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Sorties de la Semaine - Page 266

  • Grand écran: "Le journal d'une femme de chambre" revisité par Benoît Jacquot. Avec Léa Seydoux.

    Benoit-Jacquot-Journal-dune-femme-de-chambre[1].jpgNous sommes à la charnière des 19e et 20e siècles. Quittant Paris contre son gré pour la province, la jolie Célestine est engagée comme femme de chambre chez des bourgeois normands, les Lanlaire. Où elle doit repousser les avances graveleuses de Monsieur et supporter le caractère exécrable de Madame.

    Elle y rencontre aussi Joseph, mutique et mystérieux jardinier-palefrenier qui exerce sur elle une véritable fascination. Elle finira par suivre à Cherbourg cet individu antisémite sadique, qui a fait sa pelote en volant l’argenterie des Lanlaire.

    Après Jean Renoir (1946) et Luis Bunuel (1964), il n’est pas étonnant que Benoît Jacquot, poursuivant son exploration des rapports de soumission, se soit lui aussi inspiré du roman subversif d’Octave Mirbeau, pour brosser le portrait d’une soubrette intelligente et insolente, dénonçant la condition de domestiques traités comme des esclaves.

    A travers le regard de cette rebelle d’une rare lucidité déterminée à échapper à sa classe, l’auteur décrit un climat social détestable, propice à la vilenie et à la corruption, inévitable pousse au crime et à la haine, où règne la loi du plus fort et qui trouve un écho à celui d’aujourd’hui.

    Le-Journal-d-une-femme-de-chambre-Lea-creature-erotique_article_landscape_pm_v8[1].jpgSuite à Paulette Goddard et Jeanne Moreau, c’est une Léa Seydoux à la fois peuple, élégante et subtilement érotisée, qui se glisse dans la peau de la chambrière frondeuse, donnant la réplique à Vincent Lindon.

    Contrairement à ses deux illustres prédécesseurs qui ont pris quelques libertés avec le texte de l’anar dreyfusard qu’était Mirbeau, Benoît Jacquot en reste plus près.

    Dans l’ensemble il se montre plutôt convainquant avec son adaptation moderne d’un roman en phase avec notre époque, la justesse des rapports entre maîtres et domestiques, dont les femmes, de surcroît exploitées sexuellement. 

    On lui reprochera toutefois une qualité de narration fluctuante, avec des flash-back un peu bâclés permettant par exemple à Célestine d’évoquer les riches maisons où elle a servi. Par ailleurs, plutôt fâcheux, la forme du journal donnant de l’importance au récit à la première personne, par la voix off de Léa Seydoux, on ne comprend pratiquement rien à ses apartés.

    On regrettera aussi un final abrupt frustrant, dans la mesure où le réalisateur élude la révolte de courte durée de Célestine, qui finit en dominante et mène à son tour sans scrupule ses serviteurs à la baguette.

     Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er avril.

     

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  • Grand écran: Will Smith tente de faire "Diversion". Essai non transformé!

    DIVERSION-le-film-FOCUS-movie-4-Will-Smith-Margot-Robbie-2015-Go-with-the-Blog[1].jpgAprès le flop du film de SF After Earth, Will Smith tente un retour gagnant grâce à Diversion. Le moins qu’on puisse remarquer, c’est que l’essai n’est pas franchement transformé…

    L’opus, qui compte comme principal titre de gloire d’avoir détrôné 50 Shades Of Grey lors de son premier week-end d’exploitation outre-Atlantique, est signé de l’inséparable tandem Glenn Ficarra et John Requa.

    Pour l’occasion, l’ex roi de Hollywood se glisse dans la peau de Nicky, prince de l’arnaque. Entouré des meilleurs dans le domaine, logique c’est lui qui les forme, le maestro craque pour l’une de ses recrues, aussi sexy que douée (Margot Robbie, qui donnait la réplique à Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street). Mais il doit s’en séparer à son corps défendant pour rester au top. Eh oui, la blonde bimbo faite au moule le déconcentre un brin. Amour quand tu nous tiens…

    Trois ans s’écoulent et les amants (photo) se retrouvent par le plus grand des hasards au GP de Buenos Aires. La débutante donnant plus que jamais dans la femme fatale faussement hitchcockienne, a drôlement pris de la bouteille. Redoutable, elle risque de flanquer en l'air le super plan de Nicky. Toujours aussi fou de la belle, évidemment. 

    Moins convaincant et plus surjoué que ce couple de couverture pour magazine people bas de gamme, c’est difficile. Mais son côté toc et clinquant correspond au scénario recuit et à grosses ficelles d’une comédie romantique paresseuse, laborieusement mâtinée d'action et de thriller. 

    Se voulant, sans y parvenir, sophistiquée, bourrée d’humour et de suspense, Diversion, loin de le faire en l’occurrence, tente en plus vainement de désarçonner le spectateur à coups fumants d’escroqueries et de manipulations prétendument géniales, mais hautement improbables.

