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Cinéfil - Page 7

  • Festival de Cannes: Julianne Moore ouvre La Semaine de la Critique

    Importante section cannoise, La semaine de la critique a pour objectif et mission de faire découvrir ou confirmer des talents en présentant des premiers et deuxièmes films. «When You Finish Saving The World » de Jesse Eisenberg, 38 ans, révélé en Mark Zuckerberg dans Social Network, a ouvert cette 61e édition riche de sept longs métrages et onze courts. Pour ses débuts, l’auteur a notamment fait appel la grande Julianne Moore.

    Evelyn et Ziggy, une mère et son fils ado vivent dans des univers parallèles et ont du mal à s’entendre. Les choses explosent même assez souvent entre eux pour des vétilles. Un paradoxe, tous deux se voulant à l’écoute du monde et ayant à coeur de le sauver! Militante, Evelyn dirige un refuge pour femmes battues, tandis que Ziggy, musicien dont la popularité à l’école n’atteint pas des sommets, joue les petites stars sur un réseau social.

    Communiquant sans cesse avec des milliers d’abonnés, Ziggy évite au maximum la compagnie de sa maman, qui le rend fou en entrant dans sa chambre alors qu’il est en live. ll finira pourtant par s’en rapprocher en s’intéressant aux problèmes politiques et climatiques sous l’influence d’une jeune fille qui lui plaît beaucoup.

    Deux êtres que tout semble opposer, mais qui au fond se ressemblent, l’idée n’est pas des plus nouvelles. Le charme du film tient plutôt aux acteurs. Et surtout à Julianne Moore. Maladroitement et comiquement dénuée de chaleur et de sensibilité, elle séduit dans ce portrait croisé amusant et pertinent, où elle donne la réplique à Finn Wolfhard, se montrant lui aussi convainquant.  

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  • Grand écran: avant la remise des Quartz, les meilleurs films suisses à découvrir au Grütli

    Les Prix du cinéma suisse (Quartz) seront remis le 25 mars à Zurich.  Pour accompagner cet événement, La Semaine des nominé-e-s aura lieu du 21 au 27 mars aux Cinémas du Grütli, avec la projection de 14 longs métrages et 11 courts  dont cinq films romands: La Mif de Frédéric Baillif (photo), Azor d’ Andrea Fontana, Olga d’ Elie Grappe, Les guérisseurs de Marie-Eve Hildbrand et Réveil sur mars de Dea Gjinovci. 

    Les cinéphiles auront également l’occasion de découvrir des œuvres alémaniques qui ne sont pas encore sorties sur les écrans romands, dont les excellents Wet Sand d’Elene Naveriani et Soul Of A Beast de Lorenz Merz. Ils pourront par ailleurs voir les films primés les  26 et 27 mars, ainsi que la comédie dramatique Pleine lune de Fredi M. Murer, lauréat du Prix d’honneur 2022. 

    Les séances sont proposées au prix de 5 francs en semaine et gratuites le week-end. Les équipes des films seront pour la plupart présentes en vue d'une discussion avec le public, modérée par Julie Evard, journaliste à la  RTS, et Alfio di Guardio, directeur-adjoint des Cinémas du Grütli. Le programme complet est disponible sur les sites Internet des Cinémas du Grütli et du Filmpodium.

    Cinéma du Grütli, du 21 au 27 mars. 

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  • Grand écran: "Goliath" thriller environnemental prenant et engagé avec le trio Lellouche-Bercot-Niney

    Frédéric Tellier, captivant auteur de  L’affaire SK1 (2014), racontant la traque du tueur en série Guy Georges dans les années 90, revient avec Goliath, un thriller sur le danger des pesticides.  

    France, professeur de sport le jour, manutentionnaire la nuit, milite contre ce fléau, après le cancer de son mari contaminé par le glyphosate. On découvre par ailleurs Patrick, obscur et solitaire avocat parisien. Méprisé par ses confrères il est spécialiste du droit environnemental. Quant à Mathias, brillant lobbyiste, il défend les intérêts d’un géant de l’agrochimie. Après le suicide d’une jeune femme,  leurs destins s’entremêlent sans que les protagonistes se croisent,  jusqu’à un procès retentissant, opposant santé publique et intérêts économiques.  

