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le blog d'Edmée - Page 174

  • 74e Festival de Locarno: l'Indonésien Edwin décroche le Léopard d'or

    Le cru locarnais 2021 a souri au réalisateur indonésien Edwin, cinéaste chéri des festivals européens, qui repart avec le Léopard d’or pour  Vengeance Is Mine, All Others Pay Cash. Situé dans la société machiste des années 1980, le film brosse le portrait d’un jeune voyou tourmenté par son impuissance qui, pour se venger, ne cesse de chercher la bagarre, y compris avec sa future femme. Et comme une bonne partie de l’opus consiste en une série longuette de tabassages en règle, on a un peu de mal à saisir le choix de lui offrir le précieux métal…

    Le prix spécial du jury est justement allé, lui, à A New Old Play, fresque grandiose et ludique du Chinois Qiu Jiongjong , évoquant 50 ans d’histoire tumultueuse de la Chine du XXe siècle. De son côté Abel Ferrara reçoit l'immérité prix de la mise en scène pour Zéros And Ones, tourné à Rome pendant la pandémie et où le héros va tenter de découvrir l’ennemi qui menace le monde. 

    Le prix de la meilleure actrice va à  Anastasiya  Krasovskaya pour Gerda de la Russe Natalya Kudryashhiva, tandis que celui du meilleur acteur est décerné ex-aequo à  Mohamed Mellali et Valero Escolar pour Sis dies Corrents de l’Espagnol Neus Ballus. Quant au Suisse Lorenz Merz (Soul Of A Beast) et l’Espagnol Chema Garcia Ibarra (Espiritu Sagrado), ils se voient remettre chacun une mention spéciale.

    Ce n’est rien de dire que nous ne partageons pratiquement aucun des goûts du jury. A part la médaille remportée par le Chinois Qiu Jiongjong et le lot de consolation décroché par Lorenz Merz, on n’aurait pas pu se tromper davantage dans nos pronostics. Il est vrai qu’ils servent surtout à rappeler les oeuvres que l'on a préférées, dans ce concours peu exaltant dans l’ensemble. 

    On regrette ainsi beaucoup que les Français comme notre  favori  Bertrand Mandico (After Blue/Paradis sale), ou Axelle Ropert (Petite Solange), soient repartis les mains vides, ou que le prix d’interprétation masculine ait récompensé deux acteurs d’un  long métrage calamiteux. Et enfin que l’abscons Zeros And Ones soit gratifié d’un prix pour la seule raison que son auteur s’appelle Abel Ferrara.  Un rien pathétique, cette soumission du jury… 

    Mais peu importe et vivement l’année prochaine, sans coronavirus, sans masque et autres mesures sanitaires, sans billetterie électronique! Un rêve qu’on espère voir devenir réalité dans la 75e édition, qui se tiendra du 3 au 13 août 2022.

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  • Festivla de Locarno: à qui le Léopard d'or? Verdict samedi soir sur la Piazza Grande

    La chasse est terminée et les jeux sont faits. Place au jury, présidé par Eliza Hittman, qui doit décerner le Léopard d’or et les Léopardeaux de cette 74e édition. Les candidats ne se bousculent pas au sein d’une compétition comptant 17 films. Dans l'ensemble moyenne, ce qui ne change pas fondamentalement de l'habitude.

    S’en détachent plus ou moins sérieusement six,  à notre avis. Notre premier choix se porte sur After Blue (Paradis sale) du Français Bernard Mandico.  On aime son histoire fascinante et hors norme de planète habitée uniquement par des femmes, sous forme de western futuriste, cosmique, érotique, visuellement exubérant. 

    Il est suivi de près, par A New Old Play du Chinois Qiu Jiongjong avec sa fresque grandiose, foisonnante et ludique de trois heures où, mêlant l’histoire de l’art à celle de la Chine du XXe siècle, il  en raconte cinquante ans d’événements tumultueux.

    Petite Solange, de la Française Axelle Ropert, portrait d’une adolescente,  gaie, curieuse mais fragile et dont le monde s’écroule face au divorce de ses parents, mérite également de figurer au palmarès. Par exemple, en récompensant sa jeune actrice Jade Springer, une véritable découverte.

    On parle par ailleurs beaucoup d’ Al Naher /The River ) du Libanais Ghassan Salhab, qui nous offre  le voyage sensoriel, sensuel, métaphysique, d’un homme et d’une femme, cherchant leur chemin dans un pays désert.

