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Cinéfil - Page 7

  • Grand écran: avant la remise des Quartz, les meilleurs films suisses à découvrir au Grütli

    Les Prix du cinéma suisse (Quartz) seront remis le 25 mars à Zurich.  Pour accompagner cet événement, La Semaine des nominé-e-s aura lieu du 21 au 27 mars aux Cinémas du Grütli, avec la projection de 14 longs métrages et 11 courts  dont cinq films romands: La Mif de Frédéric Baillif (photo), Azor d’ Andrea Fontana, Olga d’ Elie Grappe, Les guérisseurs de Marie-Eve Hildbrand et Réveil sur mars de Dea Gjinovci. 

    Les cinéphiles auront également l’occasion de découvrir des œuvres alémaniques qui ne sont pas encore sorties sur les écrans romands, dont les excellents Wet Sand d’Elene Naveriani et Soul Of A Beast de Lorenz Merz. Ils pourront par ailleurs voir les films primés les  26 et 27 mars, ainsi que la comédie dramatique Pleine lune de Fredi M. Murer, lauréat du Prix d’honneur 2022. 

    Les séances sont proposées au prix de 5 francs en semaine et gratuites le week-end. Les équipes des films seront pour la plupart présentes en vue d'une discussion avec le public, modérée par Julie Evard, journaliste à la  RTS, et Alfio di Guardio, directeur-adjoint des Cinémas du Grütli. Le programme complet est disponible sur les sites Internet des Cinémas du Grütli et du Filmpodium.

    Cinéma du Grütli, du 21 au 27 mars. 

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  • Grand écran: "Goliath" thriller environnemental prenant et engagé avec le trio Lellouche-Bercot-Niney

    Frédéric Tellier, captivant auteur de  L’affaire SK1 (2014), racontant la traque du tueur en série Guy Georges dans les années 90, revient avec Goliath, un thriller sur le danger des pesticides.  

    France, professeur de sport le jour, manutentionnaire la nuit, milite contre ce fléau, après le cancer de son mari contaminé par le glyphosate. On découvre par ailleurs Patrick, obscur et solitaire avocat parisien. Méprisé par ses confrères il est spécialiste du droit environnemental. Quant à Mathias, brillant lobbyiste, il défend les intérêts d’un géant de l’agrochimie. Après le suicide d’une jeune femme,  leurs destins s’entremêlent sans que les protagonistes se croisent,  jusqu’à un procès retentissant, opposant santé publique et intérêts économiques.  

    Alors que le thème est loin d’être nouveau (Soleil vert, Erin Brokovich, Dark Waters, et tout récemment Rouge) , Frédéric Tellier propose un film prenant, sincère, engagé, contrebalançant un côté un peucaricatural, virant parfois au pathos. En bon conteur d’histoires, il se montre efficace en évoquant la réalité, précis dans les dialogues, convaincant dans l’exposition des faits, manoeuvres obscènes de l’entreprise, entretiens confidentiels, arcanes du pouvoir, immobilisme des politiques et de la justice. Il sait multiplier les points de vue sans donner de leçons,  

    Goliath doit par ailleurs beaucoup à ses comédiens,  Gilles Lellouche, Pierre Niney et Emmanuelle Bercot qui se livrent à fond dans cette œuvre, lui donnant de la chair et de l'émotion.  Il est intéressant de relever qu’à  l’origine, les rôles étaient inversés. Bercot était l’avocate, Niney l’activiste et Lellouche le lobbyiste.  

    Ce dernier ne voulant pas rejouer, comme dans Ma part du gâteau, l’individu ignoble et âpre au gain, il a préféré enfiler la robe de l’avocat rustre et cabossé par la vie. Niney, courageux pompier de Sauver ou périr, incarne cette fois le lobbyiste arrogant, ordure immorale, prête à tout sous son look de gendre idéal. Quant à Bercot, elle donne toute son énergie au personnage de l’activiste. Pour compléter ce trio, Frédéric Tellier a fait appel à Laurent Stocker, Chloé Stefani, Jacques Perrin, Marie Gillain et Yannick Renier. Joli casting, même si certains ne font que des apparitions..

    Une vaste enquête de plus de cinq ans

    Rencontré récemment à Genève, Frédéric Tellier nous raconte la genèse de Goliath. Alors qu’il écrivait L’affaire SK1, il a lu un article de presse parlant notamment des ravages des pesticides. «Cela m’a choqué. J’en ai parlé à mon producteur qui m’a encouragé à creuser le sujet. Pendant plus de cinq ans, j’ai mené l’enquête, vu des victimes, des avocats, des journalistes, des associations, dans le but de dominer la matière.» 

    Le thriller environnemental contribue-t-il à faire évoluer les mentalités?

