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le blog d'Edmée - Page 2

  • Grand écran: "Father Mother Sister Brother", une comédie douce-amère un rien paresseuse du grand Jim Jarmush

    Avec Father Mother Sister Brother, son quatorzième long métrage, Jim Jarmusch explore la complexité des relations familiales dans un récit en trois épisodes, format plébiscité par son auteur depuis ses débuts en 1980 avec Permanent Vacation  Le réalisateur culte de Stranger than Paradise, Down By Law, Broken Flowers ou Paterson, nous emmène dans trois pays, aux Etats-Unis, en Irlande et en France. Il met en scène, avec un casting de stars,  les situations cocasses ou un rien cruelles vécues par ses personnages.

    On croise tout d’abord Jeff (Adam Driver) et sa sœur Emily (Mayim Bialik) en visite chez leur père (Tom Waits), vieux punk ronchon qui habite une cabane au bord d’un lac gelé, dans le New Jesey. Ce dernier tente de s'en sortir seul depuis la mort de leur mère. Mais il a du mal. Il semble amorphe. Tout est un peu délabré, l'appartement est en désordre, le robinet goutte. Les enfants s’inquiètent en regardant atour d’eux. Mais les apparences sont trompeuses…

    Cap sur Dublin pour la deuxième histoire. Une mère (Charlotte Rampling), attend ses filles Timothea (Cate Blanchett) et Lilith (Vicky Krieps) pour leur thé annuel obligatoire dans sa maison victorienne. Timothea est habillée en chef scoute, Lilith a les cheveux roses. Elle a demandé à sa petite amie de la déposer devant la porte, comme si elle avait pris un Uber. La mère a préparé des gâteaux et des petits fours. Très collet monté, elle se montre plutôt autoritaire. On se fait des politesses. On joue des rôles…  

    A Paris enfin , les jumeaux Skye (Indya Moore) et Billy (Luka Sabbat) se retrouvent pour vider l'appartement de leurs parents, décédés dans un accident d'avion. En regardant de vieilles photos, ils se rendent compte qu’ils ne savaient pas grand-chose sur eux...

    Cette comédie douce-amère, dont les chapitres inégaux sont reliés par des motifs récurrents, comme l’apparition de skateurs lors des trajets en voiture des différents protagonistes, nous semble assez vaine et paresseuse en dépit de son côté poétique. Certes la photographie est belle, on admire la mise en scène et il y a un brin d'humour. Mais cela ne vaut pas le Lion d’or décroché à la dernière Mostra de Venise. A l’évidence, Jim Jarmusch le doit davantage à son illustre nom qu’à la qualité de son travail.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 janvier.

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  • Grand écran: "Les échos du passé", une fresque singulière, exigeante, riche, mais souffrant d'une certaine lourdeur

    Une ferme isolée d’Europe de l’Est, pas très loin de la future frontière avec la RFA. Alma, une fillette, Erika, une pré-adolescente, Angelika, une adolescente et Lenka, une jeune femme, y vivent à quatre époques différentes. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs existences semblent se répondre.

    Avec ce drame intergénérationnel, Mascha Schilinski, 41 ans, offre le regard de ses héroïnes sur les différentes facettes de la condition féminine, du début du 20e à nos jours. Leurs récits en voix off dévoilent leurs rêves ef leurs pensées. La réalisatrice allemande montre surtout, entre abus, inceste ou stérilisation forcée, la violence faite aux femmes sous immuable domination patriarcale et les traumatismes qui en résultent, transmis de mère en fille. De l'éclairage à la bougie pour Alma, au téléphone portable de Lenka les décors et les vêtements changent, mais les comportements machistes n’évoluent guère.  

    Cette ambitieuse fresque historique, à la fois puissante, singulière, exigeante, déroutante, un rien spectrale et horrifique, souffre toutefois d’une certaine lourdeur, proche de l’ennui. On regrettera également, en dépit d’une esthétique riche, une mise en scène labyrinthique, passant trop souvent du flashback au flashforward.. Elle n’en a pas moins permis à Mascha Schilinski de décrocher, avec Sirat d’Olivier Laxe, le Prix du jury, au dernier Festival de Cannes. Les échos du passé a par ailleurs été choisi pour représenter l’Allemagne aux Oscars. Haut du formulaire

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 janvier.

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  • Grand écran: "Le pays d'Arto", voyage en Arménie en compagnie de Camille Cottin

    Céline (Camille Cottin) se rend pour la première fois en Arménie pour régulariser la mort de son mari. Elle doit retrouver son acte de naissance, afin que leur fils puisse hériter de sa nationalité. Mais elle découvre qu’Arto lui a menti pendant des années. Il a fait la guerre, pris une autre identité et est considéré comme déserteur par ses anciens amis. Céline entreprend alors un voyage dans son passé.. Au fil de son enquête, elle va rencontrer plusieurs personnes dont des anciens combattants et de jeunes militants.
     
    Le pays d’Arto est le premier long métrage de fiction de l’Arménienne Tamara Stepanyan. La réalisatrice, issue du documentai, entreprend un travail de mémoire  en nous emmenant dans un pays fracturé, défiguré par les catastrophes et les guerres. Derrière l’histoire personnelle d’un homme, se dévoilent les secrets et les traumatismes cachés d’une nation où le drame perdure dans une quasi indifférence mondiale.
     
    En mettant sobrement en scène a quête identitaire de son héroïne, Tamara Stepanyan livre un film proche du road movie. Digne, vrai, émouvant en dépit de quelques maladresses, il est porté par une excellente Camille Cottin, qui propose une interprétation touchante, délicate et sensible.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 31 décembre.

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