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Sorties de la Semaine - Page 289

  • Cinéma: "Le procès de Viviane Amsalem", kafkaïen divorce à l'israélienne

    images[5].jpgAprès Prendre femme en 2004 inspiré de leurs parents et de leur enfance, puis  Les 7  jours en 2007, sur comment vivre ensemble en famille, Shlomi et Ronit Elkabetz proposent Le procès de Viviane Amsalem, dernier volet de la trilogie.

    Frère et sœur qui s'adorent se penchent sur le douloureux problème du divorce en Israël, uniquement  prononcé par les rabbins en vertu de la législation talmudique. Pour autant que le mari, détenant plus de pouvoir que les juges en la matière, donne son accord.

    Un huis-clos étouffant

    C’est ainsi que depuis trois ans, Viviane lutte farouchement pour conquérir une liberté qu’ Elisha lui refuse obstinément pour ne pas devenir la honte du lieu. Cela donne lieu à un huis-clos  étouffant en forme de guerre de tranchées entre les deux conjoints dans un petit tribunal austère aux murs blancs, où les deux réalisateurs dénoncent l’absurdité d’une situation kafkaïenne.

    Au tragique de plus en plus grotesque se mêlent quelques touches d’humour, notamment amenées par un pittoresque défilé de témoins. Des protagonistes qui semblent sortis d’une comédie italienne, voisines à l'évidence compatissantes et compréhensives, mais contraintes dans leurs déclarations, compagnons de synagogue d’Elisha et spectateurs acquis à la cause masculine.

    La malheureuse héroïne, à qui la remarquable, belle et sauvage Ronit Elkabetz, considérée comme la Magnani israélienne prête son visage, a évidemment le plus grand mal à se faire entendre face aux trois rabbins juchés sur une estrade. Hypocrites et sentencieux, ils cherchent à gagner du temps en repoussant sans cesse leur décision sous de fallacieux prétextes, pour éviter la nuisance que causerait l’éclatement d’un foyer.

    Le procès d'un pays

    Au-delà du Procès de Viviane Amsalem, ce film passionnant, tendu et plein d’émotion, métaphore de la condition des femmes dans le monde, fait aussi celui d’un pays où il n’existe pas de séparation entre les lois civiles et religieuses, Et où l’inégalité règne à tous les niveaux.

    Avec en l’occurrence deux chiffres éloquents. «Si les femmes peuvent aussi refuser le divorce à leur mari, elles sont 200.000 en attente d’une séparation contre… trois hommes», nous apprenait Shlomi Elkabetz de passage à Genève.

    images[6].jpg«C’est ce que nous avons voulu montrer à travers ce cas exemplaire. Exposer aux yeux du monde la situation terrible dans laquelle elles se trouvent, attendant parfois pendant vingt ans qu’on les libère enfin d’un mariage dont elles ne veulent plus, d’un homme qu’elles ne supportent plus, qu’elles n’aiment plus.» A l'image d'Elisha dans l'opus, interprété par l'excellent Simon Abkarian (photo).

    Peut-être que grâce à ce film, les choses pourraient éventuellement commencer à bouger. Par exemple en créant le débat. Du moins Shlomi l’espère-t-il avec sa sœur Ronit. Tous deux savent pourtant que le chemin est encore long dans ce pays considéré comme le plus démocratique du Moyen-Orient, mais qui se révèle identique aux autres en continuant à appliquer des règles vieilles de 4000 ans ».

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 août

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  • Cinéma: "The Way He Looks", éveil d'ados au désir et à la sexualité

    imagesCALH4P4M.jpgC’est la fin de l’été à Sao Paulo. Avant la reprise des cours, Leonardo, un ado aveugle de 15 ans, lézarde au bord de la piscine en compagnie de Giovana, sa meilleure amie. Ces deux-là ne se quittent pas, se font des confidences, ont leur petite routine. Elle prend soin de lui, le raccompagne régulièrement à la maison.

    Leo est en outre couvé par ses parents, surtout par sa mère qui ne cesse de s’inquiéter pour lui, rechignant à le laisser seul. Cette attention pesante énerve le garçon. En dépit de son handicap, il aspire à l’indépendance et à la normalité. Dans cette optique, il caresse l’idée de s’inscrire à un programme d’échange d’étudiants, qui lui donnerait la possibilité d’aller aux Etats-Unis ou en France.

