Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sorties de la Semaine - Page 283

  • Cinéma: "Le sel de la terre", rencontre entre Wenders et Salgado

    PHO719829f8-df41-11e3-8cee-ae90414f50a8-805x453[1].jpgSuite à l’achat du portrait d’une Afghane aveugle photographiée par Sebastiao Salgado, Wim Wenders, terriblement ému, veut absolument voir son auteur. C’est chose faite dans son atelier parisien, une rencontre qui a provoqué l’envie d’un film.

    C’est ainsi qu’est né Le sel de la terre, documentaire que le cinéaste allemand a réalisé avec Juliano, le fils de Salgado, destiné à mettre en valeur le travail du célèbre Brésilien, en détaillant son évolution.

    Depuis quarante ans "le photographe de la condition humaine",  tel qu'il est présenté, parcourt l’univers. Après avoir fui la dictature de son pays de 1964 à 1985, il s’installe à Paris en 1969, travaille pour la Banque mondiale mais abandonne tout dans les années 70 pour arpenter la planète et témoigner remarquablement des événements majeurs qui ont marqué son histoire récente: famine au Sahel, conflit du Ruanda, guerre de l’ex-Yougoslavie, forçant les populations misérables à l’exode, en laissant derrière elles des monceaux de cadavres.

    Sur l’écran défilent les photos, commentées off par l’artiste, déclarant entre autres analyses "on est un animal féroce, nous les humains..."  Les images sont bouleversantes, admirables , sublimes, grandioses. Tout comme celles des territoires vierges, gigantesque projet photographique dans lequel s’est lancé aujourd’hui Salgado, parti à la découverte de la faune et de la flore sauvages. 

    A travers ses voyages où il dresse un état du monde et de la planète, apparaît aussi l’homme, bien que l’apologie qu’en font les deux réalisateurs gênent certains. Reste qu’il est révélé à la fois par son fils Juliano, qui a filmé son père dans ses dernières expéditions et par Wim Wenders qui suit Salgado à Paris et chez lui, au Brésil. Où, comme pour montrer que rien n’est irréversible ou inéluctable, il a replanté des millions d’arbres dans le domaine familial. La terre autrefois desséchée est devenue une réserve naturelle.

     

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 octobre.

     

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine
  • Cinéma: "National Gallery", une fabuleuse immersion dans le célèbre musée londonien

    national-gallery-frederick-wiseman-image3-le-passeur-critique[1].jpgAprès l’Opéra de Paris et l’Université de Berkeley, l’octogénaire Frédérick Wiseman, très prolifique roi du documentaire fleuve, poursuit sa tournée des institutions publiques. Il a posé sa caméra à la National Gallery, heureuse détentrice de sublimes collections. 

    Le cinéaste a consacré à son nouvel opus de douze semaines de tournage entre la mi-janvier et la mi-mars 2012, 17 heures de rushes et un an de montage. Il nous propose une extraordinaire immersion de trois heures au sein du célèbre musée londonien, dans le cadre d’une réflexion sur les rapports entre la peinture et le cinéma.

    Merveilleux voyage, National Gallery permet au spectateur de cheminer de la peinture occidentale du Moyen Age au 19e siècle en compagnie d’admirables et fascinants conférenciers, surtout des conférencières d’ailleurs, et des meilleurs restaurateurs.

    Ces passeurs d’art dotés d’un impressionnant savoir qu’ils délivrent avec autant de simplicité que d’humour, font non seulement vivre les chefs d’oeuvre, mais les décodent pour nous permettre de mieux saisir les intentions du peintre. Tout en évoquant la manière dont ils racontent une histoire en une seule image, contrairement à un film, ils s’attardent sur de nombreuses toiles.

    img_samsonanddelilah-rubens[1].jpgDifficile de choisir parmi celles-ci. Mais on a un faible pour Samson et Dalila de Rubens, qui nous vaut le récit de la belle espionne envoyée par les Philistins pour coucher avec l’ennemi dans le but de détruire Israël. La chute de Carthage de Turner, très influencé par l’histoire et intéressé par la fin et l’essor des empires, est commenté avec passion, comme  La vierge aux rochers de Leonard de Vinci révélant la technique de l’artiste et dont il existe deux versions, la première se trouvant au Louvre.

