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le blog d'Edmée - Page 44

  • Grand écran: "Le Déluge" nous fait partager les derniers jours de Louis XVI et Marie-Antoinette. Avec Guillaume Canet et Mélanie Laurent

    Après la fameuse fuite de Varennes en 1791, la famille royale sera rattrapée par la garde nationale Arrêtée, elle sera finalement emprisonnée  à La Tour du Temple, près de Paris, à partir du 13 août de l’année suivante. dans l’attente de leur procès et de leur exécution programmée .  

    Tourné à Rome et à Turin sur fond d’images de synthèse du Paris de l’époque, Le Déluge  signé du réalisateur italien Gianluca Jodice est né de la lecture, par hasard, d’un livre relatant le procès de Louis VXI, dernier souverain de l’Ancien Régime. Tiré des carnets  de Jean-Baptiste Cléry, valet personnel du roi  resté auprès de son maître jusqu’au bout, il évoque, selon son auteur, une apocalypse historique et intime, en racontant à la fois la fin d’un homme et  d’une époque

    Divisant son film en trois chapitres, les dieux, les hommes et les morts, l’auteur a choisi un angle intéressant en nous laissant  partager les derniers jours de Louis VXI, de Marie-Antoinette  et de leurs deux enfants. Alors qu’ils ont toujours vécu dans le luxe et la splendeur de Versailles,  Ils sont très rapidement  privés de leurs privilèges, dénués de tout, négligés et raillés, obligés de porter des vêtements et des perruques sales, de manger avec les doigts. Morts en somme avant d’être guillotinés.

    Quant à leurs gardiens révolutionnaires, ils sont montrés comme des soudards assoiffés de vengeance et de sang,  l’un d’eux n’hésitant pas à violer Marie-Antoinette en échange de quelques faveurs pour sa progéniture. Une scène improbable, où le réalisateur n’a pas hésité à sacrifier la vérité  à la licence cinématographique, ce qui fera sans doute hausser quelques sourcils de spécialistes. Même si Les heures sombres de la Terreur n’en sont pas moins bien rendues. A l’image d’un monde basculant dans un autre.

    Outre ses décors soignés, Le Déluge le film, qui certes n’atteint pas des sommets, se laisse toutefois aussi voir pour ses deux comédiens. Méconnaissable, enflé de partout, Guillaume Canet apparaît en roi immature, timide, sinon quasiment autiste, trop faible pour sa lourde tâche, peu à l’aise en société, vouant une passion à la réparation des serrures et des horloges.

    A la cruauté des tortionnaires envers cette famille tombée dans la déchéance, Jidice oppose l’humanité d’un homme acceptant son sort, sa douceur exaspérante pour  une Marie-Antoinette  très différente  qui ne cesse de se braquer. Mélanie Laurent  se révèle parfaite en reine orgueilleuse, souveraine déchue s’obstinant  à rester impérieuse et péremptoire, avant de prendre conscience  de la tragédie  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 décembre. 

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  • Grand écran: "Vingt Dieux", épopée agricole jurasienne, portée par des acteurs non professionnels

    Tout débute dans une fête rurale où Anthony dit Totone (Clément Faveau, photo), fait le show pour amuser la galerie. A 18 ans, il passe son temps à boire des bières, à fréquenter les bals et les foires agricoles du Jura avec ses potes, tout aussi désoeuvrés. Mais sa vie bascule du jour lendemain, suite à la mort de son père. Il doit désormais s’occuper de sa petite sœur de 7 ans et subvenir à leurs besoins communs. 

    Sauf que Totone est fauché et sans perspective. En Jurassien bon teint, pur jus, il pense toutefois avoir trouvé un bon moyen de s’en sortir en  participant au concours du meilleur comté de la région. Il espère remporter le gros lot, soit un chèque de 30 000 euros. Une épreuve semée d’obstacles en tous genres. 

    Pour Vingt Dieux, son premier long-métrage sur ses terres natales, Louise Courvoisier plante son décor dans un village rustique où l’ennui le dispute à une certaine violence entre jeunes bandes rivales. Sur fond de fabrication précise et authentique de fromage, de rodéos à moto, de courses tout terrain de voitures déglinguées et de bagarres, la réalisatrice filme le passage de Totone à l’âge adulte, notamment initié sans sentimentalisme à la sexualité par une jeune voisine décomplexée. 

    Pour cette épopée qui nous plonge dans la vraie paysanne, âpre et rude, elle a fait confiance à des acteurs non professionnels. Natures, tous portent avec intensité et sincérité, accent compris, ce film oscillant entre drame, comédie et néo western campagnard. A commencer évidemment par son héros principal Clément Faveau, qui nous séduit autant qu’il nous touche par son côté désarmant, à la fois fruste, joyeux taiseux et déshinibé.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 décembre.

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  • Grand écran: "Les femmes au balcon": sanglante et burlesque comédie d'horreur féministe

    On avait quitté Noémie Merlant actrice dans l’Emmanuelle d’Audrey Diwan, où elle traînait son spleen et sa recherche du plaisir perdu à Hong Kong, tout en évaluant la patronne d’un hôtel de luxe. On la retrouve devant et derrière la caméra pour Les femmes au balcon. Ce deuxième long métrage, scénarisé avec Céline Sciamma qui l’avait révélée en 2019 dans le sublime Portrait de la jeune fille en feu, est inspiré de sa vie personnelle. Il questionne les amitiés féminines, le rapport au corps, face à un patriarcat tenace et toxique.

    Noémie Merlant, qui incarne l’une des trois locataires d’un appartement à Marseille, questionne les amitiés féminines, le rapport au corps, face à un patriarcat tenace et toxique. D’emblée, on est confronté·à la violence masculine. Alors que la radio diffuse une alerte canicule, on découvre Denise (Nadège Beausson-Diagne) évanouie sur sa terrasse, le visage tuméfié, alors que la brute qui lui sert de mari la ranime à coups de pieds, en lui ordonnant de se mettre aux fourneaux. Mais trop c’est trop. La victime se rebelle et le frappe à mort avec le tranchant d’une pelle, mettant ainsi fin à des années d’humiliation et de maltraitance. Délivrance et soulagement.

    Plongée dans le macabre

    Sur un balcon proche, Nicole (Sanda Codreanu), qui vient de recueillir les confidences de Denise, planche sur son premier roman. Deux amies la rejoignent, Ruby (Souheila Yacoub), une cam-girl à paillettes ultradynamique adorant faire plaisir à ses clients, et Élise (Noémie Merlant), actrice de séries lookée Marilyn, qui a fui un plateau de tournage, ainsi que Paul (Christophe Montenez), son conjoint harceleur. Très vite, elles font la connaissance de Magnani (Lucas Bravo), le voisin d’en face, qui aime se balader à poil devant la fenêtre ouverte. En plein fantasme, nos pétroleuses délurées lui envoient un message, signé «Les femmes au balcon» et Magnani les invite aussitôt à boire un verre chez lui. Elles découvrent un photographe uniquement préoccupé par des sujets féminins très peu vêtus, qui décorent les murs de son logement. Histoire de «choper leur énergie», selon lui.

    Tout un symbole, à l’image de la suite. La soirée avançant, les choses ne tardent pas à dégénérer et on finit par plonger dans un drame horrifique. Affolées, poussant des hurlements, les trois amies se retrouvent coincées dans une histoire cauchemardesque et délirante dont elles doivent absolument se sortir sous peine de prison. D’autant que Ruby se réveille le lendemain matin couverte de sang…

    Des univers mélangés

    Avec Les femmes au balcon, Noémie Merlant propose une farce féministe sanglante et burlesque, un «rape and revenge movie» qui oscille entre extravagance, suspense, gore, folie et surnaturel. Tout en mêlant la mutilation absurde d’un corps masculin à la dénonciation du viol conjugal et la critique acerbe de cinéastes abuseurs et violeurs, elle pimente son propre univers en se délectant de touches almodovariennes, voire hitchcockiennes.

    Si la réalisatrice séduit avec ses personnages féminins décomplexés, affirmés, porteurs d’une liberté illustrées par une marche finale joyeuse, seins à l’air, on reprochera toutefois à l’œuvre un côté parfois brouillon, caricatural et hystérique. Quant à l’humour, censé parcourir l’opus, il se révèle finalement plus volontariste que réel.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 décembre.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire 0 commentaire