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le blog d'Edmée - Page 2

  • Grand écran: "Juste une illusion", plongée émouvante, tendre et joyeuse dans les années 80

    Avec Intouchables, (l’un des plus gros cartons du cinéma français avec près de 20 millions d’entrées, Le sens de la fête, Hors normes, Samba, Nos jours heureux, autres jolis succès au box office, le tandem Olivier Nakache et Éric Toledano passent pour les Midas de la pellicule hexagonale. De retour, ils risquent bien de poursuivre leur quête de bonne fortune avec Juste une illusion, leur oeuvre la plus personnelle et la plus intime, qui nous plonge dans leur enfance.

    Cette comédie dramatique nous ramène en effet au milieu des années 80, pour raconter le quotidien de la famille Dayan en banlieue parisienne. Explorant la vie de la classe moyenne, les auteurs abordent la sociologie d’alors, le chômage, l'adolescence.t

    Portrait de famille où on a tendance à dissimuler des choses, le film est vu à travers les yeux du fils cadet Vincent (Simon Boublil), 13 ans. En quête d’identité, plein de questions et de doutes sur l’amitié, la religion, le désir et l’amour, il tente de trouver sa place. Tandis que son grand frère Arnaud (Alexis Rosenstiehl), un rebelle fan de rock,  planque l’argent de ses petits trafics, Vincent se fabrique un personnage pour séduire une camarade de classe. Ou camoufle, dans un jeu d'échecs, une cassette porno volée avec ses potes dans un vidéo-club. 

    Il doit aussi composer avec ses parents Yves et Sandrine constamment en conflit. Très fier de son poste de cadre mais un peu mou, Yves part tous les matins avec son imper et son attaché-case, cachant qu’il s’est fait virer. Au contraire, Sandrine parvient à viser plus haut que son boulot de secrétaire, avec l’arrivée progressive de l’informatique. Ce qui n'arrange pas la situation.

    Bien écrit, le film est également très justement interprété. Autour du jeune et convaincant Vincent Boublil, Camille Cottin et Louis Garrel, qui forment un très séduisant couple de cinéma, jouent les parents. Tandis que Camille Cottin se coule parfaitement dans le rôle, Louis Garrel, presque méconnaissable, révèle un étonnant potentiel comique. Et on n’oubliera pas Pierre Lottin comme toujours remarquable, en homme à tout faire dont la virilité contraste avec l'indolence d’Yves.

    Film d'époque et récit initiatique

    Pour réaliser leur nouveau long métrage, Éric Toledano et Olivier Nakache ne se sont pas contentés de puiser dans leurs souvenirs d’enfance, mais se sont énormément documentés en visionnant des journaux, télévisés, des émissions de variétés, de jeux, Comme en témoigne avec précision la présence de ces années-là dans les décors, les costumes, les looks, la BO.

    Apôtres du vivre ensemble, créateurs de lien social, fins observateurs des rapports humains, les auteurs cultes dans leur genre livrent ainsi à la fois un film d’époque et un récit initiatique. Une feel-good comédie émouvante, tendre, imprévisible, empreinte de nostalgie drôle et joyeuse.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 15 avril.

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  • Grand écran: "Silent Friend" sublime notre relation avec les végétaux. Un ovni fascinant, poétique, sensoriel

    Décalés dans le temps, trois épisodes qui s’entremêlent constituent la trame de Silent Friend, signé de la Hongroise Ildikó Enyedi. L'oeuvre surfe sur de nombreux thèmes,  la relation de l’homme avec les végétaux, l'importance de la science qui ne nous éloigne pas forcément de la nature si elle est bien exploitée, ainsi que la lutte pour l’égalité des femmes.

    En 1908, la jeune et intelligente Grete (la Suissesse Luna Wedler), est la première femme admise à l'Université de Marburg. Tout en tentant de trouver sa place dans un milieu patriarcal qui accepte mal sa présence, elle se passionne pour la photographie. Elle s’intéresse plus particulièrement aux plantes et fait des découvertes surprenantes.

    En 1972, l’étudiant Hannes (Enzo Brumm) tombe amoureux d’une camarade qui l’initie au monde des plantes, et mène une expérience palpitante sur un géranium en pot, pour déceler ses émotions. Lorsqu'elle part en voyage, Hannes s'en occupe, le surveille de près et le trouve si captivant qu’il amorce un dialogue avec lui.

    En 2020 enfin, le prestigieux neuroscientifique chinois Tony Wong (Tony Leung Chiu-wai), qui a quitté Hong Kong pour Marburg afin d'y donner une conférence, se retrouve coincé à l’université à cause du Covid, avec un gardien taciturne et grognon. Sur internet, il découvre un projet de recherche de la biologiste Alice Sauvage (Léa Séydoux) qu’il joint par zoom et, avec son aide, va développer un lien avec le majestueux ginkgo centenaire (lSilent Friend ) du jardin botanique de l’établissement. En se demandant s'il éprouve des sentiments.

