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Sorties de la Semaine - Page 261

  • Grand écran: "Love Island", comédie kitsch pour vacances croates

     

    love-island-photo3[1].jpgLiliane et son mari Grebo passent leurs vacances dans une station balnéaire croate. Enceinte, Liliane va bientôt accoucher et le futur papa se réjouit follement de la naissance de leur petite fille.

    Tout est inclus dans le forfait de ce village genre Club Med et le jeune couple a bien l‘intention d’en profiter, notamment des soirées organisées pour distraire les touristes. Lors de l'une d’elles, un karaoké, Grebo désireux d'être le centre de l'attention, s’illustre en interprétant un vieux tube pop. Sa prestation n'est pas trop du goût de Liliane qui, en regardant autour d'elle, aperçoit Flora, une belle jeune femme avec qui elle a entretenu une folle relation amoureuse..

    Elle voudrait l'oublier, contrairement à Flora avide de revivre les moments passionnés qu’elles ont vécus. De son côté Grebo, qui ne se doute de rien, est très attiré par la sulfureuse créature, accessoirement monitrice de plongée. Et comme tout est propice à libérer ses instincts primitifs dans cette ambiance de farniente, nos deux héros ne vont finalement pas se priver, quitte à se compliquer singulièrement l’existence. 

    Avec Love Island, comédie kitsch aux éclatantes couleurs bollywoodiennes, la réalisatrice Jasmila Zbanic, auteur de Sarajevo, mon amour veut mettre en scène un univers parallèle idyllique où chacun peut enfin pratiquer le lâcher prise. En même temps, elle tient à montrer une autre facette, gaie et insouciante, d’une société bosniaque déterminée à avancer dans un pays en reconstruction après la tragédie de la guerre.

    Des intentions des plus louables, Sauf qu’on ne peut s’empêcher d’y voir surtout, à quelques chansons près, une sorte de sous Bronzés croisé avec un ersatz de Gazon maudit. Dommage.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 juin.

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  • Grand écran: les dinosaures attaquent dans "Jurassic World". Sans convaincre

    des-tonnes-de-visuels-pour-jurassic-world[1].jpgPlus de tout pour que ça déménage. Et la volonté de nous en mettre plein les mirettes avec des bestioles plus grandes, plus gosses, censément plus terrifiantes. Car les dinosaures de Spielberg, qui a produit Jurassic World, ont été génétiquement modifiés en laboratoire. Et ils attaquent sec, 22 ans après le premier opus. Sans convaincre. Ce qui n'empêchera pas cette quatrième resucée en 3D et en Imax de cartonner un maximum au box-office.

    Les événements, ce qui ne surprendra personne, se déroulent dans une île-parc d’attraction idoine. Pour doper une fréquentation trop stable au gout des exploitants, des scientifiques ont concocté un nouvel et gigantesque hybride intelligent, l’Indominus Rex, version XXL du T.Rex, une impitoyable machine à tuer pour le plaisir. 

    L’affreux réussit bien entendu à échapper à ses créateurs pour semer la panique en boulottant alègrement ce qui se trouve sur son chemin. Vu qu'il est entouré d’une flopée d’autres créatures préhistoriques aussi voraces, genre prédateurs volants ou marins, les espoirs reposent sur le dresseur de raptors Owen Brady, pour conjurer la menace pesant sur les 20.000 visiteurs dont deux enfants, en l‘occurrence un grand frère et son cadet. Le courage et l’astuce chevillés au corps, ils parviennent à se tirer des griffes de leurs redoutables poursuivants,

    Un scénario famélique

    Bref, rien de nouveau sous le soleil dans ce blockbuster très attendu, version bruyante peu inspirée au scénario famélique en hommage au maestro, qui multiplie références et clins d’œil se voulant ironiques, tout en surfant sur les dangers des manipulations génétiques. Elle ne s’embarrasse pas non plus de cohérence. A l’image gaguesque de l’héroïne Claire, la tantine des garçons, alias Bryce Dallas Howard, la fille du cinéaste.

    Alors que ses vêtements d’un blanc immaculé finissent sales et en lambeaux et que son impeccable brushing ultra lissé vire à l’ondulation un rien sauvage, elle garde de la première à la dernière scène ses talons aiguilles. Parce que c’est une guerrière…Elle a en tout cas les chevilles solides pour courir dans la jungle telle une dératée sans se les tordre.

