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le blog d'Edmée - Page 2

  • Grand écran; "Marty Supreme", faux biopic sportif au rythme infernal. Timothée Chalamet impressionnant

    Dans ce faux biopic, Josh Safdie suit Marty Mauser (Timothée Chalamet), 23 ans, personnage librement inspiré par le vrai pongiste Marty Reisman. Il vit dans le quartier juif new-yorkais du Lower East Side, travaille dans le magasin de chaussures de son oncle et veut participer au Championnat du monde de tennis de table à Tokyo, en 1952. Qu’il est persuadé de remporter. Mais cette discipline étant sous-représentée aux États-Unis, le financement des compétitions à l'étranger se révèle particulièrement difficile.

    Et Marty est fauché. Du coup, même si on assiste à quelques excellentes (et trop rares) scènes de ping-pong, il ne s’entraîne pas des masses, une bonne part du récit étant consacrée à trouver de l’argent par n’importe quel moyen. Une quête frénétique aux dollars pleine de rebondissements plus improbables les uns que les autres. Sur son chemin, il rencontre notamment une ancienne vedette d’Hollywood (Gwyneth Paltrow) avec qui il a une brève liaison, dans l’espoir de se rapprocher du Japon grâce à son riche mari. Sans oublier une relation avec une amie d’enfance mariée, enceinte d’on ne sait trop qui, et une dangereuse traque du chien d’un gangster, incarné par Abel Ferrara…

    Un film éminemment sadfien, fiévreux, exalté. excité, toujours en mouvement, où la musique tient une place centrale. Une fable épuisante sur la persistance du rêve américain. Avec son rythme infernal, sa narration éclatée et sa grouillante suite de péripéties chaotiques dans un New York trépidant qui ne dort jamais, (belle reconstitution), où son anti-héros convaincu d’être un génie, plus obsédé par l’idée de sa propre grandeur que par son sport, construit sa légende en rêvant de reconnaissance et de gloire.  

    Marty Supreme, calibré pour l’Oscar, est porté de bout en bout par Timothée Chalamet, qui livre l’une, sinon la meilleure de ses prestations dans ce rôle écrit pour lui et qui lui vaudra peut-être aussi une statuette. Impressionnant, il incarne avec fougue ce rôle de tête à claques boutonneux à lunettes, à la fois loser talentueux, mythomane charismatique arrogant charmeur et attachant, menteur invétéré, arnaqueur sans scrupules, animé d’une ambition dévorante, prêt à tout pour prouver au monde entier que rien ne peut l’abattre.

    A noter que la jolie coqueluche hollywoodienne s’est enlaidie pour l’occasion. Ce qui n’est pas toujours réussi, voire sujet à de mauvais raccords. On lui plaque tellement de boutons sur la figure, qu’il a carrément parfois une face de pizza mozzarella tomate!

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 février.

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  • Grand écran: "Le mystérieux regard du flamant rose", un western trans dans le désert chilien

    Début des années 80, dans un désert caillouteux au nord du Chili. Lidia, 11 ans, grandit au sein d’une famille queer exubérante, qui a trouvé refuge dans une sorte de saloon aux abords d’un village isolé de mineurs de cuivre. C’est la cantina de Mama Boa qui sert de cabaret et d’abri à un groupe de femmes trans et de travestis. Elles portent toutes des noms d’animaux, Boa, Piraña, Leona, tandis que la «mère» de Lidia, un des personnages principaux, emprunte celui de Flamenco (Flamant rose).

    Quand une mystérieuse maladie fatale, appelée à l’époque le «cancer gay », commence à se répandre, une rumeur affirme qu’elle se transmet par un simple regard entre deux hommes. C’est le coup de foudre et ils tombent malades. Avec son lot de morts, la communauté devient rapidement la cible des peurs, de l’ignorance et des fantasmes collectifs. Discriminée, rejetée, menacée mais résiliente, elle fait front. Pétillante, flamboyante, refusant l’inéluctable, elle organise dans la cabane des spectacles burlesques, humoristiques, et des concours de Miss à grand renfort de paillettes.

