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le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "Ingeborg Bachmann", portrait poétique et littéraire de la célèbre écrivaine autrichienne. Passionnant

    Le documentaire Ingeborg Bachmann-Jemand, der einmal ich war réalisé par Regina Schilling propose un portrait émouvant, singulier, de la poétesse et écrivaine autrichienne. Figure majeure de la littérature en langue allemande, elle est morte à 47 ans en 1973, des suites de graves brûlures lors de l'incendie de son appartement. Sa chemise de nuit a pris feu dans sa chambre, vraisemblablement après s'être endormie avec une cigarette allumée.

    Ce long-métrage passionnant délaisse la structure biographique linéaire classique pour proposer un dispositif original, créant un dialogue entre passé et présent. La célèbre autrice est incarnée par la magnétique Sandra Hüller (photo), qui se plonge avec une intensité saisissante dans la psyché de Bachmann, le temps d'une journée imaginaire à Rome.

    Entre reconstitutions, scènes improvisées, archives, textes, entretiens et extraits audio/vidéo originaux, on entend la voix complexe de Bachmann, douce, mélancolique, monocorde, presque timide, contrastant avec la puissance intellectuelle et la dureté des thèmes qu'elle abordait. Le film traverse ainsi les étapes clés de sa vie, partant de son enfance en Carinthie durant la guerre à son ascension au sein du Groupe 47 (célèbre cercle littéraire allemand), jusqu'à ses derniers jours à Rome.

    Le documentaire souligne le tiraillement de Bachmann entre sa célébrité publique et ses tourments existentiels, notamment à travers ses relations avec Max Frisch, Paul Celan et Hans Werner.Henze. Il explore aussi avec mordant la condescendance misogyne de ses pairs masculins et sa lutte constante pour forger une langue propre, autonome et radicale.

    «Ingeborg Bachmann-Jemand, der einmal ich war», 97 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 28 octobre.

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  • Grand écran: "Derborence, le temps des animaux", documentaire poétique, inspirant et visuellement splendide

    Vincent Chabloz est passionné de Derborence. Avec son premier long métrage, le cinéaste animalier nous emmène à la redécouverte de ce sanctuaire exceptionnel, bien connu des Alpes valaisannes. Un espace sauvage, inaccessible de novembre à mai, où les bêtes ont la préséance. Du coup il a décidé de structurer Derborence, le temps des animaux autour du cycle des saisons, et choisi, avec humour, d’inverser la perspective habituelle.

    Au printemps ce sont en effet les maîtres des lieux, chamois, renards, hermines, chouettes ou aigles royaux, qui observent les promeneurs revenus visiter le site. Ces derniers nous apparaissent indéniablement comme des intrus, par ailleurs plutôt moches, patauds et empotés, face à la beauté, la légèreté, l’élégance des représentants de la faune locale. En d’autres termes, la gent humaine n’a rien à faire là.

    Fruit d’un minutieux travail de huit ans obstiné et solitaire dans la mythique réserve naturelle, ce documentaire contemplatif, poétique, inspiré et inspirant, provoque de l’émotion, de l’empathie et de la tendresse pour ses protagonistes à poils et à plumes. Visuellement splendide, l’œuvre est émerveillement de tous les instants, qui nous rappelle l’impérative nécessité de protéger le vivant.

    «Derborence, le temps des animaux», 84 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 28 octobre.

     

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  • Grand écran: "Hope" déménage sec entre science-fiction, horreur, western et métaphore politique. Epuisant!

    L’événement avait électrisé la Croisette en mai dernier. Pour les fans surexcités et bon nombre de critiques, c’était une évidence. Attendu comme le messie, le Sud-Coréen Na Hong-jin, un habitué des lieux où il a présenté ses trois films. The Chaser, The Stranger et The Murderer allait remporter la Palme d’or avec. Hope. Mais la figure culte du cinéma de genre est reparti les mains vides.

    L’intrigue. Alors que le chef de la police Ko Bum-seok et ses hommes enquêtent sur d’affreuses mutilations de bétail et un massacre dans un village près de la zone démilitarisée, ils découvrent un vaisseau spatial écrasé dans la forêt et la présence de prédateurs extraterrestres. Ils s'enfoncent alors dans les bois pour éliminer la menace et comprennent rapidement qu’ils ne poursuivent pas un animal, mais qu’ils ont eux-mêmes chassés par une force invisible.

    Na Hong-jin bluffe son monde avec sa virtuosité dans ce film de monstres hors norme, visuellement ambitieux entre western, horreur, comédie, action et science-fiction, et qui déménage à une vitesse démente. Mais il faut quand même se farcir plus d’une heure épuisante de traque pour découvrir des monceaux de cadavres dans des lieux dévastés, avant de tomber sur une monstrueuse créature, dotée d’un redoutable pouvoir de destruction massive.

    Une fin abrupte pour cause de suite

    Et c’est reparti pour un tour vertigineux de course-poursuite sanglante. Le tout en compagnie en compagnie d’un flic aussi benêt que courageux, flanqué d’une bande de chasseurs armés jusqu’aux dents et d’une adjointe façon pilote de formule Un, tireuse d’élite et d’une grossièreté à toute épreuve. Alors 2h30 à ce régime, c’est quand même longuet.

    Hope, qui brosse en filigrane le portrait d'une Corée du Sud hantée par la peur de l'invasion, se termine de manière particulièrement abrupte. C’est volontaire. Na Hong-jin a en effet déclaré à Cannes que la suite est déjà écrite. Reste à la produire, ce qui ne devrait pas trop tarder.  Les fans salivent déjà!

    «Hope», 150 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 octobre.

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