Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "Ni vue ni connue" met face à face Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain. Un duo piquant dans une satire caustique

    Corinne Maclou (Isabelle Huppert) est une figurante qui enchaîne les tournages, les grandes et petites humiliations, dans l'espoir d'obtenir enfin un vrai rôle. Tenace et passionnée, elle désespère pourtant de percer, lorsque sa vie prend un nouveau tournant en croisant la route d'une actrice célèbre (Sandrine Kiberlain). Une relation se noue et Corinne espère voir son rêve se réaliser, tout en doutant que cette vedette veuille véritablement l'aider à intégrer la grande famille du cinéma.

    Complices et irrésistiblement comiques, les deux comédiennes qui se connaissent bien forment un duo parfait dans cette satire jubilatoire. A contre-emploi. l'icone Isabelle Huppert excelle en figurante maladroite espérant crever l’écran,. pot de colle et vindicative. Quant à la piquante Sandrine Kiberlain, elle s’amuse avec une certaine férocité de son statut caricatural de star gaffeuse, un peu fragile, capricieuse, snob et déconnectée, qui prend Corinne sous son aile.

    Montrant l’envers du décor, avec un humour qui rappelle la série Dix pour cent dont il a réalisé plusieurs épisodes. le réalisateur Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait caustique du milieu dont il explore les rapports de domination, le nombrilisme et les aberrations. Cette comédie bien rythmée, avec des répliques qui font mouche, ne manque par ailleurs pas de tendresse, en rendant  un joli hommage aux figurants, personnages de l'ombre sans qui le cinéma n'existerait pas.

    "Ni vue ni connue", 115 minutes, à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 octobre.

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran:"The Social Reckoning", un procès essentiel mais une mise en scène qui plombe la tension

    Seize ans après The Social Network de David Fincher dont il était le scénariste, Aaron Sorkin poursuit l’intrigue en réalisant The Social Reckoning. Un thriller journalistique centré sur les dérives éthiques du géant du web de 2019 à 2021  Le scénario retrace l'histoire vraie de la lanceuse d'alerte Frances Haugen et les fuites de documents qui ont mené à la célèbre enquête du Wall Street Journal intitulée The Facebook Files.

    On suit ainsi la jeune femme incarnée avec brio par Mikey Madison, oscarisée l’an dernier pour son rôle dans le palmé cannois Anora. Talentueuse ingénieure, elle a été recrutée par Facebook pour travailler au département de l'intégrité civique. Elle découvre rapidement que l’entreprise, avide de maximiser ses profits, a sciemment modifié ses algorithmes afin de rendre viraux les contenus haineux, clivants, ainsi que la désinformation.

    Atterrée par l'impact sur les adolescents d'Instagram et de Facebook sur le mal-être, la détresse psychologique des jeunes et par l'inaction de la direction face à l'utilisation de la plateforme par des réseaux criminels, elle met à copier secrètement des milliers de pages de documents internes et contacte le journaliste du Wall Street Journal, Jeff Horwitz (Jeremy Allen White)

    Parallèlement, le film montre Mark Zuckerberg (Jeremy Strong), qui prépare son audition devant le Congrès américain avec une simulation d'interrogatoire. En janvier 2021. la publication des documents du Wall Street Journal fait l'effet d'une bombe, tandis que les tensions en ligne culminent de façon spectaculaire lors de l'attaque du Capitole à Washington. Le témoignage public et historique de la lanceuse d'alerte face aux sénateurs, clôt ce film qui souffre de la comparaison avec The Social Network virtuose de David Fincher.

    Un Mark Zuckerberg caricatural

    Si on salue la justesse du scénario, un propos argumenté, une investigation menée avec sérieux, on regrette, dans cette suite spirituelle d’Aaron Sorkin, une mise en scène classique, plate, appliquée, un style scolaire, didactique, moralisateur, qui tue le suspense et nuit à la tension dramatique inhérents à un tel sujet. Par ailleurs, si Mikey Madison rend le personnage de Frances Haugen très convaincant, Jeremy Strong campe un Mark Zuckerberg assez caricatural, un méchant rigide, robotique, colérique, égotique, convaincu d’être seul à détenir la vérité, sourd à toute contradiction. Très loin du jeune universitaire arrogant, fascinant et ambigu interprété à l’époque par Jesse Eisenberg.

    Mais voilà  qui n’empêche pas une bonne partie de la critique de saluer un film dossier essentiel, un thriller journalistique captivant d’utilité publique, qui dénonce vigoureusement et avec raison les dangers des réseaux sociaux.

    «The Social Reckoning», 112 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 octobre.

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran: "La frappe" montre la douloureuse persistance des ravages de l'inceste. Et révèle deux jeunes interprètes

    Premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri, La frappe raconte l’histoire d’Enzo, 19 ans et de sa soeur Carla, 20 ans. Vivant dans le sud de la France, ils sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony (Bastien Bouillon), un homme toxique dont ils ont, enfants, subi l'emprise et les abus sort de prison, Enzo rêve de reconstruire une famille unie. Mais Carla refuse catégoriquement cette idée. Elle veut protéger son frère d'un passé douloureux. Rattrapé par des non-dits, Enzo doit affronter une vérité qu'il a trop longtemps dissimulée.

    Avec ce drame intense, intime, évoquant l'inceste et le poids du silence familial, le réalisateur propose une œuvre choc sur un sujet difficile. Tout en évitant l’écueil du voyeurisme, du manichéisme, de la psychologie, du mélodrame, il montre à travers des scènes bouleversantes, glaçantes, dérangeantes, à quel point les blessures persistent longtemps après les agressions.

    Ce récit impressionnant, exigeant, est porté deux jeunes acteurs remarquables de justesse, qui se hissent naturellement à la hauteur de l’impeccable Bastien Bouillon. Dans le rôle de Carla, la Jurassienne Romane Fringeli est une véritable révélation. Habitée, authentique, elle nous laisse ressentir la colère, la douleur de son personnage abîmé. Quant à l’acteur belge Diego Murgia, déjà apparu sur grand et petit écran, il se glisse magistralement dans la peau d’Enzo, mutique, fort et fragile, poignant dans sa façon de faire remonter progressivement, viscéralement, les traumatismes liés à l’inceste.

    Il a d’ailleurs logiquement décroché  le Valois du meilleur acteur au dernier Festival d’Angoulème, tandis que Julien Gaspar-Oliveri recevait, lui, le Prix de la mise en scène.

    «La frappe», 106 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 octobre.

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire