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le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "La mia famiglia italiana", une comédie humaniste, chaleureuse, mais trop conventionnelle et plan-plan

    Le film suit un professeur à la retraite. Septuagénaire solitaire et cultivé, il mène une vie tranquille, ordonnée sinon millimétrée, dans son bel appartement romain. Aimant la lecture, le vin blanc et les petits plats, il partage ses journées entre la bibliothèque, les déambulations dans son quartier et les discussions de comptoir, tout en entretenant une relation amicale avec la fougueuse Giovanna, une dame de son âge, amoureuse de lui, mais dont il repousse les avances au début. Mais sa routine est bouleversée et le chaos s’installe, lorsque sa fille Sofia, en pleine crise conjugale, débarque d’Allemagne à l’improviste avec ses deux enfants turbulents, dont il va devoir s’occuper.

    Cette cohabitation intergénérationnelle le force à sortir de sa bulle ,à lâcher prise, à s'ouvrir à l'imprévu. Il va alors redécouvrir l’importance des liens familiaux et le besoin d'amour, en s’avouant ses sentiments pour Giovanna. Parallèlement Helmut, son gendre, entreprend une longue marche improbable d’Allemagne en Italie pour tenter de recoller les morceaux avec Sofia, qu’il a trompée avec une étudiante. Des scènes en forme de pièce rapportée sans grand intérêt. 

    Un ton minimaliste et intimiste

    Comme d’habitude on retrouve, derrière et devant la caméra, Gianni Di Gregorio, à qui on doit notamment Le déjeuner du 15 août son plus grand succès critique et public. Arrivé à la réalisation sur le tard, à l'âge de 59 ans il a développé son propre style, où il met en scène sa vie à travers son double cinématographique, un personnage souvent nommé « Gianni ». Ce n’est toutefois pas le cas dans son dernier opus,  La mia famiglia italiana (Ma famille italienne), où il est simplement désigné comme il professore

    Ce maître de l’autofiction harmonieuse privilégie un ton minimaliste, intimiste, misant sur les habitudes, les petits riens du quotidien. Ce qui fait en général le charme de ses films. En l’occurrence pourtant, il propose une comédie plan-plan sur les liens intergénérationnels. Certes humaniste, chaleureuse, esthétique, mais également conventionnelle et paresseuse. A l’image de son rôle. Il finit par lasser à force d’incarner ce personnage fétiche de professeur ronchon un peu dépassé par les événements et farouchement attaché à son petit confort. Côté interprétation, on n’est pas non plus très fan de celle d’Iaia Forte en Giovanna exubérante et envahissante, diva de province tentant d’imiter Monica Bellucci

    «La mia famiglia italiana», 97 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.

     

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  • Grand écran: "Pressure", duel psychologique haletant et compte à rebours crucial pour le salut de l'Europe

    Thriller militaire historique et militaire Pressure d’Anthony Maras, délaisse le côté spectaculaire des champs de bataille pour se concentrer sur un enjeu invisible mais crucial, les prévisions météo du D-Day. Adapté de la pièce de théâtre de David Haig, ce huis clos transforme des courbes barométriques en un suspense haletant. Il se déroule donc durant les 72 heures précédant le débarquement de Normandie du 6 juin 1944., soulignant le rôle essentiel de la météorologie dans le succès de l'opération Overlord

    Alors que le général Eisenhower (Brendan Fraser) s'apprête à lancer la plus grande invasion amphibie de l'histoire, une terrible tempête la menace. Deux visions différentes s'affrontent alors: celle du colonel écossais James Stagg (Andrew Scott), météorologue en chef des forces alliées, qui prédit un cataclysme climatique et pousse au report du Jour-J . S’y oppose son homologue américain Irving P. Krick (Chris Messina), beaucoup plus optimiste et utilisant une méthode basée sur l'historique des cartes et les statistiques. Face à un enjeu monumental, les deux hommes se livrent à un intense duel psychologique, idéologique et intellectuel autour de ce thème décisif.

