Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sorties de la Semaine - Page 264

  • Grand écran: le nouveau "Caprice" d'Emmanuel Mouret, séducteur malgré lui

    f8f9debc096e44473f9e7f7e2166178d[1].jpgInstituteur fan de théâtre, Clément nage dans un bonheur qu’il n’aurait pas imaginé dans ses rêves les plus fous. Alicia, son actrice préférée, une célébrité blonde un rien fatale succombe à son charme, tombe amoureuse et devient sa compagne.

    Mais ce séducteur malgré lui se trouve pris au piège d’un triangle sentimental loufoque en rencontrant Caprice,  une jolie jeune femme rousse, comédienne dans une troupe amateur mais aspirant à beaucoup mieux.

    Extravagante, malicieuse pour ne pas dire délicieuse au premier abord, elle se colle à Clément au point qu'il a du mal à lui résiste, en dépit de sa passion pour Alicia. Le tout sous les yeux de Thomas, son meilleur ami et directeur de l’école qui contribue aux complications ambiantes.  

    Dans Caprice, son neuvième film, Emmanuel Mouret, qui joue l’instit hyper classique en jeans, baskets et veste de velours, revient au marivaudage teinté de burlesque. Deux ans après l’échec public d’ Une autre vie, un suspense mélodramatique, il se pose des questions sur la vie à deux et la part du destin dans la découverte de l’âme sœur. 

    Aux côtés de Laurent Stocker, on retrouve le réalisateur-acteur en anti-héros naïf, timide, effacé, gaffeur, maladroit, dépassé par les événements. Attachant, émouvant, parfois irrésistible dans certaines scènes cocasses à la Pierre Richard, il frise pourtant la caricature avec sa tendance à trop en faire dans sa valse-hésitation entre ces deux femmes, dont il est finalement le jouet consentant.

    L’une est incarnée par Virginie Efira assez convaincante dans son rôle d’actrice à qui tout réussit et l’autre par Anaïs Demoustier (photo), excellente dans celui de la débutante manipulatrice, plus perverse qu’il n’y paraît et avide d’un succès qu’elle ne cesse de connaître à l’écran. Elle  vient d’enchaîner six tournages dont Bird People, Une nouvelle amie A trois on y va, ainsi que Julien et Marguerite de Valérie Donzelli, sélectionné en compétition au prochain Festival de Cannes.

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine
  • Grand écran: John Boorman retrouve ses 18 ans dans "Queen and Country". Un bijou

    424384.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgAprès avoir raconté son enfance à Londres en plein Blitz dans Hope and Glory (1987), John Boorman reprend le fil de son récit autobiographique 27 ans après. A 81 ans, le réalisateur retrouve ses 18 ans dans Queen and Country sous les traits de son alter ego Bill Rohan.

    Nous sommes en 1952, l’année du couronnement d’Elizabeth II. Alors qu’il entrevoit une idylle avec une jolie cycliste, Bill quitte son île sur la Tamise et sa famille aussi attachante que drôle pour faire ses deux ans de service militaire. Il se retrouve dans un camp d’entraînement, ne sera pas envoyé en Corée, mais doit former à la dactylographie des recrues en partance vers le front asiatique.

    Passionné de cinéma, Bill ne tarde pas à trouver un super pote en la personne de Percy Hapgood, autre fan de la pellicule doublé d’un boute-en-train fumiste et amoral. Tout en cherchant l’âme sœur en ville pendant leurs permissions, nos deux fripouilles allergiques à l’autorité se liguent pour casser le sadique et psychorigide sergent-major Bradley, qui s’ingénie à leur pourrir la vie.

