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Sorties de la Semaine - Page 284

  • Cinéma: "Mommy", infernale et déchirante cohabitation mère-fils

    mommy-de-xavier-dolan-dans-la-course-aux-oscars,M169021[1].jpgChoisi pour représenter le Canada  dans  la course aux Oscars du meilleur film étranger,  lauréat du Prix du jury au  récent Festival de Cannes , Xavier Dolan (photo) avait été  révélé à 20 ans seulement sur la Croisette dans La Quinzaine des réalisateurs avec «J’ai tué ma mère». Il y évoquait  le désamour d’un fils pour l’auteure de ses jours.

    Cinq ans plus tard, entré dans la cour des grands avec trois autres longs-métrages dont les excellents Lawrence Anyways» et «Tom à la ferme, l’iconoclaste  prodige québécois veut en quelque sorte prouver le contraire avec Mommy, même s’il n'hésite pas à lui balancer des horreurs. Mais, de taille à se défendre, maman a du répondant à revendre.

    Le cinéaste nous plonge en effet dans une relation particulièrement  houleuse entre Steve et sa mère Diane. Adolescent hyperactif, il souffre de graves troubles psychiatriques. Sujet à de violentes et terrifiantes crises, il devient  ingérable au point que l’établissement où il a été scolarisé refuse de le garder.

    Diane, une quadra bien roulée, plutôt vulgaire, et fringuée rock, adore son gamin aussi touchant et intelligent qu’agité et insupportable. Elle  refuse de le voir à nouveau interné dans une unité médicale spécialisée et décide de l’élever seule en dépit du danger qu’il représente. Pour  lui et pour elle.

    Passion, brutalité et humour vache

    De violentes disputes ne tardent pas à rythmer leur infernale cohabitation. Steve et Diane s’affrontent à grand renfort de hurlements hystériques dans un langage de charretier (en français du Québec incompréhensible sans sous-titres), pour se réconcilier dans de déchirantes protestations d’amour.

    Très vite leur voisine Kyla, enseignante timide, introvertie, mal dans sa peau et peinant à sortir deux mots de suite, s’immisce dans le couple et agit comme un calmant sur ces deux fous furieux.

    mommy_a[1].jpgPour ce mélo frisant parfois l’outrance, saturé de tubes de Céline Dion, Oasis, Dido et Lana Del Rey, où se mêlent passion, brutalité et pathétique sur fond d’irrésistible humour vache, le créatif Dolan a notamment choisi un oppressant format carré. Comme  pour mieux y enfermer son trio. A commencer évidemment par Steve, dont la société ne sait que faire, sinon lui passer la camisole de force. L’image deviendra plus tard panoramique lors d’une scène extraordinaire.

    Oscillant entre l’homérique et le cauchemardesque,  ce redoutable combat familial est porté par l’étonnant et talentueux  Antoine-Olivier Pilon (photo), ainsi que la géniale Anne Dorval et la non moins formidable Suzanne Clément. Des fidèles du cinéaste.

    Un nouveau projet avec Jessica Chastain

    Bluffant touche-à-tout ,  Xavier Dolan qui avait annoncé vouloir faire un break, s’est déjà investi dans un nouveau projet, «The Death And Live Of John F Donovan», son premier film en anglais.

    Satire du milieu cinématographique, l’opus racontera l’histoire d’un grand acteur américain qui entretient une correspondance secrète avec un jeune garçon londonien de 11 ans. Jessica Chastain incarnera la machiavélique rédactrice en chef d’un magazine people, avide de faire chuter la star.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 octobre.

     

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  • Cinéma: "Pause", une comédie douce-amère du Vaudois Mathieu Urfer

    pauseboxprod20146-w540[1].jpgMathieu Urfer, 36 ans, diplômé en scénario de l’ECAL, auteur de plusieurs courts, scénariste de séries pour la RTS et guitariste au sein du groupe Chewy, propose Pause, son premier long-métrage. Il a eu en août dernier les honneurs de la Piazza Grande à Locarno.

    Dans cette comédie dont il a composé l’essentiel de la bande originale, le cinéaste vaudois raconte le quotidien de Sami, sympathique loser et musicien désinvolte qui fait de la country avec Fernand, son vieux copain septuagénaire.
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    Quatre ans auparavant, Sami a eu le coup de foudre pour Julia, une brillante juriste avec qui il vit depuis. Quelle n’est pas sa surprise lorsque lassée par le manque d’ambition de son compagnon, elle lui demande de faire une pause.

    Déterminé à la reconquérir, il tente alors l’impossible pour lui prouver qu’elle est la femme de sa vie. Suivant les conseils improbables de Fernand, alcolo impénitent en dépit ou à cause de la maladie en train de l’emporter et jouant les rebelles au sein de l’EMS dont il est pensionnaire.

    Avec Pause qu’il a mis des années à peaufiner, Mathieu Urfer ne se montre pas d'une folle originalité. Il signe néanmoins un joli film romantique à la fois léger et doux-amer, ne manquant par ailleurs pas d’humour. Il va jusqu’à se permettre un amusant clin d’œil au célèbre Shining avec l’apparition soudaine de deux petites jumelles au regard accusateur.

    L'opus est de plus porté de bout en bout par le jeune et convaincant comédien lausannois Baptiste Gilliéron (photo). Il donne la réplique à l’excellent André Wilms, acteur fétiche du réalisateur finlandais Aki Kaurismäki et grand comédien de théâtre.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er octobre.

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  • Cinéma: Bonello gagne la bataille des "Saint Laurent" avec YSL en proie à ses démons

    la-production-de-saint-laurent-de-bertrand-bonello-repoussee,M108199[1].jpgTrès attendu le Saint Laurent de Bertrand Bonello sort, quelques mois après celui de Jalil Lespert, vainqueur de la gué-guerre les opposant. En effet, alors que le jury de Cannes l’a ignoré, il a été choisi par le CNC pour représenter la France dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger. Les nominations seront annoncées le 15 janvier prochain.

    Cela n’a rien de surprenant. Dès l’entame, une constatation s’impose. Si Lespert livrait avant tout un film d’acteurs, (les excellents Pierre Niney et Guillaume Galienne), Bonello mise, avec la complicité de Gaspard Ulliel et Jérémie Renier sur une mise en scène sophistiquée faite de contrastes, d’allers et retours dans le temps, de montage en split-screen.

    A gauche de l’écran par exemple se succèdent des images d’actualité, Mai 68, guerre du Vietnam, de Gaulle, tandis qu’à droite les mannequins descendent les marches de la maison de couture et que s'affichent les dates des collections.

    La chute inéluctable d'un génie

    En outre, alors que Lespert se concentrait sur l’histoire d’amour entre YSL et Pierre Bergé, son compagnon pendant plus de cinquante ans, l’auteur de L’Apollonide, s’est plus particulièrement penché sur la période 1965-1976. Parallèlement à l’âge d’or côté mode commence la descente aux enfers du héros de l’histoire.

    Professionnellement au sommet de son génie et de sa gloire, YSL qui vient de sortir la collection  Mondrian, va créer le fameux smoking pour femmes, alors qu'elles sont encore interdites de pantalon dans les entreprises. Ainsi qu'un parfum. Mais en proie à ses tourments existentiels et aux démons qui le rongent, il sombre sur le plan personnel et ne se relèvera pas. 

    saintlaurent01[1].jpgLe film ouvre en 1974. On voit de dos un homme descendre dans un hôtel. Yves Saint Laurent prend une chambre sous le nom de Swan, téléphone à un journaliste et lui raconte sa dépression pendant son service militaire, sa cure d’électrochocs et sa dépendance aux drogues..
     
    On pense alors se diriger droit vers le biopic avec flash back à l'appui. Sauf que non. Il ne s'agit pas non plus à proprement parler d'un processus de création même si Saint Laurent dessine de temps en temps. Parfois fiévreusement. Quelques défilés spectaculaires attestent par ailleurs de son immense talent.

    Mais qui  ne connaît pas le grand couturier, ne saisira pas vraiment, même au bout de 2h30, l’importance de ce créateur de la transgression en lutte contre les tabous moraux et esthétiques, qui a donné le pouvoir aux femmes et habillé aussi bien la scène que  le cinéma tout au long de sa carrière.

    Entre rencontres sordides, shoot et partouzes homos

    Gaspard-Ulliel-et-Louis-Garrel-dans-Saint-Laurent-de-Bertrand-Bonello_portrait_w858[1].jpgIl est vrai que l’intention de Bonello est ailleurs, Tandis qu’il nous montre les couturières et les petites mains au travail, la rigueur et la hiérarchie sévère régnant dans l’atelier, Saint Laurent s ’étourdit dans le monde de la nuit.

    En pleine autodestruction, YSL erre avec son amant du moment en quête de rencontres sordides, se shootant aux médicaments et à l’alcool, ou se perdant dans des partouzes homos, laissé inconscient et blessé sur un chantier où vient le récupérer Pierre Bergé au petit matin.  
     
    Formidable Gaspard Ulliel
     
    «J’ai créé un monstre et je dois vivre avec… », dit Gaspard Ulliel formidable en Saint Laurent. Evitant le mimétisme et l’imitation, le comédien ne cherche pas à singer le géant de la couture, mais se révèle juste et vrai dans la voix, la démarche, le comportement, la gestuelle,

    On n’en dira pas autant de Jérémie Renier, qui se révèle moins bon que Guillaume Gallienne chez Jalil Lespert.. Assez logiquement dans la mesure où il est réduit, à quelques exceptions près, au rôle ingrat de businessman froid, calculateur, ambitieux. que lui a assigné Bonello. Y ajoutant celui peu flatteur de l’amoureux trompé et moqué à l’occasion. .
     
    L’image écornée du mécène explique la polémique entourant les deux opus. Le Lespert a été adoubé par Pierre Bergé qui détient un droit moral sur l’œuvre d’YSL. En revanche il n’a pas donné son approbation à l’adaptation de Bertrand Bonello, tentant même en vain d’empêcher sa réalisation.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 24 septembre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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