Rien ne destine Loïe Fuller, fille de ferme originaire de l’Ouest américain, de devenir l’icône de la belle Epoque admirée par Mallarmé, Rodin ou Lautrec, et de se produire à l'Opéra de Paris. Dans son premier film La danseuse, la réalisatrice française Stéphanie Di Giusto se penche sur le destin de celle qui subjugua le public avec sa "danse serpentine", devint une star avant de tomber dans l’oubli et d’être beaucoup plus tard redécouverte comme l’une des pionnières de la danse contemporaine.
Enveloppée dans des mètres et des mètres de soie blanche, les bras prolongés par de longues et lourdes baguettes de bois, la silhouette sculptée par les faisceaux de dizaines de projecteurs, elle créait de magnifiques et virevoltantes formes lumineuses, en tournoyant sur un carré de verre éclairé par-dessous. Un numéro qui lui brise le dos, lui abîme les yeux, qu’elle perfectionne chaque jour dans la douleur, mais qui tient d’abord de la performance.
C’est là sa faiblesse fatale. Loïe Fuller, esprit libre et conceptrice visionnaire n’est pas une danseuse dans son acception académique. A l’inverse d’Isadora Duncan, mythique prodige américain avide de gloire, qui la fascine et dont elle tombe amoureuse pour son malheur. Alors qu’elle est au sommet de son art, sa rivale précipite sa chute en la détruisant dans sa propre compagnie.
Véritable boule d’énergie, Soko lancée à corps perdu dans un rôle qui lui colle à la peau (photo), se révèle particulièrement convaincante en Loïe Fuller aux côtés de Lily-Rose Depp. En mai dernier à Cannes, l’idée de découvrir la fille de Johnny Depp et de Vanessa Paradis avait suffi à faire le buzz. Mais la jeune actrice ne s’est pas franchement montrée à la hauteur de l’énorme intérêt suscité par sa présence dans La danseuse
Le film au casting cinq étoiles emporte l’adhésion dans la mise en scène inspirée des chorégraphies et la sublimation de leur beauté. En revanche, il déçoit dans l’affrontement quelconque entre les deux femmes et le curieux escamotage, développé par Mediapart, de l’homosexualité de Loïe Fuller. Réduisant sa préférence à un baiser donné à Isadora suivi d’une scène humiliante, ainsi qu’à des regards furtifs et des soupirs de sa compagne Gabrielle Bloch (Mélanie Thierry) avec qui elle vivait ouvertement, mais devenue sa collaboratrice chez Stéphanie Di Giusto. Qui propose en outre une relation hétérosexuelle fantasmée entre Fuller et un personnage inventė, interprété par Gaspard Ulliel.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 septembre.
Après Dieu sait quoi en 2004, où elle interrogeait des retraités sur le sens de la vie dans un grand parc parisien, Liens de sang en 2008 où elle explorait les rapports parents-enfants dans l’immeuble genevois des Stroumpfs, Fabienne Abramovich propose un nouveau documentaire, Loves Me, Loves Me Not.
e faisais des repérages en me promenant avec une charrette, vêtue d’un habit de pêcheur et coiffée d’une casquette. Je voyais des gens, on buvait un verre, j’expliquais ce que je voulais. L’idée, c’était de les laisser échanger entre eux, en étant eux-mêmes, dans l’instant.
Il y a des films qui vous attrapent dès la première image. Comme L’économie du couple, Il suffit de voir Marie rentrer à la maison et y découvrir, très contrariée, Boris qui ne devait pas s’y trouver ce jour-là, pour savoir que le réalisateur belge Joachim Lafosse ne nous lâchera plus. Tant il a tapé juste tout au long de son étude de comportement aussi intelligente que subtile.