    Pendant ces deux ans finalement plutôt joyeux (logique dans la mesure où on se souvient en général du meilleur), on navigue entre la découverte de l’amitié, de l’amour, la drague romantico-burlesque, les deux bidasses se faisant la courte échelle pour espérer voir par la fenêtre les filles en tenue d’Eve, et les cocasseries de la vie en caserne. Des scènes le plus souvent jubilatoires, ponctuées de blagues foireuses où d’obtus galonnés ne cessent d’être ridiculisés. Un antimilitarisme à la limite de la caricature qui amuse à l’évidence le facétieux cinéaste. 

    imagesN0UDY3VP.jpgSur fond d'ambiance de l'Angleterre de l'époque, cet autoportrait à la fois subtil et un peu fantasmé à la réalisation académique et un brin désuète, se termine par le retour du soldat dans son cottage idyllique, où il commence à taquiner la caméra. On n’y retrouve peut-être pas la force et l’ambition de Délivrance ou d'Excalibur. Mais ce dix-septième opus en mode mineur ne nous séduit pas moins énormément. 

    Satire, humour, tendresse, impertinence et nostalgie font le charme de Queen and Country. La légèreté du ton de cette irrésistible chronique so British le dispute à la profondeur de la réflexion chez le vétéran Boorman. Tout en évoquant son adolescence, il déclare son amour au septième art, sans oublier la critique, l'insoumission sinon la rébellion face à la domination, au pouvoir et aux institutions.  

    Les comédiens ne sont pas étrangers à cette jolie réussite. A commencer par le jeune Callum Turner qui, avec ses airs d’irrésistible faux tombeur de dames, fait des débuts plus que prometteurs dans le rôle de l'auteur. A noter aussi Vanessa Kirby dans celui de Dawn, la volcanique soeur de Bill dont la volonté d'émancipation préfigure la révolution sexuelle.  

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine
  • Grand écran: "Pourquoi j'ai pas mangé mon père", de et avec Jamel Debbouze. Calamiteux!

    imagesV4PXATOK.jpgInfatigables promoteurs dithyrambiques de navets du cru, les animateurs télé français n’en pouvaient plus de porter aux nues Jamel Debbouze qui vient de faire ses débuts de réalisateur avec Pourquoi j’ai pas mangé mon père, film d’animation à gros budget, dans les 35 à 40 millions d’euros. Le plus attendu de la semaine en France, n’hésitait-on pas à rappeler à France-Info.  

    L’humoriste est aussi le co-scénatiste et l’acteur principal de ce premier long-métrage européen entièrement tourné en  motion capture. La technique consiste à filmer les acteurs pour reproduire ensuite leurs mouvements sur ordinateur.

    Jamel Debbouze se coule donc dans la peau d’Edouard, fils aîné du roi des Simiens, rejeté par son père à sa naissance car jugé trop petit et malingre pour lui succéder un jour. Et pourtant. Plus malin… qu’un singe, révolutionnaire chez les réacs, génie de l’invention, champion de l’évolution et de l’adaptation, Edouard découvre le feu, la chasse, l’habitat tout confort. Il finit même par se dresser sur ses deux pieds pour guider son peuple vers l’humanité, l’amour et la tolérance. Amen. 

    Enfin pas vraiment. Car Jamel Debbouze, la main dans le slip, ne se contente pas de nous noyer sous de puérils messages dégoulinants de bons sentiments. Se livrant à une métaphore de sa propre existence, notre Darwin de pacotille en rajoute complaisamment des tonnes dans cet opus très librement adapté (hélas) du roman culte de Roy Lewis Pourquoi j’ai mangé mon père.

    Pire, outre ses traits, le comique prête également à Edouard son côté hystérique, son humour bourrin, ses vannes ringardes, ses grimaces outrancières et son bafouillage exaspérant. Sans oublier de nous balancer un hommage à Louis de Funès qui doit faire se retourner dans sa tombe l’acteur disparu il y a 30 ans.

    Comble de tout, le design est particulièrement vilain. Reste que la chose a mis sept ans à voir le jour. Etant donné le résultat calamiteux, elle aurait aussi bien pu dormir dans un tiroir pour l’’éternité!

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine