Disons-le tout net, Wawrinka était le seul du circuit à pouvoir battre Djokovic à Melbourne à en croire les experts, plus particulièrement suisses, dont Pascal Droz, le commentateur en l'occurrence extatique de la RTS. Autrement posé, à remporter sa troisième étoile, vu que les deux hommes ne pouvaient se rencontrer qu’en finale.
Une opinion que semblait d’ailleurs partager San The Man, encore renforcée par l’incroyable résistance opposée en huitièmes par Gilles Simon au saigneur de la raquette, le poussant au bout du bout et qui, selon les spécialistes subjugués, tricolores cette fois, avait rendu Dracula plus humain. Redonnant ainsi un espoir fou au commun des joueurs de pouvoir lui rentrer plus efficacement dans le lard. Merci au sauveur de l'espèce en danger...
Mais c’était fâcheusement oublier qu’avant le duel helvético-serbe annoncé urbi et orbi, il existait quelques obstacles sur la route de Stantastic. Et d'abord Raonic la catapulte qui, Federer l’avait appris à ses dépens à Brisbane, a adjoint quelques redoutables lancers de grenades aux habituelles bombes lui permettant jusqu’ici de maintenir la pression au service.
Un cocktail explosif faisant désormais de lui une arme de destruction massive, comme l’a constaté le malheureux Vaudois, qui n’a pu s’empêcher en sus de se battre tout seul au second set. Pas de quoi pourtant inquiéter la bande à Riton, à commencer par Marion Bartoli. Elle voit très bien Gaël Monfils, prochain adversaire de la terreur canadienne, l’emporter les doigts dans les nez ou presque, à considérer la façon "hallucinante" de "l’exceptionnel" Parisien de se déplacer sur le court.
Et Guy Forget flanqué de Benoît Daniel d’ajouter qu’il n’y avait en effet là rien d’impossible, dans la mesure où Elasticman mène 2-0 dans ses confrontations avec Raonic l’épouvantail. Je leur rappellerai juste que c’était le double pour Stan. Mais évidemment pour nos chers voisins, un petit suisse est loin d’avoir la qualité, le fumet et la saveur d’une bonne tomme française!
Plébiscité en 2011 pour Le discours d’un roi qui l’a révélé au grand public, le réalisateur britannique Tom Hooper s’est replongé dans l’époque avec The Danish Girl. Il retrace cette fois la singulière histoire vraie des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, le premier à voir subi, en 1930, une opération chirurgicale pour changer de sexe. A l’origine de cette décision périlleuse, une demande de Gerda qui, pressée de terminer un tableau en l’absence de son modèle, prie son mari d’enfiler ses bas, ses chaussures et sa robe.
Le premier Grand Chelem de l’année n’est pas commencé que déjà la bande à Riton s’emballe à l’idée de tous ces Bleus capables d’accrocher enfin une victoire à Melbourne. Parce qu’attention, c’est du lourd. Même en l’absence de Gasquet.
Enfin, remarquez qu’il vaut mieux s’extasier avant. Parce qu’après le plus souvent il ne reste plus aux groupies que les yeux pour pleurer. A l'instar de leurs confrères helvétiques lors du pitoyable week-end de la spatule pour leurs idoles. Car là aussi, nos champions et championnes allaient tout bouffer entre Flachau et Wengen, sous le fallacieux prétexte qu’ils avaient le podium dans leur champ de vision.