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le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "Derborence, le temps des animaux", documentaire poétique, inspirant et visuellement splendide

    Vincent Chabloz est passionné de Derborence. Avec son premier long métrage, le cinéaste animalier nous emmène à la redécouverte de ce sanctuaire exceptionnel, bien connu des Alpes valaisannes. Un espace sauvage, inaccessible de novembre à mai, où les bêtes ont la préséance. Du coup il a décidé de structurer Derborence, le temps des animaux autour du cycle des saisons, et choisi, avec humour, d’inverser la perspective habituelle.

    Au printemps ce sont en effet les maîtres des lieux, chamois, renards, hermines, chouettes ou aigles royaux, qui observent les promeneurs revenus visiter le site. Ces derniers nous apparaissent indéniablement comme des intrus, par ailleurs plutôt moches, patauds et empotés, face à la beauté, la légèreté, l’élégance des représentants de la faune locale. En d’autres termes, la gent humaine n’a rien à faire là.

    Fruit d’un minutieux travail de huit ans obstiné et solitaire dans la mythique réserve naturelle, ce documentaire contemplatif, poétique, inspiré et inspirant, provoque de l’émotion, de l’empathie et de la tendresse pour ses protagonistes à poils et à plumes. Visuellement splendide, l’œuvre est émerveillement de tous les instants, qui nous rappelle l’impérative nécessité de protéger le vivant.

    «Derborence, le temps des animaux», 84 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 28 octobre.

     

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  • Grand écran: "Hope" déménage sec entre science-fiction, horreur, western et métaphore politique. Epuisant!

    L’événement avait électrisé la Croisette en mai dernier. Pour les fans surexcités et bon nombre de critiques, c’était une évidence. Attendu comme le messie, le Sud-Coréen Na Hong-jin, un habitué des lieux où il a présenté ses trois films. The Chaser, The Stranger et The Murderer allait remporter la Palme d’or avec. Hope. Mais la figure culte du cinéma de genre est reparti les mains vides.

    L’intrigue. Alors que le chef de la police Ko Bum-seok et ses hommes enquêtent sur d’affreuses mutilations de bétail et un massacre dans un village près de la zone démilitarisée, ils découvrent un vaisseau spatial écrasé dans la forêt et la présence de prédateurs extraterrestres. Ils s'enfoncent alors dans les bois pour éliminer la menace et comprennent rapidement qu’ils ne poursuivent pas un animal, mais qu’ils ont eux-mêmes chassés par une force invisible.

    Na Hong-jin bluffe son monde avec sa virtuosité dans ce film de monstres hors norme, visuellement ambitieux entre western, horreur, comédie, action et science-fiction, et qui déménage à une vitesse démente. Mais il faut quand même se farcir plus d’une heure épuisante de traque pour découvrir des monceaux de cadavres dans des lieux dévastés, avant de tomber sur une monstrueuse créature, dotée d’un redoutable pouvoir de destruction massive.

    Une fin abrupte pour cause de suite

    Et c’est reparti pour un tour vertigineux de course-poursuite sanglante. Le tout en compagnie en compagnie d’un flic aussi benêt que courageux, flanqué d’une bande de chasseurs armés jusqu’aux dents et d’une adjointe façon pilote de formule Un, tireuse d’élite et d’une grossièreté à toute épreuve. Alors 2h30 à ce régime, c’est quand même longuet.

    Hope, qui brosse en filigrane le portrait d'une Corée du Sud hantée par la peur de l'invasion, se termine de manière particulièrement abrupte. C’est volontaire. Na Hong-jin a en effet déclaré à Cannes que la suite est déjà écrite. Reste à la produire, ce qui ne devrait pas trop tarder.  Les fans salivent déjà!

    «Hope», 150 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 octobre.

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  • Grand écran: "Le Fantôme de l'Opéra", un drame gothique qui vire au teen movie façon Twilight

    Dans sa relecture du roman de Gaston Leroux, paru en 1910, le réalisateur Alexandre Castagnetti transpose Le Fantôme de l’Opéra à notre époque. Et remplace la cantatrice Christine Daaé par la jeune danseuse Anastasia Maresc (Deva Cassel), qui rêve d'intégrer le milieu exclusif et impitoyable du ballet de l’Opéra de Paris, Elle y répète Orpheus, une œuvre maudite attribuée au légendaire fantôme, sous la direction artistique de James (Romain Duris), C’est alors qu’elle rencontre, dans les méandres du prestigieux établissement, un mystérieux pianiste (Julien De Saint Jean) qui la fascine et dont elle tombe amoureuse.

    Mais à l’approche de la première représentation, entre accidents inexpliqués, révélations troublantes et superstitions, Anastasia se trouve plongée dans une idylle impossible, à la frontière du réel et du fantastique. Et c’est là qu’on perd toute l‘essence du mythe, le fantôme n’étant plus un monstre repoussant mais un jeune premier séduisant. Du coup, en supprimant la laideur et la noirceur morale du personnage masqué pour en faire un prétendant romantique conventionnel, Alexandre Castagnetti transforme hélas un drame gothique oppressant pimenté d’horreur, en un teen movie façon Twilight.

    L’esthétique est en revanche soignée. Merci pour la visite du Palais Garnier, un décor à lui tout seul, mis en valeur par la photographie de Nicolas Bolduc avec de superbes clairs-obscurs. Les tableaux dansés sont eux aussi très beaux, à l’image du ballet final, somptueux et plein de grâce.

    Côté comédiens, Deva Cassel, brille davantage par sa beauté, sa présence magnétique et son expression corporelle que par son jeu verbal. Elle se révèle toutefois plus convaincante que Romain Duris, carrément ridicule en maître de ballet tyrannique. A aucun moment, on ne croit à son personnage de chorégraphe exigeant, torturé, hystérique et branchouillard, confondant la folie artistique avec la crise de nerfs.

    «Le Fantôme de l’Opéra», 134 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 octobre.

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