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le blog d'Edmée - Page 3

  • Grand écran: "Clayface", quête obsessionnelle d'un monstre pour un récit de vengeance sans surprise

    Thriller d'horreur psychologique teinté de  body horror Clayface suit Matt Hagen (Tom Rhys Harries), un jeune acteur très prometteur. L’irrésistible ascension hollywoodienne de cet enfant des rues de Gotham City est toutefois brutalement stoppée, lorsqu'un baron du crime local le laisse affreusement défiguré. Abandonné de tous, Matt se tourne vers un traitement scientifique à base de nanotechnologies qu’expérimente la jeune et belle chercheuse Caitlin Corr (Naomi Ackie).

    Le protocole lui rend miraculeusement son apparence, mais ses effets secondaires sont dévastateurs, altérant profondément sa perception de la réalité. Possédant dès lors la redoutable capacité de métamorphoser son corps en une matière argileuse et malléable, Matt Hagen peut prendre l'apparence de n'importe qui. Consumé par la rage, hanté par la perte de son identité, pris dans une quête obsessionnelle, il sombre dans la vengeance et la monstruosité. 

    Réalisé par James Watkins sur un scénario de Mike Flanagan et Hossein Amini, porté par le convaincant  comédien britannique Tom Rhys Harries, Clayface se distingue des blockbusters de super-héros traditionnels, en se focalisant sur la tragédie intime du personnage. Et en s’appuyant sur des effets spéciaux prothétiques concrets, plutôt que sur le tout-numérique. Il rappelle ainsi les classiques des années 80, comme par exemple La mouche de David Cronenberg  (

    Rappelle seulement. Si dans sa première partie, le film critique avec une certaine férocité un panier de crabes hollywoodien, il se satisfait ensuite d’un récit revanchard sans surprise, loin des œuvres du  génial auteur canadien. On n’est pas non plus très fan du lien amoureux aussi inévitable qu’artificiel entre Matt et sa séduisante doctoresse. En revanche les amateurs de sensations fortes apprécieront des scènes de mutation et de mutilation, à l’image de celle où le héros pratique une auto-chirurgie oculaire dans les toilettes d’un avion. en pleine zone de turbulences!

    «Clayface», 108 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 octobre.

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  • Grand écran: "Shana", la rage de vivre d'une jeune femme excessive, amusante et attachante

    Shana, une jeune femme de 25 ans au tempérament explosif et au langage cru tente de sortir de sa relation toxique avec Moïse, son compagnon violent incarcéré, tout en continuant à gérer pour lui un petit trafic  de cocaïne. Cette chronique d'émancipation urbaine, premier long métrage de Lila Pinell, est directement inspirée du vécu d’Êva Huault, son actrice principale
     
    Le film la suit dans le rôle de Shana, qui accumule les galères financières et affectives à Paris. Elle a connu un parcours chaotique marqué par l'enfance en foyer, la prostitution et la drogue. Tout en tentant de surnager face aux turbulences quotidiennes grâce à sa bande de copines, Shana renoue avec sa famille en prévision de la Bat Mitzvah de sa demi-sœur. Mais les retrouvailles avec sa mère (Noémie Lvovsky). tournent systématiquement au conflit.  
     
    À la mort de sa grand-mère, la jeune femme hérite d'une bague censée la protéger du mauvais œil. Le talisman se révèle toutefois inopérant avec la sortie de prison de Moïse, dont le retour la replonge  dans une spirale infernale. Mésaventures, dettes et brutalités se multiplient. Mais Shana finit par dire stop, refusant le statut de victime. Son énergie, sa combativité et la solidarité sans faille de ses amies la poussent à relever la tête et conquérir son indépendance.
     
    Lila Pinell livre ainsi une comédie dramatique teintée de réalisme social et de mysticisme familial, avec clins d'œil aux plaies d'Égypte. Evitant le piège du misérabilisme, elle est portée de bout en bout par Eva Huault, héroïne amusante et attachante avec sa gouaille, son audace et son sens de la débrouille. Même si elle a tendance à nous saouler avec son impulsivité, sa fougue et son débit verbal à la mitraillette.
     
    «Shana», 80 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 octobre.
     
     
     

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  • Grand écran: "Une femme aujourd'hui" suit une trentenaire victime d'un viol et révèle une actrice

    Mélodrame social et politique, Une femme aujourd'hui s'attache au parcours d'une trentenaire, Juliette, magnifiquement interprétée par Marilou Aussilloux, une révélation. Avec son vingt-cinquième long métrage, Robert Guédiguian filme un univers qui lui est habituellement étranger,  celui de la haute finance, des cadres supérieurs et du luxe. Pas très chaleureuse, matérialiste, coupée des réalités, Juliette y évolue avec l'assurance des privilégiés. Elle a tout pour elle: un poste prestigieux, une belle maison avec piscine, une existence très agréablement rythmée par les voyages et les amours de passage.

    Cet univers quasi parfait s’effondre lorsqu’elle est agressée par un collègue, qui  l’embrasse de force dans une fête de boîte, avant de la violer dans sa voiture. Pour redonner un sens à sa vie après cet acte odieux, elle quitte son milieu superficiel, pour se reconnecter à la rudesse du monde réel. Elle choisit de s'impliquer auprès de mineures enceintes et de victimes de violences dans un centre d’aide. Le film montre ainsi que la reconstruction personnelle, suite à un trauma, peut passer par l’action collective et la nécessité de se sentir utile en se mobilisant pour une cause.

    Codes bousculés, idéaux conservés

    Avec ce film au scénario coécrit avec Serge Valletti et Laurette Polmanss, le réalisateur marseillais bouscule ses propres codes sans pour autant renier ses idéaux. Et livre un film sincère, ancré dans les problématiques actuelles, toujours fidèle à sa vision sociale. Même si certaines transitions assez schématiques relèvent parfois de l’idéalisme.

    Passant de l'arrogance à la vulnérabilité, puis à la force d'une femme déterminée à se relever,  Marilou Aussilloux porte pratiquement ce film au côté des piliers du cinéma de Guédiguian, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan, égaux à eux-mêmes depuis trente ans.

    Un bémol et un regret toutefois. Le titre de cette fable, scrutant un traumatisme lié au sexisme systémique en entreprise, se révèle pour le moins maladroit sinon carrément choquant. Il semble en effet postuler que Juliette doive passer par un viol, puis quitter son milieu toxique pour guérir de son agression, gagner en altruisme, en humanité et incarner…une femme contemporaine-..

    "Une femme aujourd’hui", 123 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi  21 octobre.

     

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