    25D7BA4900000578-2960972-Natural_Miss_James_said_she_did_have_to_squeeze_to_within_an_inc-m-16_1424396527657[1].jpgCendrillon façon Branagh

    A oublier aussi paraît-il, une énième adaptation de Cendrillon, conte revisité cette fois par Kenneth Branagh qui fait de l'héroïne une princesse en chair et en os. A noter toutefois que cette resucée kitsch avec Cate Blanchett dans le rôle de la méchante belle-mère de l'orpheline au cœur tendre (Lily James révélée par la série Downton Abbey), a enchanté le public américain lors de sa sortie.

    Cela n'a pas empêché cette version où le réalisateur  s'autorise quelques libertés par rapport au récit de Charles Perrault, de se voir très rapidement supplantée au box-office par le deuxième chapitre de Divergente: l’insurrection, depuis la semaine dernière sur nos écrans.

    Diversion et  Cendrillon à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 mars.

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  • Grand écran: "Le Président", un plaidoyer pour la paix et la réconciliation

    the-president-makhmalbaf-640x330[1].jpgUn dictateur vieillissant mène son pays à la baguette, vivant avec son indécente famille dans un luxe vulgaire et clinquant, tandis que son peuple croupit dans la misère. Mais lors d’un violent coup d’Etat, il devient l’homme le plus recherché du pays. Fuyant avec son petit-fils de cinq ans, il cherche à rejoindre la mer où doit les attendre un navire.

    Leur cavale débute en voiture, puis ils volent une mobylette et terminent leur échappée à pied. Déguisés en musiciens des rues, ils sont forcés de se confronter à la souffrance et à la haine que le président honni a provoquées.Leur cavale débute en voiture, puis ils volent une mobylette et terminent leur échappée à pied. Déguisés en musiciens des rues, ils sont forcés de se confronter à la souffrance et à la haine que le président honni a provoquées.

    Exilé depuis longtemps à Londres, le réalisateur iranien Mohsen Makhmalbaf, réinterprète à sa façon, dans  ce conte en forme de comédie dramatique, les révolutions du printemps arabe. Ainsi que les problèmes du passage à la démocratie pour les pays dans lesquels  elles ont éclaté ces dernières années. Tout n’est pas réussi dans cet opus un peu longuet et parfois simpliste dans la manière de raconter la détresse d’une population sous le joug d’un tyran, mais il a le mérite de militer pour la paix et la réconciliation. 

    Iranian-filmmaker-Mohsen--001[1].jpg"Le conte est un moyen d’appliquer le film à la réalité. Lorsque c’est abstrait, on peut mieux s’identifier", nous confie le réalisateur (photo) lors d’une récente rencontre à Genève dans le cadre du Festival des droits humains. "J’ai écrit le scénario il y a huit ans,  par rapport au gouvernement d’Afghanistan. Puis je l’ai modifié pour que cela reflète les révolutions".

    De nombreux pays ayant refusé qu’il tourne chez eux, c’est en Géorgie, pays fictionnel dans le long-métrage, qu’il est allé planter sa caméra. « il y a une belle énergie du cinéma en Géorgie et on trouve beaucoup de jeunes réalisatrices qui ont fait de très bons films »

    -Le Président, condensé de plusieurs représentants  du genre, le shah, Hussein, Khadafi,  démarre comme une farce caricaturale avec ce dirigeant qui veut montrer l’étendue de son pouvoir en faisant allumer et éteindre les lumières de la ville. Pourquoi  ce parti pris ?
     
    -Il ne fallait pas que cela débute de façon tragique. Si on rit d’abord, on pleure plus facilement après. Je montre le côté joyeux et ensuite ce n’est que de la tristesse. Au commencement il y a plein de couleurs, du monde, et plus on avance, plus les choses deviennent ternes. Vers la fin, il n’y a plus personne et c’est tout gris. C’est un voyage de beaucoup de choses vers d’autres  choses.

    imagesSQ28PZDH.jpg-Le dictateur est voué à une déchéance progressive et à une obligation de rencontrer son peuple. Agissez-vous en moraliste?

    -Oui. Je souhaite qu’on puisse envoyer ce film à tous les pays pour que cela réveille les consciences. La plus importante des pertes c’est la moralité. On ne peut pas dire que les présidents soient illettrés ou incapables. Ce qui leur manque c’est la moralité. Et ce qui manque au peuple, c’est la culture.

    -Le message que vous délivrez est clair. La violence engendre la violence. Une escalade infinie. Mais peut-il en être autrement ?

    -Qu’est-ce qui déclenche cette violence? C’est  de ne pas pardonner. Après la chute d’un régime, les gens se vengent et ceux qui ont été portés au pouvoir s’y accrochent par tous les moyens, quitte  tuer à leur tour.  Et c’est l’engrenage infernal. Il faut apprendre au peuple à pardonner. C’est possibl. Gandhi et Mandela sont arrivés à changer deux pays.

    -Vous nous laissez voir les choses à hauteur d’enfant. Est-ce pour augmenter la portée du film ?

    -L’une des raisons est que l’enfant joue plusieurs rôles. Par ailleurs, lorsqu’on met un être innocent face à un personnage cruel, la férocité n’en devient que plus visible et cela renforce la dimension humaine. C'est c que je souhaite.

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.
     

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