    Le ginkgo apparaît dans les différents épisodes. Magistralement réalisés, montés et interprété, ils sont visuellement adaptés à leur époque. Celui de 1908, irrésistible, se déroule par exemple en noir et blanc. Il voit notamment l’excellente Luna Wedler tenir farouchement tête à une brochette de vieux pervers, qui la testent sadiquement sur ses connaissances.

    De son côté, l’impressionnant Tony Leung, héros du cinéma hongkongais, séduit par sa performance contemplative, méditative. Il montre une douceur et une exquise finesse dans ce film d’une extraordinaire singularité et d’une rare beauté, Un ovni fascinant, poétique, sensoriel, qui donne envie d’enlacer les arbres et de faire un brin de causette matinale avec son ficus.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 avril.

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  • Festival de Cannes: 21 films à l'assaut de la Palme d'Or. Retour de Pedro Almodovar dans une compétition par ailleurs largement renouvelée

    A l’occasion de la traditionnelle conférence de presse, Le délégué général Thierry Frémaux et la présidente Iris Knoblauch ont dévoilé jeudi  les 21 prétendants à la Palme d'or du prochain Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai. La compétition est particulièrement renouvelée, avec 11 cinéastes sélectionnés pour la première fois. Par ailleurs seules cinq réalisatrices, deux de moins que l’an dernier, ont été retenues pour cette édition, qui reflète comme d’habitude l’état du monde. De nombreux films évoquent ainsi de la guerre.

    2541 longs-métrages ont été vus, soit 1000 de plus qu'il y a dix ans. Toutefois, ce cru 2026 se déroulera sans les studios hollywoodiens, Universal et Warner Bros. ayant choisi de présenter leurs films ailleurs.  C’est Pierre Salvadori, avec La Vénus électrique, qui donnera le coup d’envoi à cette 79e grand-messe de la pellicule. Eye Haïdara en sera la maîtresse des cérémonies, Park Chan-wook présidera le jury. Quant à ,Peter Jackson et Barbra Streisand, ils décrocheront une Palme d'or d'honneur…

    Les candidats au palmarès

    Pilier du festival, la compétition voit le retour de l’Espagnol Pedro Almodovar qui sera flanqué de deux autres compatriotes. On retrouve également l’Iranien Asghar Farhadi, le Russe en exil Andrei Zviaguintse, le Japonais Hirokazu Kore-eda et le Roumain Cristian Mungiu, anciens lauréats, le Belge Lukas Dhont, ou encore Ira Sachs, seul réalisateur américain.

    Quatre cinéastes français feront leurs premiers pas; Léa Mysius et son adaptation du roman de Laurent Mauvignier Histoires de la nuit, avec Bastien Bouillon et Monica Bellucci; Charline Bourgeois-Tacquet, La Vie d’une femme, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry  Jeanne Herry pour Garance, avec Adèle Exarchopoulos. Enfin Arthur Harari présentera L'inconnue, adaptation d'une bande dessinée écrite avec son frère. «Il s’agit d’un objet de cinéma extrêmement particulier", a déclaré  Thierry Frémaux.

    Un Certain Regard, Hors compétition et autres sections

    Très couru, le volet Un Certain Regard compte actuellement une quinzaine de métrages, dont trois premiers films. Mais il devra s'étoffer et on aura largement l'occasion d’en parler. Hors compétition, le festival propose une grosse production événementielle, La bataille de Gaulle: L'âge de fer, première partie du diptyque sur le général Charles de Gaulle, écrit et réalisé par l'ancien diplomate Antonin Baudry. Karma de Guillaume Canet et L’objet du délit d’Agnès Jaoui sont aussi au menu.

    Plusieurs histoires vraies vont sans doute marquer les esprits comme L'abandon, de Vincent Garenq, sur les derniers jours du professeur Samuel Paty. Ou L'affaire Marie-Claire, qui revient sur le procès à Bobigny d'une jeune fille violée qui s'était fait avorter illégalement, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de l'avocate Gisèle Halimi. A signaler encore en séances spéciales ou de minuit, John Lennon : The Last interview. de Steven Soderbergh, Vol de nuit pour Los Angeles le premier film de John Travolta en tant que réalisateur. Et Full Phil de Quentin Dupieux, avec Woody Harrelson et Kristen Stewart. Déjanté, évidemment!

    Festival de Cannes, du 12 au 23 mai.

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