    Soul Of A Beast, oeuvre personnelle, physique, formellement captivante et sous influence japonaise pour le récit du Suisse Lorenz Merz pourrait séduire, Tout comme Luzifer de l’Autrichien Peter Brunner, opus sombre et glauque dont on salue la qualité de la mise en scène et la performance de Franz Rogowski,, candidat valable au prix d’interprétation masculine.  

    En revanche il y a des films qu’on souhaiterait vraiment ne pas voir récompensés, comme l’Espagnol Spiritu Sagrado, l’Italien I Giganti, le Serbe Nebesa, le Nigerian Juju Stories, ou encore Zeros And Ones d'Abel Ferrara. Mais comme on dit, le jury dispose. Verdict samedi soir sur la Piazza Grande. 

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  • Festival de Locarno: une tête de Léopard pour le Chinois "A New Old Play"

    L’ultime film en compétition ,A New Old Play est signé du documentariste Qiu Jiongjiong, Premier long métrage de fiction de cet artiste visionnaire, grand nom de l’art contemporain chinois pictural, théâtral et cinématographique. Il se révèle un concurrent sérieux à un Léopard. On ne sait pas lequel, mais à défaut du principal on pourrait en tout cas lui décerner celui de la mise en scène.

    L'ultime film en  compétition, A New Old Play, est signé du documentariste Qiu Jiongjong. Premier long métrage de fiction de cet artiste visionnaire, grand nom de l'art chinois contemporain, pictural, théâtral, cinématographique, il se révèle un prétendant sérieux à un Léopard. On ne sait pas lequel mais à défaut du principal, on pourrait n tout cas lui décerner celui de la mise en scène.

    Ce récit, dont le réalisateur dit que c’est une tranche de sa propre vie et de celle de sa famille, en même temps qu’un voyage de ménestrels dans ce monde et l’autre, se construit à travers la mémoire d’un clown de la célèbre troupe de l’opéra de Sichuan. 

    Il est accueilli à a porte de l’au-delà. Et, tandis qu’il revit une dernière fois ses souvenirs avant d’y entrer, cinquante ans d’art, de lutte et d’amour pour une terre chargée de culture, se jouent dans  le contexte des événements tumultueux de la Chine du 20ème siècle. 

    Dans A New Old Play, synthèse saisissante en trois parties,, l’auteur livre une réflexion sur l’histoire de l’art imbriquée dans celle du pays. Il en résulte  une épopée ludique,  une fresque ambitieuse pour une œuvre grandiose, foisonnante et intense  Elle se déroule sur trois heures sans que l’on sente le temps passer

    Abel Ferrara s'égare dans l'abscondité

    On n’en dira pas autant de Zeros And Ones d’Anel Ferrara, qui a déçu proportionnellement à l’attente suscitée, dans la mesure il s’agissait du seul réalisateur vedette en compétition.

    Tourné pendant la pandémie, de 18 heures à l’aube, dans une Rome déserte, "c'est un film .de confinement et de guerre, de danger et d'espionnage, de soldats américains, d'intermédiaires chinois, de saints hommes du Moyen-Orient, de provocateurs, de diplomates, d'éléments voyous de la CIA et du KGB", a déclaré Ferrara.

    Nous suivons donc JJ un soldat américain stationné à Rome alors que la ville est en état de siège. Portant un masque et se lavant soigneusement les mains, il va tenter de découvrir l’ennemi inconnu qui menace le monde. Toute cela entre peur, paranoïa et, accessoirement. obligation de féconder une femme une arme pointée sur lui! 

    Ce  militaire est incarné par Ethan Hawke, qui joue aussi son frère, un révolutionnaire sous LSD en plein délire. L’idée c’est de donner deux points de vue, déclare l’acteur dans une vidéo de présentation.  On aurait bien aimé en avoir au moins un, l’opus se révélant à la fois abscons thématiquement et obscur visuellement. 

    En d’autres termes, on est aussi paumé qu’Ethan Hawke. Nous gratifiant d’une deuxième vidéo en fin de générique, il avoue n’avoir pas vraiment compris, en recevant le scénario,  où Ferrara voulait en venir. Mais qu’il avait envie d’en être… Et quand on demande au cinéaste pourquoi son héros a jugé utile cette double prise de parole, il répond en gros qu’il ne sait pas trop… C’est dire si on n’est pas plus avancé!

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