    Il aimerait bien aussi tomber amoureux. En attendant il poursuit sa relation privilégiée avec Giovana, traitée de "canne humaine" par leurs camarades, aussi bêtement cruels et méchants que jaloux de leur complicité. Jusqu’au jour où le beau Gabriel débarque dans la classe. Le duo se mue en trio, mais progressivement leur amitié évolue vers autre chose.

    A la faveur d’un devoir commun imposé par la prof d’histoire, Leo attiré par Gabriel commence à prendre ses distances avec Giovana, qu’il fait souffrir. En même temps, perdant ses habituels repères, il se demande comment il peut séduire le nouvel arrivant et savoir s’il lui plaît puisqu’il ne peut pas le voir. 

    Un long-métrage adapté d’un court

    Sélectionné dans le volet Panorama du festival de Berlin en février, The Way He Looks (en français: Au premier regard) avait décroché le Teddy Award, l’équivalent de la Queer Palm de Cannes. Il est signé du Brésilien Daniel Ribeiro, producteur, scénariste et réalisateur gay de 32 ans, qui a décidé d’explorer la sexualité masculine à travers ses courts métrages.

    Son premier long, qui retrace le parcours de cet adolescent à la recherche de sa personnalité et se découvrant une passion pour un jeune de son âge, est d’ailleurs l’adaptation de son court I Don’t Want To Go Back Alone, déjà récompensé à Berlin par l’Ours de Cristal en 2011. On retrouve pratiquement les mêmes protagonistes principaux, qui ont évidemment grandi.

    Cela permet à l’auteur, tout en évoquant avec sensibilité, intelligence, douceur et justesse l’éveil des sentiments partagés entre Leonardo et Gabriel, d’aborder sous un angle différent les questions de désir et de sexe. Une jolie réussite à laquelle contribuent les acteurs, tous excellents.

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  • Cinéma: "Traumland", drame social entre sexe triste et solitude

    imagesCA2P8I1I.jpgProstituée bulgare, Mia, 18 ans et déjà mère d’une petite fille qu’elle a laissée dans son pays, cherche à sortir du trottoir. Mais elle se retrouve chaque soir sur le Sihlquai à Zurich. Y compris la veille de Noël où on est loin des chaleureuses retrouvailles festives ou de l’amour du prochain.

    C’est là que Mia rencontre Judith assistante sociale qui s’occupe des travailleuses du sexe et vit ses propres fantasmes avec un policier. Elle voit également un client régulier marié, de bonne famille qui fait voler son couple en éclats.
     
    Il y a aussi Rolf, séparé, que sa fille laisse tomber à son tour, ou encore Maria, veuve solitaire qui se décide enfin à inviter Juan, veuf comme elle, pour le réveillon. Elle espère faire éventuellement un bout de chemin avec lui, mais il n’est pas bien remis de la mort de sa femme. Tous sont autant de personnages plus ou moins brisés, à la vie sentimentale entre parenthèses ou en morceaux.

    Entre fiction et documentaire, Traumland, drame social déprimant sur la solitude, le sexe triste, le malheur, la frustration, l’adultère ou la trahison, pourrait se dérouler n’importe où ailleurs qu'à Zurich, dans la mesure où il évoque des tranches de vie urbaines en se penchant plus particulièrement sur le milieu de la prostitution.

    Il est signé de la réalisatrice helvétique Petra Volpe et notamment interprété par Ursina Lardi (photo), sacrée meilleure actrice lors de la remise des Prix du Cinéma suisse en mars dernier. On y retrouve aussi Marisa Paredes, ex-égérie de Pedro Almodovar dans le rôle de la veuve bourgeoise.

    La planète des singes: l’affrontement

    images[11].jpgA signaler évidemment la grosse sortie de la semaine que je n’ai pas eu l’occasion de voir pour cause de vacances, La planète des singes: l’affrontement de Matt Reeves. En voici le pitch. Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains survivants d’un virus dévastateur qui s'est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée. Les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

    Fable sur la condition humaine et son déclin, cette nouvelle adaptation du livre de Pierre Boulle, suite directe de La planète des singes: les origines devrait ravir... ou pas les amateurs. Selon les critiques élogieux, il s’agit du blockbuster le plus ambitieux de l’été, une suite sombre et intense à ne pas rater, ou encore un film malin comme un singe. Pour d’autres, on a là un scénario très primate au service d’un film plat et ennuyeux avec acteurs atones, éclipsant bien vite la prouesse technique. Sans inspiration, Reeves fait du surplace. A vous de juger.

    Films à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 juillet.

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