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le blog d'Edmée - Page 2

  • Grand écran: "Heart Of The Beast", "survival" hollywoodien, avec Brad Pitt façon MacGyver poussé à l'extrême

    Réalisé par David Ayer, Heart Of The Beast marque ses retrouvailles avec Brad Pitt, douze ans après Fury. L'histoire suit James Belmont, un ancien des forces spéciales et son chien de combat Odin, souffrant tous deux de stress post-traumatique, En l’occurrence, ils luttent pour leur survie en milieu hostile en Alaska, après un terrifiant crash d’avion. Ce huis clos en terre sauvage est acclamé par une partie de la critique, plus particulièrement en raison de son atout majeur, la relation fusionnelle entre l’homme et son chien. Ce dernier volant quasiment la vedette à Brad Pitt.

    Mais si le projet rend un bel hommage aux valeureux toutous de combat et de sauvetage, il s'embourbe dans le caricatural et l’artificiel avec le syndrome du surhomme. Ce survivalisme hollywoodien, entrecoupé de cauchemars de guerre, frise le grotesque avec une surenchère d’action et l'accumulation invraisemblable de tuiles qui s'abattent sur Brad Pitt.

    Outre l’accident d’avion initial, Il affronte avec un redoutable sang-froid et une incroyable insensibilité à la douleur, un infarctus, une meute de loups et un grizzly numériques, des torrents glacés, des cascades déchaînées, de graves chutes, des fractures ouvertes qu’il soigne lui-même en confectionnant des attelles de fortune.

    Ce côté vétéran viril et indestructible, façon MacGyver poussé à l’extrême, empêche toute tension dramatique dans cette aventure au scénario prévisible, manquant singulièrement de psychologie et de subtilité dans la mise en scène. Quant à l’éventuelle émotion, elle ne vient pas du protagoniste surhumain mais d’Odin, son brave partenaire à quatre pattes, un chien militaire amputé d'une patte dans le film. Il est craquant avec son regard expressif et la fidélité indéfectible qu'il porte à son maître.

    «Heart Of The Beast», 101 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 23 septembre.

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  • Grand écran: "Freedom-Le destin de Shewitt", combat acharné d'une jeune Erythréenne pour sa liberté. Edifiant et émouvant

    Réalisé par Anne-Frédérique Widmann, Freedom-Le destin de Shewitt, documentaire à la fois fort et intimiste, brosse le portrait d’une jeune Érythréenne qui a fui son pays à l'âge de 13 ans pour échapper à l'oppression et trouver refuge en Suisse. Où elle se bat pour obtenir le droit d’asile.

    Tourné sur dix ans, il nous laisse découvrir une survivante à un dangereux périple de deux ans, marqué par la traversée du désert, la détention par des trafiquants d'êtres humains en Libye et la traversée de la Méditerranée. Pour finalement se heurter à la violence invisible de la bureaucratie helvétique. Consistant en  l'absence prolongée de permis de séjour et la menace constante d'expulsion. Même si Shewitt fait tout bien. Car pour exister légalement en Suisse, elle doit être «parfaite».

    Le poids de l’attente administrative

    Empathique, la réalisatrice a choisi le terrain de l'humain, de l'émotion et de la réflexion, pour mettre en lumière la lutte des migrantes pour leur émancipation, leur soif d'autonomie et leur droit à la liberté face aux incertitudes administratives. En s'installant dans la durée, Anne-Frédérique Widmann montre  la transformation d'une timide adolescente déracinée, en une femme farouchement indépendante, et permet de mesurer le poids psychologique de l'attente administrative imposée par les autorités suisses.

    Shewitt se raconte elle-même, en voix off, donnant la définition de sa propre liberté. Elle refuse d'entrer dans la trajectoire traditionnelle des jeunes migrantes, soit la régularisation par le mariage arrangé ou la maternité. Son rêve c’est d’aller à l'école, faire un apprentissage de paysagiste, conduire sa voiture et posséder son propre appartement.

    Ode à l'extraordinaire courage et à la grande  résilience le documentaire essentiel montre ainsi que le voyage ne s'arrête pas au passage de la frontière, mais exige d’entreprendre un deuxième marathon, tout aussi éprouvant

    «Freedom-Le destin de Shewitt », 89 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 23 septembre.

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  • Grand écran: "Sense And Sensibility" de Georgia Oakley, rendez-vous manqué avec l'esprit de Jane Austen

    Réalisé par Georgia Oakley et scénarisé par la romancière australienne Diana Reid, Sense And Sensibility est adapté du roman éponyme de Jane Austen, son premier paru en  1811. À la mort de leur mari et père, Mrs. Dashwood et ses filles Elinor, Marianne et Margaret se retrouvent dans une situation financière précaire. Le domaine familial revient au demi-frère aîné, les obligeant à quitter leur grand manoir du Sussex, pour s'installer dans un petit cottage du Devon.

    Comme dans le livre, la cinéaste oppose les caractères et les visions de l'amour des deux aînées. Elinor (Daisy Edgar-Jones) incarne la raison et la retenue, cachant sa peine et ses sentiments naissants pour le réservé, discret et très moral Edward Ferrars tandis que l’ardente Marianne (Esmé Creed-Miles) représentant la passion et l'impulsivité s'éprend du séduisant, charismatique, superficiel et peu intègre John Willoughby, avant de faire face, le coeur brisé, à la dure réalité des conventions sociales

    Les adaptations des écrits de Jane Austen sont toujours décevantes à quelques exceptons près. La plupart peinent à restituer la modernité de son écriture privilégiant la vivacité du dialogue, son style incisif, son ironie mordante, sa peinture psychologique des conventions sociales de son époque. Et surtout la critique de la condition féminine, au cœur de son œuvre, qui fait d'elle une observatrice affûtée de la dépendance économique et sociale des femmes de la haute bourgeoisie au début du XIXe siècle.

    Une première partie qui fait du surplace

    Si Ang Lee s‘élevait presque à la hauteur de l’auteure avec son  Sense And Sensibiity sorti en 1995, ce n’est pas le cas de Georgia Oakley, même si elle s’autorise quelques libertés avec les conventions d’alors. Et veut apporter un regard neuf, en s'affranchissant de certains codes vestimentaires et capillaires stricts. Malheureusement, son film se traîne longuement, avant de nous intéresser à ce qui se passe sur l’écran.   

    La première partie fait ainsi du surplace, s'attardant péniblement sur la détresse financière, le deuil de la famille Dashwood et la rudesse de leur installation dans leur modeste maisonnette, pas si modeste que ça d’ailleurs, en bord de mer. En s’étirant de la sorte, le métrage adopte une tonalité sombre et un rien misérabiliste, qui s'éloigne de la dynamique romanesque.

    Il faut attendre une bonne heure pour que le film décolle et gagne enfin en tension avec les intrigues amoureuses (Elinor/ Edward et Marianne/Willlougby) qui s'accélèrent et les secrets qui éclatent. Un sursaut dramatique pourtant trop tardif pour provoquer un grand enthousiasme. En résumé, malgré une interprétation correcte et une belle photographie, Georgia Oakley manque son rendez-vous avec l’esprit de Jane Austen en proposant une version manquant d’âme, d’ironie, de rythme et de piquant.

    "Sense And Sensibiity", 131 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 septembre.  

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