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Sorties de la Semaine - Page 288

  • Cinéma: "Sils Maria" d'Olivier Assayas confronte Juliette Binoche à son passé

    get[3].jpgA 18 ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant la jeune et ambitieuse Sigrid au charme trouble, qui pousse au suicide Helena, une femme mûre.  Vingt ans plus tard, elle se voit proposer une reprise de la pièce mais cette fois dans le rôle d’Helena
     
    En jouant une comédienne, Juliette vit ainsi sa réalité d’actrice dans Sils Maria, qui est aussi ce petit village des Grisons où auteurs, dramaturges, cinéastes ou philosophes  sont venus chercher le calme et l’inspiration.

    Olivier Assayas confronte Maria à son passé sur fond de théâtre, prétexte à une réflexion sur cet art et la façon dont le cinéma peut en capter la spécificité, mais savant tout à un brassage de thèmes: le temps qui s’écoule, le métier et la condition de l’actrice face à l’obsession de la jeunesse, à la concurrence de petites nouvelles avides de percer dans le monde impitoyable du spectacle.
     
    Dans ce jeu de miroir, il évoque aussi les rapports ambigus et compliqués entre Maria, star quinquagénaire (Juliette Binoche) et Valentine (Kristen Stewart) son assistante à la fois complice et confidente de ses doutes, de ses craintes. Pour compléter le duo, il y a Jo-Ann (Chloé Grace Moretz), la débutante qui doit reprendre le rôle créé par Maria. 
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    Plusieurs niveaux de lecture

    Olivier Assayas se plait à brouiller les pistes dans cet opus à plusieurs niveaux de lecture, où fiction et réalité s’entrecroisent, mêlant le destin de ses héroïnes et des comédiennes qui les interprètent. Tout cela dans des paysages grandioses qu’envahit peu à peu le fameux serpent de la Maloja. 
     
    Après avoir divisé la critique et manqué de séduire le jury cannois, Sils Maria est aujourd’hui le plus souvent encensé comme le meilleur d’Assayas. «Saisissant de beauté», « Aussi vertigineux que les montagnes de Sils Maria»...  C’est un rien exagéré pour un opus certes habile et élégant, mais aussi assez pesant, démonstratif, référentiel et cérébral.
     
    Renvoyant à Persona de Bergman, All About Eve, le chef d’oeuvre de Mankiewitz, il vaut plus pour les intentions du réalisateur que pour ce qu’on voit. Et pour ses protagonistes. A relever surtout, aux côtés de Juliette Binoche très diva, l’excellente prestation de Kristen Stewart, à contre-emploi en assistante intello à grosses lunettes. 
     

    La création d'un personnage permet de rire de soi

    A Cannes en mai dernier et très récemment à Locarno où Sils Maria a eu les honneurs de la Piazza Grande, Juliette Binoche est venue en parler. Pour elle c’était magnifique de voir le travail d’Olivier Assayas. Tous deux s’étaient rencontrés il y a 30 ans sur Rendez-vous qu’il avait écrit avec André Téchiné et dont elle était la tête d’affiche.
     
    «Etre une actrice c’est se donner sans filet. Créer quelqu’un est amusant, on peut rire de soi, mais en réalité on n’est jamais le personnage», remarque-t-elle.  «On doit croire qu’on l’est, établir un lien entre lui et soi-même. Ce qui m’a surtout touchée dans mon rôle, c’est qu’il montre et c’est rare, ce que ça peut coûter de jouer. Cela me permettait de voir la maturation avec les craintes que l’on traverse et le lâcher prise face à elles ». .
     
    Et que pense-t-elle du tournage dans les montagnes suisses ? «A partir du moment où on s’isole autant le faire dans un lieu  cinématographique. Le paysage est un également im personnage du film. Ce que j’ai aimé à Sils Maria c’est que ce village est habité par des fantômes, par des choses qui font peur»

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 27 août.


     

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  • Cinéma: "Party Girl", l'histoire d'une entraîneuse sexagénaire racontée par son fils

    imagesCAKBW1WB.jpgA la fois généreuse et égoïste, exubérante et pathétique, romantique et immature, mère de quatre grands enfants qu’elle n’a pas élevés, Angélique est un sacré numéro. Et une vraie personne. 

    Bourlingueuse et noctambule impénitente de 60 ans, elle gagne sa vie depuis quarante ans en faisant boire les hommes dans un cabaret lorrain à Forbach, une cité industrielle à la frontière franco-allemande qui peine à remonter son économie.  
     
    Entraîneuse sur le retour sans en avoir vraiment conscience, elle aime encore s’éclater comme une gamine, allumant les mecs, picolant en leur compagnie jusqu’au bout de la nuit, ne cachant pas ses envies de s’envoyer en l’air. Mais la clientèle se fait rare. Reste un habitué Michel, un retraité qui a toujours été amoureux d’elle et veut l’épouser.
     
    Touchée, Angélique se persuade qu’il est temps de mener une existence normale. Elle renoue avec sa dernière fille toujours en famille d’accueil. Elle rencontre même le curé. Mais l’attrait du cabaret, de la nuit, de la fête, est plus fort que la crainte de la solitude. A l’idée de se ranger, de vivre un quotidien sage et banal, s’imaginant en tête à tête avec son futur mari, sans son bar et ses copines, elle panique. 
     
    C’est ce conflit intérieur, doublé d’une réflexion sur la maternité et le ravage des ans, que montre Party Girl réalisé par un trio de jeunes cinéastes, Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, le fils d'Angélique Litzenburger. Non professionnelle, cette héroïne à l’allure fellinienne joue donc son propre rôle, aux côtés de ses enfants, dans ce film inspiré de son histoire.
     
    Mise à nu, cette sexa de feu hors norme, mère et femme indigne, fringuée léopard, outrageusement maquillée, les cheveux en pétard, couverte de bagues et de paillettes, se révèle à la fois formidable, bouleversante, exaspérante dans cette tragi-comédie sociale, premier long-métrage surfant sur le documentaire. Mêlant le vrai, le cru et le tendre, révélation de la section Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, Party Girl a décroché la Caméra d’Or. 
     
     
    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 août.

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  • Cinéma: "Des lendemains qui chantent", mais manquent de punch

    images[5].jpgDans l’isoloir, Léon hésite. On est en 2002. Seul de son petit groupe d’amis, il finit par opter pour Lionel Jospin, le candidat socialiste à la présidence. Le 21 avril, l’impensable se produit avec Jean-Marie Le Pen au second tour…

    Retour alors en 1981 et la victoire de François Mitterrand le 10 mai. A Saint-Etienne, Léon et son frère Olivier font la fête comme tous les socialistes en liesse. Mais bientôt, les choses changent. Ex-trotskyste monté à Paris, Olivier se coule dans le moule du communicant ambitieux, opportuniste et cynique. De son côté, se voulant un journaliste sans concessions, Léon erre d’une rédaction de gauche à une autre, pour se retrouver à la télévision, pistonné par son frérot.

    Ils se partagent en outre la jolie Noémie que Léon a rencontrée le grand soir. Devenue conseillère présidentielle, elle n'arrive pas à choisir entre les deux. Il y a encore Sylvain, un ami d’enfance qui a fait fortune dans le Minitel rose.

    Issu du documentaire, Nicolas Castro  propose son premier long-métrage de fiction avec Des lendemains qui chantent où il se plaît à revisiter, sur une période de 20 ans, l'histoire récente de la France et du socialisme, notamment à l'aide d'archives télévises parfois savoureuses. Il évoque l’évolution des mœurs, de la classe politique et des médias, se moquant de Libération et de Serge July, du Nouvel-Observateur et de ses dossiers saisonniers, de Globe l'hebdo branché jusqu'au grotesque.

    A travers sa bande de potes typés dont il brosse le portrait, le réalisateur veut dresser une sorte de bilan de la génération Mitterrand, montrant le basculement d’utopistes naïfs vers le libéralisme et le capitalisme. Profitant de l’occasion il tente de tacler tous azimuts, s'appliquant à se payer la gauche caviar, les opportunistes façon Tapie, ou la droite avec son appât du gain.

    Vaste sujet. Pas facile pourtant de résumer vingt ans dont deux septennats de gauche en à peine plus d’une heure trente. Nicolas Castro ne fait ainsi qu’effleurer son sujet dans une mini-fresque à vocation comique, qui peine à s’élever à la hauteur de ses ambitions même si elle se veut sans prétention. Il reste dans le gentillet et la caricature, qu’il s’agisse de son scénario ou de ses trois principaux personnages pareillement superficiels, incarnés par Pio Marmai, Laetitia Casta (photo) et Gaspard Proust. Du coup, ça manque de punch. Dommage. 

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 août. 

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