    Personnellement, j’adore le genre. Au-delà du film d’utilité publique, le cinéma peut éveiller les consciences. A chaque fois c’est une piqûre de rappel. Cela met à jour des questions de façon artistique. Et je trouve que la fiction nous saisit davantage que le documentaire. J’avais envie de partir de la parole pour aboutir à l’action. Même désespérée. 

    Il y a un aspect manichéen  dans le face à face entre le gentil avocat et le méchant lobbyiste

    Je ne trouve pas. C’est mon ressenti. J’estime ne pas avoir caricaturé mes personnages. Pierre Niney a rajouté du charme  au sien. Au début, quand il parle, on a envie de le croire. Notamment dans ses explications sur le lithium et le diesel. Alors qu’il a évidemment tort.

    Ce rôle de lobbyiste furieusement antipathique est à contre-emploi pour un comédien aussi populaire.

    En effet. Lellouche et lui se sont répartis les rôles dans mon dos. Mais finalement c’était une bonne idée de les échanger. Tous les deux sont d’énormes bosseurs. Par exemple Gilles s’est enfermé pendant deux semaines pour préparer son phrasé.

    Ce film vous a-t-il changé?

    En m’engageant de la sorte, c’était inévitable. Il a totalement modifié mon existence ma perception des choses et des gens. Mais je ne suis pas devenu un spécialiste. Je milite à ma façon quand je peux. Je reste un cinéaste, je poursuis cette idée d’un monde plus juste, plus humain, au centre poétique du terme. Pour remettre l’épanouissement, la tolérance au centre.

    Et Frédéric Tellier aura l’occasion de le faire dans son prochain long métrage où il se penchera sur  la vie de l’abbé Pierre.

    Goliath, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dés mercredi 10 mars.  

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  • Séduisant comédien aux deux Césars, Gaspard Ulliel meurt à 37 ans dans un accident de ski

    Gaspard Ulliel est mort mercredi 19 janvier après avoir été admis la veille aux urgences du CHU de Grenoble. Le comédien français de 37 ans avait été grièvement blessé dans un accident sur une piste du domaine de la Rosière, en Savoie, où il était entré en collision avec un skieur. Le drame a évidemment provoqué une vive émotion et les témoignages ont afflué de partout, du monde culturel et politique, à commencer par celui du premier ministre Jean Castex. .

    Fils de stylistes, en couple avec le mannequin Gaëlle Pietri, père d'un petit Orso de 6 ans, le séduisant Gaspard était élégant, nonchalant, magnétique et mystérieux. Jeune premier à la gueule d’ange et aux yeux azur. césarisé pour Juste la fin du monde de Xavier Dolan, il restera inoubliable dans Saint Laurent de Bertrand Bonello, sans doute le rôle de sa vie. C’est Michel Blanc qui le révèle en 2002 en l’engageant pour la comédie Embrassez qui vous voudrez.  Puis il incarne le garçon sauvage qui traverse les routes de la France occupée avec Emmanuelle Béart dans Les égarés. d'André Téchiné.

    Ces deux prestations lui valent chacune une nomination au César du meilleur espoir masculin en 2003 et en 2004. Mais c'est l’année d’après qu’il décroche la  statuette grâce à Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, dans lequel il est fiancé à Audrey Tautou.

    Désormais tête d’affiche, Gaspard Ulliel est très demandé. Il se glisse dans la peau de Jacquou le Croquant en 2005, avant d'interpréter le redoutable serial killer Hannibal Lecter dans ses jeunes années et, en 2009, le fils d'Isabelle Huppert dans Un barrage contre le Pacifique, adaptation du roman de Marguerite Duras par Rithy Panh. En  2010, on le retrouve en compétition à Cannes dans La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson et Grégoire Leprince-Ringuet. 

    Deux performances remarquables

    En 2014 Bertrand Bonello lui offre le costume de Saint Laurent qui lui va mieux qu’un gant. Il excelle en donnant la réplique à Jérémie Renier et Léa Seydoux et se voit nominé au César du meilleur acteur pour sa performance. Il est finalement sacré en 2017 pour son interprétation bouleversante, dans Juste la fin du monde, d’un écrivain mutique revenu après une longue absence, annoncer sa mort prochaine à sa famille... .En 2018, il succombe  au charme d’une femme fatale (Isabelle Huppert) dans Eva, de Benoît Jacquot.

    Acteur trouble dans Sybil de Justine Triet en 2019, il intègre le casting de la série Marvel Moon Knight deux ans plus tard. Aux côtés d'Oscar Isaac et d Ethan Hawke, il campe Ânton Mogart, alias Midnight Man. Avec La bête (2021), film de science–fiction de Bonello, ce sont les deux dernières productions dans lesquelles on le verra. 

    Gaspard Ulliel était aussi connu pour ses spots publicitaires, et notamment l’homme Bleu de Chanel, dont il était l’égérie depuis 12 ans. Il fréquentait par ailleurs régulièrement les défilés parisiens de la Fashion Week. Avec Kate Moss il a participé à la campagne des sacs Longchamp. 

     

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