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le blog d'Edmée - Page 197

  • Le Festival de Locarno innove avec une 73e édition hybride

    j_37d496c894416ad06079772b04d692d9_CDT197844_MG2457837.jpgIl est amputé de la célébrissime Piazza Grande rameutant chaque soir quelque 8000 spectateurs, et de ses autres événements majeurs, compétition officielle de longs métrages, rétrospective ou encore Semaine de la critique. Le redoutable coronavirus ne l'a pourtant pas complètement mis à terre. C'est ainsi que le Festival de Locarno a décidé, sous l’impulsion de sa directrice artistique Lili Hinstin (photo), de fêter malgré tout sa 73e édition du 5 au 15 août. Intitulée For The future Of Films, elle aura lieu majoritairement en ligne, mais aussi physiquement bien que singulièrement réduite. Une bonne idée? Les avis divergent. A voir. 

    C’est First Cow, western de la réalisatrice et scénariste américaine Kelly Reichardt, en compétition à la Berlinale de février dernier, qui ouvrira ce cru 2020 pour le moins hybride. Projeté mercredi soir au Grand Rex, avec la participation virtuelle de son auteure, il évoque à la fois de grands espaces ainsi qu’une amitié imprévue.

    En clôture le 15 août une nuit de courts métrages. Avec, pour débuter, La France contre les robots du Français Jean-Marie Straub, lauréat du Léopard d’honneur en 2017. Il sera suivi de la Collection Lockdown by Swiss Filmmakers, neuf films courts de réalisatrices et réalisateurs suisses qui, pendant le confinement, ont décidé de raconter notre quotidien chamboulé.

    Kelly Reichhardt fera par ailleurs partie du jury de trois membres qui départagera dix projets internationaux en décernant plusieurs prix. Il s’agit d’un volet appelé The Films After Tomorrow où on retrouve des cinéastes connus ainsi que de nouveaux talents et qui a pour but de soutenir la production de films interrompus par la pandémie de coronavirus.

    L’édition en chair et en os, forte de 121 opus (longs et courts) dans six sections, se déroulera dans trois cinémas de la ville. Elle propose la seule compétition officielle maintenue les Pardi di domani, qui encourage la relève des réalisateurs aux plans national et international et Open Doors, programme dévolu aux cinématographies émergentes et consacré cette année à l’Indonésie, les Philippines et la Birmanie.

    Enfin, alors que seront également projetés des classiques de l’histoire du festival choisis par des cinéastes, Lili Hinstin s’est fait plaisir en sélectionnant huit oeuvres qu’elle présentera dans le cadre des Secret Sreenings le soir au Grand Rex à 21 heures. Comme l’indique l’intitulé, ce sont des surprises que le spectateur ne découvrira qu’au dernier moment.

    Quant à l’édition online, gratuite, elle comprendra 83 projections, des masters class, des débats, des tables rondes, et sera accessible des ordinateurs du monde entier. Les courts-métrages seront partagés en ligne sur réservation à 1590 internautes, chiffre correspondant au nombre de spectateurs qui auraient pu assister physiquement aux séances. A partir de novembre, ils seront proposés en salle à travers la Suisse.

    Locarno 2020 For The Future Of Films, du 5 au 15 août.

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  • Grand écran: "Adorables" pour parents impuissants face à leurs ados en crise

    8356437_6e8be4a2-cb58-11ea-9c9a-63ae57d488fe-1.jpgDivorcés Emma (Elsa Zyklberstein) et Victor (Lucien Jean-Baptiste) sont les parents de Lila (Ioni Matos). Alors qu’elle fête ses 14 ans, Lila passe du jour au lendemain d’une enfant parfaite à une adolescente insupportable, voire ingérable. Dans le rôle de l’arbitre laxiste, Victor tente d’apaiser les tensions, mais Emma est bien déterminée à ne pas céder.

    Entre mère et fille, la guerre est déclarée, chacune enchaînant les coups bas pour la gagner. Tout en délivrant un petit message déculpabilisant aux parents impuissants face à leurs ados en crise, Adorables, ixième comédie traitant des rapports difficiles entre les uns et les autres, ne brille pas par son originalité. Signée Solange Cicurel, elle frise par ailleurs l’hystérie et tombe souvent dans la caricature.

