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le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "Nightborn" brise le mythe de l'inconditionnel amour maternel. Sous haute tension

    Inspiré du folklore nordique, Nightborn raconte la singulière histoire de Saga (Seidi Haarla) et Jon (Rupert Grint), un couple qui s'installe dans une maison isolée à côté d'une forêt, en Finlande. Entre suspense mental et film d'horreur fantastique, la réalisatrice finnoise Hanna Bergholm brise le mythe de l'immédiat et inconditionnel amour maternel, en évoquant la dépression post partum d’une mère qui la pousse au rejet viscéral de son nouveau-né.

    La détresse de Saga vient certes de son accouchement épuisant mais surtout du fait qu'elle ne reconnaît pas l'être qu'elle a mis au monde. Une réalité biologique et psychique poussée à l’extrême par l'auteure, dans la mesure où elle en fait un bébé monstrueux,

    Par son approche subtile et intelligente, Nightborn se démarque heureusement de la plupart des calamiteux films gore vus récemment. Il prouve que l'angoisse n'a pas besoin d’une surenchère visuelle, de mutilations abominables, de flots de sang et de fluides corporels répugnants pour être profondément dérangeante. Ici, l’horreur naît de la terreur de Saga face à son enfant perçu comme une créature menaçante. Une vérité. Par exemple, le bébé la blesse brutalement en la tétant jusqu'au sang, lui laissant endurer un véritable supplice.

    Une vraie tension psychologique

    Même s’il a parfois des baisses de régime, des rebondissements attendus et une fin trop explicite, le film provoque une vraie tension psychologique que les deux principaux protagonistes contribuent largement à maintenir. Intense, Seidi Haarla excelle à incarner la détresse, la fragilité, la folie et le délire d’une mère incapable d’aimer la chair de sa chair, subissant dès lors une pression sociale majeure.

    De son côté Rupert Grint se révèle parfait dans le rôle du père complètement largué mais résolument optimiste, tentant de maintenir l'illusion d'une jolie famille normale, et feignant de ne pas trouver inhabituels les étranges comportements de son fils.

    A l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 22 juillet.

     

     

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  • Grand écran: "Kayara", la quête d'émancipation d'une jeune et courageuse princesse inca. Plaisant

    Princesse inca de 16 ans, Kayara a pour rêve absolu de rejoindre les Chasquis, les légendaires messagers de l’empereur qui parcourent à pied la cordillère des Andes pour se transmettre les décrets royaux de poste en poste. Lorsque le souverain décède, c’est son fils Paoiui qui est désigné à sa place.

    Devant organiser la course traditionnelle permettant de nommer le nouveau chasqui, une mission réservée exclusivement aux hommes Paoiui refuse à son amie Kayara de participer. Celle-ci décide alors de se faire passer pour un garçon en revêtant un masque. L'intrigue suit son parcours initiatique où elle brave les interdits et les traditions de l'empire inca.

    Ce long métrage d’animation mêlant quête féministe et découverte de la civilisation, est réalisé par César Zelada et Dirk Hampel. Il révèle une héroïne farouchement déterminée à défier l’autorité et à affronter tous les risques. Plus intrépide, forte et rapide que les garçons pour devenir la meilleure. Ce  récit d’émancipation est notamment destiné à les sensibiliser au sexisme. Un peu décevant en raison d’un scénario trop prévisible et d’une animation minimaliste. Mais plaisant tout de même.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 22 juillet.

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  • Grand écran: "De la Comédie-Française", une oeuvre riche, joyeuse, trépidante, mêlant autodérision et tendresse. Interview

    Coréalisée par Martin Darondeau et Bertrand Usclat, De la Comédie-Française nous immerge dans les coulisses mouvementées de la prestigieuse institution. Un lieu où se côtoient différents milieux et personnalités, mais qui sont tous sur le même bateau. L'intrigue suit Nina (magnifique Pauline Clément), une sociétaire ultra stressée, qui a trois heures pour sauver sa première mise en scène de Macbeth.

    Hélas, les imprévus se multiplient. Allant de l’actrice principale coincée en Bretagne à la gestion d’un bébé, en passant par des conflits d’ego, des caprices de stars, des soucis techniques, des problèmes de badges et des pétages de plomb. Mais Nina doit absolument affronter cette cascade de catastrophes. D’abord conciliante, arrangeante, gentille, elle va apprendre à s’imposer au fil des minutes, pour que le rideau se lève. Car à la Comédie-Française peu importent les difficultés, il est totalement exclu d’annuler une représentation.

