Après sa Palme d’or en 2018 pour Une affaire de famille, le Japonais Hirokazu Kore-eda s’est plus ou moins fourvoyé dans un tournage en français. Certes, il ne quitte pas son terrain favori des liens familiaux où il excelle en général, mais ce n’est pas le cas dans La Vérité. Un opus sentimental assez décevant au service d’une histoire anodine, où le talentueux réalisateur perd de son pouvoir dramatique et émotionnel en usant d’une langue qu’il maîtrise mal.
Dans ce nouveau long métrage qui avait fait l’ouverture de la Mostra de Venise en septembre dernier, il a choisi de développer les rapports complexes entre Fabienne, arrogante icône du cinéma français au caractère de chien et sa fille Lumir, personnage réservé, scénariste à New York. La publication des mémoires largement inventées de Fabienne qui se donne le beau rôle, ramène Lumir et sa famille dans la maison de son enfance.
Mais les retrouvailles entre les deux femmes vont rapidement tourner à l’aigre entre non-dits, mensonges, rancunes inavouées et amours impossibles. Parallèlement, Fabienne tourne un film de science-fiction (séquences assez laborieuses) où, réduite à un rôle secondaire, le seul qu’on lui ait proposé, elle incarne la fille âgée d’une mère éternellement jeune.
Au-delà de l'intrigue, l’idée de Kore-Eda était évidemment de mettre face-à-face Deneuve et Binoche qui n’avaient jamais joué ensemble. Le duel est pourtant inégal. Dans son rôle de star vieillissante, méchante, sarcastique, égocentrique et vaniteuse, la grande Catherine domine les débats. Même si elle n’est pas à son meilleur, elle laisse Juliette en retrait. Quant aux autres acteurs, ils doivent se contenter de servir la reine. A commencer par le malheureux Ethan Hawke en ingrat et inutile mari américain de Binoche. Véritable pièce rapportée, il ne fait qu'errer dans le film comme une âme en peine.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 décembre.
Palestinien de nationalité israélienne, le cinéaste Elia Suleiman à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, fuit son pays avant de réaliser qu’il le suit comme une ombre. Car où qu’il s’envole, de New York à Paris en passant par Nazareth où il est né et où il a grandi, quelque chose lui rappelle toujours sa patrie.
On est loin des nanars du genre, hollywoodiens ou non, pleins de bons sentiments et de valeurs chrétiennes. Avec Echo, le réalisateur islandais Runar Runarsson propose, en 56 vignettes qui s’inscrivent entre les préparatifs de Noël et de Nouvel-An, une radiographie de son pays en particulier et de l’ensemble de notre société moderne en général.
«C’est un film sur de petits fragments de la vie qui, ensemble, représentent notre société. Certains aiment Noël et Nouvel-An, d’autres pas. Echo agit comme un amplificateur d’émotions d’un côté ou de l’autre», nous dit Runar Runarsson (photo) lors d’une rencontre à Genève. «Mon but n’est pas de critiquer cette période festive, mais avant tout d’observer. Pour moi, c’est un miroir où chacun peut voir un reflet de sa propre existence.»