Zain, 12 ans, dont on apprend qu’il a poignardé un homme, arrive au tribunal les mains menottées dans le dos. Au juge qui lui demande d’expliquer sa présence il répond: "Je souhaite porter plainte contre mes parents pour m’avoir donné la vie".
Un démarrage on ne peut plus original, avec cette attaque contre ses géniteurs, prometteuse d’un passionnant questionnement moral sur le fait d’engendrer un enfant sans avoir les moyens de lui assurer une existence décente. Mais hélas, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki qui veut plaire à tout le monde, laisse tomber ce sujet en or pour bifurquer sans attendre vers un banal flash back, pétri de bons sentiments.
Avec ce film tourné caméra à l’épaule dans l’effervescence des rues de Beyrouth et des taudis des faubourgs, on suit le parcours chaotique de Zain, beau comme un ange et bluffant dans son propre rôle. Livré à lui-même, le gamin issu d'une famille très pauvre, qui se bat pour sauver sa petite sœur vendue à un homme plus âgé, va d’abord dormir dans un parc d’attractions. Puis il est recueilli par une immigrée clandestine et s’occupe de son bébé avant de se retrouver à la rue pour mendier et voler.
La réalisatrice brasse ainsi sans subtilité toutes les thématiques sociales du moment: enfants maltraités, précarité, misère , sans papiers, migrants, destin inexorable des femmes dans un monde patriarcal. Alors certes, Capharnaüm (qui mérite vraiment son titre) nous montre une terrible et douloureuse réalité. Mais on n’en a pas moins droit, avec grosse sortie de violons et happy end discutable à l’appui, à un mélo tire-larmes, convenu et moraliste.
En compétition à Cannes, l'opus était donné gagnant par beaucoup. En témoignait notamment l’interminable ovation qui avait suivi la projection publique. Elle n’avait heureusement pas réussi à convaincre Cate Blanchett et ses camarades qui, au lieu de la Palme d’or annoncée, se sont contentés de lui décerner le Prix du jury.
A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 octobre.
Film choral aux intrigues et personnages multiples, Voyez comme on danse est une sorte de suite, 16 ans après, d' Embrassez qui vous voudrez, Adaptant un roman de Joseph Connolly, Michel Blanc remet donc le couvert avec une partie de ses personnages d’avant et quelques nouveaux venus.
Le film ouvre sur la vie quotidienne dans un village africain à l’heure du repas. Evoluent dans ce cadre la petite Dilili et ses parents que les promeneurs viennent voir, comme s’ils visitaient un zoo humain. En réalité, cette scène caricaturale se déroule dans un parc parisien lors de l'Exposition universelle de 1900. Dilili, princesse kanake née d’un père français et d’une reine néo-calédonienne fait partie d’un spectacle reconstituant les choses telles qu’on les imaginait à l’époque coloniale.
D’où un défilé à l’effet catalogue un rien fastidieux de personnages (surtout pour les enfants à qui est en partie destiné le film) : Marie Curie, Louise Michel, Sarah Bernhardt, Pasteur, Monet, Renoir, Toulouse-Lautrec, Proust, Jules Verne, Santos Dumont, la cantatrice Emma Calvé.