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le blog d'Edmée - Page 2

  • Grand écran: "Planètes", éblouissante odyssée du pissenlit, façon Indiana Jones végétal

    Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa, quatre akènes de pissenlit rescapés d’une succession d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre, sont projetés dans le cosmos. Echoués sur une planète inconnue, ils partent à la recherche d’un sol propice à la survie de leur espèce. Mais les éléments, le climat, la flore  la faune, avec ses grosses limaces, ou sa terrifiante mante religieuse extraterrestre, sont autant d’embûches qu’ils auront à  surmonter.

    Depuis son premier court métrage Planet A en 2008,  Momoko Seko, réalisatrice jaonaise émigrée en France à 19 ans, nous laisse voir l’invisible à l’oeil nu. Avec ce premier long éblouissant, mélange de prises de vue réelles et d’animation, cette militante écologiste combattant pour la diversité, invente un monde surprenant, émouvant, aussi beau qu’inquiétant. Dans lequel les bruits de la nature correspondent aux sublimes images et à l’envoûtante musique. 

    Une œuvre artistique. poétique, onirique et politique, sans dialogue, mais pas pour autant muette. Momoko Seko a choisi des akènes de pissenlit doués d’intelligence et d’empathie, réagissant par de petits gémissements, de petits cris aux événements et montrant des signes d’affection et de solidarité les uns envers les autres. On a vraiment l’impression qu’ils se parlent lors de leur extraordinaire et dangereuse odyssée. Au point qu'on face à ces petits personnages si touchants et fragiles joaent courageusement et parfois humoristiquement leur survie.

    Lors d’une rencontre à Genève. Momoko Seko nous en dit plus sur ce singulier voyage magique,. très différent d’une animation habituelle, qui a nécessité 260 jours de tournage sur deux ans et demi en  Islande, en Bourgogne, en Bretagne, à Nice et au Japon. A commencer par ses méthodes pour dévoiler ce qui se trouve de l’autre côté du monde visible. «J’invente des outils de façon à aller plus loin. Pour créer chaque image de Planètes, j’utilise plusieurs techniques pour compresser le temps, de manière à percevoir l’invisible, ou le déplier pour transformer les sujets filmés  en autre chose».

    Planètes suit une série de courts métrages. Pourquoi un long après cette constellation commencée par Planète A?

    J’ai voulu en quelque sorte fictionnaliser la nature en introduisant des personnages et une histoire plus accessibles au grand public . Pour comprendre encore mieux notre rapport avec le vivant, le côté miracle de la vie

    Drôle d’idée que d’humaniser 4 akènes de pissenlit et surtout les rendre aussi mignons, attachants, doués d’émotions? 

    Je suis partie en me demandant: quelle est ma place dans le monde ? Où est mon oasis? Là, ce sont des êtres qui ne peuvent pas s’implanter. car justement, ils ne trouvent pas leur place et doivent la chercher. Une quête acharnée, difficile. Les émotions nombreuses, différentes, personnifiées, sont alors capitales pour sentir leurs préoccupations. Les akènes doivent nous communiquer leurs sentiments dans chaque situation. Par l’écriture, nous leur avons permis d’exprimer la peur, la joie, la tristesse. Puis avec l’animation, nous avons travaillé les détails qui vont aider à les traduire. 

    Planètes est très centré sur l’entraide, la solidarité.

    Partout il y a ce même souci de souci de s’installer, de vivre une histoire d’amour, de constituer ensemble notre planète. Mais Il faut de la symbiose, pas de la domination. Toutes les espèces sont une force de la nature, ont besoin les unes des autres.

    Peut-on parler d’un film entre science-fiction et naturalisme?  

    Je dirais plutôt fiction-science dans la mesure où je procède très différemment de la SF traditionnelle mettant en scène des conflits armés intergalactiques. Moi, je vais  voir l’inconnu sous nos pieds. Dans le fond, il s’agit d’un film d’aventure, genre Indiana Jones végétal…

    "Planètes", à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars.