    On relèvera pourtant la prestation d’Elsa Zylberstein qui porte ce divertissement familial sur ses épaules. Elle se révèle plutôt convaincante en psychologue qui a choisi ce métier pour tenter d’éviter, évidemment sans succès, de répéter avec sa fille les erreurs que sa propre mère avait commises avec elle. A ses côtés Ioni Matos se débrouille mais peut mieux faire. A l’image d’un Lucien Jean-Baptiste transparent et d’un Max Boublil qui devient presque gênant en gamin de plus en plus attardé.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juillet.

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  • Grand écran: "Eté 85", deux ados entre fureur de vivre et d'aimer. Une attraction fatale

    1910167.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLe nouveau François Ozon aurait dû être présenté en compétition sur la Croisette en mai dernier. Victime du coronavirus, il est dorénavant labellisé «Cannes 2020». Après Grâce à Dieu, remarquable fiction traitant des abus sexuels dans l’Eglise catholique qui lui avait valu le Grand Prix de la Berlinale 2019, le cinéaste de 52 ans, changeant radicalement de registre revient à ses premières amours avec Eté 85, teen-movie romanesque revisité, sur fond de mort et d’un pacte délirant.

    L’éclectisme est une constante chez cet auteur d’une quarantaine de métrages longs et courts. Soucieux de construire une œuvre en évitant de se répéter il ne cesse de surprendre en passant du fantastique au musical, de la comédie au drame, du thriller au mélo. Ouvertement gay, Ozon fait de la sexualité, de l’ambivalence, de la subversion des normes sociales, ses thèmes privilégiés.

    L’un des deux jeunes héros donne le ton d'emblée, nous révélant qu’il va être question d’amour et d’un cadavre. Et que si cela ne nous intéresse pas, cette histoire n’est pas pour nous. Attraction fatale entre fureur de vivre et d’aimer, Été 85, tourné en pellicule, est librement adapté de La danse du coucou du Britannique Aidan Chambers, que François Ozon avait adoré en le lisant il y a 35 ans.

    Retrouvant ses 17 ans, il explore la complexité des sentiments, la violence de la passion qui animent deux adolescents dont les destins se croisent sur une plage de Normandie. Lors d’une sortie seul en mer, Alexis, 16 ans (Félix Lefèbvre), fasciné par la mort, est sauvé du naufrage par David, 18 ans (Benjamin Voisin). Alexis (désormais Alex), pense avoir trouvé l’ami de ses rêves. Il va les vivre intensément pendant six semaines. 60.480 minutes et 3,628.800 secondes qui vont le révéler à lui-même...
     
    L’homosexualité n’est pas un enjeu majeur

    Tout en nous immergeant dans les années 80 avec la musique des Cure, les cassettes audios, les virées à moto, les fêtes foraines, les boîtes de nuit, le film sensuel, érotique, évoque une idylle entre deux garçons sans pourtant que l’homosexualité soit un enjeu majeur.

    La problématique est ailleurs. Séducteur, charismatique, désinvolte, fanfaron, tête à claques, David ne veut appartenir à personne. Il aime le changement et craint l’ennui, tandis qu’Alex, intelligent, doué pour l’écriture mais beaucoup moins à l’aise, n’est jamais rassasié de la présence de l’être aimé. Jusqu’au grain de sable, symbolisé par l’irruption de Kate (Philippine Velge), une jeune Anglaise très décontractée au look de garçon manqué.

    Mais si la situation peut sembler classique, sinon banale, l’un aimant moins que l’autre et l’abandonnant par caprice, François Ozon laisse planer le suspense et le mystère dans une ambiance trouble, entraînant le spectateur dès le début sur de fausses pistes.

    Côté comédiens, Benjamin Voisin et Félix Lefèbvre se révèlent excellents. Valeria Bruni Tedeschi en mère de David extravertie, complice, follement possessive, un peu trop audacieusement inspirée de la dévorante Katherine Hepburn dans «Soudain l’été dernier» de Mankiewicz, Melvil Poupaud en professeur un rien équivoque et Isabelle Nanty dévouée corps et âme à son fils Alex, complètent le casting de cette romance initiatique à l’issue dramatique.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juillet. 
     
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