    Un casting multi-ethnique

    Le film n’est pas destiné à un public américain a déclaré  le réalisateur Colin Trevorrow, mais à celui du monde entier. Pour preuve un casting international et multi-ethnique. Aux côtés de la rousse Bryce, de Chris Pratt et de Vincent D’Onofrio, star de la série New York, section criminelle, leur compatriote d’origine chinoise BD Wong, psy du FBI dans Unité Spéciale, le Français Omar Sy et l’Indien Irfan Khan.  

    Ils n’en sont pas plus charismatiques pour autant, bien au contraire. Autrement dit, à l'exception de son rythme, il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un vélociraptor dans cette copie laborieusement appliquée de la mouture culte initiiale. A part peut-être pour les fans de brontosaures, tyrannosaures, torvosaures, allosaures ou autres  stégosaures. Ils peuvent de surcroît se réjouir dans la mesure où ’une suite est déjà –hélas- en développement!

    Film à l'affiche partout ou presque dès mercredi 10 juin.

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  • Cinéma: le grand retour d'une magnifique Clotilde Courau dans "L'ombre des femmes"

    OMB0003[2].jpgAprès son mariage en 2003 avec le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, Clotilde Courau squattait  davantage les pages people que le haut de l’affiche. La voici enfin, magnifique et émouvante, de retour dans un grand rôle chez Philippe Garrel. Qui, avec L’ombre des femmes, signe une petite perle en noir et blanc de 73 minutes.

    Ce drame sur un couple à l’épreuve de l l’infidélité présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs au dernier Festival de Cannes, revisite avec cruauté, tendresse et malice le trio ou plutôt le quatuor amoureux, en montrant que le désir est aussi puissant chez la femme que chez l’homme. (Lire  notre critique du 3 juin dernier) 

    Beaucoup d’actrices avouent qu’elles feraient n’importe quoi, réciter le bottin par exemple, pour jouer sous la direction de Jean-Luc Godard ou Woody Allen. Philippe Garrel fait cet effet-là à Clotilde Courau. "On lui dit oui sans hésiter. L’aventure dans son univers ne se refuse pas. C’était une rencontre exceptionnelle",  confie-t-elle lors d‘une interview réalisée à Genève.

    -Comment avez-vous débarqué dans son film ?

    -Grâce à Louis qui m’a présentée à son père. Philippe m’a d’abord demandé de lire le scénario, puis d'effectuer une seconde lecture avec Stanislas Merhar pour voir si notre couple était crédible.

    -Qu’est-ce qui vous fascine tant chez cet homme ?

    -Sa liberté, ses interrogations sur l'amour, sur les rapports entre l’homme et la femme.

    -Et chez Manon, le personnage principal qui vous était réservé ?

    -Ce n'est pas tellement Manon qui m'a séduite, mais surtout le fait d’être avec un cinéaste qui parle de son sujet d’une façon aussi profonde et épurée. Son enquête minutieuse du sentiment amoureux m’a beaucoup plu. En réalité, pour moi il n’y a pas de rôle, mais un metteur en scène qui filme des personnages dans l’histoire qu’il raconte. C’est un chef d’orchestre, tandis que le scénario représente une partition. Et le comédien se glisse à l’intérieur.

    -Quelle est sa manière de travailler ?

    -Une condition sine qua non, être disponible une fois par semaine et répéter pendant 14 semaines. Dès qu’on tourne, il n'y a qu'une prise. Il filme dans la chronologie et le montage s’effectue au fur et à mesure.

    -Vous êtes excellente dans "L’ombre des femmes". Une virtuose dit même son auteur. Une réaction à ce compliment particulièrement flatteur?

    -Je ferme les yeux et les oreilles. Evidemment cette appréciation me touche infiniment. En même temps, comme je suis très exigeante, je n’ai pas fini d’apprendre.

    -Vous voir chez un tel cinéaste peut paraître étonnant après ce qui s’apparente à une traversée du désert. En avez-vous souffert ?

    -C’était une période difficile mais également nécessaire et merveilleuse. Elle m’a permis de me remettre en question, de savoir ce qui était fondamental pour moi, de construire une famille et des amitiés profondes. Comme j’ai eu du temps, j’ai pu vraiment m’enrichir, approfondir ma cinéphilie, découvrir chez qui j’avais envie d’aller. Haneke, Cavalier, Godard. Ou encore le Danois Joachim Trier, dont j’ai trouvé Louder Than Bombs (réd: en compétition à Cannes) formidable.

    -Et si cela n’arrive pas?

    -Vous venez de parler de ma traversée du désert.  Eh bien aujourd’hui, je n’ai pas peur d’attendre.  Comme on dit, ce qui ne vous te pas vous rend plus fort...

    "L'ombre des femmes" est à l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 3 juin. 

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