Sans surprise, Woody Allen avait rameuté la grande foule de journalistes, battant longuement la semelle pour tenter d’assister à la conférence de presse du maestro. Qui n'a pas échappé à la question récurrente. Pourquoi refuse-t-il de s’aligner en compétition?
"C’est bien pour le sport, mais je n’y crois pas dans le domaine artistique. Là, on ne peut pas déterminer le mieux. Pour moi c’est le contraire du bon sens. Personnellement je serais incapable de juger l’oeuvre d’autres auteurs. Mais je suis content de passer quelques jours à France, de venir à Cannes, de parler des films, de voir des gens pour le business".
Dans Café Society, dont il a écrit tous les dialogues "tout en laissant ses comédiens en faire ce qu’ils veulent", il est le narrateur. "Au départ le film devait avoir la structure d’un roman, être présenté sous forme d’un livre. J’ai donc décidé de faire la voix off. En plus, cela m’a coûté moins cher… "
Woody Allen a toujours pensé être un romantique. "J’ai voulu présenter New York de cette façon. Pour moi, Café Society est un film romantique" Pas seulement à en croire cette réplique: "La vie est une comédie écrite par un auteur sadique". Woody Allen explique : «La vie est amusante. Un mari trompe sa femme et va voir sa m?iitresse. On rit de cette situation drôle. Mais en fait on rit de quelque chose empreint de tristesse et de cruauté ».
On voit généralement Le jeune héros incarné par Jesse Eisenberg comme un alter ego d’un Woody jeune. Ce n’est pas l’avis du réalisateur. "Je ne crois pas qu’il parle comme moi Ce garçon ne me ressemble pas. Il n’a rien à voir avec moi. Je ne suis pas allé tenter ma chance à Hollywood. Sa vie n’est pas la mienne. Si elle la rappelle, c’est de très loin".
A propos de Hollywood, il dit qu’à l’époque les lieux étaient dominés par les studios avec des gens prêts à s’entretuer. "Un vrai carnage pour arriver. Mais c’est aussi le cas à Wall Street et en politique. Sauf que cela se voit davantage à Hollywood où tout est médiatisé à l’échelle planétaire".
Même s’il reconnaît avec humour avoir quelques problèmes d’audition et ne plus être très jeune, Woody Allen n'est pas près de se sentir vieux. Quand on lui parle de son âge, 81 ans, il n’y croit pas. "Je suis agile, je mange bien, je fais de l’exercice. Mes parents ont vécu presque jusqu’à cent ans... " Avec ses bons gènes, le pétulant octogénaire n’a pas fini de nous surprendre, s’il continue au rythme d’un film par an!
"Café Society" est à l'affiche depuis aujourd'hui 11 mai.
Un nouveau Woody Allen c’est toujours excitant, en principe. Et on en a un chaque année. C’est sa cadence. De plus, pour la troisième fois, il fait l’ouverture de Cannes. Avec Café Society, il nous plonge dans l’ambiance des années 30 pour nous raconter les aventures de Bobby (Jesse Eisenberg), un jeune New-Yorkais, doux rêveur gauche et timide, qui décide de tenter sa chance à Hollywood.
Glamour californien et chic new-yorkais
Un homme monte les marches de la villa Malaparte face à la Méditerranée. Cette image en forme de symbole, tirée du Mépris sorti en 1963, c’est l’affiche de la 69e édition du Festival de Cannes. Un hommage à Jean-Luc Godard après celui rendu l’an dernier à Ingrid Bergman.
Devant la caméra, ce qui a fait dire au délégué général Thierry Frémaux que «c’est plutôt un festival avec beaucoup de stars», on notera pêle-mêle, outre celle de Kristen Stewart (déjà citée et ici avec Jesse Eisenberg et Woody Allen), la présence de Charlize Theron, Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Isabelle Huppert, Marion Cotillard, Adèle Haenel, Juliette Binoche, Valeria Bruni-Tedeschi, Vincent Cassel, Ryan Gosling, Javier Bardem, Russel Crowe, Fabrice Luchini, ou encore Adam Driver.