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le blog d'Edmée - Page 417

  • Roland Garros: le calice jusqu'à la lie pour le malheureux Rafa...

    CGluFoLWwAETAnR[1].jpgOn a beaucoup glosé sur la défaite mortifiante du maestro en quarts de finales subie face à un Wawrinka en forme olympique. Et les spécialistes d’y aller de leur refrain sur le déclin du mythe et l’âge de ses artères, comme à chaque fois que celui-ci lâche malencontreusement un match.

    A l’image de Marion Bartoli et Emilie Loit, évoquant avec commisération un pauvre Federer manquant cruellement de puissance et n’y arrivant décidément plus. Ou de Benoît Paire qui, ayant les yeux de Chimène pour son pote Stan, racontait étourdiment qu’en Suisse en général et à Genève en particulier, plus personne ne parlait de Rodgeur. Et que le numéro Un helvétique, c’était désormais Wawrinka. A se demander comment diable le Bâlois peut encore pointer à la deuxième place du classement…

    Alors certes, la légende en a pris un coup sous les assauts furieux et répétés du Vaudois, qui l’a étouffé petit à petit. Dans le fond pourtant, ce n’était qu’un simple faux-pas de son adversaire grognon, dans un mauvais jour, peu inspiré et irrité par les conditions atmosphériques. Mais tout de même pas franchement ridiculisé dans une rencontre dont on n’attendait pas vraiment monts et merveilles,

    Rien à voir avec le revers cinglant infligé par Djokovic à Nadal dans un match foireux que tout le monde a voulu nous faire passer pour celui de la quinzaine, la finale avant la lettre. Depuis le tirage au sort, la planète tennis s’excitait et se léchait les babines à l’idée du duel monstrueux qui allait opposer deux champions hors normes, le saigneur des courts et l’ogre de l’ocre!

    Alors que la messe était dite avant l’entrée des deux as, tout montrant dès le début de la saison sur terre battue que le pitbull perdait ses crocs un à un, certains n'hésitaient pas à se livrer à de savantes analyses, selon lesquelles battre Nadal dans son fief restait extrêmement difficile et quasiment impossible au meilleur des cinq sets,

    Personne n’imaginait qu’il n’y aurait nul besoin d’aller jusque là, et surtout l’ampleur du désastre. Au moins Federer s’est-il incliné au tie-break du troisième set, alors que le niveau de jeu relevait soudain de l'excellence, sur une balle plus ou moins litigieuse, donnant l’avantage à Ironstan. Tandis que là, ce 6-1 à la troisième et dernière manche pour Djokovic, qui en somme n'a pas eu à forcer son talent, insulte suprême, sonne définitivement le glas des espoirs de l’Ibère de remporter encore une foie Roland Garros. Et contrairement à Federer, ce n'est pas en principe à Wimbledon qu'il pourra éventuellement se refaire.

    Bref, dire qu'il a bu le calice jusqu'à la lie est presque un euphémisme. Car le taureau de Manacor  va de surcroît se retrouver à la dixième place du classement, sinon la onzième, si Wawrinka laisse filer Tsonga en finale. A Stanimal de faire le maximum pour passer l’obstacle et accessoirement éviter au malheureux Rafa l’humiliation de sortir du top 10!

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  • Grand écran: Philippe Garrel nous emmène à "L'ombre des femmes"

    468907[1].jpgManon et Pierre sont pauvres, mais ils s'aiment. Un couple d’artistes unis face à la précarité et vivant dans un vieil appartement délabré. Ils ont en outre une passion commune pour les documentaires qu'ils réalisent avec des bouts de ficelle et qui leur rapportent des clopinettes. En l’occurrence, ils travaillent à un métrage sur la Résistance. Inséparables dans la vie comme dans le travail pense leur entourage.

    Mais un jour Pierre trompe Manon avec Elisabeth, une jeune stagiaire. Un besoin purement physique pour lui. Sauf que la jeune femme veut plus. De son côté, Manon commence à se douter de quelque chose. Elle ne dit rien, mais se  sentant délaissée, elle prend un amant.

    Par hasard, Elisabeth le découvre. Elle hésite à le dire à Pierre, se demandant si c'est dans son intérêt. Mais frustrée de n’être qu’une amantei, elle finit par craquer. En macho blessé pour qui l'infidélité est le privilège des hommes, ce dernier en mal d’exclusivité et d’une parfaite mauvaise foi ne supporte pas la révélation. Alors Manon décide de se sacrifier… 

    Avec L’ombre des femmes, du Philippe Garrel pur sucre, l'auteur propose une variation sur l’amour, ses arrangements petits-bourgeois que ses héros méprisent pourtant, ses faux-fuyants, ses petites et grandes trahisons sur fond de lâcheté masculine et de lucidité féminine. Revisitant une situation pourtant rebattue sur un mode vaudevillesque en mettant un couple à l’épreuve d’un double adultère, il livre une comédie humaine espiègle en noir et blanc, au charme aussi inédit que singulier. Avec en off la voix de Louis Garrel.

    Le film est porté par d'excellents comédiens dont Stanislas Merhar (Pierre), Lena Paugam (Elisabeth) et surtout Clotilde Courau (Manon). Magnifique, la comédienne opère ainsi un retour très réussi au cinéma. On aura l’occasion d’en reparler lors de son interview. (Photo de gauche à droite Lena Paugam, Stanislas Merhar, Clotilde Courau)

    Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 3 juin.

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  • Grand écran: Arnaud Depleschin livre "Trois souvenirs de ma jeunesse"

    trois-souvenirs-de-ma-jeunesse-5524f13fb4342[1].jpgDix-neuf ans après son romanesque long-métrage générationnel Comment je me suis disputé... (ma  vie sexuelle), où on suivait Paul Dédalus (référence à James Joyce), un maître-assistant trentenaire en pleine crise existentielle, le réalisateur livre Trois souvenirs de ma jeunesse.

    Il s’agit d’une préquelle où apparaît un Paul plus jeune, rôle principal joué par Quentin Dolmaire, un jeune homme aux relations chaotiques avec les filles, plaçant le sentiment amoureux au-dessus de tout, le respectant au point d’être infidèle, tentant constamment à être à la hauteur de ses exigences.

    C’est lui que se rappelle le Paul d'aujourd'hui, interprété par Mathieu Amalric. Il va quitter le Tadjikistan et se souvient de son enfance à Roubaix, de son adolescence, de la folie de sa mère, de la violence de son frère Ivan, de celle de son père, veuf inconsolable.

    Il évoque aussi son identité offerte à un jeune Russe lors d'une mission clandestine en Union soviétique, de ses 19 ans, des soirées avec ses amis dont l'un devait le trahir, de ses études à Paris, de sa vocation naissante pour l'anthropologie… Et surtout d'Esther (Lou-Roy-Lecollinet), son amour, le cœur de sa vie.  

    Conservant une approche très littéraire, maintenant parfois assez curieusement le spectateur entre l'agacement et la fascination, le film est un peu moins moins brillant qu'on l'attendait. Notamment en raison d'une première partie relativement faible, avec des comédiens pas toujours très convaincants. 

    Des réserves toutefois mineures en regard de la qualité de l'œuvre dans son ensemble. Reste que le film s’est retrouvé en Quinzaine des réalisateurs à Cannes après avoir été refusé en compétition. Pourtant, comparé à trois de ses compatriotes qui n’avaient rien à y faire, Valérie Donzelli avec Marguerite et Julien, Guillaume Nicloux avec The Valley of Love et Maïwenn avec Mon Roi, Arnaud Depleschin propose carrément un chef d’œuvre!

    Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 juin.

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