Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le blog d'Edmée - Page 83

  • Grand écran: "Iris et les hommes", comédie sur le désir féminin. Avec Laure Calamy, son atout majeur

    Comme on dit, Iris (Laure Calamy) a tout pour être heureuse. Un gentil mari, (Vincent Elbaz),  deux filles adorables, une belle situation financière. Sauf que côté sexe, c’est le désert. Au point qu’elle ne se souvient même plus de la dernière fois où elle a fait l’amour, son conjoint, pièce rapportée dans l’histoire, passant tout son remps sur son ordinateur.  

    Comment ranimer éventuellement la flamme? On simplement se faire plaisir ? Tout commence par la réflexion d’une inconnue qui lui conseille de prendre un amant. Intriguée et conquise par l’idée, Iris s’inscrit sans tarder sur une application, pour tenter de pimenter son existence. Et c’est le défilé... 

    Un thème dans l’air du temps, pour la réalisatrice Caroline Vignal qui, trois ans après une incursion dans la nature avec Antoinette dans les Cévennes, retrouve Laure Calamy dans la jungle parisienne pour une comédie de mœurs sur le désir féminin, l’intime, le couple. Et le rôle des sites de rencontres dans tout ça. 

    On ne prétendra pas que Caroline Vignal  nous embarque au septième ciel. Elle ne fait en réalité qu’effleurer son affaire, en proposant une intrigue certes décomplexée, mais au scénario mince et simpliste en dépit de quelques surprises. 

    Atout majeur, la pétillante Laure Calamy se révèle toujours aussi drôle, souriante, malicieuse et touchante dans le rôle clownesque de cette énergique petite bourge quadra sexuellement délaissée par son mari, qui décide de se prendre en mains et de ’envoyer en l’air en collectionnant joyeusement les mecs. 

    De passage à Genève, Caroline Vignal nous en dit plus sur ses motivations de réalisatrice.  «J’étais assez étonnée qu’il n’y ait pratiquement pas de film sur le sujet. Je m’y suis intéressée suite à une conversation avec une amie qui s’était inscrite sur un site et ce qu’elle m’a raconté était aussi passionnant qu’hilarant. J’ai alors décidé de me documenter, je me suis également inscrite et j’ai créé un profil. J’ai été assaillie de demandes, ce qui m’a servi pour mes personnages masculins».

    Cela vous permet en effet de montrer toutes sortes de mâles, dont on ne dira pas qu’ils sont des prix de beauté. 

    C’est vrai. Ni jeunes, ni bronzés, ni Mr Muscle. Je l’ai fait exprès. Au début, Iris a perdu de sa séduction. Elle choisit des hommes peu gâtés par la nature parce qu’elle n’est pas sûre d’elle. Par ailleurs, le critère de la beauté n’a pas beaucoup à voir avec le fait de baisouiller à gauche et à droite.

    Le choix de Laure Calamy s’est imposé d’office j’imagine.

    En effet, Notre précédent film nous a rapprochées et je n’ai pas résisté à l’évidence. Laure allie une force comique peu commune à quelque chose de charnel et de sexy. On la voit se transformer, rajeunir, embellir.

    Pourtant la première rencontre peu concluante aurait pu la décourager. Mais cela lui donne au contraire envie de recommencer. 

    Oui. Pour elle, il n’est pas question de retour en arrière, d’éteindre cette vitalité, au risque qu’elle lui coûte son couple, voire sa famille.

    Comme Iris épice son quotidien en s’envoyant en l’air vous épicez votre scénario avec quelques surprises. Dont cette très inattendue et bienheureuse chorégraphie où il pleut des hommes. 

    J’ai une passion pour la comédie musicale et j’ai adoré tourner la scène. J’ai tout de suite pensé à la chanson originale It’s Raining Men, dont j’ai adapté les paroles en français. 

    Une chose peut surprendre. Vous ne parlez pas des éventuels risques encourus dans ce genre de rencontres.

    Ce n’était pas le but. En outre, je n’ai jamais entendu parler de gens tombés dans un piège. En fait, ce sont juste les mêmes hommes que ceux qu’on voit dans la rue. 

    Iris et les hommes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 10 janvier.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran: Avec "L'Innocence", Hirokazu Kore-Eda continue à explorer les mystères de l'enfance

    Grand cinéaste de la famille en général et de l’enfance en particulier, le Japonais Hirokazu Kore-Eda revient avec L’Innocence (Monster), qui avait obtenu en mai dernier le Prix du scénario et la Queer Palm à Cannes. Il suit Minato, un jeune garçon dont l’attitude intrigue. Cela commence par une drôle de question qu’il se pose en regardant un immeuble en feu du haut de son balcon, où il se tient avec Saori, sa mère. 

    Par la suite, son comportement est de plus en plus bizarre. Il semble qu’un de ses professeurs soit responsable des problèmes qui le bouleversent. Très inquiète, Saori qui l’élève seul depuis la mort de son père, décide de se rendre à l’école pour en savoir davantage. Ce n’est pas facile, la vérité se révèlant plus complexe, subtile et émouvante au fur et à mesure du déroulement de l’enquête. Et ce qui commence comme un drame sur le harcèlement scolaire, montré à travers les points de vue forcément différents de la maman, du professeur et de Minato, évolue vers une relation amoureuse avec un autre petit élève.  