    Hommage aux 400 salariés de la Maison de Molière

    Révélés notamment sur Internet et dans des programmes courts, Martin Darondeau et Bertrand Usclat, auxquels se sont jointes Pauline Clément et Clémence Dargent pour l’écriture du scénario, ont travaillé avec de véritables membres de la troupe de la Comédie-Française pour garantir l’authenticité dans tous les domaines. Ils les ont ainsi rencontrés à de nombreuses reprises dans le but de mieux connaître les habitudes de travail de chacun, nourrissant le récit de faits réels, de situations insolites, de potins et d’anecdotes.

    Tout en rendant un vibrant hommage aux 400 salariés de la Maison de Molière (comédiens évidemment, mais aussi régisseurs, éclairagistes, costumiers, maquilleurs, responsables de la billetterie…), les deux auteurs proposent une comédie riche, joyeuse, sociétale, efficace, trépidante. Bouclée tambour battant en 75 minutes, mêlant autodérision et tendresse, elle séduit autant par son excellente interprétation, que par ses dialogues, son rythme et son humour.

    Un premier long métrage  

    "C’est une comédie résolument populaire. On n’a pas besoin de connaître le théâtre, avoir des références, pour prendre du plaisir. Mais au-delà du rire qu’elle déclenche, on espère surtout transmettre notre amour du spectacle vivant". De passage à Genève, Martin Darondeau nous raconte l’origine de cette aventure, un premier long métrage pour lui et Bertrand Usclat, ainsi qu’une première à l’écran pour la Comédie-Française.

    «On travaille depuis longtemps sur des sketches avec Pauline Clément, qui est donc sociétaire de la Maison. Un jour la Comédie lui a dit que si elle avait envie de proposer quelque chose, elle était la bienvenue. Elle nous en a parlé et à l’origine, ce devait être une série. Et puis c’est devenu un long métrage grâce à la disponibilité exceptionnelle de la salle Richelieu en raison de travaux. Mais le temps était compté. Elle n’était libre qu’en juin. Ce fut alors une course contre la montre. Un tournage totalement inhabituel de 15 jours. Un pari fou… ou pas».

    Bertrand Usclat et vous venez du théâtre. Vous évoluez en terrain connu.

    En effet. On parle d’un milieu qu’on affectionne et on fait du cinéma avec nos armes. En écrivant ce qui nous amuse, dont ici les différentes situations chaotiques, absurdes, sous pression, évoquées selon les individus. En grossissant le trait, voire en poussant le curseur à l’extrême On crée alors une galerie de personnages archétypiques, drôles, exacerbés, crédibles, et on tisse l’ensemble pour mettre en lumière tous ceux qui oeuvrent au bien-être de l’institution.

    Rien ne se passe comme prévu à trois heures du lever de rideau. L’un des ressorts comiques c’est cette histoire de badge que la metteuse en scène a oublié et qui l’empêche, au début, d’entrer dans la Comédie alors que tout le monde la connaît.

    C’est Pauline qui l’a provoqué. Un truc universel. On a tous connu une institution où on est coincé si on n’a pas son badge. Mais derrière cette plaisanterie se cache la réalité d’un endroit prônant la précision, le collectif, l’exigence.  

    Sans oublier la discipline.

    Elle est en effet carrément militaire. Les acteurs issus du théâtre partagent une rigueur particulière. Les premiers jours on nous a dit qu’on pouvait travailler jusqu’à 17 heures. Et l’heure d’est l’heure. Il y a un protocole que chacun respecte. C’est pour cela que la Maison tourne depuis 400 ans. 

    Un mot encore sur le choix des acteurs

    Très simple. On a pris le tiers de la troupe originale. Donc tous les rôles, y compris les plus modestes sont interprétés par des sociétaires ou pensionnaires de la Comédie française. Tous ont dit oui. A l’image de Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, ou Marina Hands, qu’on voulait absolument. Et bien sûr Pauline Clément, dont on a eu envie de creuser le personnage. Forcée de concilier vies professionnelle et privée, elle va finalement montrer, face aux nombreux obstacles à surmonter, une grande force intérieure derrière une apparence fragile.

    "De la Comédie française" à l’affiche dans les salles romandes, dès mercredi 22 juillet. A noter que le film a quasiment tout raflé au Festival de l'Alpe d'Huez.

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