’interprétation féminine: Virginie Efira  pour Soudain.

    Cela dit, le critique ne fait que proposer. La tension monte...

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  • Festival de Cannes: petit tour des favoris pour la Palme d'Or. Avec "Hope" en tête, assurent les fans du Sud-Coréen Na Hong-jin

    A cinq jours du verdict, certains critiques et de nombreux festivaliers surexcités ont trouvé leur Palme d’or. Hope du Sud-Coréen Na Hong-jin, un événement qui semble, du moins selon les fans, avoir carrément électrisé la Croisette.

    Na Hong-jin est un habitué de Cannes où il a présenté ses trois films. The Chaser en 2008 , The Stranger en 2016, les deux hors compétition et The Murderer dans Un Certain Regard en 2011.Mais le cinéaste désormais culte, figure majeure du cinéma de genre, ne plaît pas à tout le monde, si on se réfère aux étoiles décernées dans les magazines. A l’ima Film français, où les critiques qui font la fine bouche.

    On ne leur donne pas entièrement tort, bien que le réalisateur nous bluffe avec sa virtuosité, dans ce film de monstres entre western, horreur, comédie, action et science-fiction qui déménage à une vitesse démente. Mais il faut quand même se farcir plus d’une heure épuisante de traque pour découvrir des monceaux de cadavres dans des lieux dévastés, avant de tomber sur une monstrueuse créature, dotée d’un redoutable pouvoir de destruction massive.

    Et c’est reparti pour un tour vertigineux de course-poursuite sanglante. Le tout en compagnie en compagnie d’un flic aussi benêt que courageux, flanqué d’une bande de chasseurs lourdement armés et d’une adjointe façon pilote de formule Un, tireuse d’élite et d’une grossièreté à toute épreuve. Alors 2h40 à ce régime, c’est quand même longuet!

    Mais bon, il n’y a pas que Hope à vouloir rafler la médaille la plus convoitée de la planète cinéma. Parmi ceux qui semblent avoir des chances Paper Tiger de l’Américain James Gray est le mieux placé grâce à  un retour au polar dans son neuvième film. Miles Teller et Adam Driver interprètent deux frères dans le New York des années 1980 qui se retrouvent confrontés à la mafia russe.

    Autre favori de la compétition, Soudain du Japonais Ryūsuke Hamaguchi. La directrice d'une maison de retraite de la banlieue parisienne tente  de mettre en place une méthode de soins bienveillante appelée «Humanitude», malgré les résistances. Au bord du burn out, sa vie repend son sens lorsqu'elle rencontre une dramaturge nippone japonaise en phase terminale de cancer. Magnifique comme d’habitude, Virginie Efira donne la réplique à Tao Okamoto.

    Avec Moulin, le Hongrois Laszlo Nemes nous offre un tête à tête glaçant entre le grand patron de la résistance française incarné par Gilles Lellouche et le boucher de Lyon Klaus Barbie, chef de la Gestapo. On connaît l’histoire, mais elle reste captivante. Fjord du Roumain Cristian Mungiu, palmé en 2007 pour Quatre mois, trois semaines, deux jours tient aussi assez bien la route. Là il nous livre une chronique sociale en s’intéressant aux réactions suscitées par un couple roumano-norvégien très pieux, soupçonné de maltraiter ses enfants. Et l’emballement administratif aberrant qui en résulte.

    Garance, de la Française Jeanne Herry a déjà reçu la palme de l’applaudimètre, en suscitant une standing ovation de… douze minutes. Incroyable, mais vrai. Adèle Exarchopoulos, alcoolîque invétérée, joue dangereusement avec son foie et donc sa vie.  

    Un mot encore sur Autofiction, où le cinéaste espagnol Pedro Almodovar explore les dérives de la création, dont les siennes propres. A savoir s’il est bien moral de s‘inspirer, voire vampiriser le drame et la douleur de ses proches pour nourrir son art. Une oeuvre relativement mineure, mais passionnante par son honnêteté intellectuelle. On doute toutefois d’une possible Palme d’Or pour le réalisateur, qui n’a jamais réussi à la décrocher malgré un longue histoire avec le festival.

    Autofiction sort dès mercredi 20 mai dans les salles de Suisse romande.

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