    Interrogeant les mystères de l’enfance, l’éveil aux émotions sexuelles, parfaitement interprété, conçu comme un thriller avec de nombreux rebondissements pour nous amener au fin mot de l’histoire, le film ne nous emporte pourtant pas autant que les œuvres précédentes de l’auteur.  

    Traitant de la question de l’homosexualité restée délicate au Japon qui n’a toujours pas légalisé le mariage homosexuel, montrant les angoisses liées à la peur de l’exclusion et au sentiment d’’injustice, Kore-Eda  nous perd volontairement dans une structure narrative  éclatée tenant du puzzle, au fil d’une intrigue parfois inutilement tarabiscotée. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 décembre. 

     

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire
  • Grand écran: "La fille de son père", comédie originale et fantaisiste avec Céleste Brunnquell. Interview

    Après Perdrix en 2018, Erwan Le Duc revient avec La fille de son père. Comédie originale, elle se distingue par son ton, en offrant de la filiation et de la paternité une vision décalée et pleine de fantaisie , en mettant en scène Etienne( Nahuel Pérez Biscayart)  et Rosa (Céleste Brunnquell), deux personnages attachants qui entretiennent une relation fusionnelle..
     
    Flash-back rapide pour la mise en place.  Etienne, 20 ans, rencontre Valérie dans une manif à Paris. Coup de foudre, amour fou, naissance de Rosa.  Et puis Valérie s’en va sans explication, laissant le jeune père-se débrouiller avec le bébé. Faisant preuve de résilience en dépit de sa tristesse Etienne, devenu entraîneur de foot amateur (clin d’œil de l’auteur, ancien journaliste sportif), élève seul sa fille, lui vouant un amour inconditionnel. C'est réciproque, chacun se consacrant à l’autre dans un rapport d’égalité peu commun, évoquant sans tabou et avec humour tous les sujets.
     
    La séparation s’annonce difficile
     
    Joie, tendresse  et bonne humeur règnent dans la maison. Mais seize ans se sont écoulés et le moment semble venu de tourner la page. Etienne voudrait vivre avec sa nouvelle dulcinée (Maud Wyler) et Rosa, admise aux Beaux-Arts de Metz  est sur le point de quitter le nid. Avec réticence. Alors que la séparation s’annonce difficile, Etienne retrouve par hasard une trace de Valérie en regardant une émission télévisée. Le passé ressurgit...
     
    Tout en traitant sérieusement de la perte d’un amour et d’une mère, Erwan Le Duc refuse de dramatiser, émaillant son récit de scènes cocasses, de dialogues farfelus et de situations burlesques. A l’image d’une scène baroque avec Noémie Lvovski au bord d’un terrain de foot.
     
    N’évitant toutefois pas quelques longueurs et bavardages, le film  vaut surtout pour son interprétation.  Nahuel Pérez Biscayart, révélation de 120 battements par minute se glisse avec bonheur dans la peau de ce père qui a mis une croix sur le passé pour mieux s'occuper de son enfant. Il est irrésistible avec son côté Buster Keaton de poche, ses grands yeux étonnés qui lui mangent le visage. 

    De son côté, voulant devenir peintre et amoureuse d’un jeune poète courtois (Mohammed Louridi), Céleste Brunnquell, découverte dans Les éblouis et En thérapie, séduit par son côté cash, pétillant, intrépide, insolent. .
     
    Une actrice qui monte et qui a des convictions
     
    D’origine allemande, 21 ans, née à Paris, Céleste, rencontrée récemment à Genève, est une actrice qui monte et qui affiche des convictions féministes. C’est aussi une grande lectrice et une bosseuse qui s’engage dans ses choix de films. Alors que La fille de son père sort sur les écrans, on la retrouve dans trois autres longs métrages qu’on devrait bientôt découvrir  et s’apprête à en tourner un autre en janvier. Elle s’intéresse par ailleurs de plus en plus aux documentaires qui  traitent de l’intime, du social ou de la politique
     
    Précoce, elle a commencé la danse au berceau et le théâtre à 15 ans, avant d’être choisie pour Les éblouis (2019)  « A l’époque, nous raconte-t-elle, j’’étais encore à l’école, je n’avais aucune idée de rien, je ne savais rien. Progressivement, j’essaye de faire des choses que j’aime, découvrir de nouvelles idées de mise en scène, avec de l’audace».
     
    D’où votre envie de travailler avec Erwan Le Duc.
     
    Absolument. Son premier film, Perdrix m’avait énormément plu et j’ai adoré le rôle de Rosa. Même si je ne le cherchais pas, je me retrouvais dans sa sensibilité artistique, sa façon d’être, de savoir ce qu’elle veut ou pas.
     
    Son univers semble particulièrement vous correspondre  
     
    C’est vrai. La marque de fabrique d'Erwan, c’est de décaler le réel, de faire exister ses personnages différemment, de trouver une harmonie, de montrer l’absurde, comme peut l’être la vie. Car en même temps, le film est très réaliste.
     
    Nahuel Pérez  Biscayart apparaît davantage  comme votre grand-frère que votre père.  
     
    En effet. Dans la mesure où il a eu ce bébé à 20 ans, il n’a pas véritablement mûri. L’écart entre Rosa et lui est marrant-. En fait ils grandissent ensemble. Ils sont complices, se ressemblent, se tiennent, se soutiennent et entretiennent un rapport d’égalité passionnant. C’est rare de le voir au cinéma.
     
    La fille de son père, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 décembre.  

    Lien permanent 0 commentaire 0 commentaire