Le film commence par une succession de scènes muettes où on découvre Lina, grande styliste argentine de 34 ans (Isabel Aimé Gonzales-Sola). Elle assiste à Genève à une soirée où elle reçoit un prix prestigieux. Se réfugiant dans les toilettes, elle le balance immédiatement à la poubelle, avant de quitter la réunion et de se mettre à courir dans les rues. Saisie d’une impulsion tragique, elle se jette à l’eau du pont du Mont-Blanc, mais en ressort indemne.
Rentrée à Buenos Aires, elle ne dit rien à personne sur cet incident et retrouve son rôle de mère, d’épouse, de cheffe d’entreprise. Pourtant quelque chose a imperceptiblement changé en elle, une sorte de dérive intime qui commence à fissurer son quotidien. Son geste soudain, apparemment inexplicable, réveille un passé qu’elle semblait avoir enfoui.
La réalisatrice helvético-argentine Milagros Mumenthaler avait décroché en 2011 le Léopard d’or locarnais pour Abrir portas y ventanas, un premier film original racontant l’histoire de trois sœurs qui, chacune à sa manière, cherche à combler l’absence d’une grand-mère décédée. Avec Las Corrientes (les courants en français), l’auteure jette un regard singulier sur une femme mystérieuse, énigmatique, pleine de secrets, habitée par des pulsions de mort. Tout en explorant les thèmes de la santé mentale, de la maternité et de la réussite. A l’image du jeu minimaliste de son héroïne, ce film psychologique épuré privilégie les silence et les non-dits, à la démonstration narrative.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.