En mai dernier à Cannes, dix ans après Le vent se lève, Ken Loach, 80 ans, décrochait sa deuxième Palme d’or, avec Moi, Daniel Blake, Un choix politique convenu pour ce film militant, émouvant, mais peu novateur et trop manichéen avec tous les bons ouvriers d’un côté et pratiquement tous les vilains fonctionnaires de l’autre.
Même si ce n’est pas le meilleur de l’infatigable Britannique, il n'en demeure pas moins efficace. A son habitude, Ken Loach filme les opprimés, les exclus, les démunis, les laissés-pour-compte. Et, au-delà d’une critique sociale acérée, pousse un véritable cri de rage en suivant en suivant Daniel (Dave Johns), un menuisier veuf de 59 ans.
Mis en arrêt maladie par son médecin après un infarctus, le malheureux est pourtant contraint par l’assurance chômage de chercher un travail sous peine de sanctions. Il entame alors un parcours aussi humiliant que kafkaïen dans les dédales de l’administration anglaise pour obtenir de l’aide.
Entre les masses de formulaires à remplir constamment incomplets, les interminables appels téléphoniques pour rien, les rendez-vous inutiles à Pôle Emploi, Daniel Blake est pris dans un piège bureaucratique cauchemardesque, où les portes se ferment devant les plus vulnérables, où on vous coupe arbitrairement les subsides.
Il y croise Rachel (Hayley Squires), une jeune femme également au chômage élevant seule ses deux enfants. Ecrasés par un système qui les traite comme des chiens alors qu’il est censé venir à leur secours, ils vont se révolter et s’allier pour mieux se soutenir.
Le réalisateur a sillonné le pays, commençant dans les Midlands et finissant à Newcastle une ville à forte tradition de lutte ouvrière. "Partout, tous les jours, des centaines de milliers de familles ne peuvent manger sans le recours aux banques alimentaires. C’est insupportable, intolérable. Et pourtant, on détourne les yeux" déclarait-il notamment lors d’une conférence de presse à Locarno où le film, ovationné sur la Piazza Grande, avait reçu le Prix du public. (Voir aussi ma note du 12 août dernier),
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 octobre
du roman de l’Italienne Milena Agus, ce mélodrame qui réunit pour la première fois à l’écran Marion Cotillard et Louis Garrel, suit le parcours de Gabrielle. Elle a grandi dans la petite bourgeoisie rurale de la Provence des années 50. où sa passion, sa rage et ses rêves d’absolu la font passer pour folle.
"Gabrielle m'a beaucoup touchée"
ll fait froid, c'est l'automne. Un mystérieux et menaçant nuage déroutant tous les experts météo s’entend sur la Suisse centrale et ne cesse de croître pour recouvrir le pays en s’arrêtant aux frontières. Il est annonciateur d’une tempête dévastatrice qui sème la panique parmi les habitants.