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le blog d'Edmée - Page 42

  • Grand écran: jouant la soumise, Nicole Kidman assouvit ses fantasmes sexuels dans "Babygirl"

    Romy (Nicole Kidman) mène une existence apparemment parfaite. Mariée à un metteur en scène qui l’adore (Antonio Banderas), mère de deux grandes filles, habitant une belle maison, elle dirige une grande entreprise spécialisée dans la robotique. Entre deux piqûres de botox, cette maniaque du contrôle soigne son image de super boss, tout comme ses discours sur le commerce en ligne et la logistique qu’elle répète en boucle.

    En dépit de cette vie de rêve, elle aspire à autre chose. Débarque alors dans la boîte Samuel (Harris Dickinson) un stagiaire.  Romy accepte de le rencontrer et réalise qu’il s’agit du jeune homme qu’elle venait de voir calmer et flatter un méchant chien  lâché dans la rue, en lui donnant un biscuit et lui glissant  "good girl " à l’oreille. Tout un symbole à venir… Il lui demande d’être sa tutrice. C’était couru, le courant passe.

    Stressée par ses responsabilités, frustrée par une relation conjugale trop conventionnelle,  Romy se laisse séduire par ce jeune homme aussi familier qu’insolent. Débute du coup rapidement entre eux une relation genre BDSM qui se veut sulfureuse, lui jouant au dominant et elle à la soumise. Se laissant enfin aller aux fantasmes qu’elle ne peut assouvir avec un mari peu audacieux , au fil de scènes souvent plus consternantes que sexuellement torrides, voire ringardes. Avec notamment la répétition (métaphore  grotesque) de l’histoire du chien, avec Romy dans le rôle du toutou. L'agressivité en moins...

    N’évitant pas les clichés dans ces jeux de pouvoir et de manipulation, même si les personnages sont inversés, Babygirl se révèle nettement moins osé et transgressif que le laissait entendre la promo. Destiné à explorer sans jugement ni moralisation le désir et la sexualité de l’héroïne, ce thriller dit érotique a été écrit et réalisé par l’actrice et cinéaste hollandaise Halina Reijn. Raison pour laquelle Nicole Kidman s’est laissé tenter par le rôle qui lui a valu d’être sacrée meilleure actrice à la dernière Mostra de Venise. Et d’être généralement portée aux nues pour son extraordinaire performance et le risque pris de casser son image en incarnant, pas très Metoo… une femme névrosée, accro à la soumission et à l’humiliation.

    A ce sujet, on se permettra un bémol. Et une comparaison, plus inspirée il est vrai par le botox que par le sexe. Demi Moore  a elle aussi collaboré avec une femme, la réalisatrice française Coralie Fargeat dans The Substance. Un film sur la violence faite aux femmes ayant dépassé la date de péremption qu’elle porte remarquablement, avec l’émotion, l’implication et l’audace qui manquent à Nicole Kidman.

    "Babygirl", à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 15 janvier.

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  • Mort de David Lynch, réalisateur unique qui a profondément marqué le cinéma mondial

    Réalisateur, scénariste, acteur, peintre, musicien,  Palme d’or à Cannes en 1990 pour Sailor et Lula, David Lynch est décédé  jeudi 16 janvier, à l’âge de 78 ans d’un  emphysème pulmonaire diagnostiqué l’an dernier après des années de tabagisme. Il disait en effet adorer fumer, mais que cela avait un prix....

    Il est né dans le Montana le 20 janvier 1946  d'une famille presbytérienne de cinq enfants, d’un père scientifique au Ministère de l'agriculture  et d'une mère professeure d'anglais. Mauvais élève, il se passionne rapidement  a peinture et s’inscrit aux Beaux-Arts de Boston. En parallèle, il s’essaie au septième art. Cinéaste unique, il a considérablement marqué le cinéma mondial, avec son style novateur et surréaliste, son imagerie onirique, ses ambiances inquiétantes et sa conception sonore. 

    il est devenu iconique avec seulement dix longs métrages réalisés entre 1977 (Eraserhead) et 2006 (Inland Empire). Salué d’emblée, c’est son deuxième opus, Elephant Man (1980), inspiré de faits réels, qui l’a rendu célébrissime et lui a valu le César du meilleur film étranger. Intrigué par les effrayantes difformités d’un personnage exhibé dans une baraque de fête foraine, un jeune chirurgien, paie pour l’arracher à son manager et le conduit au London Hospital pour l'examiner en détail. Il découvre alors derrière le monstre un être sensible et intelligent 

    Autre film culte, Mulholland Drive (2001), opus néo-noir américano-français également césarisé,  raconte l'histoire d’une aspirante actrice fraîchement arrivée à  Los Angeles qui se lie d'amitié avec une femme amnésique, rescapée  d'un accident grâce auquel elle a échappé à un meurtre. On citera aussi  Blue Velvet (1986). Après avoir découvert une oreille humaine dans un champ, un étudiant mène l’enquête et pénètre dans l’univers dangereux d’une chanteuse de boîte de nuit ,mystérieusement unie à un gangster sadique autour d’une histoire de kidnapping. Ou encore Lost Highway (1997), déboussolant film noir entre thriller fantastique et film d'horreur, porté aux nues, mais qui  divise.  

    Et on n’oubliera pas Twin Peaks  Fire Walk with Me (1992), évoquant  les sept derniers jours de Laura Palmer, lycéenne fragile victime d'inceste et qui se prostitue dans un bar. D’autant que l’œuvre sert de préquelle à la célèbre série télévisée Twin Peaks (1990-1991). Le précurseur David Lynch a d‘ailleurs révolutionné le petit écran et l'univers des séries dès le lancement du premier épisode où l’agent Dale Cooper, accompagné du shérif Truman enquêtent sur la mort de la jeune fille. 

    Outre la Palme d’or et ses deux  Césars, David Lynch  reçu un Lion d'or d'honneur à la Mostra de Venise en 2006 et un Oscar pour l‘ensemble de son œuvre en 2020. .Après l’échec commercial  de son dernier film Inland Empire en 2006, il se consacre à la  photographie, à la gravure, à la peinture et à la musique. 

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  • Grand écran: Spectateurs!, l'hommage amoureux d'Arnaud Despleschin au cinéma

    Pour Arnaud Despleschin, le cinéma est arrivé pile-poil pour chasser l'ennui.  Mais a fond qu'’est-ce que c’est, aller au cinéma ? Ce que nous faisons  depuis plus de 100 ans ? demande le cinéaste, qui voulait  célébrer la salle obscure, l’endroit le plus démocratique qui soit, avec son atmosphère si particulière, son charme, ses fauteuils de velours.». Ainsi l’auteur raconte-t-il l’histoire du septième art à travers le parcours de son alter ego Paul Dédalus, un de ses personnages fétiches qui avait fait sa première apparition en compétition à Cannes en 1996, dans Comment je me suis disputé. On y retrouve également Mathieu Amalric et Françoise Lebrun

    Mêlant souvenirs, enquête, montages, théories essentielles, fabrication, films qui l’ont impressionné, qu'li a admirés, adorés, le cinéaste se muant en pédagogue met en scène un Paul émerveillé, enchanté, à quatre périodes de son existence. Nous immergeant dans un flot d’images, tout en nous emmenant dans le dédale de la narration avec cet essai initiatique en forme de lettre d’amour au cinéma. 

    Avec Cet objet hybride ni documentaire ni fiction, espace d’enseignement et de transmission, il  veut amener le spectateur à mieux comprendre la magie de l’image animée sur grand écran, nous révélant à nous-mêmes. Les films, qui font partie de nos souvenirs comme les vrais, nourrissent d’interminables discussions après les projections, nous permettent aussi de progresser de nous transformer, d’être qui on veut, aimer une star,  la rendre amoureuse, piloter un avion, faire dérailler un train, attaquer des banques, galoper à folle allure… 

    Du coup, on se met à imaginer regarder les films autrement. C’est d’autant plus réussi qu’Arnaud Dsepleschin ne hiérarchise pas les œuvres, dites bonnes ou mauvaises. C’est ainsi qu’il projette aussi bien des extraits de films d’auteur, populaires, d’aventure ou à grand spectacle, Paul Dédalus se promenant du coup de Fantomas à Shoah, le chef d’œuvre qui l’a particulèirement marqué. L’important pour lui,  c’est la rencontre entre ces différents métrages et  le spectateur, comme il nous le confie à l’occasion d’une récente interview.  

    Spectateur, vous le restez vous-même. Intensément. Passionnément.

    Cela me permet de faire des films, de comprendre le cinéma. Une idée qui me trotte dans la tête depuis vingt ans. Un cinéaste que j’admire, c’est Tarentino. Il est foncièrement un spectateur. Il a une cuture folle. Il a tout vu. Pour moi, il y a deux sortes de réalisateurs. Ceux qui ne pensent et ne voient que leur travail et ceux qui s’intéressent au travail des autres. C’est mon cas. 

    Mais encore, pourquoi va-t-on au cinéma ?

    Chacun a une réponse différente.  Au cinéma, on peut vivre toutes les potentialités, expérimenter toutes les possibilités, même changer le cours du film. On vous offre un monde en spectacle et on en ressort enrichi. On fait des expériences personnelles avec nous-mêmes. On a tous notre cinéma intérieur. De la même couleur que l’existence qu’on a menée, qu’on mène ou qu’on aurait dû mener. 

    Est-ce pour échapper à la réalité ? Que lui arrive-t-il quand elle est projetée ? L’est-elle toujours ?

    Je pense  que oui. Je crois par exemple que Mr Klein nous dit une vérité profonde sur Delon et la France. Et puis surtout laréalité rpojetée scintille. Cela a l’air compliqué, mais c’est super simple. Cela vous rappelle que la vie est merveilleuse.

    Vous montrez 70 extraits de films. Un sacré boulot.

    Cela m’a surtout pris énormément de temps, des années de très longues négociations pour obtenir les droits. 

    Vous consacrez un instant à la télévision. 

    En effet. Et je n’en dis pas du mal, même si je raconte la concurrence qui se joue. Mais elle peut aussi donner envie d’aller au cinéma et elle m’a permis de revoir énormément de films.

    Spectateurs! à !’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 septembre.  

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