    Excellente interprétation

    Le film est porté par d’excellents interprètes, à commencer par les deux principaux. Andrew Scott livre une prestation poignante. Il incarne un bon soldat écossais obéissant, rigoureux, obstiné, peu soucieux de sa popularité, déchiré entre son devoir militaire et l'accouchement imminent de sa femme. Charismatique et exubérant, Chris Messina se révèle lui aussi convaincant dans le rôle de l’Américain sûr de lui, arrogant, fier de ses succès passés. Ayant de plus l’oreille d’Eisenhower, il insiste pour que l’assaut soit maintenu à la date initialement prévue du 5 juin. 

    Une héroïne sous-estimée

    Un regret pourtant dans ce film aussi passionnant qu’instructif glorifiant ces experts méconnus du grand public, ces héros de l’ombre acteurs décisifs de la victoire alliée. Le réalisateur sous-estime Maureen Flavin Sweeney, dont le rôle s’est pourtant révélé capital, en alertant James Stagg du danger. Elle est en effet la première personne à avoir détecté, dans la nuit du 2 au 3 juin 1944, depuis son phare irlandais isolé, la tempête qui menaçait d'anéantir le débarquement.

    Un regret pourtant dans ce film aussi passionnant qu’instructif glorifiant ces experts méconnus du grand public, ces héros de l’ombre acteurs décisifs de la victoire alliée. Le réalisateur sous-estime Maureen Flavin Sweeney, dont le rôle s’est pourtant révélé capital, en alertant James Stagg du danger. Elle est en effet la première personne à avoir détecté, dans la nuit du 2 au 3 juin 1944, depuis son phare irlandais isolé, la tempête qui menaçait d'anéantir le débarquement.

    Le bulletin météo précis de cette postière de 21 ans convainc le scientifique écossais de contredire ses homologues américains et de pousser Eisenhower à reporter l’opération du 5 au 6 juin. Sans elle, la flotte alliée aurait été surprise en pleine mer par une violente la tempête . Face à la machine de guerre nazie et à la puissance technologique américaine, le grain de sable qui a fait dérailler les plans d'Hitler est une simple aiguille de baromètre observée par la jeune Maureen. Le destin de la Seconde Guerre mondiale a ainsi littéralement reposé sur ses relevés météorologiques.

    Certes l’apport de la station irlandaise est mentionné dans Pressure, mais le personnage et le nom de Maureen sont relégués loin derrière les joutes verbales à l'état-major. Décédée en 2023 à l'âge de 100 ans, Maureen a ignoré l'impact mondial de ses lectures jusqu'en 1956. En 2021 elle a finalement reçu une reconnaissance officielle du Congrès américain pour son rôle héroïque.

    «Pressure», 100 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.

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  • Grand écran:"Becaària", un plaisant récit d'apprentissage dans les alpages de la Vallemaggia

    Un becaària en français, c’est un bon à rien. C’est ainsi que s’intitule le quatrième long-métrage du réalisateur tessinois Erik Bernasconi, adapté du roman éponyme de l'écrivain également tessinois Giorgio Genetelli. L'histoire se déroule en 1977 dans un petit village, au lendemain des bouleversements sociaux de Mai 68. Mario, (Francesco Tozzi), ado rebelle de16 ans en pleine crise, multplie les problèmes scolaires et se heurte à l'autorité d'un père très strict, qui ne le comprend pas et le considère comme un bon à rien.  

    Pour le punir et lui inculquer le sens du devoir et des responsabilités, il décide de l'envoyer travailler tout l’été comme fermier dans les alpages de la Vallemaggia. Perspective au départ peu enviable pour Mario, qui va se retrouver au cœur d'une nature sauvage, loin de son confort et de ses repères habituels, astreint par ailleurs à un boulot physique assez pénible.

    Mais le garçon, qui n’a plus à subir les reproches paternels, profitera au contraire de cet exil montagnard à la dure, pour apprendre, découvrir une nouvelle vision de la vie, s’ouvrir aux autres , à la sensualité et faire l’expérience d’un premier amour passionné. Le becaària va ainsi revenir changé, au terme de ce séjour qui s’annonçait comme un pensum, mais qui lui a permis de s’affranchir en trouvant sa propre voie.

    Avec cette esthétique chronique estivale, qui séduit aussi par l’interprétation du jeune Francesco Tozzi, Erik Bernaconi propose un récit d'apprentissage plaisant, sensible, sans prétention. Il avait remporté le Prix du public aux Journées de Soleure, en janvier dernier.

    «Becaària», 108 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 2  septembre.

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