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le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "Les rayons et les ombres" met Jean Dujardin dans la peau d'un collabo et révèle une actrice

    Après Marguerite en 2015 et Illusions perdues en 2021, Xavier Giannoli se penche sur la Seconde Guerre mondiale avec Les rayons et les ombres. Dans cette ambitieuse fresque à la fois intime et historique de plus de trois heures, le réalisateur décrit l’engrenage de la collaboration sous Pétain, qui poussa deux amis d’abord pacifistes, à devenir complices des pires atrocités du régime de Vichy

    Les principaux personnages du film qui débute à Paris après la Libération, en 1948, ont réellement existé. En ouverture, on découvre l’agression, pour collaboration, de la vedette de cinéma déchue Corinne Luchaire (Nastya Golubeva, la fille de Leos Carax,) qui vit dans un modeste logement social. Elle se réfugie chez sa voisine, qui lui prête un magnétophone. La jeune femme se lance alors dans le récit de son histoire.

    Flash back pour retrouver son père, Jean Luchaire  (Jean Dujardin) journaliste idéaliste à la tête d’un petit journal et Otto Abetz, (Auguste Diehl) un jeune allemand francophile. Liés depuis longtemps, ils se battent pour l’union franco-allemande suite à la Grande guerre, tandis que Corinne commence une très prometteuse carrière d’actrice.

    Le glissement vers l’infamie

    Malheureusement, le second conflit mondial éclate, la France est occupée et les deux militants pour la paix basculent. Otto, dont les désirs de réconciliation ont peu à peu été mis au service de Hitler, est nommé ambassadeur du Reich à Paris. Grâce à lui et ses petits services, l’opportuniste Jean fonde Le Nouveau Temps et devient un important patron de presse, grand promoteur de la collaboration avec l'occupant et ses politiques anti-juives. Il entraîne sa fille, à qui il transmet une tuberculose de plus en plus agressive, dans un milieu de plus en plus pourri. Tout un symbole, bien qu’un peu appuyé.

    Avec Les rayons et les ombres, vu à la fois sous l’angle du journalisme et du cinéma décrit comme une fenêtre de liberté, Xavier Giannoli évite la démonstration de la violence nazie à l’écran. Tout en condamnant les compromissions criminelles de ses protagonistes, au départ pas foncièrement mauvais, il sonde la corruption morale ambiante,  à travers le destin d’un homme de gauche, pacifiste convaincu, qui glisse petit à petit vers l’infamie.

    Minutiueuse reconstitution et excellents comédiens

    Proposant une reconstitution d’époque minutieuse, précise, le cinéaste s’attache principalement à reproduire la décadence et la débauche des élites du Paris collabo, s’anesthésiant, s’avilissant dans des fêtes somptueuses à l’ambassade allemande. A l’image de Jean Dujardin, se glissant magistralement dans la peau d’un lâche en quête de privilèges, de luxure et d’orgies. Au côté d’un August Diehl convaincant il s’égare, en dépit de ses convictions, entre son envie de sauver son journal et son besoin de parader avec les puissants du moment.    

    S’investissant passionnément dans le rôle de Corinne Luchaire, oubliée par l’Histoire, Natsya Golubeva est la révélation du film. Elle incarne un personnage complexe, fragile, insouciant. Une étoile montante des années 40 dont elle a look et le phrasé, mais qui ne connaîtra pas l’avenir radieux qui lui était promis.

    Pour elle et les autres, la Libération sera synonyme de descente aux enfers. La fin du film est marquée par la fuite vers Sigmaringen, puis le procès de Jean Luchaire, fusillé en février 1946. Quelques mois plus tard, Corinne est condamnée à dix ans d’indignité nationale. Emportée par la tuberculose, elle meurt en 1950. Elle avait 28 ans. Quant à Otto Abetz, condamné pour crimes de guerre, il est gracié en 1954 par le président René Coty.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.

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  • Grand écran: "Plus large que le ciel" s'attaque à l'IA, enjeu contemporain majeur

    Est-elle inquiétante, manipulatrice, menteuse, dangereuse? Représente-t-elle une chance unique, un énorme risque, une opportunité inédite, une grande illusion? Le documentaire du réalisateur Valerio Jalongo, Plus large que le ciel s’attaque à un enjeu majeur: l’intelligence artificielle dont il nous invite à explorer les multiples facettes. Nous laissant découvrir des univers singuliers, interrogeant la révolution de l’IA ainsi que ses implications politiques, éthiques, sociétales.

    Au lieu de dépeindre un futur dystopique dépassé par les machines, une entité autonome incontrôlable provoquant la méfiance et la peur, Valerio Jalongo tente d’aller au-delà des algorithmes, des robots et des entreprises qui les développent. Il donne la parole à des scientifiques, des politiques et des artistes, ouvrant une autre perspective sur ce que pourrait être l’avenir de l’IA au sein de nos sociétés, tout en dialoguant autour des interrogations d’un robot humanoïde (image) sur son identité et sa capacité à ressentir des émotions humaines

    Cette vision optimiste mêlant réflexion, science, philosophie, art, poésie et danse contemporaine, est censée amener le spectateur vers l’éventuelle conclusion que  l’IA, bien utilisée et surtout collectivement, permettrait de bâtir une meilleure société, plus juste, ainsi que des rapports différents à la créativité et au savoir. En d’autres termes, de façonner un futur positif pour l’humanité.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romandes depuis mercredi 11 mars.

     

      

     

     

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  • Grand écran: "La Maison des femmes", un film émouvant, pédagogique, nécessaire. Porté par Karin Viard

    Les violences faites aux femmes ne cessent d’augmenter et les institutions pour leur venir en aide sont souvent financièrement menacées. La réalisatrice française Mélisa Godet s’empare de cette situation dramatique dans La Maison des femmes, son premier long métrage. Il est inspiré de la structure réelle de Saint-Denis créée en 2016 par la Dre Ghada Hatem. Gynécologue franco-libanaise, elle se bat  depuis dix ans pour en  maintenir l'existence et offrir une prise en charge globale des femmes victimes de brutalités et de l'excision..

    Mélisa Godet retrace ainsi l'histoire de ce lieu unique où Diane, Manon, Inès, Awa et trois collègues masculins, animés d’une inépuisable énergie, d’une foi et d’une conviction inébranlables dans leur utilité, se battent chaque jour.  Entre soin, écoute et solidarité, ils accueillent, soutiennent, accompagnent les victimes dans leur reconstruction..

    En tête de casting, on retrouve Karin Viard, formidable dans l’un de ses meilleurs rôles, à la fois soignante et déterminée à maintenir l’institution à flot. C’est le moteur indispensable d'une équipe médico-sociale, où opèrent Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra. Ainsi que Pierre Deladonchamps, seul homme médecin du groupe, dont la présence est importante pour montrer que lui aussi estime inadmissible ce qu’on fait subir aux femmes.

    Militant, engagé à l’image des ses protagonistes,  ce film choral, émouvant, célèbre la résilience féminine et la force de la sororité. Nécessaire, pédagogique, sans pathos ni voyeurisme, il libère la parole des victimes, en donnant une grande place à leurs témoignages. A ne pas manquer.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, depuis mercredi 11 mars.

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