    Une quête vengeresse 

    Pour son premier film plein de tendresse et d’humour, qui rappelle les ravages du sida en l’absence de traitements médicaux, le réalisateur chilien de 31 ans, Diego Céspedes, emprunte les codes du western. Les «maricas» de la cantina ne craignent pas la bagarre pour protéger la petite Lidia. Elle-même n’a pas froid aux yeux, se lançant pistolet au poing dans une quête vengeresse face à la haine de l’altérité, lorsque Flamenco meurt prématurément, victime de la violence masculine. Un long métrage original et inventif où les interprètes, dont certains sont de véritables travestis, revendiquent leur identité dans la provocation assumée d’une féminité parfois outrancière. .

     Diégo Céspedes, marqué dans son enfance par la mort de nombreux homosexuels, mais dont le coming out a influencé la vision artistique, a notamment déclaré sur Arte vouloir se réapproprier les légendes de son pays, sans en omettre la dimension politique. «J’aborde ainsi la question de l’homophobie et de la transphobie au Chili, à travers une satire de la gestion de la pandémie du VIH dans les années 80. Raconté du point de vue d’une fillette, mon film explore les relations amoureuses homosexuelles à travers un mythe, inventé par toute une population aveuglée par la peur et la méconnaissance de ce virus. Une démarche qui, l’espère-t-il, «doit rendre leur humanité aux victimes, noyées dans l’anonymat que la société de l’époque leur a imposé».

    Ovationné lors du Festival de Cannes en mai dernier, ce drame belgo-franco-germano-hispano-chilien a remporté le Prix de la section Un certain regard.   

     A l’affiche le mercredi 18 février, notamment aux Cinémas du Grütli à Genève et au Cinématographe à Lausanne.

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  • Grand écran: "Hurlevent", une énième adaptation en forme de romance sado-maso. Avec Margot Robbie et Jacob Elordi

    Sur la lande du Yorkshire balayée par le vent, naît l’histoire d’amour impossible entre Catherine Earnshaw et Heathcliff, deux âmes tourmentées liées par une passion aussi absolue que destructrice. Wuthering Heights, un conte gothique, tragique, fait de désirs inavouables, de vengeance, de violence, de désespoir et de folie, imaginé par Emily Brontë. Jeune femme farouche et solitaire, elle est morte de la tuberculose à 30 ans, quelques mois après la publication, en 1847, de son unique roman sous le pseudonyme masculin d'Ellis Bell, pour éviter les préjugés victoriens sexistes. Sans se douter de son extraordinaire destin.    

    Sulfureux, ce chef-d’œuvre a inspiré la cinéaste Emerald Fennell, auteure de Promising Young Woman (2020) et de Saltburn (2023). Cette nouvelle adaptation, intitulée Hurlevent, portée par Margot Robbie et Jacob Elordi. est précédée de beaucoup d’autres. De celles de Williiam Wyler(1939) à Andrea Arnold (2011), en passant par Luis Bunuel (1954) ou Jacques Rivette (1985), sans oublier deux versions britanniques muettes de 1918 et 1920, ainsi que des téléfilms et des séries, chacune interprète à sa façon l'amour absolu, sauvage, entre Catherine Earnshaw et Heathcliff. Cet orphelin maltraité qui s'est mué en être diabolique.

    On oublie le roman

    Emerald Fennell devait donc trouver sa propre approche. Mais disons-le tout de suite, il faut oublier le roman qui a marqué la littérature et scandalisé la société rigide de l’époque par sa noirceur et sa modernité. Il n’en reste qu’une vague trame. Une adolescente et un petit gitan adopté inséparables qui, devenus adultes, se livrent à des jeux sexuels et défient les conventions sociales. Et puis Catherine épouse le riche Edgar Linton pour assurer son avenir financier, tandis que Heathcliff méprisé par la famille, humilié, meurtri, s’enfuit théâtralement sous un soleil rougeoyant. Pour revenir des années plus tard, riche et ivre de vengeance.    

    On cherche en vain l’intensité, la cruauté. la force transgressive du roman dans Hurlevent. Emerald Fennell a opté pour une relecture dite moderne en proposant une romance sado-maso kitsch, esthétisante à l'excès, frisant parfois le ridicule, entre une Margot Robbie à la plastique certes impeccable mais trop âgée pour le rôle, et un Jacob Elordi (descendant d’esclaves dans le livre), bien musclé, plutôt sexy, toutefois jugé trop blanc. De là à dire que cette énième version, même visible pour certains, est oubliable, il n’y a qu’un pas…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 11 février.

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