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  • Grand écran: avec "Las Corrientes", Milagros Mumenthaler jette un regard singulier sur une femme énigmatique

    Le film commence par une succession de scènes muettes où on découvre Lina, grande styliste argentine de 34 ans (Isabel Aimé Gonzales-Sola). Elle assiste à Genève à une soirée où elle reçoit un prix prestigieux. Se réfugiant dans les toilettes, elle le balance immédiatement à la poubelle, avant de quitter la réunion et de se mettre à courir dans les rues. Saisie d’une impulsion tragique, elle se jette à l’eau du pont du Mont-Blanc, mais en ressort indemne.

    Rentrée à Buenos Aires, elle ne dit rien à personne sur cet incident et retrouve son rôle de mère, d’épouse, de cheffe d’entreprise. Pourtant quelque chose a imperceptiblement changé en elle, une sorte de dérive intime qui commence à fissurer son quotidien. Son geste soudain, apparemment inexplicable, réveille un passé qu’elle semblait avoir enfoui.   

    La réalisatrice helvético-argentine Milagros Mumenthaler avait décroché en 2011 le Léopard d’or locarnais pour Abrir portas y ventanas, un premier film original racontant l’histoire de trois sœurs qui, chacune à sa manière, cherche à combler l’absence d’une grand-mère décédée. Avec Las Corrientes (les courants en français), l’auteure jette un regard singulier sur une femme mystérieuse, énigmatique, pleine de secrets, habitée par des pulsions de mort. Tout en explorant les thèmes de la santé mentale, de la maternité et de la réussite. A l’image du jeu minimaliste de son héroïne, ce film psychologique épuré privilégie les silence et les non-dits, à la démonstration narrative.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.

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  • Grand écran: foisonnant et chaotique, "The Bride!" redonne vie à la fiancée de Frankenstein

    Depuis le premier court-métrage de 1910, le mythe n’a cessé d’inspirer les cinéastes. Et c‘est loin d’être terminé. Il y a six mois sortait Frankenstein, l’adaptation plébiscitée de Guillermo Del Toro, candidat à l’Oscar, tandis que Maggie Gyllenhaal propose, avec The Bride!, une relecture féministe, punk, moderne et iconoclaste de La Fiancée de Frankenstein, version culte réalisée en 1935 par James Whale. C’est dire l’énorme influence de Mary Shelley, depuis la parution de son roman fantastique en 1818, consacré à sa créature contre nature.  

    Comme pour le prouver, le film s’ouvre sur la romancière dans une séquence en noir et blanc. On se retrouve ensuite dans le Chicago des années 30. Enveloppé d’un manteau, coiffé d’un chapeau, le visage dissimulé par un foulard, le monstre (Christan Bale), se rend chez le Dr Euphronius, (Annette Benning). Infiniment triste, rongé par la solitude et des besoins sexuels inassouvis inédits(!), il demande à la scientifique visionnaire de lui créer une compagne.

    Ensemble, ils vont déterrer le cadavre d’Ida (Jesse Buckley), une jeune femme assassinée par des mafieux, que le Dr Euphronius ramène donc à la vie. Mais alors qu’elle n’apparaissait que quelques minutes chez James Whale, caméo devenu iconique, elle prend une place centrale dans la fresque mélodramatique et militante de Maggie Gyllenhaal. Moteur de l’intrigue, tatouée de noir près de la bouche, c’est une héroïne puissante, autonome, complexe.  

    Mais son idylle passionnelle avec Frank, commençant par la fréquentation de cinémas pour voir les films de son idole Donnie Reed, ne tarde pas à prendre un tour inattendu et violent, quand son amoureux tue des voyous qui la menacent. Et c’est parti pour une cavale à la Bonnie and Clyde pour New York, où ils finiront criblés de balles par la police, à l'instar des mythiques et criminels amants rebelles.   

    A la frontière des genres, The Bride! mêle récit horrifique, féminisme, révolte sociale, film de gangster, polar, fantastique. L‘ensemble, rythmé par de la techno, est de surcroît émaillé d’hommages à la comédie musicale et au cinéma muet. Mais trop c’est trop. Excessive, foisonnante, rafistolée de partout à l’image de sa monstrueuse créature, cette œuvre chaotique au scénario tarabiscoté et à l’ambiance hétéroclite, n’est pas à la hauteur des ambitions de sa réalisatrice. En dépit de la performance des comédiens, à commencer par Jessie Buckley et d’une séduisante esthétique gothique.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.  

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