Le film s'ouvre par l’image choc d’une femme qui se suicide en se jetant par la fenêtre. On voit ensuite un homme s’habiller élégamment et se rendre en ville. Il s’agit d’Esmail, un jeune Iranien plutôt gâté par la nature. Emigré au Danemark, vivant de petits boulots, déménageur en l'occurrence, il habite un appartement miteux et se trouve sous la menace constante d'une reconduite à la frontière s’il ne prouve pas son assimilation.
Seule solution pour obtenir un permis de séjour: draguer une Danoise et espérer se marier. Raison pour laquelle il fréquente régulièrement un bar huppé de Copenhague. C’est là qu’il fait la connaissance d’une compatriote émigrée depuis longtemps. La rencontre laisse imaginer une comédie romantique. Mais Sara ne tarde pas à voir clair dans le jeu de ce charmeur.
Ce premier long métrage prometteur, à la facture classique, est signé de l’Iranien Milad Alami, installé depuis dix ans au Danemark après avoir grandi en Suède. Naviguant entre le drame, la romance et le thriller, exploitant les contrastes des situations sociales, tout en se penchant sur l’identité et les origines ethniques, il veut offrir un regard différent et personnel sur les migrants et l’exil.
Si le mélange des genres n’est pas toujours heureux, les comédiens sont en revanche excellents. A commencer par l’acteur principal, Ardalan Esmaili. Ce séducteur manipulateur, cynique dans sa chasse à une hypothétique épouse, menant une double vie et apparemment dénué de scrupules, est au départ peu sympathique. Aux prises avec ses conflits intérieurs, son combat quotidien contre la marginalisation, il va pourtant se montrer attachant au fil du récit en révélant une impuissance à échapper à sa condition socio-culturelle.
Inédit en salle. Sortie en VOD mercredi 8 mai, sur la plateforme Filmingo.
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C’était malheureusement couru après les directives du Conseil fédéral interdisant les manifestations de plus de 1000 personnes jusqu’à la fin du mois d’août. Alors que Cannes espère toujours se dérouler on ne sait trop quand et que la Mostra de Venise maintient ses dates du 2 au 12 septembre, le coronavirus a eu la peau de Locarno prévu du 5 au 15 août. Certes non pris au dépourvu, son président Marco Solari l’a annoncé à son plus grand regret deux heures à peine après la conférence de presse du gouvernement.
Pour la cinquième semaine, les Cinémas du Grütli débarquent chez vous en proposant des films en streaming. Et notamment Snowpiercer du cinéaste sud-coréen Bong Joon-ho qui, en mai dernier, triomphait à Cannes avec Parasite, remarquable, tragique et burlesque satire sur un monde d’injustice et d’inégalités.