    Alors que le thème est loin d’être nouveau (Soleil vert, Erin Brokovich, Dark Waters, et tout récemment Rouge) , Frédéric Tellier propose un film prenant, sincère, engagé, contrebalançant un côté un peucaricatural, virant parfois au pathos. En bon conteur d’histoires, il se montre efficace en évoquant la réalité, précis dans les dialogues, convaincant dans l’exposition des faits, manoeuvres obscènes de l’entreprise, entretiens confidentiels, arcanes du pouvoir, immobilisme des politiques et de la justice. Il sait multiplier les points de vue sans donner de leçons,  

    Goliath doit par ailleurs beaucoup à ses comédiens,  Gilles Lellouche, Pierre Niney et Emmanuelle Bercot qui se livrent à fond dans cette œuvre, lui donnant de la chair et de l'émotion.  Il est intéressant de relever qu’à  l’origine, les rôles étaient inversés. Bercot était l’avocate, Niney l’activiste et Lellouche le lobbyiste.  

    Ce dernier ne voulant pas rejouer, comme dans Ma part du gâteau, l’individu ignoble et âpre au gain, il a préféré enfiler la robe de l’avocat rustre et cabossé par la vie. Niney, courageux pompier de Sauver ou périr, incarne cette fois le lobbyiste arrogant, ordure immorale, prête à tout sous son look de gendre idéal. Quant à Bercot, elle donne toute son énergie au personnage de l’activiste. Pour compléter ce trio, Frédéric Tellier a fait appel à Laurent Stocker, Chloé Stefani, Jacques Perrin, Marie Gillain et Yannick Renier. Joli casting, même si certains ne font que des apparitions..

    Une vaste enquête de plus de cinq ans

    Rencontré récemment à Genève, Frédéric Tellier nous raconte la genèse de Goliath. Alors qu’il écrivait L’affaire SK1, il a lu un article de presse parlant notamment des ravages des pesticides. «Cela m’a choqué. J’en ai parlé à mon producteur qui m’a encouragé à creuser le sujet. Pendant plus de cinq ans, j’ai mené l’enquête, vu des victimes, des avocats, des journalistes, des associations, dans le but de dominer la matière.» 

    Le thriller environnemental contribue-t-il à faire évoluer les mentalités?

    Personnellement, j’adore le genre. Au-delà du film d’utilité publique, le cinéma peut éveiller les consciences. A chaque fois c’est une piqûre de rappel. Cela met à jour des questions de façon artistique. Et je trouve que la fiction nous saisit davantage que le documentaire. J’avais envie de partir de la parole pour aboutir à l’action. Même désespérée. 

    Il y a un aspect manichéen  dans le face à face entre le gentil avocat et le méchant lobbyiste

    Je ne trouve pas. C’est mon ressenti. J’estime ne pas avoir caricaturé mes personnages. Pierre Niney a rajouté du charme  au sien. Au début, quand il parle, on a envie de le croire. Notamment dans ses explications sur le lithium et le diesel. Alors qu’il a évidemment tort.

    Ce rôle de lobbyiste furieusement antipathique est à contre-emploi pour un comédien aussi populaire.

    En effet. Lellouche et lui se sont répartis les rôles dans mon dos. Mais finalement c’était une bonne idée de les échanger. Tous les deux sont d’énormes bosseurs. Par exemple Gilles s’est enfermé pendant deux semaines pour préparer son phrasé.

    Ce film vous a-t-il changé?

    En m’engageant de la sorte, c’était inévitable. Il a totalement modifié mon existence ma perception des choses et des gens. Mais je ne suis pas devenu un spécialiste. Je milite à ma façon quand je peux. Je reste un cinéaste, je poursuis cette idée d’un monde plus juste, plus humain, au centre poétique du terme. Pour remettre l’épanouissement, la tolérance au centre.

    Et Frédéric Tellier aura l’occasion de le faire dans son prochain long métrage où il se penchera sur  la vie de l’abbé Pierre.

    Goliath, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dés mercredi 10 mars.  

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