    La mise au tombeau de Michel-Ange, fleuron de la galerie, tableau inachevé où persiste le mystère 500 ans après, mérite évidemment toute l’attention des guides, qui nous racontent aussi Vermeer et sa création d’un monde idéal si séduisant à regarder, entre réalisme et abstraction, le premier se dissolvant dans la seconde. Sans oublier une fabuleuse séquence à propos de la restauration d’un Rembrandt.

    Wiseman ne se contente pas de nous révéler l‘essence des tableaux ou le jeu de miroirs entre eux et les visiteurs. Dans ce lieu prestigieux où tout commence et finit par le cirage des parquets, le cinéaste parle également de son fonctionnement, de son rapport au monde au public, de sa stratégie, ou du meilleur moyen d’arriver à l’équilibre du budget.

    Toutes questions de politique culturelle certes importantes mais qui auraient gagné à être écourtées. Un bien pâle reproche toutefois en regard de la brillante facture de ce documentaire génial à découvrir de toute urgence.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 8 octobre.


     

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine
  • Cinéma: avec l'excitant "Gone Girl", le corrosif Fincher joue les manipulateurs

    Gone-Girl-Ben-Affleck-Rosamund-Pike-Entertainment-Weekly-cover[1].jpgDepuis cinq ans, Nick Dunne et la belle Amy semblent filer le parfait amour dans la banlieue chic d’une petite ville ordinaire. Formant aux yeux de leur entourage, le couple idéal. Jusqu’au jour où Nick découvre une pièce de la maison sens dessus-dessous, tandis que sa femme demeure introuvable. Imaginant un cambriolage qui a mal tourné, sinon un enlèvement, il décide de signaler son absence.

    L’affaire ne tarde pas à soulever les passions. D’insinuante, la police se fait insistante et les médias s’emballent. Branle-bas de combat, conférence de presse organisée au lendemain de la disparition de l’épouse. Avec Nick posant devant une affiche représentant le visage rayonnant d’Amy. Et il sourit. Un sourire qui sera mal interprété.

    Des failles apparaissent. Assailli de questions par les flics, coincé entre les journalistes et ses beaux-parents, Nick s’affole, se met à mentir et à cacher des choses qui cassent petit à petit l’image des époux modèles. Et contribuent surtout à le faire rapidement voir comme le suspect numéro un.

    Gone Girl, l'excitant nouveau long-métrage de David Fincher, auteur entre autres de Seven , Fight Club, The Game ou Panic Room, est l’adaptation du roman à succès (2 millions d’exemplaires vendus aux Etats-Unis) de Gillian Flynn, qui a signé seule le scénario.

    De Hitchcock à Lynch

    De la haute voltige pour ce film transformant le rêve américain en cauchemar, mêlant au drame conjugal le meurtre et le mystère, tout en surfant sur le thriller angoissant sinon absurde, la comédie acide, la satire implacable du règne de l'apparence, du mariage, de l’intrusion vorace des médias voyeurs dans l’intimité des gens, de l’opinion publique versatile, de la justice et de la société en général.

    Pendant 2 heures 30 qu’on ne sent pas passer, le corrosif Fincher, passant de Hitchcock à Lynch, joue ainsi avec les genres sur le mode coupable non coupable, en autopsiant la désintégration d’un couple glauque livré en pâture à une Amérique puritaine. Le tout agrémenté de rebondissements destinés à entortiller le spectateur, ravi de se faire prendre dans les filets du talentueux manipulateur.

    Le réalisateur a choisi de confier le rôle principal de Nick à Ben Affleck qui, faute d’être un mari parfait, se révèle excellent dans la peau de cet homme trouble, distant, sarcastique. Rosamund Pike est à la hauteur dans celle d’Amy. Tous eux sont contraints de tomber le masque, mais je ne vous en dirai pas davantage pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 octobre

     

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine